Mannequin, présentatrice météo, animatrice musicale, journaliste, productrice et réalisatrice, Alicia Fall a déjà vécu mille vies ces dernières années. Mais nul doute que c’est de son dernier projet dont elle est la plus fière avec l’écriture et la réalisation du court métrage À cloche-pied, qui a obtenu, il y a quelques jours, le prix du meilleur film autobiographique au New York International Film Awards.
« J’ai toujours aspiré à faire du cinéma. Je m’étais dit que je commencerais ma carrière devant la caméra et que je la terminerais derrière, mais j’ai longtemps eu le syndrome de l’imposteur. J’ai quand même fini par me lancer dans ce projet autobiographique dont le but est de sensibiliser aux violences domestiques faites aux enfants et d’en faire un objet utile en sillonnant les écoles pour porter une parole, aider des enfants, mais aussi des adultes qui portent de lourds secrets sans jamais en parler. »
Pour être prête à s’engager dans cette aventure, Alicia Fall a eu besoin d’un peu de temps, notamment celui nécessaire à la digestion de sa propre histoire : « Ça fait partie de ma vie et de celle de tellement d’autres personnes, mais il fallait du temps, de la maturité, accepter de m’approprier ce mal pour le transformer en quelque chose qui a du sens. »
Si le tournage avec ses propres enfants a été plus compliqué à gérer qu’elle ne l’avait imaginé, Alicia Fall, récompensée en 2025 par un Isuccess Awards à Cannes, a déjà plein d’autres défis en tête. Elle travaille à une version longue de son court métrage et elle a écrit une série actuellement en développement, qui devrait s’intituler Milkshake.
« C’est l’histoire d’un demi-frère et d’une demi-sœur que leur mère oblige à vivre tout un été avec leur famille respective. Elle est lesbienne, intermittente du spectacle ; lui est un comptable raté, malhonnête, homophobe, qui ne supporte pas ses origines africaines. C’est un mélange de classes sociales, de cultures et de religions, d’où le titre Milkshake. C’est une dramédie sociale, mon genre de prédilection. J’ai déjà eu des accords de principe de comédiens dont j’admire le travail, comme Pascal Légitimus, Frédérique Bel, Kyan Khojandi ou encore Firmine Richard. »
La réalisatrice ne ferme pas la porte à un retour un jour à la télévision, mais elle considère aujourd’hui le cinéma comme « le meilleur espace d’expression » pour aborder les thématiques dont elle veut parler.