« La Joconde parle enfin » ou l’art de donner vie à un chef-d’œuvre

Karina Marimon incarne La Joconde dans la pièce mise en scène par Laurent Ruquier.

Habituée à revisiter les grandes heures du pays dans la série « La petite Histoire de France » sur W9, Karina Marimon s’est aussi intéressée à un autre pan de notre culture collective en donnant vie à Mona Lisa dans la pièce de théâtre, « La Joconde parle enfin », écrite et mise en scène par Laurent Ruquier.

Forte du succès rencontrée à Paris, l’œuvre circule désormais en province et fera étape le 5 avril au théâtre Louis Pasteur de Lille. « La pièce a été très bien accueillie à sa création, il y a deux ans, mais nous n’avions pas pu assurer la continuité car Karina avait déjà d’autres engagements mais on a repris en janvier 2025 au studio des Champs Élysées et on est ravis de partir en tournée, d’autant que la critique n’a jamais été aussi bonne pour l’une de mes pièces, sourit l’auteur. Il a fallu que j’attende de m’attaquer à un chef-d’œuvre pour réussir, si ce n’est d’en faire un, à obtenir au moins une bonne presse. »

Une reconnaissance que Karina Marimon attendait également. « Cette pièce a marqué un vrai tournant dans ma carrière, assure-t-elle. « La petite Histoire de France » avait ouvert une fenêtre mais Laurent Ruquier a fait péter le toit. Il m’a pris aux « Grosses têtes », il m’a offert ce rôle et il m’a mise en lumière. Grâce à lui, j’ai désormais une vraie visibilité. J’ai plus de trente ans de carrière, il état temps qu’on commence à s’intéresser à moi (rires). Dit comme ça, ça peut paraître prétentieux mais c’est vrai qu’en faisant ce métier, on cherche quand même à avoir des rôles , à pouvoir raconter des histoires. »

Jouer cette pièce lui a, en outre, permis d’apprendre plein de choses sur cette œuvre d’art. « Laurent avait fait toutes les recherches. Après il fallait que je donne de la chair et du corps à tout ça, conclut-elle. Que j’en fasse un personnage pour que ce spectacle ne soit pas juste une conférence sur La Joconde. »

« La Joconde parle enfin », une pièce de Laurent Ruquier. avec Karina Marimon, le dimanche 5 avril (18 h) dans la salle Louis Pasteur de Lille Grand Palais.

Un petit réveillon avec un vampire ?

Estéban (à droite) tient le rôle principal de Vade Retro en salle ce 31 décembre. (c) Paname distribution.

Alors qu’il vient de boucler, par deux concerts complets à La Maroquinerie, début décembre, une grosse tournée d’une soixantaine de dates avec son groupe « Naive New Beaters », David Boring retrouve son deuxième pseudonyme, celui d’Estéban, qu’il utilise pour sa carrière de comédien.

Si vous n’avez rien prévu de particulier pour passer la nouvelle année et que vous êtes tentés par l’idée de passer un réveillon avec un vampire, alors vous pourrez filer dans une salle obscure voir le nouveau film d’Antonin Peretjako, « Vade Retro », en salle dès ce mercredi 31 décembre. Estéban y joue le premier rôle, celui de Norbert. « C’est un vampire puceau, dans le sens où il n’a jamais croqué de femme. Pour survivre et perpétuer la lignée familiale, il doit absolument croquer et épouser une femme de sang pur. » Accompagné d’un valet, il est envoyé au Japon pour trouver sa promise.

Une comédie horrifique, à mi-chemin entre le film d’auteur et le film burlesque, signée Antonin Peretjako. « J’avais déjà fait La Fille du 14 juillet avec lui, on avait aussi collaboré sur un roman-photo où il y avait également Pascal Légitimus, qui fait d’ailleurs partie de la mini-dream team de ce film. » Arielle Dombasle, Philippe Duquesne, Sébastien Chassagne ou encore Eva Rami figurent eux aussi au casting. « J’aime bien les thrillers et certains films d’horreur. En revanche, les zombies, les loups-garous et les vampires, ce n’est pas trop mon kiff, mais j’adore l’univers d’Antonin, alors j’ai accepté », précise-t-il.

Pour se mettre dans l’ambiance, Estéban confie avoir revisionné Entretien avec un vampire, le film réalisé au milieu des années 1990 par Neil Jordan avec Tom Cruise et Brad Pitt.

Ravi de passer d’un univers à l’autre, il multiplie les projets : « J’essaie de monter mon premier long métrage en tant que réalisateur et je vais sortir un projet solo en musique. J’ai trouvé un label, ce sera cette fois plutôt reggae. »

« Vade Retro », un film d’Antonin Peretjako, en salle ce mercredi 31 décembre. Avec Estéban, Pascal Légitimus, Yolène Gontrand, Pascal Tagnati, Sébastien Chassagne, Arielle Dombasle…

Jennifer Lauret a, de nouveau, cédé à l’appel des sirènes de « Joséphine Ange-gardien »

Jennifer Lauret a retrouvé avec plaisir Mimie Mathy pour un nouvel épisode de Joséphine ange gardien. (c) Gilles Gustine - DEMD PROD - TF1

Les téléspectateurs de TF1 la retrouvent régulièrement dans la série quotidienne « Demain nous appartient », où elle incarne l’avocate Raphaëlle Perraud. En 2026, Jennifer Lauret reviendra à ses premières amours en remontant sur les planches au théâtre, dans la pièce « Panique au ministère 2 », où elle incarne la fille d’une future présidente de la République qui va lui en faire voir de toutes les couleurs.

En attendant, dès ce lundi 29 décembre (21 h 10), elle sera également au casting d’un nouvel épisode de « Joséphine Ange-Gardien », aux côtés de Mimie Mathy, une série à laquelle elle avait déjà pris part il y a quelques années. « J’étais ravie de ces retrouvailles avec Mimie, on avait aimé travailler ensemble il y a au moins sept ans, c’était un beau projet. »

Véritable enfant de la télévision, la comédienne a enchaîné les séries au long cours, de « Julie Lescaut » à « Demain nous appartient », en passant par « Une famille formidable » et « Camping Paradis ». Alors forcément, rejoindre une série qui dure depuis près de trente ans (le premier épisode a été diffusé en décembre 1997), ça ne pouvait que lui parler.

Jennifer Lauret y incarne Lisa, une mère célibataire qui donne des cours d’aquagym pour gagner sa vie, mais qui est tellement investie auprès de sa fille qu’elle s’oublie un peu et se met en difficulté professionnellement. Pour se reconstruire, elle se voit proposer un défi : celui de bâtir une équipe de natation synchronisée capable de se produire lors d’un gala. « C’est une histoire qui me parle. J’ai élevé ma première fille un peu seule car je me suis rapidement séparée du papa, confie-t-elle. Quand on vit ce genre d’événement, on est encore plus focus, on voue un peu toute sa vie à son enfant et, quand en grandissant l’autre parent est plus cool, plus sympa, on ressent un peu d’injustice, il y a un peu de jalousie. »

Dans l’épisode, la comédienne s’est donc un peu servie de son vécu : « On a tendance à faire passer les enfants au premier plan, envers et contre tout, même si on a aussi une vie active à gérer, et il était important d’évoquer la vie de ces parents solos qui ont un peu tendance à s’oublier. »

Plus adepte « des plages ensoleillées et des baignades dans des eaux à trente degrés que des piscines et des pédiluves », elle n’a pas eu à trop mouiller le maillot, à l’inverse d’autres actrices qui jouaient les apprenties nageuses synchronisées. « Elles ont dû prendre quelques cours pour que les scènes soient crédibles. J’ai assisté à quelques entraînements, mais comme je jouais la coach, je me suis surtout renseignée sur la façon d’enseigner la natation synchronisée. »

Habituée à jouer un rôle central dans la plupart des séries dans lesquelles elle tourne, Jennifer Lauret assure que débarquer comme « guest » ne change pas grand-chose. « Tout le monde était traité sur un pied d’égalité, j’ai même été peut-être un peu plus chouchoutée », sourit-elle.

« Les Sirènes », épisode inédit de « Joséphine Ange-Gardien », ce lundi 29 décembre (21 h 10). Avec Mimie Mathy, Jennifer Lauret et Jean-Michel Lahmi.

« Les certitudes », un regard humain sur le Moyen-Orient

Le premier roman de Marie Semelin connaît un vrai succès.

Puisque la période est assimilée à la paix et parce que le père Noël a peut-être glissé au pied de votre sapin des bons d’achat chez un libraire, Planète Lille vous suggère la lecture du premier roman de Marie Semelin, « Les Certitudes », qui faisait partie des œuvres retenues par la Fnac pour sa rentrée littéraire au mois de septembre.

Journaliste ayant vécu sept ans au Moyen-Orient, dont est originaire son compagnon, l’auteure n’a pas résisté à l’envie d’écrire sur cette partie du monde qui fait partie de sa vie, afin de la montrer différemment de l’image que l’on peut s’en faire à travers les informations télévisées et les conflits qui la traversent depuis des décennies.

« C’est une région réduite à l’actualité, à ce temps gelé où les gens n’ont pas de passé, pas de futur, ne s’inscrivent dans rien, ils ont juste des identités, déplore-t-elle. Il est Israélien, il est Palestinien. OK, mais c’est réducteur. Si je dis “il est Français”, ça veut dire quoi ? On est 70 millions et nous ne sommes pas tous identiques. C’est pareil là-bas. C’est une région qui a aussi droit au romanesque. Je voulais me servir de cette forme pour raconter l’histoire méconnue d’un pays. J’avais commencé à travailler dessus avant le massacre du 7 octobre 2023, mais avec cette guerre atroce, j’avais encore plus besoin de revenir à l’humanité. C’est pour ça que je me suis beaucoup attachée à la construction des personnages : je voulais qu’ils soient complexes et inattendus. »

Des récits qui, habituellement, ne se croisent pas

« Les Certitudes », c’est l’histoire d’une jeune journaliste, Anna, 26 ans, un peu autocentrée, qui partage son appartement parisien avec Simone, une dame de 75 ans aux airs un peu punk, d’origine juive marocaine. Suite au décès de cette dernière et à son souhait d’être enterrée à Jérusalem, Anna va enquêter sur l’histoire de celle qui était devenue son amie et dont la vie fut, en réalité, bien différente de celle qu’elle pensait connaître.

Sur les traces de Simone, de Tel-Aviv à Jérusalem, en passant par Ramallah, en Cisjordanie, Marie Semelin convie le lecteur à un voyage sur des terres qu’elle connaît bien. On y croise un peintre palestinien, dont le travail est mondialement reconnu, reclu chez lui à Ramallah, sur un territoire sous contrôle israélien ou encore un soldat israélien, fan de rock des années 2000, végétarien et grand adepte des plantes, « amené à commettre des actes difficiles à supporter psychiquement pour un être humain ».

Tous ces personnages sont emplis de certitudes qui, au fil du roman, vont finir par vaciller. L’histoire de ce roman, c’est aussi de montrer qu’il ne faut pas essentialiser, ni juger les gens sur des apparences ou des croyances. « Chacun vit dans sa bulle. Je ne voulais pas que mon roman soit neutre, mais qu’il propose différents récits qui, habituellement, ne se croisent pas », poursuit-elle.

Même s’il s’agit d’un roman, Marie Semelin a pris soin de se documenter abondamment avant de traiter un sujet aussi sensible. « C’est totalement fictionnel, mais il était fondamental pour moi que les contextes géographiques et historiques soient véridiques, ça fait partie de mon ADN. J’ai interrogé des gens, j’ai lu des articles, j’ai travaillé avec des universitaires, des historiens. Le sujet est tellement grave et déclenche tellement d’émotions que je ne pouvais pas me permettre de mettre des éléments approximatifs ou faux, insiste-t-elle. Ce conflit nous a plongés dans des gouffres de souffrance tels qu’il nous faudra des décennies pour nous en remettre, si tant est que nous nous en relevions un jour. Mais, à mon échelle, l’écriture de ce livre fait partie de mon processus de guérison. »

« Les Certitudes », de Marie Semelin, aux éditions JC Lattès. 432 pages. Prix : 20,90 €. 

Alice Lombard fait résonner la petite musique de la vie dans « Karaoké »

L'humoriste Alice Lombard sera en spectacle au Spotlight le 14 janvier. (c) Joris Bazin

Son spectacle s’appelle « Karaoké » mais même si Alice Lombard, programmée le 14 janvier au Spotlight, aime « se moquer des gens qui se prennent trop au sérieux dans les karaokés », c’est surtout la petite musique de la vie que l’humoriste évoque sur scène. « Je parle de moi, du besoin d’attention, d’amour, de famille, des traumatismes que nos parents nous refilent et que l’on transmet ensuite à nos enfants », confie-t-elle.

Un show où l’on retrouve des choses assez différentes de ce qu’elle propose dans ses vidéos sur YouTube, et surtout très éloignées de ce qu’elle avait initialement imaginé. « J’ai fait un conservatoire de théâtre à Marseille, une formation en classique. Je me voyais plutôt dans des choses sérieuses, confie-t-elle. Le stand-up, ce n’était pas trop le projet quand je suis montée à Paris ; c’était plutôt un rêve de gosse, car j’ai été bercée par les sketchs de Gad Elmaleh et Florence Foresti. »

Pour tout dire, la jeune femme avait rejoint la capitale avant tout par amour, mais « l’histoire s’est terminée avec le garçon ». « De toute façon, dans l’humour, on se nourrit de nos échecs, poursuit-elle. Un jour, j’ai tenté une scène ouverte : c’était nul, mais j’ai eu envie de recommencer et, pendant plusieurs années, j’ai écumé tous les comedy clubs de Paris. J’ai joué dans des endroits un peu “underground”, dans des bars bruyants, où parfois le seul public, ce sont les autres humoristes qui vont passer, ou encore à côté des toilettes, mais c’était très formateur. »

Autre scène atypique dans son parcours : son propre salon. « Je préparais mon spectacle, je n’avais pas encore une heure, je jouais des 30-30 avec un autre artiste, se souvient-elle. Je n’avais pas de lieu pour jouer et ma meilleure amie, qui était ma colocataire à l’époque, a proposé qu’on le fasse dans le salon. On a fait plusieurs shows comme ça devant une trentaine de personnes, avec des gens comme Mahé, Lou Trotignon, Hugo Pêcheur ou encore Yacine Belhousse. C’était super, les gens aimaient le concept. C’était à la fois marrant et bizarre d’avoir de parfaits inconnus chez soi. Un jour, je me suis dit que je n’allais pas jouer éternellement dans mon salon et qu’il était temps de s’exporter. »

Depuis, Alice Lombard a donc construit un spectacle complet qu’elle a écrit seule : « J’adore écrire en collectif pour d’autres personnes, mais quand j’ai une idée pour moi, j’ai besoin de la développer seule, de la protéger. J’aime être dans le contrôle des choses. »

Alice Lombard jouera son spectacle « Karaoké » le mercredi 14 janvier (19 h) au Spotlight.