Hugues Aufray, bientôt 97 ans, et toujours déterminé à être heureux

Hugues Aufray prend toujours le même plaisir à monter sur scène. (c) Murielle Aufray

Il est l’artiste le plus âgé encore en activité. À bientôt 97 ans, Hugues Aufray continue de tourner un peu partout en France. Dimanche, il sera à Sceneo, à Longuenesse, et lundi, c’est du côté de Roubaix qu’il viendra retrouver un public du Nord qu’il porte dans son cœur. « Je ne suis pas un opportuniste, je ne cherche pas à flatter, mais le public du Nord est le plus chaleureux de France. Dès que le concert commence, les gens sont déjà en train de chanter, danser, taper dans les mains. Je suis heureux de les retrouver et de leur montrer que je suis en bonne santé, toujours actif. »

La clé de sa longévité ? « Certains diront que c’est parce que je ne fume pas et que je ne bois pas, mais c’est faux, car j’ai commencé à fumer au service militaire. J’ai longtemps gardé cette mauvaise habitude avant de m’apercevoir que c’était stupide. J’ai bu aussi, mais à chaque fois que je buvais, je me battais, et à chaque fois que je me battais, je me cassais quelque chose, donc j’ai décidé d’arrêter de boire », sourit-il.

Son secret réside sûrement davantage dans sa philosophie de vie. « Je n’ai de leçons à donner à personne, mais j’estime que notre devoir est d’être heureux, indique-t-il. Il y a déjà tellement de choses, comme la maladie, les accidents, la souffrance, la perte d’un membre de la famille ou d’un ami, qui peuvent nous rendre malheureux. On n’a qu’une seule vie, il faut la respecter en la rendant positive. »

 

Plusieurs fois escroqué par ses associés au cours de sa vie, Hugues Aufray a été ruiné, et prolonger sa carrière a aussi été une nécessité pour faire vivre sa famille. Mais monter sur scène n’a jamais été une contrainte : « Mon état d’esprit n’a pas changé depuis mes débuts, assure-t-il. Pendant des années, au début de ma vie, je jouais de la guitare et je chantais gratuitement, par plaisir. Ça m’amusait de chanter à l’école, à la messe, au collège, avec les copains du lycée. Chanter, ce n’est pas un travail. D’ailleurs, saviez-vous que “travail” vient du latin tripalium, qui est un instrument de torture ? J’aime beaucoup m’intéresser à l’étymologie, à l’origine des mots. »

Dans sa charmante demeure de Marly-le-Roi, Hugues Aufray doit d’ailleurs pousser les murs pour faire rentrer tous ses livres, ses CD, ses albums, ses instruments de musique, mais aussi ses peintures et ses sculptures. Une passion pour l’art sous toutes ses formes, sur laquelle il s’épanche volontiers au fil d’une conversation, au cours de laquelle l’homme instruit qu’il est navigue allègrement entre histoire, littérature, politique, science quantique et, bien sûr, musique.

« J’ai l’intelligence superficielle, sourit-il, mais, pour tout vous dire, je n’ai jamais rêvé d’être chanteur, de monter sur scène devant un public, de gagner ma vie comme ça. Je voulais être peintre ou sculpteur. J’habite d’ailleurs dans l’ancienne demeure d’Aristide Maillol. Mon père, lui, m’avait poussé vers l’architecture : je suis allé étudier dans un atelier, mais je suis tombé sur des imbéciles et j’en suis vite parti en courant. »

Une bonne nouvelle pour ses fans, qui peuvent l’écouter depuis plus de soixante-cinq ans pour les plus anciens, et qui seront donc au rendez-vous de sa tournée pour reprendre ses plus grands titres. « Il y aura 50 % de vieilles chansons et 50 % de chansons plus récentes, indique-t-il. Choisir n’a pas été le plus facile, même s’il y a des incontournables, car en fait, je suis à la fois très connu de par mon ancienneté, mais aussi très méconnu : j’ai enregistré plus de 440 chansons et les gens en connaissent au mieux une dizaine. »

Santiano, Céline, Stewball, Le Petit Âne gris, Hasta luego, Debout les gars ou encore Adieu Monsieur le professeur sont évidemment les plus réclamées à chacune de ses sorties, et Hugues Aufray ne s’est, fort heureusement, jamais lassé de les chanter.

Hugues Aufray est en concert à Sceneo Longuenesse le dimanche 3 mai (17 h) et au Colisée de Roubaix le lundi 4 mai (20 h).

Audrey Baldassare n’éteint plus le feu, elle le met sur scène

Audrey Baldassare sera au Spotligh à Lille le 15 mai.

Conviée par Tania Dutel à participer à une « soirée de meufs » le 5 février aux Les Enfants Terribles, aux côtés notamment de Sofia Belabess, Amandine Lourdel et Juste Inès, Audrey Baldassare revient avec grand plaisir dans le Nord, le vendredi 15 mai (19 h), au Spotlight, mais cette fois pour son seule-en-scène Hors piste.

Un spectacle dans lequel elle raconte le virage pris par une jeune femme qui, avant de monter sur scène, se chargeait justement de les éteindre. « Mon chemin était tout tracé : j’ai grandi à la montagne, dans un petit village de 200 habitants. Je suis devenue pompier à 18 ans et, à l’approche de la trentaine, ma vraie passion est ressortie, indique-t-elle. J’aime le théâtre, la scène, l’humour, et je me suis dit qu’avant d’être dépressive, d’avoir des enfants, un labrador et un crédit, je voulais essayer. »

Parmi ses inspirations figurent Florence Foresti, « le coup de cœur de ma vie », mais aussi Chantal Lauby ou Marina Foïs, « des femmes qui ont excellé au milieu d’un groupe de gars ». Dans un premier temps, Audrey Baldassare a préféré écrire ses textes toute seule : « J’avais besoin de me prouver que j’en étais capable », avoue-t-elle. Puis, elle s’est laissée rattraper par le syndrome de l’imposteur et a fait appel à un ami, Rabah Benachour, pour l’épauler. « Ça a fait évoluer mon spectacle, ça m’a permis d’aller plus en profondeur dans mes idées. »

Comment définir son spectacle ? « Hors piste parle de liberté, de sortir des sentiers battus, de freestyle, de tenter des choses plus dangereuses, de ne pas se sentir enfermée dans un déterminisme social. »

Audrey Baldassare dans « Hors piste », le vendredi 15 mai (19 h) au Spotlight.

Alex Toucourt n’a pas hésité à plonger du haut de son toboggan

Alex Toucourt peut compter sur le regard bienveillant de Nova. ©Yann ORHAN

Le quatrième album d’Alex Toucourt, Toboggan, est dans les bacs depuis vendredi. Planète Lille l’a questionné sur ce nouvel opus…

Alex, quand on arrive au quatrième album, on appréhende la sortie avec plus de sérénité ou, du haut de votre Toboggan, avez-vous encore un peu le vertige ?
« J’aime bien l’image. Franchement, on n’est jamais sûr de rien. J’ai surtout hâte de savoir si les gens vont bien accueillir mes chansons, si elles vont les toucher. Je suis plutôt excité et curieux. »

Avant qu’Orelsan, Louane ou Ed Sheeran ne vous invitent pour un « feat », comme vous l’évoquez dans la chanson Pirater les Hits, j’ai vu que vous alliez faire une release party début mai avec Jean-Philippe Nataf, Alexis HK, Emmanuel Urbanet. Ces moments de partage sont importants pour vous ?
« C’est vrai que j’aime partager la scène, jouer avec des copains, faire des rencontres éphémères ou épisodiques. J’aime aussi parfois être en solo, mais j’ai besoin des deux en fait : ça permet d’avoir un bel équilibre. »

Vous avez aussi travaillé ces dernières semaines avec deux chanteuses, Orilia et Aurore Mira Cétii. Cela signifie qu’elles vont vous accompagner sur la tournée ?
« On est en train de répéter, elles vont être là début mai pour les premiers concerts et elles seront présentes sur certaines dates, pas toutes, de la tournée. J’avais envie d’être entouré de chanteuses, de musiciennes, de faire un vrai travail d’harmonie sur les voix. Tourner en trio, ce sera nouveau, ça va amener de la fraîcheur, mais je vais aussi me garder quelques concerts en solo car j’aime aussi beaucoup ça. »

Pour l’écriture des textes, vous travaillez seul ou est-ce qu’à part votre chienne Nova, quelqu’un d’autre met sa patte sur votre travail ?
« Bien sûr, Nova supervise et valide, mais c’est toujours moi qui ai le dernier “waouf”. Il m’arrive de coécrire avec des potes, mais plutôt pour les autres. J’ai du mal à m’approprier les mots des copains. Je préfère travailler seul, c’est plus spontané, c’est plus évident. »

Est-ce que l’on peut considérer que la chanson Quelques strophes est la meilleure définition de votre démarche artistique ?
« Je ne sais pas si c’est la meilleure, mais c’en est une. En tout cas, je suis super content de ce texte, c’est l’un de mes préférés. J’ai trouvé l’exercice d’écrire sur ce sujet très intéressant. »

Il y a de l’humour, de l’autodérision dans plusieurs de vos chansons, dans vos posts sur les réseaux sociaux : comment est-ce que l’on trouve l’équilibre avec des chansons beaucoup plus sérieuses ?
« Je ne me pose pas vraiment la question. Pour cet album, j’avais écrit une vingtaine de chansons. On a réduit à quinze pour finalement en garder onze, en faisant en sorte qu’il y ait une forme de cohérence dans le mood global du disque. Certaines chansons un peu plus fun n’ont pas forcément été conservées, mais de toute façon, il y a plusieurs chansons que j’aime beaucoup qui seront sur un prochain album ou que je chanterai en tournée. »

Vous chantez beaucoup d’événements en lien avec notre quotidien (La salle d’espoir, Quand le camion va partir…). Comment fonctionnez-vous ? Vous observez et décidez si cela peut faire ou non une chanson ?
« Ce qui m’inspire le plus, c’est en effet la vie quotidienne : la mienne, celle des gens autour de moi. Je me nourris de tout ça de manière inconsciente. Pour cet album, j’ai changé ma façon de faire. D’habitude, j’écris un peu au fil du temps, mais là, je me suis challengé à partir m’isoler seul dans une ferme, dans le silence, en partant de zéro. L’idée était d’écrire un nouveau texte chaque jour et j’ai réussi, en laissant libre cours à mon inspiration. L’écriture et la composition ont été faites sur un temps très court. La démarche collait bien au titre. »

C’est-à-dire ?
« À la base, j’ai choisi Toboggan comme titre juste parce qu’une copine m’avait appelé en me disant qu’elle avait rêvé que je l’appelais en visio devant un toboggan jaune. Dans un deuxième temps, j’ai trouvé qu’il y avait vraiment un parallèle avec la façon dont j’ai fait cet album. C’est comme si, pendant pas mal de temps, j’avais grimpé l’échelle en observant autour de moi pour m’inspirer et, d’un seul coup, je me suis jeté en avant et j’ai glissé en puisant dans mes souvenirs, dans des conversations, des choses que j’ai pu voir ou entendre. C’est un peu impalpable. Parfois, je note des idées dans mon téléphone, sur des feuilles, mais comme je ne suis pas très organisé, je ne les retrouve jamais. »

Impatient de retrouver la scène ?
« J’adore aller en studio, mais c’est vrai que je préfère la scène. J’ai souvent le trac, mais une fois qu’il est passé, ce n’est que du bonheur de partager avec le public un moment spontané. Ça fait longtemps que je ne suis pas venu à Lille : j’avais joué au Biplan, mais aussi à l’Aéronef en première partie de Sinsemilia. Je n’ai pas encore de date prévue, mais j’espère y revenir bientôt. »

Alex Toucourt sera en concert le dimanche 17 mai (17 h) au Pont des Singes à Arras. Son album Toboggan est disponible. Prix : 14,99 €.

Baleine/fiction, une pièce pensée comme un kit de survie pour la planète

La première représentation de Baleine Fiction est prévue ce 27 avril au théâtre de La Verrière.

Artistes associés au théâtre de La Verrière pour deux saisons, Mélodie Lasselin et Simon Capelle de la compagnie nordiste Zone Poème ont écrit, conçu et mis en scène le projet Baleine/fiction, dont la première représentation aura lieu ce lundi 27 avril.

Interprétée par trois jeunes artistes, Ambre Dublé, Mikaël Gac et Sarah Walker, cette pièce a été imaginée comme un kit de survie, une façon de guérir le monde par l’émerveillement. Tout est parti d’un voyage au Groenland. « On cherchait comment apaiser le poids des souffrances écologiques sur la Terre et nous avons décidé d’aller voir les baleines, et la pièce est un peu un récit de notre voyage, une sorte de roman d’aventure », confient les auteurs.

L’histoire est celle de deux sœurs et d’un frère qui ont prévu de partir au Groenland avec leur mère pour fêter ses 60 ans. Malheureusement, celle-ci tombe malade, mais elle leur dit de faire quand même le voyage à trois. Ils acceptent tout en décidant de tourner des images pour en faire un film qu’ils montreraient à leur mère en rentrant, avec l’espoir que cela puisse aider à la guérir.

« La pièce évoque le tournage de ce film, ce qu’ils vont voir, notamment les baleines, mais aussi les personnes qu’ils vont rencontrer, les glaciers sur lesquels ils vont aller. La mère est un peu une métaphore du monde dans lequel on vit, poursuivent Mélodie et Simon. On assiste en fait à une pièce qui montre comment on fabrique un film, les coulisses du tournage. Une perche de cinéma va capter du son, avec des bruitages effectués en direct. De la musique sera aussi jouée comme si c’était la bande originale du film. »

L’objectif sera, à la fin de cette représentation d’environ une heure, de savoir si le public se sent mieux qu’avant d’entrer dans la salle et si l’art en général, et le théâtre en particulier, peuvent avoir des vertus curatives.

« Baleine/fiction », une pièce de Mélodie Lasselin et Simon Capelle, ce lundi 27 et mercredi 29 avril à 19 h, et le mardi 28 avril à 20 h, au théâtre de La Verrière à Lille. Prix : 15 € (6 à 13 € selon les tarifs réduits).

Une poupée sans passé mais pas sans avenir

Vincent Macaigne, Zoé Marchal et Cécile de France, un casting de choix pour La Poupée. ©Renaud Konopnicki

Meurtri par une rupture douloureuse et trop inquiet de souffrir à nouveau, Rémi (Vincent Macaigne) a décidé de partager sa vie avec une compagne bien particulière : une poupée grandeur nature répondant au prénom d’Audrey (Zoé Marchal), qu’il installe à table quand il mange, dans le canapé quand il regarde un film et dans le lit quand il dort.

Même s’il est contraint de mentir en permanence à ses collègues, Rémi semble se satisfaire de sa situation, jusqu’au jour où sa poupée prend vie. Un choc qui s’accompagne d’un autre bouleversement au travail avec l’arrivée d’une intérimaire, Patricia (Cécile de France), qui va aussi bousculer son quotidien.

Pour son premier long métrage, intitulé La Poupée, Sophie Beaulieu s’est inspirée d’un reportage télévisé sur des hommes aux États-Unis qui vivaient, eux aussi, en secret une idylle avec des poupées. Plusieurs voies s’offraient à elle, mais la réalisatrice a délaissé la piste du film d’horreur, limitée au strict nécessaire (le passage à la vie de la poupée), ainsi que celle du film fantastique, optant plutôt pour une comédie, avec le bon goût de ne pas basculer dans le graveleux. « J’aurais aussi pu imaginer que cette poupée se venge en prenant vie, qu’elle soit flippante ou alors partir sur quelque chose de plus fantastique, mais j’avais envie de rester sur des sujets simples du quotidien, sur une certaine vision de la femme, et notamment de la femme-objet, et je ne voulais pas accabler les hommes de ce film, qui ne sont pas des méchants mais juste des personnes en détresse et sincèrement amoureuses. »

« Quand on m’a envoyé le scénario en me disant que j’allais jouer une poupée qui s’éveille à la vie, j’avoue que je me suis posé des questions, avoue de son côté Zoé Marchal. J’avais peur qu’elle soit un peu bête, mais j’ai adoré l’histoire, le fait qu’elle soit très premier degré mais intelligente. Sans être moralisatrice, la série véhicule tout de même quelques messages féministes. »

La jeune comédienne s’est amusée à se voir en poupée : « Je n’ai pas trouvé ça étrange, c’était plutôt amusant de me voir toute préparée, toute maquillée, quelque chose que je ne fais pas souvent dans la vraie vie. C’était original. Je pense qu’on ne me reproposera plus jamais un tel rôle. Finalement, ce qui est très intelligent, c’est qu’à travers cette histoire de poupée qui prend vie, Sophie raconte l’histoire de l’émancipation d’une femme qui n’a pas été façonnée par son éducation, ses parents ou l’école. Elle arrive avec une page blanche et, très vite, elle va devenir ce qu’elle a envie d’être. »

« Audrey n’a pas d’histoire, pas de schémas, pas de préjugés. Du coup, elle pose des questions pleines de bon sens. Il n’y a pas de jugement, et l’idée, c’est juste de susciter une petite réflexion et de se dire qu’il y a des choses qu’on ne remet pas vraiment en question. À travers cette poupée, on peut mettre le doigt sur de petites assignations, des biais ou des constructions. En fait, elle s’émancipe et elle déconstruit. »

Pour incarner cette poupée, Zoé Marchal cumulait tout ce que Sophie Beaulieu recherchait : « Elle a cette manière de jouer un peu sans filtre, très spontanée, elle est drôle et, dès les premières auditions, elle a compris qu’il ne fallait pas être nunuche ou petit oiseau, mais être sincère, naturelle, authentique. Enfin, ce qui était très important, c’est qu’elle a ce physique qui peut faire bimbo-poupée, mais qui peut aussi se transformer, être plus naturelle tout en restant attirante. »

Pour les autres rôles principaux, Vincent Macaigne possède, de son côté, « une fantaisie, une intelligence sensible, une forme de poésie qui fait que le spectateur accepte l’idée qu’il vive avec une poupée sans que ce soit glauque. Le personnage de Rémi est amusant et touchant », poursuit Sophie Beaulieu. Enfin, Cécile de France constituait à ses yeux une évidence : « Elle représente un idéal féminin, quelqu’un de très spontané, très naturel. Elle a aussi ce côté clownesque ; c’est elle qui a voulu avoir cette coiffure frisottée. Elle apporte le décalage à ce personnage de Patricia, toujours dans l’adaptation, ouverte aux autres mais en même temps très libre, sans peur du jugement des autres. »

« La poupée », un film de Sophie Beaulieu. Avec Zoé Marchal, Cécile de France, Vincent Macaigne… En salle depuis ce mercredi 22 avril 2026.