Christophe Gans fait son retour à Silent Hill

04/02/2026 | A l'affiche, Ciné

James va devoir se confronter à son moi profond. (c) Aleksandar Letic - 2025 Room - 318 productions.

C’est l’une des sagas les plus célèbres de l’univers vidéoludique. Plus de dix millions de gamers à travers le monde ont frissonné en se plongeant dans l’univers de Silent Hill, ce jeu de type survival horror édité par la société japonaise Konami. Parmi eux, un certain Christophe Gans, réalisateur et scénariste à succès, à qui l’on doit, entre autres, Crying Freeman, Le Pacte des loups ou encore La Belle et la Bête.

En 2006, l’homme avait déjà signé une première adaptation cinématographique de Silent Hill. Qu’est-ce qui l’a motivé à remettre le couvert vingt ans plus tard ? « Quand on aime Silent Hill, ça peut facilement devenir une obsession, c’est mon cas. C’est un univers extrêmement étrange, complexe, qu’on ne cesse de découvrir, confie-t-il. J’y rejoue beaucoup et, chaque fois, j’ai l’impression qu’il y a des couches souterraines, des sens que je n’avais pas vus jusqu’à maintenant. C’est un univers qui se prête à beaucoup d’interprétations, assez cryptique, très codifié. »

En réalisant Silent Hill, Christophe Gans n’avait pas hésité, pour composer sa bande originale, à faire appel au talent d’Akira Yamaoka, l’un des membres majeurs de la franchise Silent Hill, d’abord compositeur de la bande-son du jeu puis producteur dès le troisième volet. Une collaboration qui lui a permis d’en savoir davantage sur cette saga culte.

Pour ce deuxième opus, Retour à Silent Hill, en salle depuis ce mercredi 4 février, le réalisateur a tout disséqué : « J’ai refait le jeu et j’ai couché l’intégralité sur le papier. Je me suis aperçu que cela faisait 400 pages. Ça m’a confirmé que 12 à 15 heures de jeu ne pouvaient pas être transférées dans un film de moins de 120 minutes. J’ai écarté ce qui m’intéressait le moins et j’ai décidé de me consacrer à l’histoire d’amour entre James et Mary. »

C’est en recevant une étrange lettre de son épouse Mary, pourtant décédée d’une maladie, l’implorant de venir la retrouver, que James retourne à Silent Hill, une bourgade au bord d’un lac, qui n’a plus son charme d’antan et qui est, à l’inverse, infestée de monstres effrayants. « J’ai toujours fait des films très distincts les uns des autres et là, j’avais la crainte de faire un film qui ressemblait trop au premier Silent Hill, explique-t-il. Celui-là, je l’ai voulu plus organique. Je me suis intéressé à cette histoire d’amour qui est, en partie, le fragment d’une mémoire malade. À un moment donné, on peut se demander si l’on n’est pas en train de voir une hallucination générée par le personnage principal. »

Fan de David Lynch, Christophe Gans s’est inspiré du maître : « Je devais déplacer le curseur vers quelque chose que je n’avais jamais fait, une narration éclatée, avec ce moment où tout devient hallucinatoire, où les décors s’enchaînent, où il n’y a plus aucune logique spatio-temporelle. J’avais envie de me frotter à ça. »

Malgré les progrès de la technologie, le réalisateur a préféré opter pour de vrais comédiens, des danseuses et des acrobates pour incarner les créatures. « Je trouvais intéressant que les acteurs puissent interagir avec des monstres dont les mouvements sont restitués par des chorégraphies et non par la technique. Je me suis juste contenté d’altérer certaines formes en post-production », assure-t-il.

Pour son casting, Christophe Gans indique avoir songé à Hannah Anderson, qui incarne Mary, pour sa beauté symétrique, ces deux parties du visage exactement similaires qu’ont les personnages de jeux vidéo mais qui existent rarement dans la réalité. « Jérémy Irvine, je l’avais repéré dans Cheval de guerre de Spielberg, puis je l’ai revu dans la série Treadstone. J’ai trouvé qu’il avait une capacité à transmettre la panique qui l’envahit quand il ne comprend pas ce qui lui arrive, poursuit Christophe Gans. Au début du film, il a une bonne bouille, mais dans la dernière partie, il devient inquiétant, quand il est seul à se promener à travers ses souvenirs, quand il commence à réaliser qu’il est fou et se retrouve confronté à sa vérité. En plus, il avait vu le premier film, il avait joué au jeu. C’était beaucoup plus simple cette fois, car quasiment tout le monde connaissait Silent Hill, alors qu’en 2006, j’avais dû tout expliquer aux acteurs. »

Le deuil, la dépression et les dérives sectaires sont autant de thèmes sombres abordés dans le jeu et donc dans le film, des éléments que le réalisateur contrebalance par la beauté de ses images et de ses lumières.
« J’ai toujours voulu amener de la beauté dans la monstruosité, j’essaie de rendre mes monstres fascinants, parfois même étrangement sensuels, reconnaît Christophe Gans. J’ai toujours aimé ces sensations paradoxales où l’on se dit que c’est franchement inquiétant, mais beau en même temps. C’est la force du cinéma japonais, qui arrive à coller des éléments absolument antinomiques. »

Retour à Silent Hill, de Christophe Gans, est en salle depuis ce mercredi 4 février, avec Jérémy Irvine et Hannah Anderson.

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