Skip the Use a pris le temps de se réinventer

Le groupe lillois Skip the use est de retour avec un nouvel album. (c) Nicko Guihal

Quatre ans que leurs fans attendaient ça ! Depuis Human Disorder, sorti en 2022, tout le monde guettait le nouvel album de Skip the Use. Depuis quelques semaines, le manque est comblé avec Love and Anxiety, que les membres du groupe ont volontairement pris le temps de construire.

« On a pris une grosse pause, mais aussi le temps d’essayer de nouvelles choses, confie le bassiste Nelson Martins. Entre ces deux derniers albums, chacun est parti faire des choses différentes. Donc, au moment de se retrouver, tu ne reviens pas avec le même bagage ni les mêmes envies. Ça a quand même été dur, au début, de s’aligner, de trouver le bon rythme ensemble. Du coup, on a écrit plein de morceaux, on a commencé l’album puis on l’a recommencé plusieurs fois, et ça a fini par faire naître un concept avec ces deux émotions : love et anxiety. À partir du moment où ce concept s’est imposé à nous, ça a tout fluidifié. »

« Quand un concept sort sans qu’on l’ait calculé, c’est que c’est le bon, prolonge Mat Bastard. À une époque où les rapports humains et sociaux sont remis en question, on s’est aperçus qu’il y a toujours une balance qui définit les relations entre les individus. Par exemple, pour nous, faire un concert, ce n’est pas un stress, c’est plutôt une récréation : on se marre, on passe un bon moment. Alors que pour d’autres artistes, ça génère un stress immense, ça fait même vomir certains. Cette balance love and anxiety, elle est valable pour tout : les relations amoureuses, l’amitié, la parentalité, la politique, la culture, la spiritualité… »

 

Pour ce nouvel opus, Mat Bastard a souhaité faire évoluer le fonctionnement du groupe : « Je voulais que chacun vienne avec ses chansons de A à Z. Ça n’empêchait pas que quelqu’un puisse amener sa plus-value, ses idées, mais que ce soit celui qui a apporté le titre qui indique où il veut aller, ce qu’il veut raconter. Ça responsabilise chacun, sourit-il. En réécoutant l’album, je pense vraiment que les chansons restent fidèles aux démos de départ. Je pense notamment à Grew Up Mad, qui reste à 95 % dans l’ADN de ce que Yan Stefani avait amené et écrit au départ. Je crois que c’est grâce à ça que cet album est, à nos yeux, aussi abouti. »

Skip the Use a aussi opté pour une démarche que certains ont jugée moins frontale : « La culture du truc qui fait le buzz, qui fait du bruit mais qui disparaît aussi vite qu’il est apparu, ça nous faisait chier. On voulait vraiment titiller, que ça reste dans la tête, que ça provoque une vraie réflexion. Je ne cherche pas à faire des chansons que les gens aiment, mais j’espère qu’ils les écoutent, et même que ceux qui sont mes cibles les détestent. On essaie d’être encore plus incisifs, plus subtils dans les textes. »

« Depuis que nous sommes arrivés dans le projet, il y a dix ans, l’intégration a été progressive. Au début, on était là sur l’album, mais c’étaient vraiment de petites touches à gauche, à droite. Ça restait surtout les chansons de Mat et de Yann, on était encore en formation, en développement », s’amusent Nelson Martins et le batteur Enzo Gabert, le benjamin du groupe, convaincus que Love and Anxiety est l’œuvre la plus réussie de Skip the Use depuis qu’ils sont tous les quatre réunis.

L’album Love and Anxiety est en vente au prix de 15,99 €. Skip the Use sera en concert à L’Aéronef le 22 janvier 2027.

Une double dose de Nash pour faire le plein de bonne humeur

Nash sera à Lille ce samedi avec un plateau d'artistes puis le 6 juin en solo.

Les fans nordistes de Nash sont gâtés. L’an passé, l’humoriste était venue au Zénith de Lille avec la troupe du Jamel Comedy Club. Il y a quelques semaines, elle y était revenue pour assurer la première partie de Dany Boon. Ce samedi 9 mai, elle sera, cette fois, au théâtre Sébastopol en compagnie de quelques camarades de jeu (Thomas Angelvy, Paul de Saint-Sernin ou encore Elies Zoghlami pour la tournée West Comedy.

Le rendez-vous le plus attendu est, enfin, programmé pour le samedi 6 juin où on la retrouvera en solo avec son nouveau spectacle au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais. « J’avais hâte de revenir, ça m’enchante complètement de retrouver le public de Lille pour une soirée avec une ambiance, comme j’aime l’appeler, entre amis, où je me livre sur mon parcours et de mon discours naissent des moments d’improvisations, d’interactions très sympas et qui rendent à chaque fois le spectacle un peu unique ».

L’occasion de découvrir comment Nash est passée de consultante comptable à humoriste. « Je ne vais pas le dévoiler ici puisque ce sera dans le spectacle mais disons qu’il y a eu un tournant dans ma vie, il y a quelques années, qui a fait que je me suis penchée sur le stand-up. Pourtant, il y a dix ans, je ne me voyais pas monter sur scène », assure-t-elle.

Désormais en mesure de remplir de grandes salles sur son seul nom, Nash n’oublie pas que c’est dans des comedy clubs, notamment au Paname Art Café, qu’elle a appris le métier et elle se réjouit donc pleinement de la multiplication de ce type de lieux un peu partout en France. « C’est merveilleux, il n’y en avait pas autant quand j’ai commencé, souligne-t-elle. Dans un contexte où les gens ont besoin et envie de rire, c’est bien qu’il y ait de plus en plus d’endroits où de jeunes humoristes peuvent se lancer et où les gens puissent découvrir l’art du stand-up. »

Nourrie durant son enfance et son adolescence par des artistes comme Florence Foresti, Gad Elmaleh, Elie Kakou ou encore Jamel Debouzze, Nash fait désormais partie de cette grande famille de l’humour et a même eu le bonheur de côtoyer certaines de ses idoles de jeunesse de très près puisqu’elle a fait, ces dernières années, les premières parties de plusieurs spectacles de Gad Elmaleh et a intégré la troupe du Jamel Comédy Club. « ça m’a permis d’échanger avec eux, d’avoir des retours très enrichissants de leur part, leurs conseils sont précieux, ça m’a donné de la confiance et puis ça a un petit côté magique d’être validée par ceux que l’on admirait et que l’on admire toujours d’ailleurs. »

Nash en spectacle avec un collectif d’humoristes du West Comedy ce samedi 9 mai (20 h) au théâtre Sébastopol puis seule sur scène avec son spectacle le samedi 6 juin (20 h) au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais.

Yoann Zimmer en tournage à Lille et doublement au cinéma

Yoann Zimmer tient l'un des rôles principaux du film Sauvons les meubles. © 2025 Hélicotronc - Tripode Productions - Alva Film

Le musée d’art moderne, le musée de La Piscine ou encore le marché de Wazemmes sont autant de hauts lieux de la métropole lilloise que le comédien belge Yoann Zimmer avait inscrits à son programme de visites au cours du mois qu’il passe actuellement à Lille.

Le jeune homme est en plein tournage du téléfilm Le Sein de Jupiter, réalisé par Vania Leturcq, dans lequel il partage notamment l’affiche avec Sofia Essaïdi. « J’incarne un ancien cycliste professionnel qui découvre, lors d’un examen médical faisant suite à une chute à vélo, qu’il a une petite tumeur à la poitrine qui va se révéler cancéreuse, explique-t-il. À l’hôpital, il va faire la rencontre de Nour (Sofia Essaïdi), une avocate qui traverse la même épreuve. Le téléfilm évoque la façon dont ils sont l’un et l’autre impactés par l’annonce de cette maladie. »

Les tournages s’enchaînent pour Yoann Zimmer qui, en débarquant dans le Nord, sortait tout juste de celui d’une série très attendue en Belgique sur Patrick Haemers, qui fut l’ennemi public numéro un du pays dans les années 1980. « Ce n’est pas ma génération, mais je sais quelle figure il représentait. Je connaissais son histoire dans les grandes lignes, mais j’ai eu le temps de bien me renseigner sur lui, même si je n’avais pas envie d’être dans l’imitation au moment du tournage », précise-t-il.

Jouer un grand voyou n’a toutefois pas été une source d’excitation particulière à ses yeux : « Ce qui me passionne, c’est la trajectoire des personnes, comprendre comment elles peuvent en arriver là. Ce qui était intéressant, c’est que ce personnage permettait d’avoir des scènes d’action, un côté un peu romanesque », ajoute-t-il, conscient que les générations de ses parents et de ses grands-parents risquent de suivre la série avec une attention toute particulière.

En attendant, Yoann Zimmer est à l’affiche de deux films sortis récemment. D’abord L’Enfant bélier, en salle depuis le 29 avril, mais aussi Sauvons les meubles, au cinéma depuis ce mercredi 6 mai.

Le premier est une libre adaptation de l’affaire Mawda, qui avait secoué la Belgique : une enfant de deux ans avait été tuée à la suite d’une bavure policière lorsqu’un agent avait tiré sur une camionnette remplie de migrants et conduite par des passeurs.

« La police avait maquillé la vérité pour se couvrir et, dans le film, j’incarne un jeune policier qui vit une forme de désillusion en se rendant compte que la réalité du métier ne correspond pas à ce à quoi il aspirait », indique le comédien, heureux de travailler avec la réalisatrice Marta Bergman, avec laquelle il écrit également un scénario consacré à la vie du peintre Stéphane Mandelbaum.

Le second film actuellement à l’affiche, Sauvons les meubles, réalisé par Catherine Cosme, évoque une histoire de famille. Un frère (Yoann Zimmer) et une sœur (Vimala Pons) sont appelés à rentrer dans le Sud pour voir leur mère, atteinte d’un cancer et condamnée à mourir.

« On se rend rapidement compte qu’elle a contracté beaucoup de dettes au nom de sa fille et que, si celle-ci ne dépose pas plainte, elle va hériter de toutes ses dettes, explique-t-il. Elle se retrouve donc face à un dilemme : pourra-t-elle, pour se sauver, engager une action en justice contre sa propre mère, qui est en train de mourir ? Mon personnage a le cul entre deux chaises, car il est proche de sa sœur, la soutient et la comprend. Il y a aussi de l’humour, un côté “dramédie” qui fait du bien. »

Enfin, si aucune date n’a encore été annoncée, une autre sortie au cinéma est programmée pour Yoann Zimmer : Forêt ivre, un film de Manon Coubia, qui a obtenu un prix du jury à Berlin. « C’est un film qui se déroule dans un refuge de haute montagne. Il suit trois histoires de femmes, dont l’une avec Anne Coesens, dans laquelle je joue, précise-t-il. C’est la confrontation de deux destinées. Ça parle de solitude, de liberté, mais aussi de résistance. »

« L’Enfant bélier » et « Sauvons les meubles », deux films actuellement au cinéma avec Yoann Zimmer.

« Pour le plaisir », une comédie élégante sur le plaisir féminin

François Cluzet et Alexandra Lamy forment un couple uni. (c) Marie-Camille Orlando HD

C’est forcément l’un des films dont on va causer autour de la machine à café, lors de soirées entre copines et, on l’espère bien, au sein des couples. Susciter le débat et libérer la parole autour d’un sujet encore relativement tabou comme le plaisir féminin est un sacré défi, mais c’est justement ce qui a motivé Reem Kherici à réaliser Pour le plaisir, en salle depuis ce mercredi 6 mai, avec Alexandra Lamy et François Cluzet comme têtes d’affiche.

« Pour être franche, je n’avais pas du tout envie de parler de ce sujet-là, avoue-t-elle. L’idée ne vient d’ailleurs pas de moi, mais de David Solal et Gary Kikoïne, qui avaient vu un reportage sur les inventeurs du Womanizer. J’ai refusé d’emblée car je suis très pudique, issue d’une famille très conservatrice. Et puis je me suis interrogée sur ma volonté d’entretenir ce tabou et j’en suis arrivée à la conclusion que ce serait bien d’en parler en 2026. J’ai donc fait des recherches. »

La jeune femme a ainsi découvert « qu’au Moyen Âge, le clitoris était considéré comme la marque du diable et qu’à l’époque de Jean-Martin Charcot, on disait d’une femme qui atteignait l’orgasme qu’elle était en crise d’hystérie », et elle a donc décidé de revenir sur sa décision. « J’ai décidé de me lancer avec l’idée qu’il fallait que ça reste classe, élégant et surtout drôle, précise-t-elle. J’ai complètement délaissé mes autres projets et je me suis vraiment sentie investie d’une mission. »

Dans son film, Fanny (Alexandra Lamy), mariée à Tom (François Cluzet) depuis 20 ans, se décide à aller voir sa sexothérapeute (Reem Kherici) pour lui avouer qu’elle n’a jamais connu le moindre orgasme. Cette dernière lui recommande d’en parler franchement à son mari et la nouvelle va forcément faire l’effet d’une déflagration au sein du couple. Elle aura également des répercussions sur tous les membres de la famille — enfants comme parents — ainsi que sur le cercle d’amis proches. Comment ce couple va-t-il traverser cette crise ? Y survivra-t-il ou va-t-il voler en éclats ? Résoudra-t-il le problème ? On vous laisse découvrir les réponses à ces interrogations en salle.

Alexandra Lamy n’a pas hésité à donner son accord : « L’enthousiasme de Reem quand elle m’a présenté le projet m’a tout de suite donné envie et j’ai trouvé l’histoire très moderne, confie-t-elle. C’était génial de traiter ce sujet sous l’angle de la comédie, un art qu’elle maîtrise très bien. Il fallait quelqu’un qui sache écrire, filmer, et Reem a su en faire une vraie histoire d’amour. Tout est suggéré avec élégance, il n’y a rien de malaisant, rien de gênant, rien de graveleux. Elle fait tout passer par le ressenti. »

« Il fallait que ma caméra sublime la femme, insiste Reem Kherici. Je voulais être sûre qu’il n’y ait pas un téton qui dépasse, que le port de tête soit exactement comme je le voulais. Dans tout ça, il y a aussi la question de la libération de la femme de 50 ans. »

Comme toujours, Alexandra Lamy et François Cluzet excellent. « Ce sont de grands acteurs, souligne Reem Kherici. Le succès du film, c’est aussi la force de leur interprétation. Alexandra est solaire, touchante, émouvante, drôle, tandis que François est viril, vulnérable et drôle lui aussi. Ce film ne serait pas le même si je n’avais pas des acteurs aussi puissants dans leur authenticité. »

« Pour le plaisir », un film de Reem Kherici, en salle depuis le 6 mai. Avec Alexandra Lamy, François Cluzet…

Amour, révolte et esclavage : « Enchaînés », une fresque historique intense

La très attendue série Enchaînés débarque le 6 mai sur France 2.

France Télévisions diffuse, à partir de ce mercredi 6 mai (21 h 10), une nouvelle série historique intitulée Enchaînés, sur fond d’esclavagisme dans une colonie française au début du XIXe siècle (1806), à La Réunion, alors appelée Île Bourbon.

Après avoir vu sa plantation dévastée par un cyclone, Charles Bellevue (incarné par Olivier Gourmet) est contraint de vendre ses terres et probablement les esclaves qui y travaillent, ce qui inquiète ces derniers, qui ne veulent pas être séparés et qui font gronder la révolte. Parmi eux, Isaac (Enzo Rose), un jeune homme pas tout à fait comme les autres, car fils illégitime du propriétaire.

« C’est pour l’instant le plus beau projet de ma carrière, se réjouit Enzo Rose. C’est fabuleux d’avoir entre les mains un personnage comme Isaac, de rentrer dans sa chair, dans son quotidien loin d’être facile. Il est dévoué, loyal, tragiquement bon. Il est la survie incarnée dans un monde qui n’est pas fait pour lui. »

Autre personnage en décalage avec son milieu : celui d’Amélia, fille du plus grand esclavagiste de l’île, qui tombe amoureuse d’un Noir. « Elle n’est pas trop abolitionniste, car cela ne collerait pas à la réalité de l’époque, où les Blancs n’avaient pas du tout envie de perdre leurs privilèges, mais elle a un esprit très libre », précise Lula Cotton-Frapier, la comédienne qui interprète le rôle. « J’ai tout de suite été séduite par le scénario, par l’écriture, poursuit-elle. J’ai reçu un épisode, puis deux, et j’avais hâte de lire la suite. Les personnages ne sont pas du tout manichéens. Au-delà du devoir de mémoire, cela parle aussi d’un rapport père-fils. »

« Il y a le fait historique, ce que cela raconte, mais l’intérêt de la série réside aussi dans des personnages très riches et dans les liens invisibles qui les relient les uns aux autres. »

Les équipes artistiques et techniques ne sont vraiment pas près d’oublier ce tournage, réalisé dans des conditions pour le moins délicates. « On a tout de suite été dedans, car le cyclone Garance est passé sur l’île avant le tournage. Cela a aidé pour certains éléments de décors naturels, mais cela a dévasté le décor prévu pour le camp des Noirs, et puis c’était un moment délicat pour la population locale, souligne Enzo Rose. Il a aussi fallu gérer les changements soudains de climat : on tournait, par exemple, une scène sous un grand soleil et, quelques secondes après, il tombait une pluie diluvienne. Il y a même eu une épidémie de chikungunya qui a touché une grande partie des techniciens et quelques comédiens. »

« C’est vraiment une île intense, abonde Lula Cotton-Frapier. Je me souviens aussi du bruit des hélicoptères qui transportaient d’immenses poteaux électriques, c’était vraiment impressionnant. »

« Enchaînés », une série en 6 épisodes d’Alain Moreau, dès ce mercredi 6 mai (21 h 10) sur France 2, avec Olivier Gourmet, Enzo Rose, Elsa Poivre et Lula Cotton-Frapier. Disponible également sur la plateforme France.tv.