La série quotidienne de TF1 « Demain nous appartient » fêtera cet été ses neuf ans d’existence. Une belle longévité, avec des audiences toujours au rendez-vous, pour ce qui ne devait être, rappelons-le, qu’une saga de l’été 2017. Parmi les acteurs de la première heure, les téléspectateurs ont vu grandir Hector Langevin, alias Bart Vallorta, lycéen lors des premiers épisodes, devenu le patron du Spoon, un bar dans lequel défilent, plus ou moins régulièrement, presque tous les protagonistes de la série. Planète Lille est allé à sa rencontre dans les studios de tournage à Sète…
Hector, comment avez-vous vécu le développement de la série au fil de toutes ces années ?
« On devait rester trois mois, j’ai cligné des yeux, ça fait huit ans. La série a eu du succès assez rapidement et tout a grandi de façon exponentielle. J’ai été spectateur de l’évolution de mon lieu de travail. La façon de travailler, de tourner, de développer les épisodes, de les fabriquer, tout a changé. C’est assez dingue d’avoir aujourd’hui la capacité de produire 27 minutes utiles par jour avec trois ou quatre équipes de tournage. »
Comment avez-vous géré la notoriété acquise avec le succès de la série ?
« J’ai eu des camarades incroyables comme Alex Brasseur, Ingrid Chauvin, Anne Caillon et d’autres qui m’ont montré comment réagir, car on ne l’apprend pas en école de théâtre. On ne nous dit pas que, subitement, des tas de gens vont s’intéresser à votre vie personnelle. Chaque jour, on mesure cette notoriété en voyant tous les gens qui nous attendent à la sortie des studios. »
Chaque personnage a son lot d’événements incroyables, mais vous avez été particulièrement gâté. Votre femme a été tuée le jour de votre mariage, vous avez aussi tué quelqu’un…
« Quand le personnage de Bart a été créé dans la bible du scénario, il était totalement vierge de tout. Il a donc fallu tout écrire : sa vie amoureuse, sa vie professionnelle… Les scénaristes ont eu accès à un champ des possibles très large. Il a fallu, à un moment, voir s’il restait dans la mouvance des jeunes ou si on le faisait entrer dans la vie active. Il y a donc eu ce rôle de patron du Spoon, qui a ouvert de nouvelles possibilités. »
Dans quel état d’esprit êtes-vous quand vous recevez les scénarios ?
« Là aussi, ça a évolué avec le temps, on ne découvre pas tout à la dernière minute. Selon l’importance que l’on a dans l’intrigue à venir, on a des réunions avec la production qui nous explique ce qui va se passer. En ce qui me concerne, je pense qu’il y a encore des zones qui n’ont pas été explorées, notamment en ce qui concerne le père de Bart. On sait qu’il est en cavale, mais on ne l’a jamais vu. »
Seriez-vous capable de citer les arches qui vous ont le plus marqué ?
« Forcément, celle de mon mariage avec Louise. C’était une énorme intrigue, l’une des plus longues à tourner, une arche très chorale avec énormément de personnages et un dénouement impressionnant avec la mort de Louise. Sinon, il y a eu aussi l’incendie du lycée, l’arche dans la grotte, celle du tremblement de terre. Je suis souvent impressionné, lors des diffusions, de voir ce que l’on arrive à faire avec un temps restreint, des moyens qui ne sont pas ceux d’un film ou d’un unitaire. »
Quand on incarne un personnage aussi longtemps, est-ce que des traits communs se forment entre l’acteur et le personnage et est-ce qu’on sort facilement de son personnage ?
« Les scénaristes ne s’inspirent pas de moi, mais ils écrivent des choses qui ne sont pas trop éloignées de ce que je suis. Pendant toutes ces années, j’ai fait en sorte de rapprocher Bart d’Hector et ça me facilite du coup le travail. C’est très différent du rôle, par exemple, de Grégoire Champion, qui a dû complètement interpréter un personnage en jouant Timothée Brunet pendant sept ans. Le plus dur est de vider ce que j’appelle “la poubelle à textes”, car on apprend 20 à 30 pages par jour et il ne faut pas rester pollué par les scénarios. Quand on a tourné l’arche où je tue mon beau-père, ça a été très dur de passer à autre chose. Je faisais des cauchemars, j’avais l’impression de l’avoir vraiment tué. »
Les fans font-ils, eux, bien la différence ?
« Les gens m’appellent Bart, mais je leur dis que mon prénom, c’est Hector. Après, j’ai de la chance : Bart a toujours été plutôt un gentil, donc il n’y a pas d’agressivité sur les réseaux sociaux liée aux actions de mon personnage. »
Certains comédiens et comédiennes s’offrent parfois des respirations pour aller jouer au théâtre ou dans un film. Avez-vous des projets en ce sens ?
« Oui, mais pas des choses dont je peux parler pour l’instant. Sinon, j’aime aussi la réalisation et donc j’écris beaucoup pour passer un peu de l’autre côté de la caméra. »
Demain nous appartient, série du lundi au vendredi à 19 h 10 sur TF1.