« Promis le ciel », un film qui va compter pour Aïssa Maïga

Aissa Maiga tient le premier rôle dans Promis le ciel. (c) Maneki Films - Henia Production

Dans une carrière de comédienne, il y a des rôles qui vous marquent bien plus que d’autres, et l’on ne pense pas trop s’avancer en affirmant que celui de Marie, ancienne journaliste ivoirienne devenue pasteur en Tunisie dans le film « Promis le ciel », en salle ce 28 janvier 2026, aura une place à part dans la carrière d’Aïssa Maïga.

Essentiellement connue pour ses performances dans des comédies (« Les Poupées russes », « Prêt à tout », « Bienvenue à Marly-Gaumont », « Il a déjà tes yeux »), l’actrice s’est aussi distinguée par son engagement en faveur de la diversité au cinéma. Elle est à l’initiative du collectif ayant contribué au livre « Noire n’est pas mon métier », qui a trouvé son prolongement à l’écran avec le documentaire « Regard noir », qu’elle a co-réalisé.

Aïssa Maïga ne pouvait pas rester insensible au sujet travaillé par Erige Sehiri. « Parler des femmes migrantes en Tunisie, ça avait du sens, insiste-t-elle. J’avais déjà vu, il y a quelques années, la manière dont les migrants étaient maltraités en Libye, réduits en esclavage, torturés, avec un niveau de brutalité, de cruauté absolument choquant. J’ai aussi entendu les déclarations du président tunisien qui pointait du doigt les migrants subsahariens, ce qui a ouvert la porte à des chasses à l’homme, des rafles, ces gens jetés dans le désert sans le moindre vivre, de façon à ce qu’ils n’en reviennent jamais. »

Dresser ces portraits de femmes, raconter leurs trajectoires, les montrer dans leur force, leur lumière était important à ses yeux, et la façon dont Erige Sehiri a voulu le faire lui a tout de suite parlé. « La rencontre avec Erige a été déterminante. Elle a été journaliste d’investigation avant d’être documentariste, puis réalisatrice. Elle s’est immergée pendant deux ans dans son sujet, a rencontré des gens et tissé des liens suffisamment forts pour atteindre un degré élevé d’intimité avec les personnes qu’elle souhaitait représenter à l’écran, apprécie la comédienne. Il y a le regard politique, le geste artistique et surtout la véracité du propos. »

Arrivée tardivement sur le projet, Aïssa Maïga n’a pas eu beaucoup de temps pour préparer ce rôle de pasteure, « connectée à une foi qu’elle met au service des autres dans une solidarité très concrète, très organisée ». Confrontée durant sa jeunesse à différentes religions, elle a dû, en quelques semaines, étudier les prêches sur les différents continents, échanger avec l’une d’elles qui a travaillé sur le scénario, mais elle s’est surtout heurtée à la réalité du tournage en faisant face à une vraie communauté. « Je suis allée les voir avant de commencer pour leur dire que j’étais peu familière de cette religion, que j’allais sans doute faire des erreurs, mais que je leur demandais de la tolérance, de la bienveillance. »

Dans le film, la situation de son personnage s’est précarisée au fil des années, « mais il y a des tunnels de lumière grâce à la solidarité qui existe entre ces femmes » : Naney (Deborah Christelle Lobe Naney), une mère de famille, et Jolie (Laetitia Ky), une étudiante, qui partagent le logement de Marie. Ensemble, elles vont recueillir Kenza, une jeune migrante de 4 ans, suite à un naufrage, dans un contexte politique et social de plus en plus inquiétant.

« Les premiers retours dans les festivals ont été positifs. On a reçu plusieurs prix. On avait déjà eu un beau cadeau en faisant l’ouverture du Festival de Cannes pour un film indépendant, à petit budget, tourné avec très peu de moyens, souligne-t-elle. On espère que le public sera aussi au rendez-vous et aura envie d’aller à la découverte de ce sujet important, de ces femmes, de la force, de la lumière qui émane du film. »

« Promis le ciel », un film d’Erige Sehiri, en salle depuis ce 28 janvier. Avec Aïssa Maïga, Laetitia Ky, Deborah Christelle Lobe Naney.

« Colisée, l’arène de légende », une nouvelle expérience de réalité virtuelle

La société Eclipso propose une nouvelle expérience immersive de réalité virtuelle au coeur de Rome et de son fameux Colisée. (c) Eclipso

Si vous n’avez pas encore franchi les portes des bâtiments de la société Eclipso, dans la galerie des Tanneurs à Lille, pas de panique, il est encore temps d’aller découvrir l’expérience immersive « Titanic, le rêve englouti », qui a déjà séduit des milliers de visiteurs.

Bonne nouvelle pour ceux qui y ont déjà goûté, une nouvelle aventure est également proposée à partir de ce mercredi 28 janvier. Cette fois, toujours équipé de notre casque de réalité virtuelle, on plonge dans la Rome antique, en suivant les traces d’un jeune garçon prénommé Caius. Celui-ci vous fera découvrir les artères commerçantes de la ville mais aussi les coulisses du Colisée en vous expliquant le fonctionnement des Jeux du cirque.

Vous serez aussi parfois guidés par les explications de Mars, le dieu de la guerre et vous assisterez aux combats du célèbre gladiateur Flamma aussi bien contre ses congénères que face aux animaux les plus féroces.

Créée en collaboration avec le studio Small et validée par des historiens à chaque étape de la narration dans un souci d’authenticité, cette expérience d’une grosse demi-heure est une formidable opportunité d’étoffer sa culture historique de façon ludique et attractive. Comme pour Titanic, la qualité de l’immersion est telle qu’on se surprend parfois à sursauter ou à marquer un pas de recul.

« Colisée, l’arène de légende » s’inscrit dans la volonté de la société Eclipso de nourrir progressivement un catalogue d’expériences immersives pour faire découvrir des lieux pas forcément accessibles à tout le monde, quelle qu’en soit la raison, ou des événements majeurs qu’ils se soient produits à un moment plus ou moins récent de l’Histoire.

« Colisée, l’arène de légende, expérience en réalité virtuelle, à partir du mercredi 28 janvier, galerie des Tanneurs à Lille. Prix : 19 €. Interdit aux moins de 8 ans et aux mineurs non accompagnés ainsi qu’aux personnes cardiaques et épileptiques.

Le théâtre de la Virgule vous convie au spectacle sur sa chaîne Youtube

Bartleby fait partie des pièces mises sur Youtube par la compagnie de théâtre La Virgule. (c)) Simon GARET

Si vous n’allez pas au théâtre, alors le théâtre viendra à vous. Du moins en partie. Soucieux de donner une deuxième vie à certains de ses spectacles, Jean-Marc Choteau, le directeur du théâtre La Virgule à Tourcoing, a en effet décidé d’en mettre quelques-uns en ligne sur la chaîne de sa compagnie.

« Depuis quelques années, nous réalisons des captations de bonne qualité. Ces vidéos sont des instruments de travail dont nous nous servons avec certains de mes confrères, notamment pour se remémorer certaines choses dans le cadre d’une reprise, explique-t-il. Là, nous avions trois spectacles qui, vu la conjoncture difficile, risquent de ne plus tourner, soit en raison des incertitudes budgétaires, soit parce qu’ils ont des décors lourds qui nécessitent des frais plus importants pour les transporter. Certains ont encore tourné cet été, mais je me suis dit que les mettre à disposition sur notre chaîne YouTube pourrait servir à des étudiants ou des professeurs, d’autant qu’ils seront bientôt accompagnés de dossiers pédagogiques et de petites interviews. »

Des spectacles qui datent tous de moins de cinq ans, le plus ancien étant un classique : L’École des femmes de Molière. « C’est une pièce créée en 1662, mais qui, à l’ère de “Me too” et “Balance ton porc”, est d’une actualité incroyable, avec ce personnage d’Arnolphe, qui fait élever sa future femme dans l’ignorance afin qu’elle soit sotte et n’ait pas de velléité de le tromper, indique Jean-Marc Choteau. On ne soupçonnait pas que Molière était un défenseur du féminisme. C’est un mélange de comédie et de tragédie, et j’ai poussé dans ma mise en scène vers quelque chose de risible. »

La deuxième pièce, Mademoiselle Julie d’August Strindberg, un écrivain suédois, a été interdite à la fin du XIXᵉ siècle avant de devenir l’une des plus reprises et jouées à l’international. Elle évoque la rouerie, la manipulation d’un homme sur une femme, avec des conséquences dramatiques lorsqu’elle comprend que les belles promesses n’étaient que des paroles en l’air et qu’elle s’est fait duper.

Enfin, la troisième œuvre proposée est signée Herman Melville, à qui l’on doit Moby Dick. Il s’agit de Bartleby. « C’est une pièce du XIXᵉ siècle, mais qui est aussi d’actualité. Elle a connu un grand succès quand je l’ai adaptée après le Covid. Elle évoque le rapport des gens au travail, cette volonté d’en faire le moins possible qui est de plus en plus à la mode, explique-t-il. Ce Bartleby a été engagé comme clerc de notaire, mais très vite, il se met à refuser toutes les tâches qu’on lui demande en répétant inlassablement cette phrase : “I would prefer not to”, ce qui laisse son patron pantois. Aujourd’hui, dans ces cas de réticence au travail, on parle d’ailleurs de syndrome de Bartleby. »

Jean-Marc Choteau espère que le public prendra le temps de découvrir ces trois pièces sur YouTube et il n’exclut pas d’en ajouter d’autres à l’avenir si l’intérêt se fait sentir. L’homme espère aussi, par cette initiative, donner l’envie aux gens de revenir dans les théâtres, en ciblant notamment les jeunes : « Comme la population, la fréquentation des théâtres vieillit, et comme les adolescents passent de plus en plus d’heures sur les écrans, on essaie d’aller chercher le public là où il se trouve », conclut le metteur en scène, actuellement en pleine préparation de sa prochaine pièce, Sun City.

Retrouvez les pièces sur https://www.youtube.com/@theatrelavirgule

Lille capitale française de l’humour avec la cérémonie des Auguste

La cérémonie des Auguste de l'humour aura lieu le 2 février au Nouveau Siècle à Lille.

Déjà bien gâtés par les nombreux spectacles proposés tout au long de l’année dans les différentes salles de la métropole, les amateurs d’humour seront à la fête ces prochains jours. Dès vendredi, l’édition 2026 du festival Lillarious sera lancée, avec pendant une semaine plusieurs dizaines d’humoristes au programme, dont Élodie Poux, Geremy Credeville, Tania Dutel, Samuel Bambi, PV, Lola Dubini ou encore Alex Vizorek.

Au milieu de tout ça, le Nouveau Siècle sera, pour la deuxième année consécutive, le théâtre d’une nouvelle cérémonie, « Les Auguste de l’humour », imaginée par l’association « La Communauté de l’humour », qui « s’efforce de donner de la visibilité à un secteur qui est un peu comme le parent pauvre de la production artistique », confie Perrine Blondel, directrice de la communication de l’événement.

Elle sera animée par Marianne James et retransmise sur Twitch, avec des commentaires de Samuel Étienne, Olivia Moore et Arnaud Tsamere, en attendant peut-être un jour de trouver sa place à la télévision, dans la grille d’une chaîne publique ou privée.

Encore dans l’attente de certaines confirmations, les organisateurs n’ont pas encore dévoilé les noms de tous les artistes présents. Mais entre les lauréats et les remettants des différents prix, sans oublier quelques invités, ce sont plusieurs dizaines d’humoristes qui sont attendus, dont Muriel Robin, qui se verra remettre un Auguste d’honneur.

Un jury d’une soixantaine de personnes représentant les différents métiers du monde de l’humour a établi une liste de nommés dans les sept catégories suivantes :

  • Artistes humoristes de l’année : Artus, Gad Elmaleh, Élodie Poux, Ahmed Sylla, la tournée du trio (Lecaplain, Ferrari, Tsamere).

  • Auteurs de textes d’humour : David Castello-Lopes, Constance et Pascale Duclermotier, Guillermo Guiz, Marion Mezadorian, Panayotis Pascot.

  • Spectacle de l’année : Bâtard Sensible (A. Kominek), Entre les deux (P. Pascot), Yolo (A. Lompret), InConstance (Constance).

  • Révélation scène francophone étrangère : Adrien Delplana, Inès Le Gourou, Mehdi BTB, Mega Brouillard.

  • Chroniqueurs TV/Radio : Alex Vizorek, Aymeric Lompret, Guillaume Meurice, Philippe Caverivière, Yann Marguet.

  • Artistes de vidéos web : Amandine Lourdel, Eliott Doyle, Mathieu Madénian, Moguiz, Marine Léonardi.

  • Révélation scène : Kostia, Simon Noëns, Hugo Pêcheur, Vincent Seroussi, Zaef.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles sur inscription sur le site de la Fnac :
https://animation.fnac.com/zn/f1rkxey5p

Les ultimes folies du grand projet de Lynda Lemay

Lynda Lemay sera deux soirs au théâtre Sébastopol.

Chacun de ses passages dans la région est un enchantement et la promesse d’une soirée riche en émotions et en énergie positive. Lille aime Lynda Lemay et la réciproque vaut également, à en croire l’artiste québécoise, qui se réjouit de revenir dans le Nord, ce mercredi 28 et jeudi 29 janvier, au théâtre Sébastopol, pour l’une des dernières dates d’une aventure au long cours. « C’est ma salle préférée et le public y est toujours en feu, ce sont donc des retrouvailles que j’attends avec impatience », assure-t-elle.

Tout est parti du projet fou de réaliser 11 albums de 11 titres en 1 111 jours, soit un peu plus de trois ans, le temps généralement nécessaire pour la majorité des artistes à la réalisation d’un seul album. Un challenge réussi qui a bien évidemment trouvé son prolongement dans une tournée d’abord baptisée La vie est un conte de fous, qui s’est transformée en La onzième folie.

« C’est vraiment la dernière ligne droite de ce grand projet et ça se termine avec encore plus de folie que jamais, s’enthousiasme-t-elle. Précédemment, on se permettait de demander au public de nous faire des demandes spéciales. Le spectacle se transformait de soir en soir. Là, j’ai décidé de construire quelque chose qui change un peu moins. On est toujours dans la spontanéité, parce que c’est dans ma personnalité et celle de mes musiciens, mais les gens savent un petit peu plus à quoi s’attendre. C’est évidemment inspiré de toutes les demandes spéciales qu’on m’a faites, mais c’est aussi ponctué de nouveautés qui annoncent l’avenir. »

Dans une dizaine de jours, le vendredi 6 février, Lynda Lemay sortira un nouvel album, À fleurs de cordes, réalisé en duo avec Jean-Félix Lalanne. « C’est un nouveau concept avec rien d’autre que la guitare et ma voix. Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Ce n’était pas prévu, c’est le fruit d’un coup de foudre artistique, précise-t-elle. Jean-Félix est venu me voir à l’Olympia, il a beaucoup aimé mon univers musical et m’a conviée à participer au festival Autour de la guitare. Il est venu chez moi répéter et, sans qu’on se le dise dans un premier temps, on a rêvé chacun de notre côté de réaliser un album et un spectacle ensemble. Il fallait que ça existe, on n’a pas douté et, dès qu’on en a parlé, le lendemain nous étions en studio avec Yves Savard, mon guitariste au Québec. »

Lynda Lemay a repris quelques anciennes chansons, mais elle a aussi écrit cinq nouveaux titres, dont Les tapis d’aiguilles, où elle s’attaque à un sujet délicat :
« C’est l’histoire d’une relation entre une fillette de dix ans et un homme de quarante ans. Il a fallu que je fasse attention à chaque image que j’utilise, que ce soit bien compris dans le sens où je veux raconter l’histoire, insiste-t-elle. Il fallait que je m’assure qu’on ne soit pas dans le jugement de la situation, que l’on soit capable d’écouter l’histoire sans que ça fasse aussi mal que lorsqu’on la vit. C’est l’un des sujets les plus délicats que j’ai eu à aborder dans ma carrière, mais je crois que c’est plus fort que moi : j’ai cette envie de briser en poésie des silences trop lourds. »

Au-delà de ce nouveau titre, construire la « set list » de ce concert s’est apparenté à un vrai casse-tête, tant le répertoire déjà bien fourni de l’artiste s’est encore étoffé avec les onze albums sortis en trois ans. « C’est vrai que je n’ai pas le temps, en 2 h 15 de show, de raconter tout ce que je voudrais, admet-elle. J’établis une liste de chansons et puis j’y reviens cinq minutes plus tard parce que j’estime avoir oublié telle ou telle chanson. »

Lynda Lemay en concert ce mercredi 28 et jeudi 29 janvier au théâtre Sébastopol de Lille.