Sopico s’efforce de rester dans des rapports de narration sincères

Sopico est en concert ce mercredi 17 décembre à la Cave aux Poètes à Roubaix

Début septembre, Sopico était venu faire découvrir son univers en mode guitare-voix dans un décor inhabituel, celui de la rentrée littéraire de la Fnac, organisée au musée de la piscine à Roubaix. Il avait eu l’occasion d’offrir à un public qui ne lui était pas acquis un mixte entre les morceaux de son troisième album « Nuages » et d’autres du dernier né « Volez-moi ».

Ce mercredi, toujours à Roubaix mais dans une salle, La Cave aux Poètes, cette fois dédiée à la musique, il sera en terrain conquis avec des fans venus spécialement pour lui et pour écouter cet album, fruit de trois années et demi de création entre Paris et Rouen. « J’ai commencé à l’écrire en sortant d’une grosse tournée d’une centaine de dates. Cet album est une synthèse, ça raconte mes peurs mais aussi mes ambitions, cette envie permanente de faire de la musique. »

Un album bien plus personnel même si Sopico reconnaît que la mise à nu n’est pas évidente à réaliser : « ça peut me mettre dans des impasses émotionnelles, confie-t-il. Je suis assez pudique, je ne raconte pas grand-chose sur ma vie personnelle mais j’essaie plutôt de raconter ce que je ressens, de parler des sentiments qui sont propres à chacun mais qui ont une part d’universalité. »

Ravi que la musique urbaine soit de plus en plus reconnue, Sopico goûte avec beaucoup de prudence à la notoriété acquise au fil des albums : « Réussir à se développer, toucher un nouveau public, être sollicité par les médias , c’est compliqué et ça n’arrive pas au début mais quand on prend conscience les choses changent, je pense, qu’il faut impérativement garder le point de départ en tête, c’est ce qui permet de rester dans des rapports de narration sincères, estime-t-il. Ça nécessite d’avoir la capacité de se souvenir d’où l’on vient et celle de se projeter là où on veut aller »

Son avenir, il l’imagine toujours dans l’écriture de chansons bien sûr mais peut-être aussi un jour de romans. Après une expérience d’acteur dans le cadre d’une série pour Netflix « The Eddy », de Damien Chazelle, il s’imagine aussi volontiers derrière la caméra : « C’est ma base, j’ai suivi une formation de chef opérateur, précise-t-il. J’ai appris à capter les images, à monter la lumière maintenant est-ce que je passerai le cap ? Je ne sais pas.»

Sopico est en concert ce mercredi 17 décembre(20 h) à La Cave aux Poètes à Roubaix.

Une version dynamique et familiale de Pinocchio, ce mercredi au Zéphyr

La compagnie l'éléphant dans le boa propose sa version de Pinocchio au Zéphyr.

Vous connaissez probablement le Pinocchio de Disney, sorti en 1940, mais peut-être moins le roman pour enfants, initialement écrit en 1881 par l’Italien Carlo Collodi. C’est en partant de cette version originale que Florian Hanssens, gérant de la compagnie « L’éléphant dans le boa » a réalisé une adaptation destinée aux petits comme aux plus grands des aventures de Piocchio, ce pantin de bois, créé par le menuisier Gepetto, qui s’exprime comme un véritable enfant et dont le nez s’allonge à chaque fois qu’il profère un mensonge.

« On a choisi de faire preuve d’une grande fidélité, de ne jamais trahir l’œuvre de Collodi. Du coup, i y a des choses que les gens redécouvrent, explique-t-il. Après comme il s’agit d’un bouquin de plus de 200 pages, il a fallu faire des choix pour en faire une version théâtrale d’environ 1 h 20. On a retiré des passages qui pouvaient être effrayants pour rester sur un divertissement familial et on a essayé de simplifier. »

Le spectacle qui tourne depuis environ cinq ans sera présenté ce mercredi 17 décembre (17 h) au Zéphyr de Hem. Sur scène, dix artistes, des musiciens qui jouent en direct mais aussi six comédiens qui interprètent tous les personnages. « On a voulu faire un spectacle très rythmé, dynamique, chanté, dansé, avec cinq changements de décor, poursuit Florian Hanssens. On a aussi fait en sorte d’avoir un double niveau de lecture pour que le spectacle plaise aussi aux adultes. »

« Pinocchio, l’incroyable voyage », ce mercredi 17 décembre (17 h) au Zéphyr de Hem. À partir de 3 ans. Prix : 18 € (12 € pour les moins de 10 ans). 

« Amazing », l’incroyable nouvelle création d’Alexis Mériaux

Amazing, le nouveau spectacle du Casino Barrière de Lille.

Depuis plusieurs années, le Casino Barrière de Lille fait confiance à Alexis Mériaux pour monter de toutes pièces son spectacle annuel, et l’établissement lillois n’a pas à s’en plaindre, car chacune de ses créations connaît un franc succès, aussi bien au sein de la profession qu’auprès du grand public.
Le dernier-né de son imagination, baptisé « Amazing », n’échappe pas à la règle. Dans un monde où les machines et l’intelligence artificielle occupent de plus en plus de place, l’artiste s’est interrogé sur celle de l’humain, de la créativité et de l’inspiration.
« Je voulais avant tout parler de musique, précise-t-il. C’est ce qui nous rassemble, qui nous accompagne du début à la fin de notre vie, ce qui nous rappelle des souvenirs, qu’ils soient positifs ou négatifs. La musique a d’abord été assistée par l’ordinateur et maintenant, il y a l’IA qui pompe tout ce qui a existé avant pour te composer une chanson, avec les paroles et les mélodies, en à peine un quart d’heure. Comment a-t-on fait pour en arriver là, au point que les instruments sont de moins en moins utilisés, que les notes n’existent plus vraiment ? Il n’y a plus cette part humaine. Même s’il faut savoir vivre avec son temps, quand on écoute ce qui sort aujourd’hui, on est plus pauvre en harmonie que par le passé. »
Alexis Mériaux a donc imaginé que les principaux titans de la musique pourraient combattre pour leur survie. « J’ai choisi la soul, le rock, la pop et l’électro, avec l’idée que chacun se considérerait comme le pilier de la musique et le seul à même de la sauver, avant de comprendre que, pour s’en sortir, il fallait allier leurs forces, poursuit-il. C’est comme un fleuve et ses affluents : il y a différents courants et leurs émanations, comme le blues ou le gospel, le RnB, le jazz, le rap. On a créé des “mash-ups” (comprenez des mélanges de plusieurs chansons) avec trente musiques à l’intérieur. »
Au fil des années, le metteur en scène s’efforce de ne pas reprendre des morceaux déjà utilisés dans les spectacles précédents, tout en reconnaissant que la liste commence à être longue, ce qui ne l’empêche pas d’avoir encore des choix déchirants à faire.
Lors des auditions pour déterminer les artistes qui assureront le show, les décisions sont également parfois difficiles à prendre, mais les talents ne restent jamais très longtemps inexploités : « Pour les quatre titans de la musique, il y a une petite nouvelle, Maréva Poaty (soul). Elle avait déjà fait le casting pour des spectacles précédents : elle ne correspondait pas, à l’époque, à ce que je cherchais, mais je lui avais dit qu’on travaillerait un jour ensemble. C’est une pépite, elle est très jeune mais a déjà beaucoup de maturité et une voix puissante, assez exceptionnelle », s’enthousiasme Alexis Mériaux, qui a par ailleurs fait appel à de « vieilles » connaissances comme Manon Morgenthaler, déjà présente l’an passé dans « Fabricurious ». « Elle a cette fraîcheur, cette candeur, ce timbre pop qui lui permet d’atteindre certaines notes pas données à grand monde. En plus, elle danse énormément : c’était le combo qu’il me fallait pour le personnage. »
Lucile Luzely et Jérémy Plaesen, qui faisaient, eux, partie de la troupe « In my eighties », sont aussi de retour. « Lucile, c’était une évidence : elle incarne le rock avec cette voix saturée, cette énergie que je relie à une guitare électrique, à un éclair, indique Alexis Mériaux. Pour Jérémy, il me fallait cette voix qui passe du grave à l’aigu, parce que c’est aussi ça, l’électro. » Tous sont servis par des musiciens exceptionnels.
Du côté des danseurs, le renouvellement est en revanche plus important, pour répondre aux besoins des différents styles musicaux. « En termes de cardio, d’énergie, c’est le spectacle le plus dur de tous ceux que j’ai pu faire. » Un show survitaminé, où on chante, on danse et où l’on vient prendre, comme chaque année, sa dose d’énergie et de bonne humeur.

« Amazing », spectacle du Casino Barrière de Lille, en formule dîner, cocktail ou spectacle seul. Prix : 39 à 89 €. Prochaines dates : samedi 13 ; jeudi 18 au samedi 20 décembre ; puis 9, 10, 17, 24, 30 et 31 janvier ; 6, 7, 13 et 14 février ; 6, 7, 14, 21, 27, 28 mars ; 3 avril ; 29 et 30 mai ; 5, 6 et 19 juin, à chaque fois à 19 h 30.

« Blackout songs » explore les profondeurs de la dépendance affective

Fabrice Gaillard et Caroline Mounier dépendants à l'alcool et à l'amour. (c) Frédéric Iovino

Très friand des textes anglo-saxons, dont il apprécie souvent la singularité de la construction ainsi que l’humour et la folie qu’ils contiennent, Arnaud Anckaert, l’un des directeurs de la compagnie théâtrale nordiste « Le Prisme », s’est fait une spécialité de mettre en scène ceux qui le touchent plus particulièrement. Ça avait été le cas avec « Orphelins » de Dennis Kelly mais aussi avec « Séisme » de Duncan Macmillan.

Au cœur d’une rentrée 2025 chargée, avec également la mise en scène de la pièce « Le Songe d’une nuit d’été », l’homme s’est attaqué à une œuvre récente (2022) de Joe White, « Blackout Songs », qu’il a fait traduire et dont il signe la première création en France. « J’ai été séduit par cette écriture que je connais et par le sujet, confie-t-il. Ça faisait longtemps que je voulais monter un texte autour de la dépendance et de l’amour, cette histoire d’un couple lié par la relation à l’alcool mais aussi à l’art. »

Une pièce tragicomique qui n’a rien d’une campagne de prévention contre les dangers de l’alcool : « L’alcoolisme n’est ici que le symptôme d’un mal bien plus profond. Nous vivons dans un monde addictif, que ce soit à la boisson, à la drogue, aux nourritures, aux écrans, rappelle-t-il. Ce qui m’intéressait ici, ce sont ces relations humaines parfois vertigineuses, que certains qualifient d’excitantes ou d’intenses mais que d’autres définissent comme toxiques. On parle davantage de dépendance affective. »

Pour incarner ce couple qui se remémore son histoire avec une vision et une version différentes après chaque épisode trop alcoolisé, Arnaud Anckaert et sa complice et codirectrice de la structure, Capucine Lange, ont fait confiance à Fabrice Gaillard, l’un des acteurs avec lesquels une fidélité s’est installée au fil des années et des créations. Pour le rôle féminin, c’est en revanche une première collaboration avec Caroline Mounier, pensionnaire de la première promotion de l’École du Nord à Lille. « Elle a une voix et un tempérament qui, à mon sens, allaient coller avec le personnage, indique le metteur en scène. De fait, à la lecture, ça a bien fonctionné. Ils forment un duo touchant, attachant, avec des situations qui sont drôles même si elles sont souvent tragiques. »

« Blackout songs », mise en scène d’Arnaud Anckaert. Avec Caroline Mourier et Fabrice Gaillard, au salon de théâtre de la Virgule à Tourcoing, boulevard Gambetta. Du jeudi 11 au samedi 20 décembre, sauf les dimanche et lundi. Représentations à 20 h en semaine, à 17 h le samedi. Prix : 10 à 20 €.

« Chasse gardée 2 » promet quelques éclats… de rire

Maxime Gasteuil et Eden Ducourant ont rejoint le casting de Chasse Gardée 2. © Julien Panié

La hache de guerre ayant été enterrée avec les chasseurs (Didier Bourdon, Jean-François Cayrey, André Penvern…), Adélaïde (Camille Lou) et Simon (Hakim Jemili) mènent désormais une vie paisible à la campagne. Peut-être même trop paisible pour ces anciens Parisiens en déficit de vie sociale. L’installation dans le village de Stanislas (Maxime Gasteuil), le fils de Bernard (Didier Bourdon) et de sa femme Bénédicte (Eden Ducourant) apparaît comme une bouffée d’oxygène, jusqu’à la découverte de l’activité préférée de ce nouveau couple : la chasse à coure.

Après le conflit Paris-Province, les réalisateurs Frédéric Forestier et Antonin Fourlon explorent cette fois la lutte des classes avec Stan, venu étaler sa richesse à la face de son père et ayant derrière la tête l’idée de développer un business dans le village de ses parents . Le film s’amuse aussi et surtout des rivalités et moqueries entre la chasse classique et la chasse à coure, aussi appelée vénerie, qui consiste à traquer, à cheval et avec l’aide d’une meute de chiens, de petits animaux. « C’était un paramètre de plus à gérer pendant le tournage mais ça s’est bien passé avec les chevaux et les chiens, qui étaient très bien maîtrisés par leurs équipes . Ça a été simple aussi avec le loup qui était presque trop docile, sourit Frédéric Forestier. Pour le reste, on a dompté les animaux numériquement. »

Pas sûr, en revanche, qu’il ait été plus facile de gérer une bande de trublions qui n’a pas caché que l’ambiance sur le tournage avait été un moteur pour accepter de tourner ce deuxième opus de « Chasse gardée », sachant que tout le casting principal du numéro 1 a rempilé.

« Je savais que j’allais rigoler, avoir des barres de rire. Pour ma part, c’était déjà un argument très suffisant », assure Hakim Jemili. « On s’amuse, on raconte n’importe quoi en permanence, je ne pouvais pas refuser », confirme Jean-François Cayrey. « Eux s’amusent et nous on stresse avec Fred car on voit les heures passer et on se dit qu’on est foutus pour boucler les scènes dans les délais qu’on se fixait », en sourit aujourd’hui Antonin Fourlon.

Le rythme de tournage a néanmoins été intense : « On avait anticipé qu’il y aurait une suite mais on ne pensait pas que serait validé aussi vite, poursuit Frédéric Forestier. Ça a été facile de convaincre tout le monde de revenir sur le numéro 2 mais la fenêtre de tir où tout le monde était disponible pour le tournage était très réduite. »

Dans cette nouvelle aventure, on retrouve de nombreux clins d’œil au premier, notamment la scène du banquet, encore bien animé, et davantage de vannes. « On savait que le public voulait retrouver des personnages, des typologies de scène. La difficulté, c’est de ramener ces éléments-là sans raconte la même chose », confirment les réalisateurs.

Eden Ducourant qui forme donc le nouveau couple avec Maxime Gasteuil, était aussi face à un double challenge : s’intégrer et se mesurer à un nouvel exercice : « Ce n’est jamais simple de rejoindre une famille déjà constituée mais on a vraiment été très bien accueillis avec Maxime (Gasteuil) et Diane (Segard). Il y avait un esprit de troupe, joyeux sur le tournage, indique-t-elle. C’était en plus très excitant pour moi qui vient plus de la télévision et du drame de m’essayer à la comédie. Ce sont des codes de jeu différents. »

Parmi nos coups de cœur de ce film, on pense immédiatement à la relation entre Benjamin (Julien Pastel) et Sixtine (Diane Segard). « Globalement, il y avait l’envie de développer les personnages secondaires que les gens avaient beaucoup aimé comme Benjamin mais aussi Michel (Jean-François Cayrey) ou encore André (André Penvern), précisent les deux réalisateurs. On a voulu leur créer un passé ou leur donner une histoire d’amour. Il a donc fallu équilibrer à l’écriture et surtout au montage pour que tous les personnages existent, que tout le monde soit bien servi, en tenant une durée raisonnable d’environ 1 h 40, mais du coup, ça donne un film plus dense, plus rythmé. »

Si le succès est de nouveau rendez-vous, la porte d’un troisième volet ne semble pas fermée : « Tout dépendra de la volonté des producteurs, des comédiens et surtout du public, mais il y a encore de la matière à explorer, c’est une comédie de personnages donc on peut les faire évoluer et il existe encore plein de type de chasses différentes qui peuvent être très marrantes » , affirment les deux réalisateurs.

« Chasse gardée 2 », un film de Frédéric Forestier et Antonin Fourlon, en salle depuis ce mercredi 10 décembre. Avec Camille Lou, Hakim Jemili, Eden Ducourant, Maxime Gasteuil, Didier Bourdon, Diane Segard, Jean-François Cayrey, Chantal Ladesou…