Yassine Azzouz a un agenda bien rempli sur la Croisette

Yassine Azzouz enchaîne les succès dans les séries comme au cinéma. (c) David Atrakchi

Il a joué dans la série Gossip Girl, dans des films comme Redemption Day, La Désintégration ou encore Les Derniers Parisiens, mais c’est aussi pour une autre œuvre que l’acteur Yassine Azzouz sera présent ces prochains jours à Cannes. Il viendra représenter Guru, une mini-série de 2 x 35 minutes, inspirée d’un court métrage qu’il avait réalisé et dans lequel il tenait le rôle principal en 2014. Cette œuvre lui vaut aujourd’hui une nomination au titre de meilleur showrunner pour une série internationale indépendante lors de la cérémonie des I Success Awards.

« La série parle d’un mec qui découvre qu’il a un don lorsqu’il est sous substance : celui de pouvoir lire dans les pensées des femmes », explique-t-il. « Un pouvoir qu’une firme mystérieuse va vouloir utiliser pour satisfaire les besoins d’un émir, largué par sa petite amie, qui va s’avérer ne pas être exactement celle qu’il croit. »

Si la série n’a pas encore été achetée en France, elle fait un véritable carton aux États-Unis. « Elle est disponible sur trois plateformes : Amazon Prime Video, Apple TV et Tubi, et comptabilise des millions de vues », se réjouit-il. Obtenir une distinction sur la Croisette, le mercredi 20 mai, serait forcément une belle opportunité de mettre la série en lumière et ainsi, peut-être, de trouver un acquéreur pour une diffusion en France.

Le comédien est aussi pressenti pour être récompensé, deux jours plus tard, lors de la soirée des Global Travel Awards. « C’est un dîner qui met en lumière des gens qui ont travaillé hors de leur continent d’origine et qu’on ne voit pas nécessairement dans la presse. J’ai été convié car j’ai travaillé en Europe (France), en Afrique (Maroc) et en Amérique (États-Unis). »

Yassine Azzouz se réjouit également d’assister à la projection de deux courts métrages de Sébastien Abdelhamid, dont Ice Ice Bye Bye, dans lequel il joue et qui a déjà été sélectionné dans une vingtaine de festivals. « Le film évoque la plus grande campagne de déportation aux États-Unis, un sujet vraiment d’actualité avec la politique menée par Donald Trump », précise le comédien, impatient de découvrir le deuxième, tourné au Japon. « Pour le coup, je ne suis concerné ni en tant qu’acteur ni en tant que producteur, mais simplement pour découvrir son travail en tant que passionné de cinéma. »

Entre héritage et modernité, Passi continue d’écrire l’histoire du rap

Passi vient de sortir son nouvel album solo. (c) David Delaplace

Son nom est pleinement associé à l’histoire du rap en France. L’an prochain, Passi fêtera d’ailleurs le trentième anniversaire de son premier album, Les Tentations. Mais dès le début des années 1990, l’artiste avait déjà posé son empreinte dans l’univers musical avec la création du Ministère A.M.E.R., en compagnie, entre autres, de son ami Stomy Bugsy. Depuis, il a multiplié les projets, collaboré avec de nombreux artistes et inspiré de nouveaux talents. Il s’est aussi essayé à d’autres domaines : tantôt acteur, tantôt réalisateur de clips, mais aussi producteur dans la musique comme dans le cinéma, ou encore patron de label.

Un programme tellement chargé que ses fans s’impatientaient de le voir sortir un nouvel album. C’est chose faite depuis quelques semaines avec Bande originale, paru treize ans après Ère Afrique. « Certains estiment même que c’était plutôt un concept, un tour de l’Afrique en duo, et qu’il fallait remonter à Évolution, en 2007, pour avoir un véritable album solo de Passi », sourit-il.

« J’ai la chance que les gens m’appellent pour beaucoup de choses. Ces dernières années, j’ai aussi enchaîné les tournées avec L’Âge d’or du rap ou pour des concerts anniversaires de Ministère A.M.E.R. ou du Secteur Ä », rappelle-t-il.

En plus de trois décennies, l’industrie de la musique a évidemment beaucoup changé. La façon de consommer a évolué avec l’apparition du streaming, des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Autant d’évolutions auxquelles Passi a toujours su s’adapter. Souvent avec l’aide de jeunes davantage connectés au sein de son équipe, mais sans jamais renier sa démarche initiale.

« Avec Ministère A.M.E.R., on disait déjà qu’il suffisait d’ouvrir la fenêtre et de regarder ce qu’il se passait en bas pour avoir des tas de choses à raconter, se souvient-il. Aujourd’hui, c’est pareil. J’observe la société et, de ma position, je donne mon point de vue. Je ne suis plus le Passi de 18 ans qui voulait crier sa révolte ; je gère ma fougue différemment, mais je crois qu’il est important de continuer à donner son point de vue. Je me nourris de tous ces jeunes qui passent régulièrement dans mon studio. Il y a aussi des gens qui viennent me sortir de ma zone de confort, qui m’ont poussé sur certaines productions, sur certains flows. Je me suis beaucoup amusé, mais on a bien bossé. L’album est tel que je le voulais, plutôt éclectique. C’est bien de montrer plusieurs facettes. »

Bande originale est presque, à lui seul, un condensé de l’histoire du rap, grâce aux collaborations élaborées avec des artistes de différentes générations. Akhenaton, Bisso Na Bisso, Les Neg’Marrons, Uzi, AMK, Les Sages Poètes de la Rue et bien d’autres encore ont répondu à l’appel de Passi. « J’aurais dû les inviter depuis longtemps, estime-t-il. Après, ce n’est pas facile de rassembler tout le monde. Il y a des gens que j’aurais voulu avoir, mais qui n’étaient pas disponibles. Mais ça fait plaisir de montrer les différentes écoles du rap : celle du Sud, de l’Est, les Marseillais, le 9.2 ou encore le 9.5. Il ne faut pas oublier ce que chacun a pu apporter artistiquement. On connaît le chemin de chacun, on se respecte. On sait notamment, avec ceux présents sur le titre Les Saigneurs du micro, que l’on fait partie des bâtisseurs de cette culture. Et puis il y a les jeunes qui amènent de nouvelles choses ; c’est bien de composer avec leur modernité. »

Bonne nouvelle : Passi a encore plein de titres en stock et il n’attendra sûrement pas plusieurs années, cette fois, pour sortir un nouveau projet.

Bande originale, le nouvel album de Passi, est disponible depuis le 24 avril. Il sera en showcase chez JOST Lille le 19 juin.

Skip the Use a pris le temps de se réinventer

Le groupe lillois Skip the use est de retour avec un nouvel album. (c) Nicko Guihal

Quatre ans que leurs fans attendaient ça ! Depuis Human Disorder, sorti en 2022, tout le monde guettait le nouvel album de Skip the Use. Depuis quelques semaines, le manque est comblé avec Love and Anxiety, que les membres du groupe ont volontairement pris le temps de construire.

« On a pris une grosse pause, mais aussi le temps d’essayer de nouvelles choses, confie le bassiste Nelson Martins. Entre ces deux derniers albums, chacun est parti faire des choses différentes. Donc, au moment de se retrouver, tu ne reviens pas avec le même bagage ni les mêmes envies. Ça a quand même été dur, au début, de s’aligner, de trouver le bon rythme ensemble. Du coup, on a écrit plein de morceaux, on a commencé l’album puis on l’a recommencé plusieurs fois, et ça a fini par faire naître un concept avec ces deux émotions : love et anxiety. À partir du moment où ce concept s’est imposé à nous, ça a tout fluidifié. »

« Quand un concept sort sans qu’on l’ait calculé, c’est que c’est le bon, prolonge Mat Bastard. À une époque où les rapports humains et sociaux sont remis en question, on s’est aperçus qu’il y a toujours une balance qui définit les relations entre les individus. Par exemple, pour nous, faire un concert, ce n’est pas un stress, c’est plutôt une récréation : on se marre, on passe un bon moment. Alors que pour d’autres artistes, ça génère un stress immense, ça fait même vomir certains. Cette balance love and anxiety, elle est valable pour tout : les relations amoureuses, l’amitié, la parentalité, la politique, la culture, la spiritualité… »

 

Pour ce nouvel opus, Mat Bastard a souhaité faire évoluer le fonctionnement du groupe : « Je voulais que chacun vienne avec ses chansons de A à Z. Ça n’empêchait pas que quelqu’un puisse amener sa plus-value, ses idées, mais que ce soit celui qui a apporté le titre qui indique où il veut aller, ce qu’il veut raconter. Ça responsabilise chacun, sourit-il. En réécoutant l’album, je pense vraiment que les chansons restent fidèles aux démos de départ. Je pense notamment à Grew Up Mad, qui reste à 95 % dans l’ADN de ce que Yan Stefani avait amené et écrit au départ. Je crois que c’est grâce à ça que cet album est, à nos yeux, aussi abouti. »

Skip the Use a aussi opté pour une démarche que certains ont jugée moins frontale : « La culture du truc qui fait le buzz, qui fait du bruit mais qui disparaît aussi vite qu’il est apparu, ça nous faisait chier. On voulait vraiment titiller, que ça reste dans la tête, que ça provoque une vraie réflexion. Je ne cherche pas à faire des chansons que les gens aiment, mais j’espère qu’ils les écoutent, et même que ceux qui sont mes cibles les détestent. On essaie d’être encore plus incisifs, plus subtils dans les textes. »

« Depuis que nous sommes arrivés dans le projet, il y a dix ans, l’intégration a été progressive. Au début, on était là sur l’album, mais c’étaient vraiment de petites touches à gauche, à droite. Ça restait surtout les chansons de Mat et de Yann, on était encore en formation, en développement », s’amusent Nelson Martins et le batteur Enzo Gabert, le benjamin du groupe, convaincus que Love and Anxiety est l’œuvre la plus réussie de Skip the Use depuis qu’ils sont tous les quatre réunis.

L’album Love and Anxiety est en vente au prix de 15,99 €. Skip the Use sera en concert à L’Aéronef le 22 janvier 2027.

Une double dose de Nash pour faire le plein de bonne humeur

Nash sera à Lille ce samedi avec un plateau d'artistes puis le 6 juin en solo.

Les fans nordistes de Nash sont gâtés. L’an passé, l’humoriste était venue au Zénith de Lille avec la troupe du Jamel Comedy Club. Il y a quelques semaines, elle y était revenue pour assurer la première partie de Dany Boon. Ce samedi 9 mai, elle sera, cette fois, au théâtre Sébastopol en compagnie de quelques camarades de jeu (Thomas Angelvy, Paul de Saint-Sernin ou encore Elies Zoghlami pour la tournée West Comedy.

Le rendez-vous le plus attendu est, enfin, programmé pour le samedi 6 juin où on la retrouvera en solo avec son nouveau spectacle au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais. « J’avais hâte de revenir, ça m’enchante complètement de retrouver le public de Lille pour une soirée avec une ambiance, comme j’aime l’appeler, entre amis, où je me livre sur mon parcours et de mon discours naissent des moments d’improvisations, d’interactions très sympas et qui rendent à chaque fois le spectacle un peu unique ».

L’occasion de découvrir comment Nash est passée de consultante comptable à humoriste. « Je ne vais pas le dévoiler ici puisque ce sera dans le spectacle mais disons qu’il y a eu un tournant dans ma vie, il y a quelques années, qui a fait que je me suis penchée sur le stand-up. Pourtant, il y a dix ans, je ne me voyais pas monter sur scène », assure-t-elle.

Désormais en mesure de remplir de grandes salles sur son seul nom, Nash n’oublie pas que c’est dans des comedy clubs, notamment au Paname Art Café, qu’elle a appris le métier et elle se réjouit donc pleinement de la multiplication de ce type de lieux un peu partout en France. « C’est merveilleux, il n’y en avait pas autant quand j’ai commencé, souligne-t-elle. Dans un contexte où les gens ont besoin et envie de rire, c’est bien qu’il y ait de plus en plus d’endroits où de jeunes humoristes peuvent se lancer et où les gens puissent découvrir l’art du stand-up. »

Nourrie durant son enfance et son adolescence par des artistes comme Florence Foresti, Gad Elmaleh, Elie Kakou ou encore Jamel Debouzze, Nash fait désormais partie de cette grande famille de l’humour et a même eu le bonheur de côtoyer certaines de ses idoles de jeunesse de très près puisqu’elle a fait, ces dernières années, les premières parties de plusieurs spectacles de Gad Elmaleh et a intégré la troupe du Jamel Comédy Club. « ça m’a permis d’échanger avec eux, d’avoir des retours très enrichissants de leur part, leurs conseils sont précieux, ça m’a donné de la confiance et puis ça a un petit côté magique d’être validée par ceux que l’on admirait et que l’on admire toujours d’ailleurs. »

Nash en spectacle avec un collectif d’humoristes du West Comedy ce samedi 9 mai (20 h) au théâtre Sébastopol puis seule sur scène avec son spectacle le samedi 6 juin (20 h) au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais.

Yoann Zimmer en tournage à Lille et doublement au cinéma

Yoann Zimmer tient l'un des rôles principaux du film Sauvons les meubles. © 2025 Hélicotronc - Tripode Productions - Alva Film

Le musée d’art moderne, le musée de La Piscine ou encore le marché de Wazemmes sont autant de hauts lieux de la métropole lilloise que le comédien belge Yoann Zimmer avait inscrits à son programme de visites au cours du mois qu’il passe actuellement à Lille.

Le jeune homme est en plein tournage du téléfilm Le Sein de Jupiter, réalisé par Vania Leturcq, dans lequel il partage notamment l’affiche avec Sofia Essaïdi. « J’incarne un ancien cycliste professionnel qui découvre, lors d’un examen médical faisant suite à une chute à vélo, qu’il a une petite tumeur à la poitrine qui va se révéler cancéreuse, explique-t-il. À l’hôpital, il va faire la rencontre de Nour (Sofia Essaïdi), une avocate qui traverse la même épreuve. Le téléfilm évoque la façon dont ils sont l’un et l’autre impactés par l’annonce de cette maladie. »

Les tournages s’enchaînent pour Yoann Zimmer qui, en débarquant dans le Nord, sortait tout juste de celui d’une série très attendue en Belgique sur Patrick Haemers, qui fut l’ennemi public numéro un du pays dans les années 1980. « Ce n’est pas ma génération, mais je sais quelle figure il représentait. Je connaissais son histoire dans les grandes lignes, mais j’ai eu le temps de bien me renseigner sur lui, même si je n’avais pas envie d’être dans l’imitation au moment du tournage », précise-t-il.

Jouer un grand voyou n’a toutefois pas été une source d’excitation particulière à ses yeux : « Ce qui me passionne, c’est la trajectoire des personnes, comprendre comment elles peuvent en arriver là. Ce qui était intéressant, c’est que ce personnage permettait d’avoir des scènes d’action, un côté un peu romanesque », ajoute-t-il, conscient que les générations de ses parents et de ses grands-parents risquent de suivre la série avec une attention toute particulière.

En attendant, Yoann Zimmer est à l’affiche de deux films sortis récemment. D’abord L’Enfant bélier, en salle depuis le 29 avril, mais aussi Sauvons les meubles, au cinéma depuis ce mercredi 6 mai.

Le premier est une libre adaptation de l’affaire Mawda, qui avait secoué la Belgique : une enfant de deux ans avait été tuée à la suite d’une bavure policière lorsqu’un agent avait tiré sur une camionnette remplie de migrants et conduite par des passeurs.

« La police avait maquillé la vérité pour se couvrir et, dans le film, j’incarne un jeune policier qui vit une forme de désillusion en se rendant compte que la réalité du métier ne correspond pas à ce à quoi il aspirait », indique le comédien, heureux de travailler avec la réalisatrice Marta Bergman, avec laquelle il écrit également un scénario consacré à la vie du peintre Stéphane Mandelbaum.

Le second film actuellement à l’affiche, Sauvons les meubles, réalisé par Catherine Cosme, évoque une histoire de famille. Un frère (Yoann Zimmer) et une sœur (Vimala Pons) sont appelés à rentrer dans le Sud pour voir leur mère, atteinte d’un cancer et condamnée à mourir.

« On se rend rapidement compte qu’elle a contracté beaucoup de dettes au nom de sa fille et que, si celle-ci ne dépose pas plainte, elle va hériter de toutes ses dettes, explique-t-il. Elle se retrouve donc face à un dilemme : pourra-t-elle, pour se sauver, engager une action en justice contre sa propre mère, qui est en train de mourir ? Mon personnage a le cul entre deux chaises, car il est proche de sa sœur, la soutient et la comprend. Il y a aussi de l’humour, un côté “dramédie” qui fait du bien. »

Enfin, si aucune date n’a encore été annoncée, une autre sortie au cinéma est programmée pour Yoann Zimmer : Forêt ivre, un film de Manon Coubia, qui a obtenu un prix du jury à Berlin. « C’est un film qui se déroule dans un refuge de haute montagne. Il suit trois histoires de femmes, dont l’une avec Anne Coesens, dans laquelle je joue, précise-t-il. C’est la confrontation de deux destinées. Ça parle de solitude, de liberté, mais aussi de résistance. »

« L’Enfant bélier » et « Sauvons les meubles », deux films actuellement au cinéma avec Yoann Zimmer.