The best immigrant, une série captivante et terrifiante

Passionnante et dérangeante, la série The Best Imimigrant débarque ce vendredi sur France Télévisions.

De la fiction à la réalité, il n’y a parfois qu’un pas. Mais, dans le cas de la série The Best Immigrant, présentée au mois de mars lors du festival Séries Mania à Lille et disponible à partir de ce vendredi sur la plateforme France.tv, on espère forcément ne jamais franchir ce cap.

Celui de la déshumanisation, de politiques migratoires radicales portées par des partis extrémistes, d’une course sans fin à l’audimat dépourvue de toute morale. The Best Immigrant se déroule dans un futur proche et a pour cadre la Flandre, qui a fait scission avec la partie francophone de la Belgique. Un parti d’extrême droite est arrivé au pouvoir et a choisi d’exfiltrer, du jour au lendemain, tous les étrangers qui ne sont pas nés sur le territoire. Dans ce scénario terrifiant, les idées les plus honteuses et dramatiques jaillissent, comme celle de créer une émission de télé-réalité dans laquelle des étrangers s’affronteraient et subiraient de multiples humiliations pour tenter de gagner un permis de séjour.

On suit alors le quotidien de différents candidats pendant les épreuves, mais aussi en dehors, dans le bâtiment où ils sont confinés le reste du temps. La série explore ainsi la noirceur de l’âme humaine, décrit jusqu’où certains sont prêts à aller pour sauver leur peau et enfoncer les autres, mais aussi le cynisme de la production et, fort heureusement, les états d’âme de quelques résistants.

« Quand j’ai passé le casting, je savais déjà de quoi ça parlait. J’avais dépassé l’état de choc et j’avais très envie de me lancer pleinement dans l’aventure », confie la comédienne Jennifer Heylen, qui incarne Muna, l’une des victimes de ces nouvelles mesures migratoires. « Muna est directe, forte. Elle comprend vite que, dans ce nouveau monde, il n’y a pas de place pour la faiblesse. Elle prend des décisions, elle est très impulsive, elle se positionne en tant que leader. Et ce que j’aime, c’est qu’elle reste honnête, ce qui n’est pas facile dans un monde où elle est maltraitée. »

The Best Immigrant égratigne aussi, au passage, toutes ces émissions prêtes à tout pour faire exploser l’audimat. « On le voit à travers le personnage de Lauren (Charlotte Timmers), la productrice, qui n’est pas spécialement raciste. Elle n’est pas forcément mal intentionnée : elle veut juste faire le show. Mais cela ne fait pas d’elle une meilleure personne, puisqu’elle n’hésite pas à déshumaniser les candidats pour faire de l’audience », déplore la comédienne.

Une série d’intérêt public, censée tirer la sonnette d’alarme et résonner dans nos consciences, tant la fiction ne semble plus si éloignée de la réalité. « Ce qui est dit n’est pas si surprenant. Je suis noire et je vis régulièrement, dans mon quotidien, ce que vit Muna, poursuit-elle. À la différence près que je n’ai pas été enlevée et placée dans une émission de télé-réalité. »

Un discours qui fait froid dans le dos. « Je ne crois pas que la série fera changer les gens d’avis, mais l’art est politique et a cette mission de montrer les situations dans lesquelles on pourrait être amené à vivre, indique-t-elle. On voit clairement que les réseaux sociaux ont décomplexé un certain nombre de gens. La parole s’est libérée et beaucoup expriment désormais, de façon très directe, des pensées qui étaient jusque-là un peu cachées. J’espère au moins que cela fera réfléchir. »

The Best Immigrant, série en cinq épisodes, disponible sur la plateforme France.tv à partir de ce vendredi 3 juillet.

Ingrid Chauvin : « Peut-être que je vieillirai avec Chloé »

Ingrid Chauvin a senti dès les premières lectures le potentiel addictif de DNA. (c) Photo TelSète-TF1

Personnage central depuis neuf ans de la série quotidienne de TF1, Demain nous appartient, la comédienne Ingrid Chauvin est revenue pour vous sur les débuts de DNA, les secrets du succès, son évolution et ses projets pour l’avenir.

Ingrid, remettons-nous neuf ans en arrière. TF1 se préparait à diffuser ce qui ne devait être qu’une saga estivale. Neuf ans plus tard, Demain nous appartient est toujours à l’antenne. Qu’est-ce qui vous avait séduite à l’époque ?

« Le point de départ, c’est l’écriture. TF1 m’avait envoyé les dix premiers épisodes et, à l’issue de la lecture des scénarios, je n’avais qu’une envie : connaître la suite. J’ai tout de suite senti le côté addictif de la série. J’avais envie d’y aller. »

C’était un petit défi, car la série était un peu portée par votre nom…

« Oui, il y avait quelques autres personnalités connues, comme Alexandre Brasseur ou Lorie Pester, mais c’est vrai qu’il y avait un peu de pression. Comme je suis quelqu’un qui aime les challenges, j’ai trouvé ça excitant. On a tout de suite essayé de créer une famille professionnelle, de surprendre, de plaire et d’être dans le partage avec le public. »

Quels sont les ingrédients qui expliquent le succès et la longévité de Demain nous appartient ?

« L’authenticité de chacun, le fait d’être dans une série collégiale, chorale, avec des familles très identifiables. Au niveau des téléspectateurs, chacun peut se retrouver dans l’une ou dans l’autre, et ça, c’est très important. Après, on développe des sujets qui touchent les gens, qui font partie du quotidien de chacun, de la société. Ça permet de délier les langues, de se sentir moins seul face à ses problématiques. »

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre personnage de Chloé, dans son évolution ?

« Elle est pleine de couleurs, à la fois très bienveillante, très empathique, mais elle sait quand même s’affirmer. Chloé fait partie intégrante de ma vie, elle m’apprend beaucoup. Il y a évidemment une grande part de moi qui transparaît dans le personnage. Ça fait bientôt neuf ans, il s’est déjà passé tellement de choses. Peut-être que je vieillirai avec elle, je n’en sais rien. Il n’y a pas de monotonie. On se dit à chaque fois que les auteurs sont allés très loin, et ils arrivent quand même toujours à nous surprendre. En plus, Chloé a évolué vers l’hôpital. »

Auriez-vous aimé basculer dans la police, en souvenir de vos années dans Femmes de loi ?

« Non, c’est bien de changer d’univers. Mais ça me fait rire quand je vois mes camarades faire des scènes d’action avec les flingues. Je sais les manier parfaitement, je faisais toutes mes cascades quand j’incarnais le lieutenant Balaguère. »

Une série quotidienne, c’est un investissement sur une longue durée. Certains hésitent. Est-ce que ce fut votre cas ?

« J’ai eu la chance qu’on me propose cette série à un moment de ma vie où c’était facilement acceptable. Je venais d’avoir mon petit garçon. J’avais envie de me poser, d’avoir la possibilité d’être près de lui. C’est extraordinaire de pouvoir exercer son métier en restant à domicile. Ça a impliqué que je vienne m’installer et vivre ici. Et, en même temps, je suis devenue une petite Sétoise de cœur, et j’adore ça. »

Il vous arrive de vous projeter, de vous interroger sur le fait de continuer cette série ?

« Je ne pense pas trop à l’avenir. J’aime bien prendre ce qui se passe à l’instant T. C’est déjà une chance inouïe, au bout de neuf ans, d’être toujours là. Il faut savourer ça. On a une chance incroyable. Ce métier est extrêmement difficile. »

Il est déjà arrivé mille choses à Chloé, mais qu’est-ce que vous aimeriez qu’il lui arrive ?

« J’aimerais bien déraper un petit peu, mais je ne pense pas que ce soit possible, car je crois que je fais partie des personnages qui doivent être un peu des modèles. »

Au-delà de divertir, est-ce important pour vous que Demain nous appartient véhicule certains messages ?

« Il n’est pas rare que des parents nous disent : « Merci, grâce à vous, on a réussi à aborder tel ou tel sujet avec nos enfants. » On se dit qu’on n’est pas inutiles, et ça fait toujours plaisir. On pense avoir un petit rôle à jouer. »

Beaucoup de comédiens et de comédiennes ont rejoint la série au fil des années. Est-ce que vous leur transmettez à chaque fois l’esprit de la série ?

« La base, c’est surtout de les accueillir et de les soutenir, parce qu’ils arrivent dans un train à grande vitesse et que ce n’est pas forcément évident. C’est un rythme très particulier : tout va très vite, il y a une charge colossale de textes à apprendre. »

Certains de vos camarades ont parfois pris des respirations pour tourner un film ou jouer au théâtre. Ressentez-vous aussi parfois cette envie ?

« Quand j’ai d’autres projets, je fais venir les équipes ici parce que j’ai ce truc d’être maman. C’est mon rôle principal et je ne veux pas me séparer de mon fils ni m’éloigner de lui. J’ai créé, parallèlement à la série, une marque de cosmétiques qui s’appelle « Mademoiselle Chauvin », et c’est aussi une aventure. Quand Tom grandira, peut-être que je retournerai sur les planches, parce que ce sont effectivement des émotions qui me manquent un petit peu. Mais, pour le moment, je veux être présente pour faire grandir mon petit bout de chou. »

Demain nous appartient, du lundi au vendredi à 19 h 10 sur TF1.

Prince Sadjo Barry : « Le théâtre, un espace pour poser des questions »

Prince Sadjo Barry est l'un des quatre élèves du parcours écriture et mise en scène du Studio 8.

Chaque mois, Planète Lille va à la rencontre d’un élève du Studio 8 de l’École du Nord. Le portrait du mois est consacré à Prince Sadjo Barry, qui fait partie du quatuor d’élèves inscrits dans le parcours mise en scène, écriture et dramaturgie.

La pandémie de Covid-19 n’a pas eu que des effets négatifs : elle a permis à un certain nombre de personnes de remettre en question leur orientation professionnelle. Ce fut notamment le cas de Prince Sadjo Barry, alors fonctionnaire stagiaire en tant que conseiller principal d’éducation. « Je me suis posé des questions et j’en ai conclu que j’étais un peu anesthésié dans mon travail, indique-t-il. Je n’avais pas de marge de manœuvre. Je ne dis pas que le théâtre, c’est la liberté absolue, mais il y a davantage d’espace pour poser des questions. »

Au lieu de poursuivre dans cette voie, il s’est donc orienté vers le théâtre : « J’avais commencé à l’université, dans un atelier avec Victor de Oliveira, un metteur en scène originaire du Mozambique. Il m’a proposé une vision décoloniale du théâtre qui me parlait, par rapport à ce que je suis, à l’univers dans lequel j’ai grandi. Mais, à mes yeux, ce n’était alors qu’une passion. »

Après deux années au Centre national dramatique de Besançon, Prince Sadjo Barry est rentré en Seine-et-Marne pour y créer sa compagnie :  « Je faisais cinq métiers en même temps, de la production à la communication, mais je n’avais plus le temps de faire de l’artistique, de savoir où j’en étais, ce que je voulais monter. Puis est apparue l’opportunité de l’École du Nord. J’avais déjà 30 ans, j’avais donc dépassé la limite d’âge. J’ai demandé une dérogation, qui a été acceptée. J’ai donc mis ma compagnie en pause pendant trois ans. »

Au sein de l’École du Nord, les projets s’enchaînent et s’entremêlent. Récemment, dans le cadre des laboratoires classiques, il a monté La Mouette de Tchekhov. En parallèle, il travaille sur une pièce qui traite de la question des disparus sous la dictature de Sékou Touré en Guinée, mais aussi sur des cartes blanches avec l’Opéra de Lille. Il ne cache pas non plus son ambition de proposer un théâtre engagé.

« Je réfléchis à des contes afrofuturistes où il y a cette tendance de la Black Joy (joie noire). J’ai aussi envie de me lancer dans le jeune public, confesse-t-il. Mon curseur, ce sont mes neveux et nièces. Quand je vois des pièces, je me demande si j’aurais envie de les y emmener. Je pense aussi beaucoup au type de public qui va voir mes spectacles. Je ne crois ni en l’universel ni au théâtre populiste, même s’il y en a qui le font extrêmement bien. »

Philypa Phoenix et le challenge d’inscrire Zodiaque en 2026

Philypa Phoenix est fière de partager l'affiche avec Francis Huster dans Zodiaque. (c) François Lefebvre - TF1

En 2004, lors de la diffusion de la première saison de Zodiaque, Philypa Phoenix venait tout juste d’avoir 18 ans et avec sa famille, elle a contribué comme téléspectatrice aux formidables succès d’audience de la saga estivale de TF1. Alors forcément se retrouver une vingtaine d’années plus tard au sein du casting du troisième volet de la série, actuellement diffusée chaque jeudi (21 h 10) est un vrai plaisir pour la comédienne qui incarne la capitaine de police, Nadia Roman.

« On était tous conscients que l’on ne va pas faire onze millions de téléspectateurs comme à l’époque mais le vrai challenge, c’était de dépoussiérer cette franchise et l’inscrire dans la réalité de 2026, indique-t-elle. Même s’il ne reste plus beaucoup d’acteurs des deux premières saison, l’objectif c’était de ne pas tout chambouler pour que ceux qui ont vu les saisons 1 et 2 n’aient pas l’impression d’arriver dans quelque chose de nouveau, tout en faisant en sorte que les jeunes ou ceux qui n’avaient pas suivi à l’époque puissent s’y retrouver. Je trouve que ça a été plutôt bien fait. »

Philypa Phoenix est aussi heureuse de voir revenir à l’écran des grandes sagas estivales : « C’est un genre qui avait peut-être un peu snobé,que j’aime bien, poursuit-elle. Je me souviens notamment de Dolmen. Il y a des intrigues policières, des secrets de famille, des histoires d’amour. C’est le genre de programme que l’on regarde en famille avec, je pense, un effet miroir pour les téléspectateurs. Après ce sont souvent de gros castings, de beaux décors, donc ce sont des budgets importants, ça explique aussi peut-être qu’il y en ait eu moins ces dernières années. »

La comédienne se souvient d’avoir tourné dans une série, Tout cela je te le donnerai, aux côtés de Bruno Solo, Louise Monot, David Kammenos ou encore Nicole Calfan,qui reprenaient un peu les codes de la saga de l’été.

Après avoir déjà incarné plusieurs fois une policière dans sa carrière dans RIS police scientifique ou dans Commandant Saint-Barth, aux côtés de Florent Peyre, elle a voulu cette fois lui donner un autre visage. « Je voulais créer un personnage avec de l’empathie,de l’humanité tout en étant capable de diriger une équipe, de montrer suffisamment de détermination pour convaincre Keller (Francis Huster), qu a été son mentor, de reprendre du service. » Un Francis Huster avec lequel elle a adoré tourner :  « Il était évidemment garant de certaines choses, de l’ADN de Zodiaque mais il est arrivé avec une approche fraîche, moderne. »

Philypa Phoenix est d’ailleurs prête à signer pour une quatrième saison qui est déjà dans les tuyaux mais en attendant,elle a d’autres projets à réaliser comme la co-production de son premier court-métrage qu’elle va tourner cet été en Guadeloupe. Et la musique dans tout ça ? « On n’est pas à l’abri que ça revienne un jour, des amis de ce milieu me sollicitent encore parfois mais aujourd’hui ce n’est plus du tout professionnel, c’est de l’ordre du plaisir, l’acting me prend déjà beaucoup de temps. »

« Zodiaque »,suite de la saison 3, ce jeudi 25 juin (21 h 10) sur TF1.

Un documentaire touchant sur les sages-femmes sur France 5

Jessica a accueilli Sidonie à Lille.(c) Babel Doc

Journaliste et animatrice à la télévision comme à la radio, Sidonie Bonnec a décidé de se lancer dans un joli documentaire, diffusé ce mardi 23 juin (21 h 05) sur France 5 en allant à la rencontre de celles qui exercent l’un des plus beaux métiers du monde, celles qui accueillent la vie: les sages-femmes.

Sidonie Bonnec a donc pris la route du Népal, du Sénégal,du Guatemala pour observer au plus près la manière d’exercer cette profession selon les moyens, les croyances, les coutumes de chaque pays. Elle a aussi choisi de venir dans le Nord, à la maternité Jeanne de Flandre à Lille pour accompagner Jessica sur une garde de douze heures. « Je trouvais super que l’on veuille présenter notre métier de la sorte et lors de l’avant-première, j’ai vraiment été émue de voir les points communs et les différences à travers le monde, confie la Nordiste. Je trouve que ça permet d’apprendre des choses, de découvrir d’autres techniques et de s’apercevoir que l’on exerce en France ce métier dans un vrai confort par rapport à d’autres pays. »

Même si elle a toujours eu un attrait pour l’audiovisuel, Jessica avoue avoir eu une petite inquiétude au début du tournage qui a vite été levée. «  Je n’ai pas l’habitude des caméras, il faut s’habituer à leurs présences, à celles des micros mais Sidonie a vite su nous mettre à l’aise et on les oublie finalement assez vite. »

La sage-femme craignait également que les patientes soient mal à l’aise dans des moments d’intimité, par rapport à l’éventuelle nudité mais ça a été très bien fait avec discrétion et en accentuant les plans surtout sur les expressions des visages.

« Jeanne de Flandre étant une immense maternité, on traite beaucoup de pathologies différentes, c’était intéressant aussi de montrer que, même si les gens ont une vision positive de notre métier et qu’il y a généralement beaucoup de reconnaissances, tout n’est pas non plus toujours rose et facile. »

Déjà partie travailler deux ans en Guyane, notamment dans certains dispensaires en Amazonie, durant sa carrière, Jessica ne cache pas que le documentaire lui a donné « l’envie d’aller découvrir et peut-être même former des sages-femmes dans d’autres pays ».

« Si j’étais sage-femme, ce mardi 23 juin (21 h 05) sur France 5.