Félix Back a relevé le redoutable défi de Lorenzaccio

Félix Back offre une performance époustouflante dans Lorenzaccio. © Frédéric Iovino

Depuis dix jours, les triomphes s’enchaînent, les éloges se multiplient. L’adaptation de Lorenzaccio, signée David Bobée, séduit chaque soir les spectateurs du Théâtre du Nord. Les paris audacieux du metteur en scène pour donner une lecture contemporaine de l’œuvre d’Alfred de Musset sont, une fois encore, à souligner, tout comme la qualité et la diversité, au sens large, de la distribution, avec des fidèles de David Bobée ; l’artiste sourd Jules Tourlet, qui joue en langue des signes ; des nouveaux venus comme Mexianu Medenou, impressionnant duc Alexandre de Médicis ; mais aussi plusieurs pensionnaires du Studio 7 de l’École du Nord, comme Jade Crespy, Yassim Aït-Abdelmalek, Ambre Germain-Cartron, Miya Péchillon et, bien sûr, Félix Back, époustouflant dans la peau de Lorenzo. Clin d’oeil du destin, c’est sur une scène de Lorenzaccio que le jeune homme avait passé son concours d’entrée à l’école du Nord en 2021. 

D’abord révélé au cinéma (Fleuve Noir en 2018 et De Gaulle en 2019), ce jeune Parisien de 27 ans n’a pas eu à se frotter à la peur du vide à l’issue de son cursus à l’École du Nord. Dès le début de l’année 2025, en pleine tournée de Tragédie, le spectacle de sortie de sa promotion, David Bobée l’a informé qu’il comptait lui confier le rôle principal de son adaptation de Lorenzaccio. « C’était totalement inespéré, pour un jeune acteur qui sort de l’école, de se voir confier un rôle-titre aussi énorme, avoue-t-il. C’est forcément intimidant, mais ce n’est finalement pas si mal de le faire aussi tôt car, à l’école, on a pris l’habitude de s’essayer à des rôles mythiques du répertoire et j’avais donc encore un peu ce réflexe de foncer, d’y aller sans se poser trop de questions. »

Félix Back a aussi eu la chance d’être informé plus d’un an avant le début des répétitions : « J’avais d’autres projets en cours et je n’avais donc pas en permanence Lorenzaccio en tête, mais c’était quand même dingue d’avoir un an devant soi pour rêver du rôle et relire le livre d’Alfred de Musset, même si je n’ai eu l’adaptation de David que quelques mois plus tard. »

Une nouvelle version qu’il a tout de suite appréciée. « Il a pris le parti de mixer l’œuvre de Musset avec la pièce Une Conspiration de George Sand. Celle-ci vient atténuer le romantisme et le lyrisme d’Alfred de Musset et amène un réalisme politique, estime-t-il. Il a réalisé toutes les coupes qu’il fallait faire en gardant le cœur de la pièce et il a encore complexifié le personnage de Lorenzaccio, que je ne comprends d’ailleurs toujours pas totalement aujourd’hui. »

Travailler avec David Bobée a forcément facilité la tâche du jeune comédien. « Je connais sa façon de travailler, ça rassure et je sais que rien ne va nous arriver car on est à la maison, on connaît les équipes techniques, celles du théâtre. »

Pour construire son rôle, Félix Back a pris son temps. « Déjà, sans me dire orgueilleusement que ce rôle était fait pour moi, j’ai compris que ça pouvait marcher car, à l’école, j’avais travaillé beaucoup de rôles un peu retors, un peu troubles comme ça, explique-t-il. David m’a dit d’entrée qu’on n’allait pas chercher à définir tout de suite mon personnage, mais juste à avoir en tête qu’il y avait du chaos en lui. »

« Une intelligence du texte rare »

« J’ai choisi Félix car il possède une intelligence du texte rare, une prosodie singulière, une présence incroyable… Il y avait comme une évidence à confier à ce jeune acteur brillant la sombre luminosité du contre-héros romantique qu’est Lorenzaccio », assure le metteur en scène.

« Chaque scène a une couleur différente, Lorenzaccio a une vraie dualité en lui, poursuit le comédien . Il a été humaniste, idéaliste, mais il a été très déçu par la réalité à laquelle il a été confronté. Il est désenchanté par l’espèce humaine, ce qui lui donne une certaine noirceur, mais il n’y a pas que ça. Sinon, il ne ferait pas ce qu’il fait. »

« Je me suis dit qu’il fallait déjà se mettre au travail des scènes, des situations, des conflits entre les personnages, qu’il ne fallait pas chercher à imposer ma singularité mais qu’elle viendrait naturellement, poursuit-il. J’ai pensé à l’architecte Mies van der Rohe qui dit : “Je ne veux pas être intéressant, je veux être bon.” C’était mon état d’esprit. Essayons de bien faire le travail. » Qu’il se rassure, la mission est largement accomplie, le défi relevé haut la main.

Lorenzaccio est encore joué au Théâtre du Nord à Lille les 29 et 30 mai, ainsi que du 2 au 5 juin à 19 h 30. Durée du spectacle : 3 h 20 (dont environ 20 minutes d’entracte). Une tournée nationale aura lieu fin 2026-début 2027, avec des passages dans la région au Phénix de Valenciennes les 20 et 21 janvier ainsi qu’au Tandem, scène nationale d’Arras-Douai, du 2 au 4 février.

Kendji Girac sait qu’il va se régaler chaque fois qu’il vient à Lille

Kendji Girac est ravi de retouver le meilleur public de France à Lille.

 Kendji, trois dates de concerts en trois mois à Lille : le Zénith va devenir votre deuxième maison ?

« C’est incroyable, j’ai de la chance. Trois fois, c’est énorme. Chanter à Lille, c’est merveilleux et je sais que je parle au nom de la majorité des artistes. Ce n’est pas l’un des meilleurs publics, c’est carrément le meilleur public de France. Dès qu’on vient ici, les gens chantent à tue-tête, le public est à fond, il y a cette effervescence qu’on ne retrouve pas ailleurs. Je sais qu’à chaque fois, je vais me régaler. » 

C’est la tournée des 10 ans. Est-ce que ce n’est pas une occasion de se retourner sur le chemin parcouru ?

« C’est quelque chose que je n’ai jamais pu faire et que je n’ai jamais réalisé. Si je porte un regard extérieur sur tout ce que j’ai pu accomplir, l’enchaînement des albums et des tournées, je me dis que c’est incroyable, mais je n’arrive pas à analyser tout ça, à mettre des mots sur ce parcours. Je sais juste que c’est un bonheur de faire 70 à 80 dates par an, de voir ces gens toujours aussi émus. »

Avez-vous l’impression d’être le même qu’à vos débuts ?

« Humainement, dans mes ressentis, oui. Je marche avec un cœur sincère, avec une sensibilité encore plus forte qu’avant. Je suis papa, je suis quand même plus calme et j’ai l’impression d’avoir un peu plus la tête sur les épaules et de savoir encore mieux ce dont j’ai envie. »

J’imagine qu’avec les événements que vous avez vécus, vous savourez aussi davantage le fait d’être sur scène ?

« Bien sûr. Quand on se perd un jour et qu’on arrive à se retrouver, c’est l’une des meilleures sensations, une bouffée d’air. Je reçois d’une façon encore plus sincère l’amour des gens et je réalise la chance d’avoir une famille magnifique, un public merveilleux, des chansons qui font danser. »

Est-ce que vous aimeriez explorer à l’avenir d’autres styles musicaux ?

« On a toujours cette envie, mais il faut faire attention aussi aux attentes du public, trouver l’équilibre entre ce qu’il veut entendre, tout en sachant aussi s’écouter soi-même. Je me vois bien faire plus de chansons à voix, j’aime bien l’opéra. J’en avais discuté avec Florent Pagny et, d’ailleurs, j’ai déjà chanté “Caruso” devant lui en duo avec Soprano. »

Vous avez déjà connu une expérience de comédien dans le téléfilm « Champion ». Aimeriez-vous recommencer ?

« Je n’ai pas de propositions en ce sens, mais oui, ça me plairait car ce sont des émotions différentes de la musique. J’avais été beaucoup touché par ce tournage où je jouais un boxeur qui souffrait d’illettrisme. »

Kendji Girac sera en concert au Zénith de Lille, ce vendredi 29 mai (20 h) et le dimanche 14 juin (17 h).

La chorale À bout de souffle a de la voix mais aussi du cœur

La chorale A bout de souffle sera les 4 et 5 juin au Colisée de Roubaix. (c) Benoît Dochy

Tout a commencé avec une vingtaine de personnes en 2015 dans un salon, celui d’Alice Dalle. Créatrice de la chorale À bout de souffle, dont elle a été la cheffe de chœur jusqu’à la fin de l’année dernière, elle l’a amenée jusqu’à la scène du Colisée de Roubaix.

En fin d’année, l’artiste a décidé de passer la main pour se consacrer à d’autres projets professionnels. Les 4 et 5 juin, c’est donc l’une de ses connaissances, Olivier Decrouille, qui guidera la chorale croisienne, désormais riche d’environ 150 membres, sur la scène du Colisée, un rendez-vous désormais régulier qui ne laisse jamais insensible le directeur des lieux, Bertrand Millet, lui-même ancien pensionnaire de cette chorale il y a quelques années.

Pour ceux qui ne le connaissent pas bien, Olivier Decrouille est un artiste accompli, un pianiste de premier plan qui a travaillé avec Thomas Dutronc ou encore Michaël Gregorio, mais aussi sur des comédies musicales comme Hair et The Full Monty, où il a occupé les fonctions de directeur musical.

Récemment, il a aussi été sollicité pour réorchestrer quelques titres pour la Garde républicaine à l’occasion de la finale de la Coupe de France de football entre Lens et Nice.

Plutôt féminine (les deux tiers de la troupe), multigénérationnelle, la chorale fourmille de projets pour l’avenir (concert dans une église, participation à un festival de chorales…). Elle a de la voix, mais aussi du cœur, puisque l’intégralité des bénéfices sera reversée à l’association Laurette Fugain, avec l’espoir d’accueillir au moins 1 800 spectateurs au cumul des deux soirées.

Point d’orgue de l’année, ces concerts d’environ 1 h 30 proposeront un set plutôt éclectique : « Il n’y a pas de répertoire classique ni de chants sacrés, mais pour le reste, il y en a pour tous les goûts, de Queen à Francis Cabrel en passant par Joe Cocker, Juliette Armanet ou encore Jean-Jacques Goldman », précise Jérôme Cartel, membre de la chorale et chargé de la communication. La chorale sera accompagnée de quatre musiciens : guitare, batterie, clavier et basse. »

La chorale À bout de souffle sera au Colisée de Roubaix les 4 et 5 juin à 20 h. Prix : 19 €.

La Bretagne ça vous gagne mais ça n’épargne pas les scènes de ménages

Cap sur la Bretagne pour le mariage d'Emma et Fabien. (c) Cécile Rogue-Noon-M6

Déjà dix-sept ans que Scènes de ménages fait, chaque soir de semaine, les beaux jours de M6. Régulièrement, depuis quelques années, la production offre une petite récréation et un bol d’air à ses comédien(ne)s en imaginant des soirées événementielles avec un prime où les différents couples sortent des studios et de leurs décors habituels.

Ce mardi 26 mai (21 h 10), c’est cap sur la Bretagne pour tout le monde. Certains s’y rendent pour une escapade amoureuse (Liliane et José), d’autres pour découvrir un investissement immobilier (Camille et Philippe), participer à une chasse au trésor (Leslie et Léo) ou suivre un stage dans une prestigieuse école afin d’apprendre à bien faire les crêpes (Alice et Sofiane). Mais le gros rendez-vous concerne Emma et Fabien, déjà parents de trois enfants, qui décident d’officialiser leur union sous le regard de Raymond, leur témoin de mariage.

« On voulait un truc un peu folklorique qui colle à l’ambiance de la Bretagne, donc la cérémonie est célébrée par un druide », annonce David Mora, qui incarne Fabien. « Forcément, rien ne va se dérouler comme prévu, poursuit Anne-Elisabeth Blateau, alias Emma. Pour Fabien, c’est l’aboutissement d’une vie, beaucoup trop d’émotions, et il va assez mal gérer cette journée-là et être très tendu avec tout le monde. »

Même si elle estime qu’il y a de moins en moins d’eux dans leurs personnages, la comédienne ne cache pas que ce tournage a été assez particulier pour elle. « Au début, quand les personnages n’étaient pas encore trop écrits, on a mis pas mal de nos personnalités. Mais plus le temps passe, plus nos personnages ont grandi et s’éloignent de ce que nous sommes réellement, estime-t-elle. On ne devient pas fou en rentrant chez nous en se demandant qui on est, mais je dois dire que, sur ce prime, j’ai été réellement très émue par ces scènes de mariage. David évoquait cette option depuis le début, je ne voulais absolument pas en entendre parler et, tout d’un coup, on y était. J’avais l’impression que l’on recommençait la série. »

Une série dont la longévité repose, selon eux, sur le flair des producteurs et des équipes de casting. « Ils ont fait des paris sur des couples de comédiens qui ne se connaissaient pas forcément avant de jouer ensemble, avant le casting, et ces paris ont fonctionné, apprécie Anne-Elisabeth Blateau. Il faut quand même avoir beaucoup d’intuition et beaucoup d’intelligence humaine pour se dire : “Ces deux-là, j’y crois, ça va marcher.” Et je pense qu’ils ne se sont pas beaucoup trompés. »

« Il y a la thématique du couple, qui est universelle, et puis ce fonctionnement avec des séminaires chaque année avec les auteurs, abonde David Mora. Sur le quotidien pur du couple, on a fait tout ce qui était possible, donc tout le monde est preneur de nouvelles pistes d’écriture, d’une nouvelle arène ou d’une thématique à traiter. »

« Ces séminaires sont des espaces pour se réinventer. Nous, comédiens et comédiennes, sommes les gardiens du temple de nos personnages, nous sommes leurs meilleurs avocats. Cela nous donne une légitimité pour nous exprimer, même si les auteurs écrivent bien sûr 99 % de ce que l’on joue », indique Anne-Elisabeth Blateau, qui aimerait que l’un des prochains primes ait pour cadre un bateau de croisière.

« Scènes de ménages : Cap sur la Bretagne », ce mardi 26 mai (21 h 10) sur M6 mais aussi au quotidien du lundi au vendredi à 20 h 40.

Sam Karmann a retrouvé l’enfance du jeu en tournant L’été 36

Sam Karmann est l'un des principaux rôles masculins de l'été 36. (c) Jean-Philippe Baltel-Quad Drama-TF1

TF1 poursuit, ce lundi 25 mai (21 h 10), la diffusion de sa grande série L’Été 36, portée par Julie De Bona, Sofia Essaïdi, Constance Gay et Nolwenn Leroy. Après avoir recueilli les confidences des quatre comédiennes dans un article précédent, Planète Lille s’intéresse, cette fois, à Sam Karmann, qui incarne Henri Pontavice-Caron, grand industriel et patriarche d’une famille en déliquescence.

Sam, qu’est-ce qui vous a donné envie de jouer dans cette série féministe, portée par des femmes ?
« J’ai été séduit par ce rôle d’un gars qui est le représentant du patriarcat total, familial et financier. C’est un patron qui a beaucoup de pouvoir, mais c’est un type droit, avec une vraie humanité. Il a l’obsession de transmettre son patrimoine, mais il n’a que deux filles et, à cette époque-là, cela ne se faisait qu’avec un garçon. Au fil de son parcours, il va revoir un peu ses fondamentaux et chercher des solutions pour filer les rênes de son héritage. »

Aviez-vous regardé les deux opus précédents, Le Bazar de la Charité et Les Combattantes ?
« Oui, et j’avais adoré. Je savais qu’Iris Bucher était la productrice, j’avais eu des échos très positifs du travail du réalisateur Fred Garson, mais ce qui m’a surtout plu quand on m’a contacté, c’est qu’on m’a donné, deux ou trois mois avant le tournage, un scénario remarquablement écrit et qui était, à quelques détails près, la version finale, ce qui n’est pas souvent le cas à la télévision. Et, comme je le disais, je trouvais très beau le parcours du personnage qu’on me proposait. »

Il y a beaucoup de rôles importants dans L’Été 36. Êtes-vous un adepte des séries chorales ?
« C’est vrai qu’il y a une quinzaine de personnages majeurs qui ont été très bien écrits et interprétés. Il y a les quatre héroïnes principales, bien sûr, mais il y a aussi beaucoup de rôles masculins très intéressants. Sur le plateau, il y a eu tout le talent de chef d’orchestre de Fred Garson, qui voit tout le monde et ne laisse personne de côté. Il a un rapport très simple, très respectueux et très intime avec les acteurs ; il est le garant de la psychologie de tous les personnages. »

Endosser des costumes d’époque, évoluer dans des décors inhabituels, ça permet d’entrer plus facilement dans son personnage ?
« Bien sûr, on a tourné dans des endroits magnifiques, on retrouve l’enfance du jeu. Un acteur, au fond, c’est un enfant qui s’amuse professionnellement. Dès qu’on enfile le costume, on est dans l’époque. »

L’Été 36, diffusion des épisodes 3 et 4 ce lundi 25 mai (21 h 10) sur TF1. Également disponible en replay depuis le début.