Arthur H s’offre un concept expérimental pour créer son prochain album

Arthur H sera aux côtés de Pierre Le Bourgois vendredi au théâtre Sébastopol. (c) Valentin Folliet

Arthur H, en concert ce vendredi 23 janvier au théâtre Sébastopol de Lille, n’est pas le genre d’homme à se complaire dans la routine. Il l’a déjà démontré à plusieurs reprises en se lançant dans différents projets annexes à sa musique, comme l’écriture d’un livre, plus récemment d’une bande dessinée (« La solidité du rêve » chez Casterman, avec Alfred), ou même en endossant la panoplie d’acteur, comme ce fut le cas l’an passé dans le film « Ange » de Tony Gatlif, aux côtés de Mathieu Amalric et Maria de Medeiros.

« Créer une surprise chez les gens, c’est quelque chose de vraiment précieux, donc je cherche la surprise chez moi aussi, indique l’artiste. J’ai toujours envie de repousser mes limites, et faire ce film était un peu effrayant. Autant j’ai les codes sur scène et je m’y sens toujours assez tranquille ; autant, devant une caméra de cinéma, je n’en menais pas large, mais ça apporte énormément d’avoir la chance de pouvoir faire des choses qu’on ne sait pas faire. »

Alors, forcément, retrouver Arthur Higelin dans un concept novateur, en compagnie de Pierre Le Bourgeois, n’a rien de très étonnant. Ce vendredi, comme depuis le début de la tournée, les deux hommes transformeront la scène en véritable laboratoire pour y poursuivre la construction d’un futur album. « On avait envie de ne pas faire les choses dans le sens habituel. On a donc décidé de commencer par la tournée pour créer une musique, l’expérimenter devant les gens, voir ce qui pourrait nous plaire, ce qui pourrait fonctionner, et ensuite on l’enregistrera et on refera peut-être une autre tournée. »

Arthur H a donc ressorti quelques anciennes chansons de sa « malle au trésor ». Il en a écrit cinq ou six nouvelles également, et sa femme s’est chargée de la mise en scène. « C’est très théâtral, poétique. Sur la scène, j’ai mon petit salon et Pierre son labo de savant fou, sourit-il. On a mis en place un cadre rigoureux, mais dans lequel on s’amuse beaucoup ; on cherche et on trouve notre liberté. »

Le public devient ainsi le complice de ces expérimentations musicales. « Ça a l’air de plaire. J’en pense qu’ils ont la sensation de vivre un moment unique. Chaque soir est différent, les morceaux évoluent au fil de la tournée. Ça crée des moments suspendus, quelque chose en mouvement, qui n’est pas formaté. »

Il n’est, en revanche, pas prévu que les spectateurs désignent les chansons qui iront sur l’album : « On constate que certaines chansons marchent mieux que d’autres, mais on n’a pas fait de sondage. On aurait pu créer une dynamique là-dessus, mais il aurait fallu embaucher quelqu’un pour ça, car je ne suis pas très doué pour les réseaux sociaux », sourit-il.

Arthur H sera en concert avec Pierre Le Bourgeois au théâtre Sébastopol de Lille, ce vendredi 23 janvier (20 h).

Notre sélection de spectacles du 19 au 25 janvier 2026

L'agenda de la semaine du 5 au 11 janvier

Chaque samedi, nous vous livrons désormais nos suggestions de sorties dans la métropole lilloise pour la semaine suivante…

 Nos 5 coups de cœur du 19 au 25 janvier

 1. « MON JOUR DE CHANCE »

Grand succès parisien, avec l’excellent Guillaume de Tonquedec, « Mon jour de chance » sera joué à deux reprises cette semaine (mercredi 21 et jeudi 22) au Colisée de Roubaix. Une pièce de théâtre ayant obtenu deux nominations aux Molières.

2. MICHEL JONASZ

« Joueurs de bluzz », « La boîte de Jazz », « Super nana », « Je voulais te dire que je t’attends »… Autant de tubes de Michel Jonasz que l’on prend toujours plaisir à réécouter et qui seront très probablement dans la « set list » de l’artiste ce dimanche (18 h) au Zénith de Lille.

3. BARBARA PAR PIETRAGALLA

Grande fan de Barbara, dont elle avait croisé le chemin et avec laquelle était née le désir d’un projet commun qui ne s’est jamais réalisé, la danseuse Marie-Claude Pietragalla a décidé de se lancer un défi, celui de reprendre certaines des chansons de la dame en noir.

4. BEKAR

Le rappeur roubaisien Bekar achève une grande tournée dans sa région. Après le zénith de Paris vendredi, c’est pour première fois dans celui de Lille qu’il se produira le samedi 24. Ambiance de feu garantie.

5. SELLIG

Du haut de ses trente ans de carrière, l’humoriste Sellig viendra jouer son dernier spectacle, intitulé « Épisode 6 » au centre culturel Paul Lequimme à Haubourdin, le samedi 4 janvier. Il y partagera notamment ses observations sur la vie quotidienne.

Mais aussi…

Humour : Les Lambersartois auront le plaisir d’accueillir Philippine Delaire à la salle Malraux (vendredi 23). Du côté du Spotlight, vous pourrez découvrir quelques habitués des lieux comme Olive Dangereux mais serein et Adrien Bonan (mercredi 21) ou encore Yanis (jeudi 22), qui mixte magie et humour. 

Musique : Il y en aura encore pour tous les goûts cette semaine avec pour commencer un concert hommage à France Gall, au théâtre Sébastopol de Lille, par la Belge Julie Compagnon et le groupe Hong Kong Stars ce lundi 19 janvier. L’électro sera à l’honneur avec le groupe nordiste Jungle Sauce au théâtre Charcot de Marcq-en-Baroeul (mardi 20).

Le mercredi 21, vous aurez le choix entre le rock de « One night of Queen » au Zénith, le rap d’Oxmo Puccino à l’Aéronef ou les chansons à texte de Vincent Delerm au théâtre Sébastopol. Dans cette même salle, Jeanne Cherhal et Arthur H prendront le relais le jeudi 22 et le vendredi 23. La chanson française sera aussi à l’honneur le samedi 24 au Colisée de Roubaix avec Thomas Dutronc.

Les amateurs de musique classique ont, eux, rendez-vous à la cathédrale Notre-Dame de la Treille, le samedi 24 janvier avec le Saxiana Quartet et le choeur de chambre Septentrion pour une relecture du Requiem de Fauré.

Théâtre : Les amateurs de théâtre de boulevard auront plusieurs rendez-vous possibles cette semaine : découvrir la nouvelle version de la pièce à succès « Le Prénom » avec Cartman et Jean-Luc Lemoine, le jeudi 22 au Zéphyr à Hem, assister aux « Révélations » de Véronique Genest et de ses camarades de jeu le samedi 24 à l’espace Nelson Mandela de La Chapelle d’Armentières ou encore retrouver des comédiens de la série « Un si grand soleil », Tonya Knizinger et Sylvain Boccara, aux cotés de Thierry Beccaro dans la pièce « Le goût du bonheur », le samedi 24 au Pacbo à Orchies.

Le théâtre Charcot de Marcq-en-Baroeul accueillera, de son côté , du vendredi 23 au dimanche 25 janvier, le championnat des Hauts de France de match d’improvisation.

Sam Sauvage : « J’ai pris le temps de bien faire les choses »

Sam Sauvage sort en fin de mois son premier album. (c) Hugo Lardenet

Enfant de Boulogne-sur-Mer, Sam Sauvage est une valeur montante de la scène française. Son premier album, « Mesdames, Messieurs ! », sort le 30 janvier et l’artiste est déjà nommé dans la catégorie « Révélation masculine » de l’année aux Victoires de la Musique, le 13 février. Planète Lille est allé à sa rencontre avant son concert à Haubourdin, ce samedi 17 janvier…

Sam, votre premier album sort le 30 janvier et cette année 2026 débute avec une autre excellente nouvelle : votre nomination aux Victoires de la Musique. Vous l’espériez ?
« Franchement, pas du tout. Quelques personnes m’avaient dit qu’il y avait peut-être une chance, mais je leur disais que je n’avais sorti qu’un EP, que c’était un peu tôt. Les Victoires, c’est tellement une institution. Quand mon manager m’a appelé pour me dire de bloquer le 13 février dans mon agenda pour aller aux Victoires de la Musique, je n’ai pas réalisé sur le coup. C’est quand ma mère m’a rappelé un peu plus tard que je m’en suis rendu compte. »

C’est une belle récompense de tout le travail de ces dernières années ?
« Plus qu’une récompense, c’est une reconnaissance. Les gens ne le savent pas forcément, mais il y a eu dix ans de bars-restaurants, de petites salles. Ce qui se passe depuis ces deux dernières années, c’est nouveau, et c’est évidemment ce que je recherchais. Quand on est artiste, on veut avoir un public. »

Le public va justement découvrir un premier album le 30 janvier. Comment l’avez-vous construit ?
« En fait, j’y travaille depuis dix ans. J’ai fait tellement de chansons que ça pourrait déjà faire cinq albums, mais j’ai pris le temps de bien faire les choses. Un premier album, c’est un truc qui reste, une sorte de petit patrimoine, et j’ai senti cette année que c’était le bon moment : l’EP a touché les gens. Ils ont senti qu’il y avait une singularité, et ça m’a fait plaisir, car je ne voulais pas que ça ressemble trop à des choses déjà existantes, même s’il y a forcément des références et des influences. »

Vous avez tout écrit seul ?
« Oui. Le processus est toujours le même : j’écris seul dans la cuisine de mon appartement d’étudiant, qui n’a pas changé. J’observe le monde, j’y pose mon regard et je le propose aux gens sans l’imposer. Ce qui a changé, c’est que je me suis entouré d’arrangeurs comme Pierre Cheguillaume ou Simon Quenea, qui ont fait un travail sublime sur l’album. D’autres, comme David Enfrein et Xavier de Maere, le frère de Pierre, ont aussi bossé sur un titre chacun, et j’ai réalisé un rêve de gosse en collaborant avec une violoncelliste, Cécile Lacharme. Pour le mixage, il y a eu également un gros travail avec Perceval Carré.

Dans cet album, il y a des textes écrits depuis cinq ans et d’autres très récents. D’ailleurs, il y a trois mois, j’appelais encore tout le monde pour dire que j’avais écrit une chanson dans la nuit et que je voulais absolument la mettre dedans. Ils me disaient que j’étais fou, que ce n’était pas possible, mais ça a fini par se faire. »

Y a-t-il un fil directeur à toutes ces chansons ?
« Je dirais plutôt un semblant de cohérence. Je ne suis pas trop fan des albums concepts, même si certains le font très bien. C’est un album que je voulais éclectique : toutes les chansons sont très différentes et peuvent s’écouter indépendamment les unes des autres. »

J’ai lu dans une interview que vous n’aimiez pas trop qu’on vous compare à tel ou tel artiste ?
« Avant, ça me mettait en colère, mais je me suis calmé là-dessus (rires). J’ai compris que c’était un réflexe naturel : on a besoin d’étiquettes, de cases pour se rassurer. C’est le cerveau qui est comme ça. Forcément, j’ai tellement écouté Bashung dans ma vie que ça se ressent dans ma musique. Je ne renie pas cette influence. Qu’on dise que je suis dans la lignée, ça me va ; dans l’imitation, ce serait plus problématique. »

Votre première influence, c’est Bob Dylan ?
« Oui, même si j’ai commencé pour de mauvaises raisons. À l’époque, je n’en avais rien à faire de la musique, je voulais juste être un mec cool, adopter le style de ce genre d’artiste. Je faisais des reprises, mais ça ne m’intéressait pas. Tout a basculé quand j’ai commencé à écrire mes premières chansons et à jouer avec d’autres musiciens. Un champ des possibles s’est ouvert à moi. »

Vous avez collaboré ou assuré les premières parties d’artistes de renom comme Zaho de Sagazan, Eddy de Pretto ou Clara Luciani. Qu’en avez-vous retiré ?
« Je les ai considérés comme des grands frères ou de grandes sœurs qui avaient beaucoup à m’apprendre. Je pense notamment à Clara, avec qui on a beaucoup discuté et à qui j’ai demandé des conseils. Ils ont tous des parcours qui forcent l’admiration. Il y a aussi Benjamin Biolay, qui m’a tendu la main et qui m’a envoyé un message de félicitations après ma nomination aux Victoires de la Musique. Forcément, ça me touche. »

Comment gérez-vous votre notoriété grandissante ?
« Ça reste une petite notoriété. Je vais dans la rue et dans le métro tranquillement, je ne suis pas spécialement reconnu. Et si parfois des gens viennent me parler, ça ne me dérange pas : c’est que mon travail a payé. Les Victoires de la Musique vont offrir une exposition considérable, mais si ça peut révéler davantage l’album que moi, ce serait formidable. »

Le 30 janvier, vous allez fêter la sortie de l’album avec un showcase et des dédicaces à la Fnac de Boulogne. C’était important de fêter ça “à la maison” ?
« Oui, je suis trop content de venir leur présenter l’album. Boulogne m’a toujours tendu la main, que ce soit dans ma vie personnelle ou musicale, même quand j’étais un peu perdu, quand je jouais dans la rue. Il y a un gars comme Vincent Couturier, un régisseur de la communauté d’agglo de Boulogne, que j’allais voir avec des idées folles. Même s’il avait peu de moyens, il me répondait toujours : “Je ne sais pas comment, mais on va le faire.” Il y a plein d’artistes, et notamment une belle scène féminine, qui est en train de monter à Boulogne. C’est donc important pour moi d’y aller et de faire rayonner la ville à mon petit niveau. Même si je vis à Paris, je reste très connecté : je lis les journaux locaux. »

L’album « Mesdames, Messieurs ! » sort le 30 janvier chez Wagram Music. Sam Sauvage sera en concert ce samedi 17 janvier (20 h), à l’Espace culturel Lequimme à Haubourdin, dans le cadre de « Boucan 2 », avec Anaysa et Ofé. Il sera aussi en showcase et en dédicaces à la Fnac de Boulogne-sur-Mer le vendredi 30 janvier (19 h 15)

Jeanne Cherhal a relevé haut la main le challenge de l’indépendance

Jeanne Cherhal est de retour à Lille, le 22 janvier au théâtre Sébastopol.

Il y a neuf mois, Jeanne Cherhal avait pris ses quartiers à Lille pour une résidence de quelques jours et un concert au Splendid le 3 avril, à la veille de la découverte par le grand public de son dernier album sobrement intitulé « Jeanne ».Depuis le bébé a bien grandi et l’artiste retrouve le public nordiste, cette fois au théâtre Sébastopol le jeudi 22 janvier (20 h) dans un contexte forcément différent. « Un spectacle vivant, c’est un mouvement permanent, c’est tout l’intérêt, indique-t-elle. J’ai fait pas mal de concerts, j’ai ajouté des chansons, j’en ai retiré d’autres. »

Jeanne Cherhal garde un souvenir très frais de cette première date de la tournée à Lille : « J’étais revenue sur scène à la fin avec le vinyle qui sortait le lendemain, j’avais tout un stock, plein de gens sont venus m’en acheter et j’ai fait des dédicaces durant près d’1 h 45. »

Un septième album qui s’était fait attendre, la sortie d’un livre et quelques concerts de reprises de chansons cultes du cinéma ayant un peu occupé son temps. « J’ai remarqué que j’avais besoin de ces aérations, de sortir de la binarité album-tournée et d’aller sur d’autres terrains d’expression même si les films , ça restait dans le domaine de la musique. On a besoin de se nourrir et puis c’est toujours très enrichissant. »

L’artiste concède également qu’il a fallu que son vieux pote Benjamin Biolay la bouscule un peu pour qu’elle se mette à plancher sur cet opus : « Une fois que je suis au travail, je n’ai pas peur d’enquiller les séances mais j’ai besoin d’un booster, d’un starter et Benjamin l’a été pour ce disque, explique-t-elle. Je dois avouer que j’étais un peu au ralenti, j’avais dû annuler une trentaine de concerts à cause du Covid et ça m’avait foutu un coup. En plus, j’étais arrivée en fin de contrat avec une Major, je n’avais pas été renouvelée et je me sentais un peu en fragilité en tant que chanteuse. Benjamin a eu cette générosité de me proposer de réaliser l’album si je m’y remettais. Je n’aurais jamais osé lui demander d’autant qu’il ne faisait plus trop d’albums pur les autres, qu’il semblait être plus tourné sur sa carrière d’acteur. »

Très vite s’est imposée l’idée de donner une suite au duo Brant Rhapsodie qu’ils avaient partagé il y a une quinzaine d’années. « Je lui en ai tout de suite parlé mais on a vraiment écrit la chanson « Faut plus qu’on se revoie » le dernier soir de l‘enregistrement ».

Pour le reste, Jeanne Cherhal est vraiment partie d’une feuille blanche mais l’inspiration lui est venue très vite malgré un contexte difficile. « Je n’avais plus de tourneur, plus de maison de disques. J’avais juste Benjamin et ma manageuse. Elle a fait écouter mes chanson dans différentes maisons de disques mais on n’a pas ressenti d’enthousiasme et comme je n’aime pas la tiédeur, j’ai tenté l’aventure en indépendante, précise-t-elle. Le producteur Pierre-Alexandre Verdatier m’a proposé de le cofinancer, c’était un challenge très excitant, j’ai donc cassé ma tirelire. J’ai adoré cette expérience, cette liberté. J’ai aimé mettre les mains dans le cambouis, j’ai pu choisir les gens avec qui je souhaitais travailler. »

Si l’artiste a voulu donner une tonalité légère et joyeuse à cet album, avec notamment la chanson « Jean », clin d’oeil à l’acteur Jean Dujardin. cela ne l’empêche pas d’aborder des sujets graves comme les violences sexistes dans « Les cris des loups » mais aussi la charge mentale ou la ménopause. «  Je ne prends pas de pincettes, reconnaît-elle. je dis les choses de manière frontale mais je pense que la distance se met grâce à la musique ».

Jeanne Cherhal sera en concert ce jeudi 22 janvier 2026 (20h) au théâtre Sébastopol à Lille.

« Sans pitié » : des liens fraternels fragilisés par un passé en ruine

Le comédien Adam Bessa a été choisi pour incarner le personnage de Dario. (c) Moonight distribution

Huit ans : c’est le temps qu’il a fallu à Julien Hosmalin pour monter son premier long métrage, Sans pitié, en salle depuis ce mercredi 14 janvier. Un thriller sur fond de drame social, avec l’histoire de deux frangins, Dario (Adam Bessa) et Ryan (Tewfik Jallab), marqués à jamais et séparés par un événement tragique vécu par le premier lorsqu’il était enfant. Deux frères, issus du monde des forains, qui vont se retrouver vingt ans plus tard lors des funérailles de leur mère. Les fantômes du passé vont alors refaire surface et nourrir un désir de vengeance chez le plus jeune.

« L’arène familiale, c’est mon histoire personnelle, confie Julien Hosmalin. Je précise tout de suite que je n’ai jamais vécu ce que subit Dario, mais j’ai grandi dans le sud de la France, en face d’une fête foraine, et j’ai été élevé par ma mère et mon grand frère, qui a été un peu le père que je n’ai jamais eu, puis qui s’est marginalisé à 15 ans en allant vivre dans une caravane. »

Initialement, le film aurait dû se tourner dans le Sud, mais le Covid est passé par là, les difficultés économiques également, et c’est finalement en Belgique, dans un décor d’usines désaffectées, que l’équipe a trouvé son bonheur : « Mon chef opérateur, qui est luxembourgeois, connaissait les lieux et m’a rassuré sur la capacité à générer un no man’s land un peu intemporel et, de fait, je n’ai pas de regrets, même si j’ai dû réadapter un peu le scénario en troquant la mer Méditerranée contre des usines. »

Un décor un peu western qui colle finalement bien à l’histoire : « Ces usines en démolition, cette désindustrialisation, cet ancien monde qui s’écroule, ça m’a fait penser à ces familles qui vont entrer en collision et s’effondrer une fois ce secret du passé révélé », indique Julien Hosmalin.

Contraint de repenser son casting, le réalisateur a bénéficié d’un coup de pouce du comédien Nassim Lyes. « Il a eu un coup de cœur pour le scénario. Il ne pouvait pas faire le film, mais il m’a présenté Tewfik Jallab, qui m’a assuré que, quel que soit le moment où l’on tournerait le film, il serait là. Il a tenu parole pour incarner Ryan. Pour le rôle de Dario, des amis communs ont fait lire le scénario à Adam Bessa (Harka, Les Fantômes), avec lequel on partage une certaine vision du cinéma que l’on a envie de faire. »

Interdit aux moins de 12 ans, le film contient quelques scènes très violentes, mais toujours au service de l’histoire : « Je voulais montrer jusqu’à quel point on peut basculer dans cette rage, cette violence, mais je la montre uniquement dans la vengeance, quand elle est sincère, radicale, qu’elle colle au personnage, insiste Julien Hosmalin. Pour le reste, elle est complètement hors champ. J’ai surtout voulu faire un film sur la résilience, pas un revenge movie, mais plutôt quelque chose qui secoue. » Mission accomplie.

« Sans pitié », de Julien Hosmalin, en salle dès ce mercredi 14 janvier 2026. Avec Adam Bessa, Tewfik Jallab, Bérengère McNeese…