Entre héritage et modernité, Passi continue d’écrire l’histoire du rap

12/05/2026 | Actualités, Concerts, Musique, Sorties d'albums

Passi vient de sortir son nouvel album solo. (c) David Delaplace

Son nom est pleinement associé à l’histoire du rap en France. L’an prochain, Passi fêtera d’ailleurs le trentième anniversaire de son premier album, Les Tentations. Mais dès le début des années 1990, l’artiste avait déjà posé son empreinte dans l’univers musical avec la création du Ministère A.M.E.R., en compagnie, entre autres, de son ami Stomy Bugsy. Depuis, il a multiplié les projets, collaboré avec de nombreux artistes et inspiré de nouveaux talents. Il s’est aussi essayé à d’autres domaines : tantôt acteur, tantôt réalisateur de clips, mais aussi producteur dans la musique comme dans le cinéma, ou encore patron de label.

Un programme tellement chargé que ses fans s’impatientaient de le voir sortir un nouvel album. C’est chose faite depuis quelques semaines avec Bande originale, paru treize ans après Ère Afrique. « Certains estiment même que c’était plutôt un concept, un tour de l’Afrique en duo, et qu’il fallait remonter à Évolution, en 2007, pour avoir un véritable album solo de Passi », sourit-il.

« J’ai la chance que les gens m’appellent pour beaucoup de choses. Ces dernières années, j’ai aussi enchaîné les tournées avec L’Âge d’or du rap ou pour des concerts anniversaires de Ministère A.M.E.R. ou du Secteur Ä », rappelle-t-il.

En plus de trois décennies, l’industrie de la musique a évidemment beaucoup changé. La façon de consommer a évolué avec l’apparition du streaming, des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. Autant d’évolutions auxquelles Passi a toujours su s’adapter. Souvent avec l’aide de jeunes davantage connectés au sein de son équipe, mais sans jamais renier sa démarche initiale.

« Avec Ministère A.M.E.R., on disait déjà qu’il suffisait d’ouvrir la fenêtre et de regarder ce qu’il se passait en bas pour avoir des tas de choses à raconter, se souvient-il. Aujourd’hui, c’est pareil. J’observe la société et, de ma position, je donne mon point de vue. Je ne suis plus le Passi de 18 ans qui voulait crier sa révolte ; je gère ma fougue différemment, mais je crois qu’il est important de continuer à donner son point de vue. Je me nourris de tous ces jeunes qui passent régulièrement dans mon studio. Il y a aussi des gens qui viennent me sortir de ma zone de confort, qui m’ont poussé sur certaines productions, sur certains flows. Je me suis beaucoup amusé, mais on a bien bossé. L’album est tel que je le voulais, plutôt éclectique. C’est bien de montrer plusieurs facettes. »

Bande originale est presque, à lui seul, un condensé de l’histoire du rap, grâce aux collaborations élaborées avec des artistes de différentes générations. Akhenaton, Bisso Na Bisso, Les Neg’Marrons, Uzi, AMK, Les Sages Poètes de la Rue et bien d’autres encore ont répondu à l’appel de Passi. « J’aurais dû les inviter depuis longtemps, estime-t-il. Après, ce n’est pas facile de rassembler tout le monde. Il y a des gens que j’aurais voulu avoir, mais qui n’étaient pas disponibles. Mais ça fait plaisir de montrer les différentes écoles du rap : celle du Sud, de l’Est, les Marseillais, le 9.2 ou encore le 9.5. Il ne faut pas oublier ce que chacun a pu apporter artistiquement. On connaît le chemin de chacun, on se respecte. On sait notamment, avec ceux présents sur le titre Les Saigneurs du micro, que l’on fait partie des bâtisseurs de cette culture. Et puis il y a les jeunes qui amènent de nouvelles choses ; c’est bien de composer avec leur modernité. »

Bonne nouvelle : Passi a encore plein de titres en stock et il n’attendra sûrement pas plusieurs années, cette fois, pour sortir un nouveau projet.

Bande originale, le nouvel album de Passi, est disponible depuis le 24 avril. Il sera en showcase chez JOST Lille le 19 juin.

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