Disney+ fait souffler un vent de modernité sur Lucky Luke

Alban Lenoir est le nouveau Lucky Luke. (c) Disney+

S’attaquer à l’adaptation d’une œuvre à succès est toujours un pari délicat, surtout quand d’autres s’y sont essayés avant vous. « Il y a forcément de la trahison dans l’adaptation, mais on a cherché à être le plus fidèles possible à la démarche de Morris en essayant de l’adapter au média audiovisuel », confie Thomas Mansuit, co-créateur et scénariste de la série Lucky Luke, disponible depuis ce lundi 23 mars sur Disney+.

« On a essayé de trahir avec amour, retrouver l’esprit qui nous a fait aimer Lucky Luke quand on était enfants, tout en questionnant ce héros qui a émergé à une période où il n’y avait quasiment pas de rôles féminins et pas une grande psychologie des personnages », indique Mathieu Leblanc, l’autre créateur de la série.

« L’avantage, c’est qu’il s’agit d’un héros solitaire, parfait, qui tire plus vite que son ombre et qui, donc, ne peut jamais être en danger. Partant de là, il faut le désactiver, renverser la table, poursuit ce dernier. On s’est dit qu’on allait le décaler dans le temps, bien après les albums passés et à venir, vieillir un peu Lucky Luke pour qu’il perde un peu de sa superbe, se remette en question pour explorer des choses qui ne l’ont jamais été. »

Jouer avec l’image des icônes, c’est aussi ce qui a amusé Camille Chamoux, qui incarne Calamity Jane : « Le challenge, c’était de faire exister un personnage féminin alors que la bande dessinée était très masculine, mais tout en se disant que cette Calamity Jane est une grosse arnaque, qui invente son histoire. Je trouvais ça intéressant : créer sa propre légende, c’est très Instagram, ça donne une vraie modernité. »

Outre Calamity Jane, deux nouveaux rôles féminins ont été créés : l’un pour Billie Blain, alias Louise, une jeune fille venue demander de l’aide à Lucky Luke pour retrouver sa mère ; l’autre pour Charlie, une aventurière mystérieuse jouée par Alice Taglioni. « La mission, c’était de faire exister un personnage qui n’existait pas, d’en faire quelqu’un que l’on a l’impression de connaître, d’avoir déjà vu dans la bande dessinée, et je pense que l’on a réussi, se réjouit-elle. C’est un personnage au double visage, avec un côté un peu institutrice cool et, de l’autre, un côté assez badass, mais je ne veux pas trop en dévoiler. »

Alban Lenoir, choisi pour interpréter le fameux cow-boy, a, lui, pris plaisir à sortir de sa zone de confort : « Il a fallu que je perde un peu de poids pour tendre à être plus longiligne, ne pas arriver avec une carrure de déménageur, sourit-il. Il a fallu apprendre la technique du revolver, qui est très différente de celle des autres armes contemporaines. Après, ce que je trouvais intéressant, c’était justement d’offrir un autre regard sur Lucky Luke. »

« Lucky Luke », série en 8 épisodes, est disponible sur Disney+ depuis ce lundi 23 mars.

Maison de retraite : une ode à la fraternité entre générations

Michel Jonasz, Firmine Richard, Claudette Walker, Chantal Ladesou et Daniel Prevost ont pris énormément de plaisir à se retrouver. (c) Rubens Hazon - My Family - TF1

Les derniers épisodes de la série « Maison de retraite », signée Kev Adams et Claude Zidi Jr., sont diffusés ce lundi 23 mars (21 h 10) sur TF1. Firmine Richard, qui incarne le personnage de Fleurette, est ravie que les deux films aient eu une suite sous forme de série. « J’étais ravie, car tout le monde ne peut pas aller au cinéma. Grâce à la télévision, la série va vers les gens, et c’est important qu’elle soit vue par le plus grand nombre, car elle parle d’un sujet sérieux et véhicule de très beaux messages, estime-t-elle. Déjà, il y a cette maison de retraite comme on aimerait qu’il en existe partout, et puis il y a l’importance des échanges transgénérationnels entre tous ces vieux et les jeunes venus faire leurs travaux d’intérêt général. Au début, il y a de la méfiance, parfois même du rejet de part et d’autre, mais très vite, ils se rendent compte qu’ils ont beaucoup à s’apporter. »

Firmine Richard ne cache pas non plus son bonheur de tourner avec un casting aussi pléthorique. « Généralement, à un certain âge, on est déjà content d’avoir la chance de travailler encore dans une série ou dans un film, mais le faire en étant si nombreux… Il y a une cohésion qui s’est créée, une espèce de fraternité. Jamais je n’aurais pensé tourner avec Enrico Macias, que j’adorais écouter chanter, Liliane Rovière ou Michel Jonasz. »

Un Michel Jonasz également touché par l’ambiance au sein de l’équipe : « J’étais vraiment content d’aller tourner à chaque fois, car il y avait une vraie fraternité, quelque chose de sincère, assure-t-il. On a joué avec le cœur, et c’est la base. C’est comme dans la musique : on ne peut pas chanter par devoir, juste parce qu’il y a un contrat. S’il n’y a pas le cœur, s’il n’y a pas l’âme, ça ne fonctionne pas. »

Un état d’esprit qu’a pu découvrir la chanteuse Nicoletta, qui n’était pas présente dans le film ni au début de la série : « J’incarne la grand-mère de l’un des jeunes qui travaillent dans la maison de retraite, je joue une grande mytho qui s’invente une vie pour cacher la réalité. Je n’avais pas beaucoup d’expérience en comédie, mais j’ai adoré, d’autant que j’ai retrouvé beaucoup d’artistes que je connais bien. »

« On est contents de retrouver des copains, confirme Daniel Prévost, qui incarne Alfred, un pensionnaire toujours prêt à enquêter. On est là pour distraire : la maison de retraite apparaît comme joyeuse, même si on sait que ce n’est pas forcément comme ça dans la réalité, mais on espère justement que cette série pourra aider à faire bouger les choses. »

« Maison de retraite », épisodes 5 et 6, ce lundi 23 mars (dès 21 h 10) sur TF1. L’intégralité de la saison est disponible en replay sur TF1.

Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h ont retrouvé les fans de la première heure de Caméra Café

Le grand public n'a pas oublié les répliques cultes de Caméra Café. Nicolas Velter - Calt Production - M6

Les rencontres fans à Séries Mania sont des rendez-vous toujours très attendus du grand public, évidemment, mais aussi de la majorité des acteurs, qui apprécient de plonger dans ce grand bain d’affection. Ce fut le cas de Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h vendredi, à l’occasion de la première journée du festival, évoquer Caméra Café. « C’était un moment incroyable, les gens sont contents de nous voir, sourit Bruno Solo. C’est à la fois gratifiant et agréable. Il y avait peut-être quelques curieux mais, évidemment, ceux qui viennent sont ceux qui sont friands de la série. On le voit au moment des photos, des dédicaces : ils connaissent très bien la série, les répliques marquantes. Certains avaient même des jaquettes de DVD. On ne va pas se mentir, il y avait peu de jeunes, notre public a vieilli avec nous. »

« Quand j’ai commencé ma carrière à Europe 1, j’avais accompagné Pascal Légitimus à un déjeuner et j’avais été marqué par les hommages sincères d’une fan qui le remerciait pour le bonheur et la joie qu’il avait pu lui apporter avec Les Inconnus. C’est un peu ce que j’ai ressenti grâce à ces gens qui, avec une émotion qui n’était pas feinte, nous ont remerciés de les avoir fait rire, de les avoir aidés à passer des moments difficiles, d’avoir égayé de mornes soirées d’hiver », confirme Yvan Le Bolloc’h.

« On ne s’en lasse pas, avoue Bruno Solo. Ce n’est pas narcissique de le dire mais on fait quand même ce métier parce que l’on a la prétention de croire qu’à un moment, on va plaire au plus grand nombre. Il n’y a rien de plus terrible pour un comédien que lorsque ça ne marche pas : on est vidés de notre moelle, du sens même de notre vie. À l’inverse, quand ça fonctionne, quand les gens vous manifestent leur amour, quelle récompense, c’est émouvant. »

Heureux d’avoir pu retrouver récemment son personnage d’Hervé Dumont dans deux épisodes inédits de Caméra Café, dont la date de diffusion n’a pas encore été divulguée par M6, Bruno Solo sait, malgré tout, prendre du recul : « Il ne faut pas non plus s’illusionner. Ceux qui viennent nous voir sont fans de la série. Le juge de paix, c’est le public que tu ne connais pas et qu’il faut aller chercher le jour J au théâtre, au cinéma ou, en l’occurrence, à la télévision. »

Les deux hommes sont néanmoins heureux d’avoir marqué durablement le public avec Caméra Café, comme eux, en tant que spectateurs, ont pu vibrer sur certaines séries. « La première qui m’a vraiment marqué, c’était 24 h chrono, indique Bruno Solo. C’était la première fois que quelque chose m’attirait à ce point. Dernièrement, il y a eu Querer, la série espagnole en quatre épisodes sur Arte, avec le parcours d’une femme qui porte plainte contre son mari pour violences conjugales. Il ne la frappe pas mais il instille une sorte de climat de terreur psychologique, d’emprise, qui finit par la bouffer. »

C’est aussi une série dramatique espagnole, Antidisturbios, qui a retenu l’attention de son camarade Yvan Le Bolloc’h : « Une série qui parle d’une bavure policière qui va avoir d’énormes conséquences. »

Toutes les vérités sont bonnes à dire avec Caroline Vigneaux

Caroline Vigneaux viendra dévoiler toutes ses vérités au Zpéhyr de Hem le samedi 28 mars (c) Justine Lephay

Avec déjà plus de quinze ans de carrière, plusieurs spectacles, un film, « Flashback », en tant que réalisatrice, et une soirée dans la peau de maîtresse de cérémonie des Molières, Caroline Vigneaux peut légitimement prendre de la hauteur et mesurer le chemin accompli.

La jeune avocate qu’elle était encore en 2007 ne doit vraiment pas regretter la décision qu’elle a prise de quitter la robe pour se lancer dans l’humour. Un choix payant, inspirant même pour des tas de personnes qui ne sont pas épanouies dans leur vie professionnelle et qui n’osent pas changer de métier et repartir de zéro. « Le plus dur, ce n’est pas de faire le grand saut, c’est de réussir à nager ensuite quand on est dans l’eau froide », sourit-elle.

Attendue le samedi 28 mars (20 h) au Zéphyr de Hem, l’artiste viendra y jouer son quatrième spectacle, « In Vigneaux Veritas », dans lequel elle a décidé de délivrer à son public tout un ensemble de vérités, parfois sur des sujets d’ordre général comme la création des cornflakes, mais aussi sur des questions plus intimes.

« J’ai désormais plus de cinquante ans, je suis au sommet de ma vie et j’admire la vue avant d’entamer la descente, poursuit-elle. L’avantage, c’est que je peux m’adresser à plusieurs générations, aux plus jeunes comme aux plus vieux, et ainsi créer du lien entre elles. Typiquement, j’ai un compte TikTok, mais je paie quelqu’un pour le gérer, car je ne sais pas m’en servir. »

Dans son spectacle, Caroline Vigneaux n’hésite pas à aborder des sujets sensibles comme le décès d’un proche (en l’occurrence son papa) ou les violences sexistes, utilisant le rire comme un acte de résistance, voire même de résilience. « Le rire est important pour montrer aux agresseurs que nous sommes toujours là, insiste-t-elle. Je suis une humoriste féministe engagée, mais pas seulement : je suis aussi une humaniste et je veux que ce spectacle fasse rire les gens, mais aussi qu’il leur fasse du bien, qu’ils apprennent des choses. Le plus beau compliment que l’on puisse me faire, c’est de dire que je fais un humour intelligent. »

Si ses spectacles ne sont pas encore remboursés par la Sécurité sociale, ils coûtent sans doute moins cher et sont parfois aussi efficaces qu’un bon suivi chez un psy. « Ce qui est sûr, c’est que je reçois pas mal de messages optimistes de personnes qui me disent se sentir moins seules, se réjouit-elle. Je pense qu’il n’y a pas un être humain qui traverse la vie sans connaître le moindre malheur. »

Productrice pour la première fois de son spectacle, Caroline Vigneaux a découvert d’autres facettes du métier. Elle a surtout senti le poids du couperet au-dessus de sa tête : « D’un côté, c’est génial, mais c’est aussi un boulot de fou, avec beaucoup de stress, notamment sur le plan financier, admet-elle. J’avais hypothéqué ma maison, donc j’avais la pression : il fallait que ça marche, je ne voulais pas la perdre. J’ai aussi fait en sorte de laisser la place à l’artiste, de ne pas penser seulement comme productrice. »

Bonne nouvelle : ce spectacle a bien conquis le cœur du public et, en parallèle, une autre de ses créations a vu le jour, avec des représentations de sa pièce « Le Cid pète un câble » au théâtre des Maturins. « J’avais emmené mes enfants voir une pièce classique, mais ils n’avaient pas adhéré. Le langage a beaucoup évolué, alors je me suis dit qu’il fallait les y préparer en leur racontant d’abord l’histoire un peu différemment. J’ai mélangé les vers de Corneille aux miens, j’ai tout écrit en alexandrins. J’ai écrit, produit et mis en scène. » Un premier pas vers une expérience de comédienne au théâtre ? « Si le projet me séduit, j’y vais volontiers. »

Caroline Vigneaux joue son spectacle le samedi 28 mars (20 h) au Zéphyr à Hem.

Maxime Chattam a donné le coup d’envoi de Série Mania 2026

Maxime Chattam était un parrain heureux de la nouvellle exposition de Séries Mania.

Parrain de l’exposition 2026 de Séries Mania, intitulée « Même pas peur ! La passion des méchants », le romancier Maxime Chattam, l’un des maîtres du thriller en France, était dans son élément jeudi soir au Tri Postal à Lille. « Je suis fan, il y a tout ce que j’aime : de la peur, des clins d’œil à de nombreuses séries télévisées, des quiz et, au-delà de ça, l’exposition est très réussie car elle décortique réellement ce qu’est la peur, pourquoi elle a autant de succès dans les séries et les romans, et la fascination que l’on peut avoir pour les tueurs en série. Je trouve même qu’elle donne des explications déjà assez abouties. »

Imaginée une nouvelle fois par la journaliste Charlotte Blum, cette exposition offre une jolie galerie de portraits (Logan Roy dans Succession, Sam Fox dans Better Things, Walter White dans Breaking Bad, Tony Soprano ou encore Mercredi Addams), un labyrinthe qui vous mènera jusqu’à la douche de Psychose, une salle de boîtes secrètes dans lesquelles les visiteurs sont invités à glisser leur main, mais aussi des boîtes à cris sous lesquelles passer la tête.

Vous pourrez aussi passer par la boutique de l’antiquaire, qui regorge d’objets en référence à différentes séries, ou entrer dans le confessionnal pour y écrire vos secrets les plus inavouables.

Les méchants de notre enfance n’ont pas été oubliés, pour le plus grand bonheur de Maxime Chattam : « Petit, j’étais le seul gamin dans la cour d’école à préférer Skeletor à Musclor dans Les Maîtres de l’Univers, ou à adorer Joe l’Indien dans Tom Sawyer. Je suis de la génération Star Wars, donc j’ai grandi avec Dark Vador, la référence des méchants, précise-t-il. J’avais une fascination pour les méchants, davantage que pour les héros. Je crois que ça raconte des choses effrayantes sur moi. »

Maxime Chattam ne s’est toutefois jamais inspiré des méchants de séries ou de cinéma : « Dans ma bibliographie, il n’y a pas de personnages comme Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux. Dans mes romans, je m’intéresse plus au mal en lui-même qu’aux figures du mal », conclut l’auteur de « 8.2 secondes », son dernier roman, le plus intime.

L’exposition est à découvrir au Tri Postal jusqu’au 27 mars.