Intrigues policières et découverte du patrimoine dans les polars en Nord de Marine Alloucherie

Marine Alloucherie est régulièrement en dédicaces dans des salons du livre.

Les vacances d’été approchent à grand pas et si vous envisagez d’emmener un peu de lecture pour vos enfants, on vous suggère d’aller piocher, par exemple, du côté de la collection Polars en Nord junior chez Aubane éditions.

Mêler intrigue policière, découverte du patrimoine régional et sensibilisation à la différence, telle était la feuille de route fixée par la Nordiste Marine Alloucherie quand elle a décidé de se lancer, il y a quelques années, dans l’écriture de romans jeunesses

« C’est destiné à des enfants de 8 à 13 ans,un public que je côtoie au quotidien et qui est une grande source d’inspiration », sourit cette professeure des écoles, qui a décidé de créer un trio récurrent d’enquêteurs en herbe, trois enfants de dix ans Hélène, Marceau et Matteo, qui forment le trio H2M.

Chaque histoire se passe dans le Pas-de-Calais. L’une, Sabotage à l’Enduro ! , a pour cadre, l’Enduropale du Touquet. Convié à passer un week-end auprès de son idole, grand favori de la course, Marceau, vainqueur d’une épreuve de motocross pour les kids va découvrir que quelqu’un essaie par tous les moyens d’empêcher le champion de remporter une nouvelle victoire.  «  C’est un livre qui parle aussi de l’égalité entre les sexes en montrant qu’il y a des filles fans de moto, qui sont de vraies championnes qui ont autant leur place que les garçons dans les sports mécaniques, explique l’auteure. Le message, c’est de dire aux jeunes filles qui ont des rêves, de ne pas être freinées par les préjugés, de foncer ! »

Dans Il s’appelait Galibot, on plonge dans l’histoire du bassin minier à Calonne-Ricouart en enquêtant dans un centre équestre où le cheval de l’une des héroïnes, qui fait du saut d’obstacles, disparaît juste avant les championnats de France. Les jeunes vont avoir le soutient d’un papy atteint de la maladie d’Alzheimer.

Direction, le Racing club de Lens pour Un kidnapping sang et or. Le capitaine de l’équipe artésienne est menacé de kidnapping juste avant un match de Ligue des champions. En stage au centre de La Gaillette, le trio H2M va tout mettre en œuvre pour éviter que cela ne se produise et pour découvrir les potentiels ravisseurs avant qu’ils ne passent à l’action.

Le petit dernier, L’affaire de l’écuyer , nous emmène au donjon de Bours, un lieu entouré de nombreux mystères. Entre légendes, faits historiques et fouilles archéologiques, les jeunes se trouvent embarqués dans une double aventure, accompagnés de Pablo, un garçon porteur de troubles autistiques. « On essaie dans cette collection de faire en sorte d’ouvrir à la différence et à la tolérance », conclut Marine Alloucherie, qui recommande vivement de coupler la lecture à une visite du Donjon.

« Sabotage à l’Enduro ! », « Il s’appelait Galibot », « Un Kidnapping sang et or » et « L’affaire de l’écuyer »,quatre romans jeunesse de Marine Alloucheri aux éditions Aubane dans la collection Polars en Nord junior. Prix : 8 € le livre.

Marine Marçais-Boyer séduite par l’engagement et la richesse du programme de l’école du Nord

Marine Marçais-Boyer a appris à apprécier certaines disciplines artistiques depuis son arrivée à l'école du Nord.

Chaque mois, Planète Lille va à la rencontre d’un élève du Studio 8 de l’École du Nord. Le portrait du mois est consacré à Marine Marçais-Boyer, dont une partie de la famille est originaire de Lille et qui connaissait donc déjà bien le théâtre du Nord.

Inscrite dans des cours de théâtre dès l’âge de cinq ans pour vaincre sa timidité, la jeune femme estime que le travail est toujours en cours sur ce point mais en traçant son chemin, d’abord au Cours Florent puis, depuis la rentrée 2024, au sein de l’École du Nord, elle a surtout eu la confirmation de son attrait pour une carrière artistique.

Déjà aperçue au cinéma (Women en 2020) et à la télévision (L’École de la vie en 2022, aux côtés notamment de Julie de Bona), elle prend de plus en plus goût à la scène grâce à la richesse du programme proposé. « C’est une metteuse en scène, Tamara Al Saadi, avec laquelle j’ai travaillé sur la pièce Gone en 2023, qui m’a vivement conseillé de passer le concours à Lille, explique-t-elle. Elle avait raison, car nous avons vraiment une équipe pédagogique de dingue : on s’occupe très bien de nous et nous avons de nombreux intervenants qui sont de grands artistes et qui nous permettent de toucher à différentes pratiques. Cela permet de conforter nos idées dans les domaines que l’on aime ou non, et parfois on a des surprises. Ça a été mon cas avec les séances sur le masque. Je pensais que j’allais détester et, en fait, j’ai été assez bouleversée. »

Elle a aussi un peu changé son regard sur l’improvisation : « C’est quelque chose qui ne me plaisait pas du tout à la base, mais grâce au travail avec Marlène Saldana, notamment sur notre création 15 Trumps en colère, j’ai compris que c’était une manière de dénoncer des choses sans être totalement frontal ni tomber dans le cliché. Ça m’intéresse aussi beaucoup de faire des choses avec cynisme ou avec humour », poursuit-elle.

Coup de coeur pour les élèves auteurs

Séduite par « l’engagement politique de l’école, la programmation du Théâtre du Nord » et le fait que l’école soit rattachée au théâtre, Marine Marçais-Boyer a également eu un véritable coup de cœur pour le travail réalisé avec ses camarades du parcours écriture, dramaturgie et mise en scène. « Les projets menés en leur compagnie font largement partie de mes meilleurs souvenirs depuis mon entrée à l’école », précise-t-elle, sans pour autant avoir, de son côté, une envie irrépressible de suivre leurs traces. « J’écrivais beaucoup avant d’entrer à l’école mais, depuis que j’y suis, quasiment plus, déplore-t-elle. Sans doute par manque de temps, mais aussi d’envie et d’inspiration. Je fais peut-être un petit blocage sur la question de ma légitimité. »

Gérer un emploi du temps bien chargé constitue néanmoins, à ses yeux, la principale difficulté du parcours à l’École du Nord : « Il faut accepter de mettre un peu sur pause sa vie sociale, sa vie sportive et ses envies extérieures au théâtre pendant trois ans, conclut-elle. J’avais, par exemple, l’habitude de m’entraîner quatre à cinq fois par semaine à la boxe. Ce n’est hélas plus possible mais ces contraintes sont contrebalancées par toutes les choses extraordinaires que l’on vit tout au long de notre formation. »

Samy Gharbi a pu passer par toutes les émotions grâce à DNA

Samy Gharbi est passé par tous les états avec le personnage de Karim dans Demain nous appartient. (c) TelSèteTF1

Il y a quelques mois, Samy Gharbi nous avait confié son souhait de voir le personnage de Karim vivre une nouvelle romance. Les auteurs de Demain nous appartient ont entendu sa requête puisqu’il est désormais en couple avec Émilie (Julie Bargeton), une commerçante des Halles.

« On l’a vu empathique et attachant avec son neveu Rayane (Sasha Birdy), puis avec sa fille Nina (Émilie Colliou-Mercier), onze ans, qui est revenue à Sète. Cela faisait un peu plus de deux ans, depuis sa rupture avec Anna Delcourt (Maud Baecker), qu’il n’avait plus eu de relation sérieuse et qu’il ne faisait que travailler. Je crois que ça manquait aux gens », estime le comédien, présent depuis la première heure dans la série quotidienne de TF1.

Neuf années, plus de deux mille épisodes et des centaines d’arches qui lui ont forcément permis de vivre de nombreuses aventures. « C’est cool de pouvoir développer un personnage sur autant d’années. Cela m’a permis de passer par plein d’états, de jouer plein d’émotions différentes, d’être dans le drame, la comédie romantique ou encore l’action, apprécie-t-il. L’avantage, quand on travaille au commissariat, c’est que l’on peut être mêlé à presque tous les épisodes, d’autant qu’il y a beaucoup d’intrigues policières dans la série. Ce qui nous amène à entrer en interaction avec quasiment tout le monde. »

Un rôle de gand-frère

Les arches les plus marquantes ? « Récemment, il y a eu le séisme, qui concernait plusieurs personnages à différents endroits et où je me suis retrouvé coincé dans un parking avec ma fille et mon pire ennemi, Victor Brunet (Farouk Bermouga). Sinon, il y a l’arche avec la prise d’otages au Spoon ; celle, il y a longtemps, de l’enlèvement de ma fille ; et puis celle où la commandante intérimaire Agathe Lambesc (Raphaëlle Agogué), avec qui j’ai eu une brève aventure, se révèle être une tueuse et séquestre Aurore (Julie Debazac). »

Un énorme vécu dans la série qui vaut à Samy Gharbi de jouer les grands frères avec les nouveaux venus : « Évidemment, je les accompagne. Quand tu arrives dans une grosse machine rodée depuis plus de huit ans, il y a quand même un peu de pression, donc on fait en sorte de mettre tout de suite les gens à l’aise, assure-t-il. Ce métier, c’est du ping-pong ; il est donc important de bien intégrer ceux qui arrivent. Il y a une vraie ambiance familiale, ce n’est pas du fake. »

Demain nous appartient, du lundi au vendredi à 19 h 10 sur TF1.

Félix Back a relevé le redoutable défi de Lorenzaccio

Félix Back offre une performance époustouflante dans Lorenzaccio. © Frédéric Iovino

Depuis dix jours, les triomphes s’enchaînent, les éloges se multiplient. L’adaptation de Lorenzaccio, signée David Bobée, séduit chaque soir les spectateurs du Théâtre du Nord. Les paris audacieux du metteur en scène pour donner une lecture contemporaine de l’œuvre d’Alfred de Musset sont, une fois encore, à souligner, tout comme la qualité et la diversité, au sens large, de la distribution, avec des fidèles de David Bobée ; l’artiste sourd Jules Tourlet, qui joue en langue des signes ; des nouveaux venus comme Mexianu Medenou, impressionnant duc Alexandre de Médicis ; mais aussi plusieurs pensionnaires du Studio 7 de l’École du Nord, comme Jade Crespy, Yassim Aït-Abdelmalek, Ambre Germain-Cartron, Miya Péchillon et, bien sûr, Félix Back, époustouflant dans la peau de Lorenzo. Clin d’oeil du destin, c’est sur une scène de Lorenzaccio que le jeune homme avait passé son concours d’entrée à l’école du Nord en 2021. 

D’abord révélé au cinéma (Fleuve Noir en 2018 et De Gaulle en 2019), ce jeune Parisien de 27 ans n’a pas eu à se frotter à la peur du vide à l’issue de son cursus à l’École du Nord. Dès le début de l’année 2025, en pleine tournée de Tragédie, le spectacle de sortie de sa promotion, David Bobée l’a informé qu’il comptait lui confier le rôle principal de son adaptation de Lorenzaccio. « C’était totalement inespéré, pour un jeune acteur qui sort de l’école, de se voir confier un rôle-titre aussi énorme, avoue-t-il. C’est forcément intimidant, mais ce n’est finalement pas si mal de le faire aussi tôt car, à l’école, on a pris l’habitude de s’essayer à des rôles mythiques du répertoire et j’avais donc encore un peu ce réflexe de foncer, d’y aller sans se poser trop de questions. »

Félix Back a aussi eu la chance d’être informé plus d’un an avant le début des répétitions : « J’avais d’autres projets en cours et je n’avais donc pas en permanence Lorenzaccio en tête, mais c’était quand même dingue d’avoir un an devant soi pour rêver du rôle et relire le livre d’Alfred de Musset, même si je n’ai eu l’adaptation de David que quelques mois plus tard. »

Une nouvelle version qu’il a tout de suite appréciée. « Il a pris le parti de mixer l’œuvre de Musset avec la pièce Une Conspiration de George Sand. Celle-ci vient atténuer le romantisme et le lyrisme d’Alfred de Musset et amène un réalisme politique, estime-t-il. Il a réalisé toutes les coupes qu’il fallait faire en gardant le cœur de la pièce et il a encore complexifié le personnage de Lorenzaccio, que je ne comprends d’ailleurs toujours pas totalement aujourd’hui. »

Travailler avec David Bobée a forcément facilité la tâche du jeune comédien. « Je connais sa façon de travailler, ça rassure et je sais que rien ne va nous arriver car on est à la maison, on connaît les équipes techniques, celles du théâtre. »

Pour construire son rôle, Félix Back a pris son temps. « Déjà, sans me dire orgueilleusement que ce rôle était fait pour moi, j’ai compris que ça pouvait marcher car, à l’école, j’avais travaillé beaucoup de rôles un peu retors, un peu troubles comme ça, explique-t-il. David m’a dit d’entrée qu’on n’allait pas chercher à définir tout de suite mon personnage, mais juste à avoir en tête qu’il y avait du chaos en lui. »

« Une intelligence du texte rare »

« J’ai choisi Félix car il possède une intelligence du texte rare, une prosodie singulière, une présence incroyable… Il y avait comme une évidence à confier à ce jeune acteur brillant la sombre luminosité du contre-héros romantique qu’est Lorenzaccio », assure le metteur en scène.

« Chaque scène a une couleur différente, Lorenzaccio a une vraie dualité en lui, poursuit le comédien . Il a été humaniste, idéaliste, mais il a été très déçu par la réalité à laquelle il a été confronté. Il est désenchanté par l’espèce humaine, ce qui lui donne une certaine noirceur, mais il n’y a pas que ça. Sinon, il ne ferait pas ce qu’il fait. »

« Je me suis dit qu’il fallait déjà se mettre au travail des scènes, des situations, des conflits entre les personnages, qu’il ne fallait pas chercher à imposer ma singularité mais qu’elle viendrait naturellement, poursuit-il. J’ai pensé à l’architecte Mies van der Rohe qui dit : “Je ne veux pas être intéressant, je veux être bon.” C’était mon état d’esprit. Essayons de bien faire le travail. » Qu’il se rassure, la mission est largement accomplie, le défi relevé haut la main.

Lorenzaccio est encore joué au Théâtre du Nord à Lille les 29 et 30 mai, ainsi que du 2 au 5 juin à 19 h 30. Durée du spectacle : 3 h 20 (dont environ 20 minutes d’entracte). Une tournée nationale aura lieu fin 2026-début 2027, avec des passages dans la région au Phénix de Valenciennes les 20 et 21 janvier ainsi qu’au Tandem, scène nationale d’Arras-Douai, du 2 au 4 février.

Kendji Girac sait qu’il va se régaler chaque fois qu’il vient à Lille

Kendji Girac est ravi de retouver le meilleur public de France à Lille.

 Kendji, trois dates de concerts en trois mois à Lille : le Zénith va devenir votre deuxième maison ?

« C’est incroyable, j’ai de la chance. Trois fois, c’est énorme. Chanter à Lille, c’est merveilleux et je sais que je parle au nom de la majorité des artistes. Ce n’est pas l’un des meilleurs publics, c’est carrément le meilleur public de France. Dès qu’on vient ici, les gens chantent à tue-tête, le public est à fond, il y a cette effervescence qu’on ne retrouve pas ailleurs. Je sais qu’à chaque fois, je vais me régaler. » 

C’est la tournée des 10 ans. Est-ce que ce n’est pas une occasion de se retourner sur le chemin parcouru ?

« C’est quelque chose que je n’ai jamais pu faire et que je n’ai jamais réalisé. Si je porte un regard extérieur sur tout ce que j’ai pu accomplir, l’enchaînement des albums et des tournées, je me dis que c’est incroyable, mais je n’arrive pas à analyser tout ça, à mettre des mots sur ce parcours. Je sais juste que c’est un bonheur de faire 70 à 80 dates par an, de voir ces gens toujours aussi émus. »

Avez-vous l’impression d’être le même qu’à vos débuts ?

« Humainement, dans mes ressentis, oui. Je marche avec un cœur sincère, avec une sensibilité encore plus forte qu’avant. Je suis papa, je suis quand même plus calme et j’ai l’impression d’avoir un peu plus la tête sur les épaules et de savoir encore mieux ce dont j’ai envie. »

J’imagine qu’avec les événements que vous avez vécus, vous savourez aussi davantage le fait d’être sur scène ?

« Bien sûr. Quand on se perd un jour et qu’on arrive à se retrouver, c’est l’une des meilleures sensations, une bouffée d’air. Je reçois d’une façon encore plus sincère l’amour des gens et je réalise la chance d’avoir une famille magnifique, un public merveilleux, des chansons qui font danser. »

Est-ce que vous aimeriez explorer à l’avenir d’autres styles musicaux ?

« On a toujours cette envie, mais il faut faire attention aussi aux attentes du public, trouver l’équilibre entre ce qu’il veut entendre, tout en sachant aussi s’écouter soi-même. Je me vois bien faire plus de chansons à voix, j’aime bien l’opéra. J’en avais discuté avec Florent Pagny et, d’ailleurs, j’ai déjà chanté “Caruso” devant lui en duo avec Soprano. »

Vous avez déjà connu une expérience de comédien dans le téléfilm « Champion ». Aimeriez-vous recommencer ?

« Je n’ai pas de propositions en ce sens, mais oui, ça me plairait car ce sont des émotions différentes de la musique. J’avais été beaucoup touché par ce tournage où je jouais un boxeur qui souffrait d’illettrisme. »

Kendji Girac sera en concert au Zénith de Lille, ce vendredi 29 mai (20 h) et le dimanche 14 juin (17 h).