Samuel Bambi, l’humour en mouvement

Samuel Bambi (entre les danseuses) est aux commandes du spectacle De rien Lille, joué trois soirs de suite cette semaine.

Depuis deux jours, Samuel Bambi ouvre la soirée « De rien Lille » par quelques pas de danse. Pas pour faire la promotion de son aventure dans l’émission « Danse avec les stars », où il a d’ailleurs plutôt bien réussi son premier passage, mais essentiellement par passion pour cet art.

Convié par les organisateurs du gala, Lillarous a joué les maîtres de cérémonie de trois soirées au théâtre Sébastopol, la dernière étant programmée ce mercredi soir. L’humoriste a choisi son nom de scène en hommage à son idole, Michael Jackson. « J’ai toujours aimé la danse, il m’arrive parfois de ponctuer mes vannes par un petit pas chaloupé, sourit-il. Participer à Danse avec les stars, c’était une forme de logique dans mon parcours. Pour l’instant, je suis dans le haut du classement, mais ce n’est pas gagné : chaque semaine, il faut apprendre de nouvelles danses. »

Même s’il a un peu travaillé en visio avec sa partenaire, Anna Riera, Samuel Bambi reconnaît avoir eu de la chance que le festival Lillarious soit organisé pile la semaine où il n’y a pas de prime de l’émission. « Sinon, je ne sais pas comment j’aurais fait, il aurait fallu qu’Anna vienne à Lille », poursuit-il. Et que le duo trouve le temps de travailler un peu entre les répétitions, l’écriture des intersketchs et les soirées de gala. D’autant qu’il s’agissait d’une première dans ce genre d’exercice pour le jeune homme, découvert en duo avec son camarade Younes, et que le grand public a aussi pu voir récemment dans des séries comme « Terminal », aux côtés de Jamel Debbouze et Ramzy Bedia, ou encore « R.I.P. », avec Claudia Tagbo.

« Je suis très honoré que l’on m’ait confié ce rôle. On m’a donné carte blanche pour choisir les artistes. J’ai pris des gens que j’ai déjà vus sur scène, certains qui ont fait mes premières parties. L’idée, c’était de faire quelque chose qui nous ressemble, mais en proposant des artistes qui ont des univers différents les uns des autres, indique-t-il. J’ai proposé aux organisateurs du festival de faire quelque chose qui ramène de l’humour, des paillettes et du glamour à Lille. »

À ses côtés, des talents à (re)découvrir, comme Elsa Barrère, Nadège 100 Gêne, Fiona G, Sara Connard, Jean-Benoît Diallo, Nco en vrai, Lofti Abdelli, Sofiane Soch, et un vrai coup de cœur pour le Québécois Anas Hassouna.

Pour découvrir davantage Samuel Bambi, il faudra en revanche patienter jusqu’au dimanche 6 décembre (18 h) pour le voir à l’œuvre en solo au théâtre Pasteur de Lille Grand Palais avec son spectacle « Machine ». Il y interprète « un personnage grandiloquent, un loser magnifique pour qui rien ne va dans le bon sens ».

Un spectacle qui tourne déjà depuis deux ans avec une belle adhésion du public, même si Samuel Bambi reconnaît avoir mis un peu de temps à s’habituer au fonctionnement du seul-en-scène : « Quand ton pote avec qui tu fais des spectacles depuis dix ans n’est plus à tes côtés, c’est là que tu mesures le côté vertigineux de porter seul le spectacle sur tes épaules, avoue-t-il. En même temps, il fallait le faire, car nous étions arrivés à une forme de maturité, avec une envie de raconter des choses plus personnelles et sous un prisme différent de “l’arabe et du juif”, comme on le faisait depuis des années avec Younes. » En attendant, l’humoriste compte sur vos votes pour s’offrir un beau parcours dans l’émission Danse avec les stars.

Samuel Bambi sera encore ce mercredi 4 février (20 h) le maître de cérémonie du gala « De rien Lille » au théâtre Sébastopol. Il reviendra au théâtre Pasteur de Lille Grand Palais le dimanche 6 décembre (18 h).

Auguste de l’humour : Muriel Robin, des absents et du franc-parler

Marianne James, Alex Ramires et Eliott Doyle étaient lundi soir au Nouveau Siècle pour la cérémonie des Auguste de l'humour.

Le rendez-vous aurait dû exister depuis des décennies mais, étrangement, à la différence du cinéma, du théâtre ou de la chanson, l’humour ne possédait pas, jusqu’à l’an passé, sa cérémonie de remise des prix.

Depuis l’an passé, c’est chose faite à l’initiative de l’association « La Communauté de l’humour » et c’est encore à Lille, au Nouveau Siècle, qu’a été organisée lundi soir la deuxième édition, avec une invitée de prestige : Muriel Robin, accompagnée de son épouse, la comédienne Anne Le Nen, qui s’est vue remettre un Auguste d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

« Ce prix, je le prends comme une preuve que tout ce qu’on a partagé depuis 40 ans a compté, c’est grâce au public qui a toujours été fidèle. Ça veut dire que vous avez aimé mes accessoires et mes coiffures ratées », s’amusait-elle. « Je ne suis pas montée sur scène pour être connue mais pour me sentir vivante et, comme j’ai promis à mon épouse de vivre jusqu’à 104 ans, vous aurez l’occasion de me remettre un autre prix d’ici une vingtaine d’années. »

« Je ne dis pas ça pour faire plaisir mais mon premier fou rire devant un humoriste, c’était avec un sketch de Muriel Robin », confie Alex Ramires. « Je suis tellement heureux d’être contemporain de cette femme, d’avoir eu la chance de la côtoyer un peu en coulisses, elle est toujours aussi drôle. »
L’humoriste, qui a beaucoup tourné avec son spectacle Panache, s’est aussi réjoui d’avoir assisté à cette cérémonie dans la capitale des Flandres. « Je viens souvent à Lille, pour Séries Mania, pour Lillarious, pour les Auguste et, petit scoop, même si je prépare déjà la suite, je vais repartir en tournée en septembre et j’espère évidemment refaire une date à Lille, une ville qui pèse de plus en plus sur le plan culturel. »

Cette soirée, animée par Marianne James, aidée par quelques pitreries d’Eliott Doyle, a été marquée par le franc-parler et le ton grinçant des différents remettants, dont les chroniqueurs radio Sébastien Thoen et Daniel Morin ou le présentateur de l’émission belge Le Grand Cactus, Jérôme de Warzée. Le jury de la cérémonie n’a d’ailleurs pas été épargné pour avoir choisi, dans deux catégories, de ne nommer aucune femme.

Petit regret : la plupart des lauréats n’étaient pas de la fête. Il a donc fallu se contenter de vidéos pour Élodie Poux (artiste de l’année), Marine Léonardi (vidéos sur le web), Yann Marguet (meilleur chroniqueur), ainsi que du discours du co-auteur de Constance (spectacle de l’année).

Tout juste sortie de scène, puisqu’elle jouait son spectacle Craquages à La Rose des Vents (une nouvelle représentation est prévue au même endroit, ce mardi 3 à 20 h), Marion Mezadorian (meilleur texte de spectacle) est arrivée sur le fil pour récupérer son trophée.

Hugo Pêcheur (révélation scène) et Inès (co-révélation scène francophone avec la Québécoise Mégan Brouillard) furent ainsi, avec Muriel Robin, les seuls récompensés présents.

Présentes pour remettre des prix, Anne de Petrini et la Nordiste Mélodie Fontaine ont néanmoins apprécié le moment. « C’est magnifique de faire rire et c’est légitime de récompenser ceux qui le font. Je trouve d’ailleurs très mystérieux que l’humour soit tellement méprisé artistiquement », confie la première, en espérant bien revenir jouer dans le Nord son spectacle À côté.
« On n’avait pas l’habitude mais c’est chouette. Comme disait Louis de Funès, il n’y a rien de plus dur que de faire rire », confirme la Nordiste, attendue en fin de semaine sur le gala Lillarious d’Élodie Poux, le 10 avril en solo à Lille Grand Palais, mais aussi, dès ce samedi, en première partie de Diane Segard au Zénith de Lille, un lieu qu’elle connaît par cœur pour y avoir travaillé il y a quelques années. « Me dire que je vais être sur cette scène, c’est complètement dingue.

Amandine Lourdel renverse le public lillois avec son humour grinçant

Amandine Lourdel sera encore jeudi dans une soirée du festival Lillarious (c) Alex Dinaut

Attendue en fin d’année, le samedi 14 novembre, au théâtre Sébastopol pour l’une des dernières dates de la belle tournée de son premier spectacle « Renversée », Amandine Lourdel va devenir une experte des salles lilloises, elle qui a déjà conquis le Spotlight et le théâtre Pasteur de Lille Grand Palais.

« J’avais bien discuté avec des gens après mon passage au Spotlight, c’était très chaleureux. Bon, il y a une particularité là-bas : les gens se lèvent pendant le spectacle pour aller aux toilettes parce qu’ils boivent de la bière, mais c’est une sorte d’accord tacite avec tout le monde, sourit-elle. Sinon, j’ai aussi un souvenir merveilleux de Lillarious l’an passé. Je jouais avec Aymeric Lompret et Pierre-Emmanuel Barré, c’était mon tout premier gros gala et ma première fois à Lille, ça avait été magique. »

Alors forcément, quand PV et Tania Dutel l’ont conviée à prendre part, pour cette nouvelle édition, le week-end passé, aux soirées d’ouverture du festival, puis ce jeudi 5 février à une soirée Cheer Up de meufs aux Enfants terribles à Marquette-lez-Lille, la jeune femme n’a pas hésité.

Nommée dans la catégorie « vidéo web » à la deuxième édition des Auguste du rire, dont la cérémonie se tient ce lundi soir au Nouveau Siècle, elle aurait presque pu passer toute sa semaine à Lille, mais ses obligations radio mardi matin la contraignent à faire un aller-retour sur Paris. Chroniqueuse sur France Inter, Amandine Lourdel véhicule son humour grinçant sur différents terrains.

Ceux qui ne la connaissaient pas encore, mais qui ont assisté aux galas d’ouverture de Lillarious, ont pu avoir un petit aperçu de son univers. « Ce n’est pas un exercice facile, car dans ce type de plateaux collectifs, les gens ne viennent pas spécialement pour vous ; il faut donc les faire marrer en quelques minutes. En plus, quand t’as un style un peu particulier, il faut choisir des choses qui parlent au plus de monde possible. »

Dans son spectacle, l’humoriste a évidemment plus de temps pour installer son propos, jauger ce qui fonctionne le mieux. La chronique radio est plus éphémère, tout comme les vidéos sur Internet. « Les réseaux sociaux, c’est un peu obligatoire, ça fait désormais partie du métier si tu veux que les gens viennent à toi, poursuit-elle. La radio, j’en rêvais depuis longtemps, c’est très intéressant, c’est un stress différent ; ce n’est pas du tout la même énergie que la scène. Jouer assis ou debout, devant un public, dans la lumière, c’est autre chose. »

De plus en plus reconnue, Amandine Lourdel ne compte évidemment pas s’arrêter en si bon chemin. Les idées fourmillent déjà pour son prochain spectacle : « Je n’ai pas fini d’écrire, mais ça tourne déjà dans ma tête, je sais de quoi je veux parler, indique-t-elle. Je finis ma tournée en janvier 2027, mais je pense que je ne vais pas m’arrêter deux ans ; je vais vite revenir dans les comedy clubs et les cafés-théâtres. »

Amandine Lourdel sera, ce jeudi 5 février (20 h), dans le cadre du Festival Lillarious, aux Enfants terribles à Marquette-lez-Lille, dans une « Soirée de meufs : Cheer Up ! », animée par Tania Dutel, avec Juste Inès, Sofi Belabbes et Audrey Baldassare. Elle reviendra en solo le samedi 14 novembre, au théâtre Sébastopol de Lille, pour son spectacle « Renversée ».

Notre sélection de spectacles du 2 au 8 février 2026

Agenda 2 fevrier 2026

Chaque samedi, nous vous livrons désormais nos suggestions de sorties dans la métropole lilloise pour la semaine suivante…

Nos 5 coups de cœur du 2 au 8 février :

1. Lily et Lily

Michèle Bernier s’est lancée le défi de reprendre l’un des grands rôles au théâtre de Jacqueline Maillan dans « Lily et Lily ». Elle sera, aux côtés de Francis Perrin, ce samedi 7 février (20 h) au Colisée de Roubaix. 

2. Diane Segard

L’une des humoristes les plus en vogue de ces dernières années, Diane Segard poursuit sa formidable tournée avec son spectacle « Parades » en passant par tous les Zéniths de France dont celui de Lille ce samedi 7 février (20 h).

3. Malik Bentalha

Déjà passé par Lille, il y a un peu plus d’un an au début de sa tournée avec son spectacle « Nouveau monde », l’humoriste Malik Bentalha est de retour dans la région, ce jeudi 5 février (20 h), avec un passage programmé au Colisée de Roubaix.

4. Jef Kino

Avec plus de trente ans de carrière au compteur, Jef Kino a multiplié les albums et les concerts. Ce samedi 7 février (20 h 30), il sera à l’espace culturel Lequimme d’Haubourdin pour un show durant lequel il revisite une grosse vingtaine de chansons du grand Serge Gainsbourg, accompagné d’Amédée Flament au piano.

5. Linh

Après avoir fait ses gammes dans des programmes télévisés comme X-factor ou The Voice, Linh a développé son univers et s’est faite une place de choix dans l’industrie musicale. Elle est attendue ce samedi 7 février (20 h) au Splendid de Lille.

Mais aussi…

Humour : si vous avez besoin de vous détendre, cette semaine, vous n’aurez que l’embarras du choix avec les nombreuses soirées Lillarious, qui rassemblent de nombreux artistes et tout particulièrement Elodie Poux, attendue trois soirs de suite (jeudi 5 au samedi 7) au théâtre Sébastopol.

Musique : Comme toutes les semaines, il y en a pour tous les goûts. Les fans d’élecro se rendront jeudi 5 février (20 h) à la Condition publique à Roubaix. Du côté du Zénith de Lille, La Fouine donne rendez-vous mardi 3 février (20 h) aux amateurs de rap. Ambiance salsa, enfin, ce vendredi 6 (20 h) au Splendid de Lille.

Théâtre : Le pianiste de génie Simon Fache donne rendez-vous au salon de théâtre de la Virgule à Tourcoing, du mardi 3 au samedi 7 février (et même jusqu’au 14 février en fait), pour une adaptation théâtrale et musicale de Novecento, l’histoire de ce pianiste né sur un paquebot et qui y a passé toute sa vie.

Cyril Mokaiesch : « Il y a une musicalité commune entre mes chansons et mes chroniques »

Un nouvel album et un premier livre, l'actualité est riche pour Cyril Mokaiesch. Photo Léonce Barbezieux

La sortie d’un nouvel album est toujours un événement pour un artiste mais quand elle se double, comme fut le cas ce vendredi 30 janvier pour Cyril Mokaiesch de la parution d’un premier livre, le rendez-vous est forcément particulier. « Bonne chance pour la suite », son huitième album, et « Regarde passer les trains », son recueil de chroniques sont tous deux le fruit d’une passion pour l’écriture. Explications de l’auteur…

« Regarder passer les trains », le premier single de votre huitième et nouvel album « Bonne chance pour la suite », commence par une citation de Vincent Lindon « Je fais de mieux en mieux, un métier que j’aime de moins en moins ». Pourquoi ce choix ?

« Je l’avais entendu de sa bouche il y a quelques années et ça m’avait intéressé. Au moment où j’ai voulu écrire une chanson sur mon métier, tel que je le vis, cette phrase m’est revenue en tête. Il m’arrive par moments, pas tous les jours heureusement, de penser ça. Je crois que ça peut se décliner dans plein de corps de métiers. Les gens ont besoin de considération et nous aussi. Parfois on se sent d’attaque, donc on se donne des moyens, mais c’est un combat, la chanson. »

C’est un ressenti récent ou qui s’est installé depuis déjà quelques années ?

« J’aime avant tout la création. Écrire, composer, être chez moi là et commencer quelque chose qui n’existe pas le matin mais qui sera là le soir. C’est une sensation vitale pour moi et puis il y a aussi les concerts que j’adore. Après, il y a, l’inverse ce que je n’aime pas, ce que le métier est devenu, la musique se consomme sur les réseaux sociaux, je n’étais pas préparé à ça. Il faut s’adapter mais je trouve que la chanson française n’est pas toujours très bien mise en avant. On est jeté dans un torrent de plateformes avec de milliers de titres qui sortent par jour. Pour se faire entendre ce n’est pas une mince affaire. La scène c’est aussi embouteillé, tout le monde veut s’y ruer, parce que c’est le seul endroit où il y a à peu près une viabilité économique. Bref, en sortant cette chanson, je n’ai jamais eu autant d’appels d’artistes qui me félicitaient et me remerciaient de parler au nom de ceux qui ne sont pas e, haut de l’affiche. »

Selon vous il y a des solutions, où il faut se contenter de s’adapter ?

« Il y a des solutions, on devrait déjà s’entraider, faire des collaborations fructueuses comme ils l’ont fait dans le jazz dans les années 1950. Ils se sont tous alliés pour faire scène commune. Il faut aussi dire la vérité parce qu’on se cache tous un peu derrière nos comptes Instagram, où il faut globalement dire que tout va bien même si ce n’est pas toujours le cas, donc ça ne révèle pas toujours la réalité de notre métier. Je parle particulièrement des auteurs compositeurs. Il faut aussi pousser les médias qui sont plus prescripteurs que nous à défendre davantage la chanson française. »

Vous restiez sur des albums collectifs et un hommage à Moustaki. Il fallait cette respiration avec des projets différents avant de revenir à quelque chose de plus intime ?

«  Oui, je ne suis pas une machine, il y a des moments où je sens que j’ai assez d’envie pour me dire que je vais l’écrire et puis il y a d’autres cycles, où se nourrir des chansons des autres, c’est hyper salvateur, ça me remplit d’autres choses, d’une autre esthétique. Baigner dans les textes des autres, même à des époques différentes, c’est un bain de jouvence, ça me permet de nourrir ce qui sera mon prochain album aussi. Souvent, ce sont des chanteurs et des chanteuses que je reprends qui ne sont pas très loin de mon univers, mais qui ont quand même leurs différences évidemment, et pour parler de Moustaki, ça a été une révélation. Je ne connaissais pas son œuvre, ce sont deux femmes qui sont venues me proposer de faire une pièce de théâtre, qui est finalement devenu un projet d’album, sur scène, théâtralisé, mais ça restait un concert. »

Sur votre dernier album, vous avez travaillé avec Raphaël et Romain Humeau, comment sont nés les collaborations ?

« Ma rencontre avec Raphaël c’est un joyeux hasard. Nos enfants étaient copains à l’école et nous nous sommes retrouvés l’un à côté dans l’autre dans une réunion parents-professeurs. On a vite eu des points d’accroche, la musique bien sûr mais on joue aussi ensemble au tennis désormais et puis un jour il m’a proposé qu’on fasse une chanson ensemble. C’est hyper intéressant de travailler avec de bons compositeurs, ça me sort de mes habitudes, ça me donne une autre vision et ça me procure un plaisir enfantin de faire une chanson sur un thème que je n’aurais pas eu l’idée de traiter ou pas de la même manière. »

Raphaël et Eiffel (le groupe de Romain Humeau), ce n’est pas le même univers, vous recherchiez un peu d’éclectisme ?

« Je ne cherchais rien, c’est le hasard des rencontres. Pour Romain, j’avais les disques de son groupe quand j’étais plus jeune. On a bossé tous les deux avec Bernard Lavilliers, on s’est retrouvés sur l’un de ses concerts, on a sympathisé et on s’était dit qu’on ferait un jour quelque chose ensemble. On a commencé sur l’album hommage à Moustaki. C’est la partie réjouissante de notre métier, rencontrer des alliés sur le bord de notre chemin. »

Votre premier livre « Regarder passer les trains » sort en même temps, ce n’était pas trop dur de mener deux projets de front ?

« Non j’avais bien anticipé les choses. Je savais que concrétiser un album, le mixer, mettre en place sa sortie, ça prend du temps, environ un an et demi. A partir du moment, où on rentre en studio, j’ai pas mal de temps pour moi. J’ai donc pu écrire plus d’un an de pensées, de divagations, d’événements qui ont nourri ma vie intérieure. Ce livre ce sont des chroniques, des réflexions sur le monde dans lequel on vit, sur le mien aussi dans tous ses états professionnels, amoureux, financiers. »

Quelles différences majeures avez-vous constaté entre l’écriture de chansons et celle d’un livre ?

« Écrire une chanson peut parfois être un peu laborieux, c’est tellement ciselé. On cherche tellement la perfection, le mot exact, que parfois ça peut devenir une espèce de mot croisé intellectuel qui ne laisse pas autant de liberté que de se dire que j’ai toute une page à remplir, que je m’autorise des imperfections. La chronique permet aussi d’y aller sans retenue. Quand on écrit une chanson, on veut dire le meilleur de nous, on veut embellir une situation, la poétiser. Là, le but de la chronique, c’était aussi de mettre des coups de poing, de raconter une tristesse, si elle est vraie, si elle est sincère. Après, il y a en commun une musicalité dans la chronique. Je me relisais comme une chanson, je voulais que ça sonne. »

L’exercice vous a plu ? Vous pourriez avoir envie de recommencer, d’écrire un roman ?

« Un pur roman de fiction, ça m’intéresse chez les autres. J’avais lu une interview de Barbara qui disait qu’elle n’avait pas assez d’imagination pour écrire un roman. Je suis assez d’accord. Je pars d’un fait réel et puis je l’extrapole parce que j’ai un goût prononcé pour le sens poétique et l’exagération mais de commencer un bouquin en partant de zéro, je ne saurais pas. Je n’ai pas d’ambitions littéraires, je ne me prends pas pour un écrivain. Je n’ai pas voulu avoir un style empoulé comme si je me prenais pour Marcel Proust ou je ne sais qui. Ce livre, c’est une prise de parole, ce n’est pas une œuvre littéraire. »

Album « Bonne chance pour la suite », label Un plan simple. Prix : 17,99 €. Livre « Regarder passer les trains », GM éditions. Prix : 21 €.