Sahelle de Figueiredo est fière de l’évolution de Noor dans DNA

Sahelle de Figueiredo (à droite) incarne le personnage de Noor depuis les débuts de DNA. (c) Nicolas Lefevre - Capa Pictures

L’épisode 2161 de Demain nous appartient, qui sera diffusé ce lundi 16 mars (19 h 10), s’annonce riche en émotions pour le personnage de Noor Beddiar, qui va recevoir un message sur son téléphone affirmant que sa mère, Leïla Beddiar, a priori décédée suite à un accident de voiture en 2020, serait finalement vivante.

Est-ce une fâcheuse erreur, un canular de très mauvais goût ou l’incroyable vérité ? Les fans de la série quotidienne de TF1 en sauront davantage ces prochains jours, mais cette arche sera l’occasion de remettre sur le devant de la scène la comédienne Sahelle de Figueiredo, que les téléspectateurs ont vue grandir depuis bientôt neuf ans.

« Quand la série a commencé, j’étais lycéenne, se souvient-elle. Initialement, j’avais passé le casting pour accompagner un de mes amis qui faisait du théâtre. Je ne pensais jamais être prise et, ensuite, comme cela avait été annoncé comme une saga de l’été, je pensais juste faire quelques épisodes. La première année, j’ai d’ailleurs peu tourné, car je passais le bac et mes parents avaient été très clairs là-dessus : les études étaient ma priorité. Je tournais pendant les vacances, on me voyait donc assez peu et, honnêtement, je m’attendais à ce qu’ils enlèvent mon personnage assez rapidement. »

Bonne nouvelle pour la jeune actrice : c’est tout l’inverse qui s’est produit. Les auteurs ont commencé à développer l’amitié entre son personnage et celui de Judith Delcourt (alors jouée par Sylvie Filloux), qui ne s’est jamais démentie. « J’espère que ça va continuer encore longtemps, car on se régale à tourner avec Alice Varela, qui a repris le rôle de Judith et avec laquelle je suis aussi amie dans la vraie vie », précise-t-elle.

Sahelle de Figueiredo a tout de même redouté, il y a quelques années, de voir son personnage disparaître de la série lorsque les auteurs ont fait mourir sa mère Leïla (jouée par Samira Lachaab) et que son père Bilel (Atmen Kelif), emprisonné puis en cavale, a aussi disparu du feuilleton.

« Je me suis dit qu’avec Soraya, ma sœur dans la série, nous étions un peu trop isolées, mais heureusement le personnage de Gabriel Guého (Martin Mille) a été rattaché à nous », se réjouit la comédienne, qui a aussi apprécié l’évolution de Noor, devenue infirmière à l’hôpital Saint-Clair. « Au début, elle était quand même très pénible : tout le temps en colère, adolescente rebelle, un peu reloue, très têtue, sourit-elle. Je me suis battue pour la faire évoluer, pour qu’elle soit moins bornée. Ils l’ont fait mûrir, ils l’ont adoucie et je trouve qu’elle est très altruiste, pleine de relief. Elle peut être gentille et douce, mais il lui arrive aussi de péter des câbles et je trouve ça très bien. »

Convaincue que le mélange entre les intrigues policières, les histoires de famille et les aventures médicales constitue la clef du succès de Demain nous appartient, Sahelle de Figueiredo met aussi en avant la beauté des décors de la ville de Sète et l’énergie positive qui se dégage de la série, même si la famille Beddiar n’a pas été épargnée par les malheurs.

Marquée par de nombreuses arches, notamment celle du décès de Leïla, de la contagion qui a provoqué une quarantaine dans l’hôpital ou encore celle du tremblement de terre, elle aimerait désormais que Noor se voie offrir une nouvelle histoire d’amour.

« Demain nous appartient », du lundi au vendredi à 19 h 10, sur TF1.

70 ans de carrière et des géants à célébrer pour Isabelle Aubret

Isabelle Aubret fête ses 70 ans de carrière sur scène. (c) Guirec Coddic

« On n’empêche pas un oiseau de chanter ». Cette phrase, devenue le titre du double spectacle exceptionnel qu’elle délivrera au théâtre Marigny à Paris, les 20 et 21 mars, la chanteuse nordiste Isabelle Aubret l’avait prononcée à une dame dans la rue qui regrettait de ne plus l’entendre depuis qu’elle avait cessé les récitals.

À 87 ans, l’artiste est d’ailleurs de retour sur scène. Pour célébrer ses 70 ans de carrière, mais aussi pour lutter contre l’oubli. Pas le sien, mais celui de nombreux géants de la musique qu’elle a fréquentés durant son parcours. « Un jour, j’écoutais un jeu à la télévision : ils ont passé la chanson Amsterdam et le candidat ne connaissait ni le nom ni l’interprète. Ça m’a fait un choc, avoue-t-elle. Je me suis dit qu’il fallait parler de ces auteurs, être en quelque sorte une messagère. »

Brassens, Brel, Ferrat ou encore Aragon s’invitent donc dans ce spectacle où Isabelle Aubret va bien sûr beaucoup chanter, mais où elle va surtout se raconter, ce qui est inédit pour elle. « Je vais parler de ma vie, de mon enfance dans le Nord, celle d’une fille d’ouvrière, fière d’avoir travaillé à l’usine avec des femmes que je n’ai pas oubliées, mais aussi de mon passé de championne de France de gymnastique », sourit-elle, précisant qu’elle a toujours été une grande sportive, s’essayant au tennis, à la plongée sous-marine, à la planche à voile ou encore au deltaplane, ce qui lui a permis de garder la santé.

Isabelle Aubret n’occultera pas les moments difficiles, comme cet accident de voiture qui l’a empêchée de tourner dans le film Les Parapluies de Cherbourg. « Je parle de tout : je suis tombée souvent, mais à chaque fois je me suis relevée, et ça a été à chaque fois un renouveau », assure-t-elle.

Ce spectacle, la native de Marquette-lez-Lille espère ensuite le jouer en province, et notamment dans le Nord, « dans un petit théâtre pour créer une vraie proximité, que les gens aient l’impression d’être dans mon salon ».

Pour le préparer, Isabelle Aubret chante chaque matin dans son studio et, malgré l’étendue de son répertoire, toutes ses chansons lui sont encore familières. Le plus dur fut finalement de faire une sélection : « Quand on fait une carrière si longue, c’est compliqué de monter un tour de chant. Il y a des titres comme C’est beau la vie que je ne peux pas éviter, mais il fallait faire des choix. »

Désignée, à une époque, meilleure chanteuse du monde au Japon, elle a décidé de se confier sans retenue et le plus naturellement possible : « J’ai refusé d’apprendre un texte par cœur. J’entre en scène comme une enfant et je raconte les choses comme elles viennent, indique-t-elle. C’est un spectacle vivant : je préfère dire des bêtises, faire des erreurs, mais que ce soit spontané. Mes propos seront bien sûr soulignés par des chansons. Il y aura des moments un peu mélancoliques, mais les gens me disent surtout que je leur donne un moral d’enfer. »

« On n’empêche pas un oiseau de chanter », un spectacle d’Isabelle Aubret au théâtre Marigny à Paris, les 20 et 21 mars.

Zèbre a entamé un nouveau cycle musical

Maxime Faivre alias Zèbre, son nom d'artiste, prépare deux EP. (c) Photo Alterrance

Artiste déjà reconnu de la scène régionale, Maxime Faivre, alias Zèbre, avait dessiné en 2022 les prémices de son nouveau projet musical en sortant un EP éponyme. « J’avais posé ça comme une empreinte aussi bien musicale que visuelle, une quête identitaire, confie-t-il, mais je n’étais pas encore totalement fixé sur ce que j’allais faire sur scène. Depuis, j’ai défini qui j’étais et maintenant j’essaie d’approfondir les choses. Ça a pris du temps, mais il fallait que ça mûrisse dans mon esprit. »

Le jeune homme a construit un plan en plusieurs étapes. Une reprise de sa chanson « Drôle de zèbre », avec des arrangements retravaillés, pose les jalons de ce nouveau cycle avec un clip réalisé dans une galerie d’art d’Arras, autant pour rendre hommage à sa ville natale que pour mettre en valeur l’une de ses passions, l’art pictural, mais aussi pour le symbole de « la galerie intérieure, du voyage immersif ».

« L’idée, c’est de sortir plusieurs titres en 2026 qui poseront l’univers de ce projet baptisé Alterrance, un mot inventé, qui devrait déboucher sur deux EP en 2027, “Altitude” et “Ancrage”. Puis, si tout va bien, un album verra le jour dans la foulée. »

Réalisé avec Romain Watson, autre figure bien connue de la scène des Hauts-de-France, ce projet est le fruit de plusieurs années de réflexion. « Je voulais faire un album concept, poursuit Maxime Faivre. Dans une vie d’homme, on est toujours en recherche d’équilibre, en tension entre aspiration et gravité. Il y a une dualité entre la terre et le ciel, un mouvement perpétuel entre ces deux pôles. Je voulais des chansons purement terrestres et d’autres plus aériennes. »

S’il a écrit tous les textes en solo, à l’exception d’un duo coécrit avec Romain Watson, Maxime Faivre a, en revanche, fait appel à Yan Deleury, le batteur de son ancien groupe Arokana. « Il est à fond avec moi sur la partie scénique du projet, indique-t-il. On monte un live dans l’ADN du projet. On joue vraiment sur la dualité entre le côté organique et des textures électro, la voix très cristalline de Romain et celle plus rocailleuse, notamment dans les basses, de Yan. »

Un spectacle qui devrait être prêt pour la fin d’année, même si de premières dates sont déjà prévues dans la région : le 8 mai à La Barjo à Onnaing et le 22 mai à la Capsule à Arras. Des showcases qui vont permettre à Zèbre de prendre la lumière, après avoir passé quasiment deux ans sans sortir pour réussir sa migration artistique.

Viktor Vincent plonge son public dans un univers « Fantastik »

Viktor Vincent est de retour avec un spectacle Fantastik. (c) Thomas Braut

Dès le mois d’octobre, le célèbre mentaliste valenciennois Viktor Vincent va s’atteler à la réalisation de son premier long métrage, un thriller psychologique qui devrait s’intituler « Good Boy », avec Élodie Frégé et Rod Paradot. « Écrire un film et un spectacle, c’est un peu pareil dans le sens où l’on joue avec le regard des gens, on crée une illusion. Il y a toujours cette question centrale de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. Dans le film, on va vivre ça à travers un personnage dont le monde s’effrite et, à un moment, on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est plus. Ça me plaît beaucoup, on est dans le fantastique. »

Le fantastique, c’est aussi et surtout l’actualité de l’artiste, en pleine tournée avec son dernier spectacle, « Fantastik », qui fera étape le jeudi 2 avril au théâtre Sébastopol de Lille et dans lequel Viktor Vincent emmène son public dans un formidable voyage en train. « Tout est parti du roman de Guy de Maupassant, “Les Histoires fantastiques”, que j’ai relu pour faire un livre audio, explique-t-il. C’est la période que je préfère, la fin du XIXᵉ siècle, où l’invisible commence à prendre une place importante avec la découverte de l’électricité, le magnétisme, la radioactivité… C’est aussi le moment où les théâtres commencent à se multiplier, où l’on propose de plus en plus de spectacles, comme les soirées fantastiques de Robert-Houdin, et puis on assiste aussi aux premiers films avec des trucages. Bref, tout ça m’a donné envie de m’approprier le genre fantastique. »

S’il ne laisse toujours qu’une part infinitésimale à l’improvisation, Viktor Vincent n’a de cesse de faire évoluer le ressenti du spectateur : « Je raconte des histoires fantastiques comme si nous étions au coin du feu, je les illustre avec des expériences et j’essaie d’être le chef d’orchestre des émotions du public, poursuit-il. Les ambiances sont plus fortes et je m’efforce d’instiller le doute, que les gens hésitent subitement entre ce qui est rationnel et ce qui ne l’est plus, qu’à un moment on bascule de l’autre côté du miroir. »

Toujours bienveillant lorsqu’il fait monter du public sur scène, le mentaliste a décidé de passer un nouveau cap dans ses illusions : « Jusqu’à présent, je devinais les choses, mais là je prends quelqu’un du public, je l’investis de ce pouvoir afin qu’il soit capable, à son tour, de deviner quelque chose sur une autre personne, indique-t-il. La personne s’étonne elle-même de ce qu’elle est capable de faire. Je trouve que l’on passe ainsi une étape supplémentaire. En fait, j’essaie de créer les spectacles que j’aurais aimé regarder, que j’ai envie de voir. »

Viktor Vincent joue son spectacle « Fantastik » le jeudi 2 avril (20 h) au théâtre Sébastopol de Lille.

Jean-Benoît Diallo soigne les mots plutôt que les maux

Jean-Benoît Diallo revient à Lille le 1er avril. (c) Alex Dinaut

Il était parti pour faire du bien physiquement aux gens et c’est finalement psychologiquement qu’il contribue au bien-être de son public. Devenu humoriste après avoir obtenu son diplôme de kinésithérapeute, Jean-Benoît Diallo a donc préféré jouer avec les mots qu’il délivre aux spectateurs plutôt que de composer avec les maux de ses patients.

Après un passage durant le festival Lillarious, où il avait été convié aux galas menés par Samuel Bambi, le jeune homme sera donc de retour à Lille le 1er avril au Splendid pour jouer son spectacle « Libre arbitre ».

« J’ai toujours baigné dans l’humour. À l’école, je faisais marrer mes camarades. Je ne m’en souviens plus, mais il paraît même que, plus jeune, j’avais annoncé que j’allais remplir de belles salles. Alors ce changement de cap a dû s’opérer naturellement, estime-t-il. Au début, je faisais mon métier de kiné en journée et, le soir, je faisais des scènes ouvertes. À l’époque, je faisais des personnages. J’ai fait ça quelques années et puis le Covid est arrivé et tout a été fermé. On n’a pas joué pendant un an et demi, je crois, et à la fin de la crise, j’ai décidé de changer un peu et de me lancer dans le stand-up. »

Jean-Benoît Diallo a ensuite intégré le Jamel Comedy Club en 2023. Tout s’est accéléré et il lui a fallu prendre une décision : celle de stopper son activité de kiné pour vivre pleinement son rêve sur scène.

Le Covid fut aussi un déclencheur de son envie de parler du libre arbitre : « Je regardais les informations comme tout le monde pendant le confinement et je voyais que, dès que quelqu’un donnait son avis, l’autre disait “n’importe quoi”. Ça ne s’écoutait pas, ça s’insultait entre les provax et les antivax et j’ai réalisé qu’on n’avait même plus le droit d’avoir une pensée, une réflexion, sans être tout de suite attaqué. J’ai commencé à écrire des choses autour de cette liberté et je l’ai élargie à d’autres thèmes que les vaccins. J’ai pensé à la religion, aux chaînes d’information en continu qui nous rabâchent tout le temps les mêmes choses, en me demandant si ça ne finissait pas par entrer dans nos cerveaux et nous enlever justement ce libre arbitre. »

Sur scène, Jean-Benoît Diallo aime aborder des sujets sociétaux et psychologiques, mais prend surtout un malin plaisir à mélanger les genres, toujours avec un humour un peu grinçant, un peu piquant. « Chacun a son style, mais c’est vrai que j’adore quand ça décape, confesse-t-il. Quand j’aborde les questions de religion, j’en vois toujours quelques-uns dans la salle qui sont un peu heurtés, parce qu’ils sont touchés dans leur foi, mais je considère que les gens qui viennent me voir ont assez de recul pour en rire. Je ne vais pas changer les gens, je suis là avant tout pour les faire marrer, mais si je peux aussi faire un peu réfléchir, c’est le bonus. »

L’intéressé pense-t-il posséder lui-même son libre arbitre ? « Je pense qu’on n’a pas vraiment de libre arbitre, mais qu’on peut essayer de s’en approcher. Est-ce vraiment moi qui ai décidé de monter sur scène ou est-ce parce que, depuis mes 4 ans, ma mère, mes frères et sœurs regardaient toujours des humoristes avec des VHS d’Elie Kakou et de Mister Bean qui tournaient en boucle à la maison ? »

L’homme sait, en revanche, déjà qu’il aura aussi envie de passer de l’autre côté de la barrière en écrivant pour des camarades : « Ça me plairait d’écrire et de mettre en scène des spectacles. Il m’arrive déjà de regarder des copains et de leur dire : “Là, tu pourrais ajouter ça” ou “Là, tu pourrais essayer ça”. Je trouve génial d’observer la personnalité des gens et d’essayer de les guider, de polir le petit diamant pour en faire quelque chose de super. »

Jean-Benoît Diallo jouera son spectacle « Libre arbitre » au Splendid à Lille, le mercredi 1er avril (20 h).