Si vous aimez la musique et que vous habitez dans la métropole lilloise, vous connaissez probablement Le Grand Mix à Tourcoing, mais peut-être ne savez-vous pas qu’au-delà d’accueillir des concerts, l’établissement est aussi un lieu de résidence et de création pour certains artistes, notamment locaux. C’est également une structure qui s’efforce de mener des actions culturelles auprès des collèges, des associations ou encore des centres sociaux de la ville.
Ce fut encore le cas il y a quelques semaines avec des jeunes de 11 à 16 ans du centre social et culturel de la Bourgogne, qui ont pu s’initier au rap avec les membres de 0 Degré, un groupe tourquennois qui se fait une place de plus en plus belle dans le paysage musical.
« On a l’habitude de ce genre d’actions, confie Shôto, l’un des trois membres du groupe. On discute avec les jeunes, on leur fait découvrir la culture hip-hop, et on s’attarde un peu plus sur le rap, qui figure dans le top 3 des musiques les plus écoutées dans le monde, en mettant l’accent sur l’écriture. Et si derrière il peut y avoir une restitution, c’est du bonus. »
Le genre d’atelier qu’a fréquenté, plus jeune, son camarade Flow Fluide, et auquel il aurait lui aussi aimé avoir accès lorsqu’il était adolescent. « Les jeunes, les parents et les éducateurs sont généralement contents. Si on peut créer des vocations, tant mieux. Et enfin, ce n’est pas le but initial, mais si on peut donner envie à certains de ces jeunes de nous suivre ensuite, c’est toujours sympa », poursuit Shôto.
Les membres du groupe n’hésitent pas non plus à rappeler que le chemin est long et que, même si leur notoriété s’accroît, ils ne peuvent pas encore vivre pleinement de leur musique. « Les rappeurs aiment dire que développer une carrière, c’est davantage un marathon qu’un sprint, précise-t-il. Quand tu pousses une porte, ce n’est pas suffisant. Derrière, il y a encore un couloir d’un kilomètre jonché d’obstacles avant d’atteindre la suivante. »
Du côté du Grand Mix, Mathias Petit-Berghem indique la volonté de s’adapter aux attentes des jeunes : « On n’improvise pas totalement, mais on n’arrive pas non plus avec un programme totalement prédéfini. On a eu la chance, sur cet atelier avec 0 Degré, d’accueillir également Dirty Berlin, un DJ venu expliquer comment on fait pour mixer et qui a aussi aidé les jeunes à préparer la restitution effectuée dans la salle polyvalente du centre social, en présence des familles. »
« On a commencé à écrire, à jouer sur les rimes pour créer notre propre rap, en solo, en duo ou en trio, explique Julian, 11 ans, élève de sixième. Je veux être grutier plus tard, mais ça m’a plu de découvrir l’univers de la musique. J’ai appris beaucoup de choses. Il y avait des gens pas trop motivés au début, mais ils ont réussi à les pousser, sans les forcer. »