Un petit réveillon avec un vampire ?

Estéban (à droite) tient le rôle principal de Vade Retro en salle ce 31 décembre. (c) Paname distribution.

Alors qu’il vient de boucler, par deux concerts complets à La Maroquinerie, début décembre, une grosse tournée d’une soixantaine de dates avec son groupe « Naive New Beaters », David Boring retrouve son deuxième pseudonyme, celui d’Estéban, qu’il utilise pour sa carrière de comédien.

Si vous n’avez rien prévu de particulier pour passer la nouvelle année et que vous êtes tentés par l’idée de passer un réveillon avec un vampire, alors vous pourrez filer dans une salle obscure voir le nouveau film d’Antonin Peretjako, « Vade Retro », en salle dès ce mercredi 31 décembre. Estéban y joue le premier rôle, celui de Norbert. « C’est un vampire puceau, dans le sens où il n’a jamais croqué de femme. Pour survivre et perpétuer la lignée familiale, il doit absolument croquer et épouser une femme de sang pur. » Accompagné d’un valet, il est envoyé au Japon pour trouver sa promise.

Une comédie horrifique, à mi-chemin entre le film d’auteur et le film burlesque, signée Antonin Peretjako. « J’avais déjà fait La Fille du 14 juillet avec lui, on avait aussi collaboré sur un roman-photo où il y avait également Pascal Légitimus, qui fait d’ailleurs partie de la mini-dream team de ce film. » Arielle Dombasle, Philippe Duquesne, Sébastien Chassagne ou encore Eva Rami figurent eux aussi au casting. « J’aime bien les thrillers et certains films d’horreur. En revanche, les zombies, les loups-garous et les vampires, ce n’est pas trop mon kiff, mais j’adore l’univers d’Antonin, alors j’ai accepté », précise-t-il.

Pour se mettre dans l’ambiance, Estéban confie avoir revisionné Entretien avec un vampire, le film réalisé au milieu des années 1990 par Neil Jordan avec Tom Cruise et Brad Pitt.

Ravi de passer d’un univers à l’autre, il multiplie les projets : « J’essaie de monter mon premier long métrage en tant que réalisateur et je vais sortir un projet solo en musique. J’ai trouvé un label, ce sera cette fois plutôt reggae. »

« Vade Retro », un film d’Antonin Peretjako, en salle ce mercredi 31 décembre. Avec Estéban, Pascal Légitimus, Yolène Gontrand, Pascal Tagnati, Sébastien Chassagne, Arielle Dombasle…

Jennifer Lauret a, de nouveau, cédé à l’appel des sirènes de « Joséphine Ange-gardien »

Jennifer Lauret a retrouvé avec plaisir Mimie Mathy pour un nouvel épisode de Joséphine ange gardien. (c) Gilles Gustine - DEMD PROD - TF1

Les téléspectateurs de TF1 la retrouvent régulièrement dans la série quotidienne « Demain nous appartient », où elle incarne l’avocate Raphaëlle Perraud. En 2026, Jennifer Lauret reviendra à ses premières amours en remontant sur les planches au théâtre, dans la pièce « Panique au ministère 2 », où elle incarne la fille d’une future présidente de la République qui va lui en faire voir de toutes les couleurs.

En attendant, dès ce lundi 29 décembre (21 h 10), elle sera également au casting d’un nouvel épisode de « Joséphine Ange-Gardien », aux côtés de Mimie Mathy, une série à laquelle elle avait déjà pris part il y a quelques années. « J’étais ravie de ces retrouvailles avec Mimie, on avait aimé travailler ensemble il y a au moins sept ans, c’était un beau projet. »

Véritable enfant de la télévision, la comédienne a enchaîné les séries au long cours, de « Julie Lescaut » à « Demain nous appartient », en passant par « Une famille formidable » et « Camping Paradis ». Alors forcément, rejoindre une série qui dure depuis près de trente ans (le premier épisode a été diffusé en décembre 1997), ça ne pouvait que lui parler.

Jennifer Lauret y incarne Lisa, une mère célibataire qui donne des cours d’aquagym pour gagner sa vie, mais qui est tellement investie auprès de sa fille qu’elle s’oublie un peu et se met en difficulté professionnellement. Pour se reconstruire, elle se voit proposer un défi : celui de bâtir une équipe de natation synchronisée capable de se produire lors d’un gala. « C’est une histoire qui me parle. J’ai élevé ma première fille un peu seule car je me suis rapidement séparée du papa, confie-t-elle. Quand on vit ce genre d’événement, on est encore plus focus, on voue un peu toute sa vie à son enfant et, quand en grandissant l’autre parent est plus cool, plus sympa, on ressent un peu d’injustice, il y a un peu de jalousie. »

Dans l’épisode, la comédienne s’est donc un peu servie de son vécu : « On a tendance à faire passer les enfants au premier plan, envers et contre tout, même si on a aussi une vie active à gérer, et il était important d’évoquer la vie de ces parents solos qui ont un peu tendance à s’oublier. »

Plus adepte « des plages ensoleillées et des baignades dans des eaux à trente degrés que des piscines et des pédiluves », elle n’a pas eu à trop mouiller le maillot, à l’inverse d’autres actrices qui jouaient les apprenties nageuses synchronisées. « Elles ont dû prendre quelques cours pour que les scènes soient crédibles. J’ai assisté à quelques entraînements, mais comme je jouais la coach, je me suis surtout renseignée sur la façon d’enseigner la natation synchronisée. »

Habituée à jouer un rôle central dans la plupart des séries dans lesquelles elle tourne, Jennifer Lauret assure que débarquer comme « guest » ne change pas grand-chose. « Tout le monde était traité sur un pied d’égalité, j’ai même été peut-être un peu plus chouchoutée », sourit-elle.

« Les Sirènes », épisode inédit de « Joséphine Ange-Gardien », ce lundi 29 décembre (21 h 10). Avec Mimie Mathy, Jennifer Lauret et Jean-Michel Lahmi.

« Les certitudes », un regard humain sur le Moyen-Orient

Le premier roman de Marie Semelin connaît un vrai succès.

Puisque la période est assimilée à la paix et parce que le père Noël a peut-être glissé au pied de votre sapin des bons d’achat chez un libraire, Planète Lille vous suggère la lecture du premier roman de Marie Semelin, « Les Certitudes », qui faisait partie des œuvres retenues par la Fnac pour sa rentrée littéraire au mois de septembre.

Journaliste ayant vécu sept ans au Moyen-Orient, dont est originaire son compagnon, l’auteure n’a pas résisté à l’envie d’écrire sur cette partie du monde qui fait partie de sa vie, afin de la montrer différemment de l’image que l’on peut s’en faire à travers les informations télévisées et les conflits qui la traversent depuis des décennies.

« C’est une région réduite à l’actualité, à ce temps gelé où les gens n’ont pas de passé, pas de futur, ne s’inscrivent dans rien, ils ont juste des identités, déplore-t-elle. Il est Israélien, il est Palestinien. OK, mais c’est réducteur. Si je dis “il est Français”, ça veut dire quoi ? On est 70 millions et nous ne sommes pas tous identiques. C’est pareil là-bas. C’est une région qui a aussi droit au romanesque. Je voulais me servir de cette forme pour raconter l’histoire méconnue d’un pays. J’avais commencé à travailler dessus avant le massacre du 7 octobre 2023, mais avec cette guerre atroce, j’avais encore plus besoin de revenir à l’humanité. C’est pour ça que je me suis beaucoup attachée à la construction des personnages : je voulais qu’ils soient complexes et inattendus. »

Des récits qui, habituellement, ne se croisent pas

« Les Certitudes », c’est l’histoire d’une jeune journaliste, Anna, 26 ans, un peu autocentrée, qui partage son appartement parisien avec Simone, une dame de 75 ans aux airs un peu punk, d’origine juive marocaine. Suite au décès de cette dernière et à son souhait d’être enterrée à Jérusalem, Anna va enquêter sur l’histoire de celle qui était devenue son amie et dont la vie fut, en réalité, bien différente de celle qu’elle pensait connaître.

Sur les traces de Simone, de Tel-Aviv à Jérusalem, en passant par Ramallah, en Cisjordanie, Marie Semelin convie le lecteur à un voyage sur des terres qu’elle connaît bien. On y croise un peintre palestinien, dont le travail est mondialement reconnu, reclu chez lui à Ramallah, sur un territoire sous contrôle israélien ou encore un soldat israélien, fan de rock des années 2000, végétarien et grand adepte des plantes, « amené à commettre des actes difficiles à supporter psychiquement pour un être humain ».

Tous ces personnages sont emplis de certitudes qui, au fil du roman, vont finir par vaciller. L’histoire de ce roman, c’est aussi de montrer qu’il ne faut pas essentialiser, ni juger les gens sur des apparences ou des croyances. « Chacun vit dans sa bulle. Je ne voulais pas que mon roman soit neutre, mais qu’il propose différents récits qui, habituellement, ne se croisent pas », poursuit-elle.

Même s’il s’agit d’un roman, Marie Semelin a pris soin de se documenter abondamment avant de traiter un sujet aussi sensible. « C’est totalement fictionnel, mais il était fondamental pour moi que les contextes géographiques et historiques soient véridiques, ça fait partie de mon ADN. J’ai interrogé des gens, j’ai lu des articles, j’ai travaillé avec des universitaires, des historiens. Le sujet est tellement grave et déclenche tellement d’émotions que je ne pouvais pas me permettre de mettre des éléments approximatifs ou faux, insiste-t-elle. Ce conflit nous a plongés dans des gouffres de souffrance tels qu’il nous faudra des décennies pour nous en remettre, si tant est que nous nous en relevions un jour. Mais, à mon échelle, l’écriture de ce livre fait partie de mon processus de guérison. »

« Les Certitudes », de Marie Semelin, aux éditions JC Lattès. 432 pages. Prix : 20,90 €. 

Alice Lombard fait résonner la petite musique de la vie dans « Karaoké »

L'humoriste Alice Lombard sera en spectacle au Spotlight le 14 janvier. (c) Joris Bazin

Son spectacle s’appelle « Karaoké » mais même si Alice Lombard, programmée le 14 janvier au Spotlight, aime « se moquer des gens qui se prennent trop au sérieux dans les karaokés », c’est surtout la petite musique de la vie que l’humoriste évoque sur scène. « Je parle de moi, du besoin d’attention, d’amour, de famille, des traumatismes que nos parents nous refilent et que l’on transmet ensuite à nos enfants », confie-t-elle.

Un show où l’on retrouve des choses assez différentes de ce qu’elle propose dans ses vidéos sur YouTube, et surtout très éloignées de ce qu’elle avait initialement imaginé. « J’ai fait un conservatoire de théâtre à Marseille, une formation en classique. Je me voyais plutôt dans des choses sérieuses, confie-t-elle. Le stand-up, ce n’était pas trop le projet quand je suis montée à Paris ; c’était plutôt un rêve de gosse, car j’ai été bercée par les sketchs de Gad Elmaleh et Florence Foresti. »

Pour tout dire, la jeune femme avait rejoint la capitale avant tout par amour, mais « l’histoire s’est terminée avec le garçon ». « De toute façon, dans l’humour, on se nourrit de nos échecs, poursuit-elle. Un jour, j’ai tenté une scène ouverte : c’était nul, mais j’ai eu envie de recommencer et, pendant plusieurs années, j’ai écumé tous les comedy clubs de Paris. J’ai joué dans des endroits un peu “underground”, dans des bars bruyants, où parfois le seul public, ce sont les autres humoristes qui vont passer, ou encore à côté des toilettes, mais c’était très formateur. »

Autre scène atypique dans son parcours : son propre salon. « Je préparais mon spectacle, je n’avais pas encore une heure, je jouais des 30-30 avec un autre artiste, se souvient-elle. Je n’avais pas de lieu pour jouer et ma meilleure amie, qui était ma colocataire à l’époque, a proposé qu’on le fasse dans le salon. On a fait plusieurs shows comme ça devant une trentaine de personnes, avec des gens comme Mahé, Lou Trotignon, Hugo Pêcheur ou encore Yacine Belhousse. C’était super, les gens aimaient le concept. C’était à la fois marrant et bizarre d’avoir de parfaits inconnus chez soi. Un jour, je me suis dit que je n’allais pas jouer éternellement dans mon salon et qu’il était temps de s’exporter. »

Depuis, Alice Lombard a donc construit un spectacle complet qu’elle a écrit seule : « J’adore écrire en collectif pour d’autres personnes, mais quand j’ai une idée pour moi, j’ai besoin de la développer seule, de la protéger. J’aime être dans le contrôle des choses. »

Alice Lombard jouera son spectacle « Karaoké » le mercredi 14 janvier (19 h) au Spotlight.

Un petit bout d’Avignon en mars à Seclin

Le spectacle Sur les pas de Léonard de Vinci fait partie de la programmation de l'édition 2026 du festival Seclin fait son Avignon

Si tu ne peux pas aller à Avignon, alors Avignon viendra à toi. C’était en tout cas le souhait de Didier Serrurier, l’adjoint à la culture de la ville de Seclin, lorsqu’il décida de lancer, il y a trois ans, le festival « Seclin fait son Avignon ».

« La première édition, on avait un peu de tout : du théâtre, de l’humour, de la variété, se souvient l’élu, mais dès la deuxième édition, on a choisi de se recentrer sur le théâtre en définissant un thème. » Cette année, l’homme avait opté pour la liberté. Pour 2026, il a décidé d’inviter la population à voyager dans le temps avec pour intitulé « Demain(s), d’hier et d’aujourd’hui… », en sélectionnant huit spectacles. « Je choisis des choses que les gens ne voient pas dans la région, en essayant de trouver une palette assez large pour amener les gens vers le théâtre, précise-t-il. On a quand même fait, l’année dernière, plus de 1 200 entrées. C’est une vraie victoire. »

C’est aussi le fruit d’une politique tarifaire très raisonnable puisque les pièces sont accessibles à 15,25 € (tarif réduit à 12,20 €), et les prix sont dégressifs si l’on va voir plusieurs spectacles. Il est ainsi possible d’assister à l’ensemble de la programmation pour 81,35 € (50,85 € pour ceux qui bénéficient du tarif réduit).

Présentation par Didier Serrurier des huit pièces retenues pour cette édition, qui se tiendra du 1er au 16 mars 2026…


Les cœurs andalous

« C’est une pièce évoquant une tradition andalouse où les femmes notaient leur vie la plus intime et la cousaient dans un cœur qu’elles transmettaient à leurs descendantes féminines. Celles-ci étaient chargées de garder ces secrets, et quelque part de les porter, sans savoir de quoi il s’agissait véritablement. Une des descendantes décide d’ouvrir le cœur et de voir ce qu’il y a à l’intérieur ; elle va ainsi découvrir tous les drames vécus par les femmes qui la précédaient. Il y a un aspect tragique, dramatique, avec la présence sur scène d’une danseuse et d’un guitariste de flamenco. »
Dimanche 1er mars (16 h), salle Ronny-Coutteure.


Sur les pas de Léonard de Vinci

« C’est un regard sur le passé. Lors d’une visite au musée du Louvre, deux jeunes se trouvent propulsés, grâce à la Joconde, en pleine Renaissance italienne, dans l’atelier de Léonard de Vinci. Ils vont découvrir tout ce qui était l’avenir des gens de l’époque à travers les inventions et les prédictions de Léonard de Vinci. »
Lundi 2 mars (20 h), salle Ronny-Coutteure.


L’Iliade

« C’est une plongée dans le berceau de notre humanité européenne, lui-même projeté dans notre époque. On va revenir dans l’Iliade, dans l’histoire de la guerre de Troie, mais avec des personnages habillés non pas en guerriers, mais comme des joueurs de football américain. Cette guerre sera commentée comme un événement sportif. C’est une vision à la fois très sérieuse sur le fond et très humoristique, voire loufoque, sur la forme. »
Mercredi 4 mars (20 h), salle Ronny-Coutteure.


Filles, mères, rebelles… Suffragettes !

« On retrouve Jimmy Daumas, un comédien exceptionnel, déjà venu à Seclin avec la pièce « Swing Heil ». On va le retrouver avec Manon Chivet pour une pièce qui parle de militantisme et qui retrace le combat des femmes en Angleterre en 1913 pour obtenir le droit de vote et l’émancipation. »
Samedi 7 mars (20 h), salle Ronny-Coutteure.


Climax

« Là, on bascule dans le burlesque. Ça a été difficile de les avoir car ils sont très demandés, au point qu’ils ont désormais trois troupes qui tournent pour assurer toutes les dates. Le but de Climax, c’est de faire rire pour faire réagir. On évoque évidemment le dérèglement climatique et, à la fin, il y a vraiment une morale, comme dans une fable de La Fontaine, qui nous dit ce que devient le monde. »
Lundi 9 mars (20 h), salle Ronny-Coutteure.


Gabor et les chapeaux rouillés

« C’est la pièce la plus légère, la plus accessible pour les enfants, même si, avec tous les effets spéciaux, c’est aussi un spectacle pour adultes. On se retrouve dans un monde fantastique qui pourrait faire très peur pour l’avenir ; c’est un peu du Frankenstein, sauf que le personnage, Gabor, qui doit construire une machine pour lui permettre de retrouver l’humanité, est très sympathique. En plus, il fait monter des gens sur scène : c’est un spectacle participatif. »
Mercredi 11 mars (19 h), salle Ronny-Coutteure.


Gauguin – Van Gogh

« On retrouve un grand comédien, William Mesguich, le fils de Daniel Mesguich. Cette pièce a connu un succès fou à Avignon, mais aussi au théâtre du Lucernaire. Ici, on parle de Gauguin et de Van Gogh, dont l’art a construit celui du XXe siècle. On voit un Gauguin très mal sur le plan neurologique et on assiste à leur confrontation, y compris l’épisode de l’oreille coupée de Van Gogh, qui a donné lieu au fameux tableau. C’est fantastique. »
Vendredi 13 mars (20 h), salle Ronny-Coutteure.


Des fleurs pour Algernon

« Avec cette pièce, on est dans la noirceur la plus profonde. Algernon, c’est une souris que des scientifiques ont réussi à rendre bien plus intelligente que les autres grâce à une opération du cerveau. Suite à ce succès, ils veulent faire le test sur l’Homme et trouvent Charlie Gordon, un simple d’esprit, moqué par tout le monde. Ils vont le trépaner et on découvre où tout cela va le mener. »
Lundi 16 mars (20 h), salle Ronny-Coutteure.


Tarifs : 15,25 € (plein tarif), 12,20 € (tarif réduit). 2 spectacles : 25,45 € (20,35 €). 4 spectacles : 45,75 € (30,50 €) ; 8 spectacles : 81,35 € (50,85 €).