Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h ont retrouvé les fans de la première heure de Caméra Café

Le grand public n'a pas oublié les répliques cultes de Caméra Café. Nicolas Velter - Calt Production - M6

Les rencontres fans à Séries Mania sont des rendez-vous toujours très attendus du grand public, évidemment, mais aussi de la majorité des acteurs, qui apprécient de plonger dans ce grand bain d’affection. Ce fut le cas de Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h vendredi, à l’occasion de la première journée du festival, évoquer Caméra Café. « C’était un moment incroyable, les gens sont contents de nous voir, sourit Bruno Solo. C’est à la fois gratifiant et agréable. Il y avait peut-être quelques curieux mais, évidemment, ceux qui viennent sont ceux qui sont friands de la série. On le voit au moment des photos, des dédicaces : ils connaissent très bien la série, les répliques marquantes. Certains avaient même des jaquettes de DVD. On ne va pas se mentir, il y avait peu de jeunes, notre public a vieilli avec nous. »

« Quand j’ai commencé ma carrière à Europe 1, j’avais accompagné Pascal Légitimus à un déjeuner et j’avais été marqué par les hommages sincères d’une fan qui le remerciait pour le bonheur et la joie qu’il avait pu lui apporter avec Les Inconnus. C’est un peu ce que j’ai ressenti grâce à ces gens qui, avec une émotion qui n’était pas feinte, nous ont remerciés de les avoir fait rire, de les avoir aidés à passer des moments difficiles, d’avoir égayé de mornes soirées d’hiver », confirme Yvan Le Bolloc’h.

« On ne s’en lasse pas, avoue Bruno Solo. Ce n’est pas narcissique de le dire mais on fait quand même ce métier parce que l’on a la prétention de croire qu’à un moment, on va plaire au plus grand nombre. Il n’y a rien de plus terrible pour un comédien que lorsque ça ne marche pas : on est vidés de notre moelle, du sens même de notre vie. À l’inverse, quand ça fonctionne, quand les gens vous manifestent leur amour, quelle récompense, c’est émouvant. »

Heureux d’avoir pu retrouver récemment son personnage d’Hervé Dumont dans deux épisodes inédits de Caméra Café, dont la date de diffusion n’a pas encore été divulguée par M6, Bruno Solo sait, malgré tout, prendre du recul : « Il ne faut pas non plus s’illusionner. Ceux qui viennent nous voir sont fans de la série. Le juge de paix, c’est le public que tu ne connais pas et qu’il faut aller chercher le jour J au théâtre, au cinéma ou, en l’occurrence, à la télévision. »

Les deux hommes sont néanmoins heureux d’avoir marqué durablement le public avec Caméra Café, comme eux, en tant que spectateurs, ont pu vibrer sur certaines séries. « La première qui m’a vraiment marqué, c’était 24 h chrono, indique Bruno Solo. C’était la première fois que quelque chose m’attirait à ce point. Dernièrement, il y a eu Querer, la série espagnole en quatre épisodes sur Arte, avec le parcours d’une femme qui porte plainte contre son mari pour violences conjugales. Il ne la frappe pas mais il instille une sorte de climat de terreur psychologique, d’emprise, qui finit par la bouffer. »

C’est aussi une série dramatique espagnole, Antidisturbios, qui a retenu l’attention de son camarade Yvan Le Bolloc’h : « Une série qui parle d’une bavure policière qui va avoir d’énormes conséquences. »

Toutes les vérités sont bonnes à dire avec Caroline Vigneaux

Caroline Vigneaux viendra dévoiler toutes ses vérités au Zpéhyr de Hem le samedi 28 mars (c) Justine Lephay

Avec déjà plus de quinze ans de carrière, plusieurs spectacles, un film, « Flashback », en tant que réalisatrice, et une soirée dans la peau de maîtresse de cérémonie des Molières, Caroline Vigneaux peut légitimement prendre de la hauteur et mesurer le chemin accompli.

La jeune avocate qu’elle était encore en 2007 ne doit vraiment pas regretter la décision qu’elle a prise de quitter la robe pour se lancer dans l’humour. Un choix payant, inspirant même pour des tas de personnes qui ne sont pas épanouies dans leur vie professionnelle et qui n’osent pas changer de métier et repartir de zéro. « Le plus dur, ce n’est pas de faire le grand saut, c’est de réussir à nager ensuite quand on est dans l’eau froide », sourit-elle.

Attendue le samedi 28 mars (20 h) au Zéphyr de Hem, l’artiste viendra y jouer son quatrième spectacle, « In Vigneaux Veritas », dans lequel elle a décidé de délivrer à son public tout un ensemble de vérités, parfois sur des sujets d’ordre général comme la création des cornflakes, mais aussi sur des questions plus intimes.

« J’ai désormais plus de cinquante ans, je suis au sommet de ma vie et j’admire la vue avant d’entamer la descente, poursuit-elle. L’avantage, c’est que je peux m’adresser à plusieurs générations, aux plus jeunes comme aux plus vieux, et ainsi créer du lien entre elles. Typiquement, j’ai un compte TikTok, mais je paie quelqu’un pour le gérer, car je ne sais pas m’en servir. »

Dans son spectacle, Caroline Vigneaux n’hésite pas à aborder des sujets sensibles comme le décès d’un proche (en l’occurrence son papa) ou les violences sexistes, utilisant le rire comme un acte de résistance, voire même de résilience. « Le rire est important pour montrer aux agresseurs que nous sommes toujours là, insiste-t-elle. Je suis une humoriste féministe engagée, mais pas seulement : je suis aussi une humaniste et je veux que ce spectacle fasse rire les gens, mais aussi qu’il leur fasse du bien, qu’ils apprennent des choses. Le plus beau compliment que l’on puisse me faire, c’est de dire que je fais un humour intelligent. »

Si ses spectacles ne sont pas encore remboursés par la Sécurité sociale, ils coûtent sans doute moins cher et sont parfois aussi efficaces qu’un bon suivi chez un psy. « Ce qui est sûr, c’est que je reçois pas mal de messages optimistes de personnes qui me disent se sentir moins seules, se réjouit-elle. Je pense qu’il n’y a pas un être humain qui traverse la vie sans connaître le moindre malheur. »

Productrice pour la première fois de son spectacle, Caroline Vigneaux a découvert d’autres facettes du métier. Elle a surtout senti le poids du couperet au-dessus de sa tête : « D’un côté, c’est génial, mais c’est aussi un boulot de fou, avec beaucoup de stress, notamment sur le plan financier, admet-elle. J’avais hypothéqué ma maison, donc j’avais la pression : il fallait que ça marche, je ne voulais pas la perdre. J’ai aussi fait en sorte de laisser la place à l’artiste, de ne pas penser seulement comme productrice. »

Bonne nouvelle : ce spectacle a bien conquis le cœur du public et, en parallèle, une autre de ses créations a vu le jour, avec des représentations de sa pièce « Le Cid pète un câble » au théâtre des Maturins. « J’avais emmené mes enfants voir une pièce classique, mais ils n’avaient pas adhéré. Le langage a beaucoup évolué, alors je me suis dit qu’il fallait les y préparer en leur racontant d’abord l’histoire un peu différemment. J’ai mélangé les vers de Corneille aux miens, j’ai tout écrit en alexandrins. J’ai écrit, produit et mis en scène. » Un premier pas vers une expérience de comédienne au théâtre ? « Si le projet me séduit, j’y vais volontiers. »

Caroline Vigneaux joue son spectacle le samedi 28 mars (20 h) au Zéphyr à Hem.

Maxime Chattam a donné le coup d’envoi de Série Mania 2026

Maxime Chattam était un parrain heureux de la nouvellle exposition de Séries Mania.

Parrain de l’exposition 2026 de Séries Mania, intitulée « Même pas peur ! La passion des méchants », le romancier Maxime Chattam, l’un des maîtres du thriller en France, était dans son élément jeudi soir au Tri Postal à Lille. « Je suis fan, il y a tout ce que j’aime : de la peur, des clins d’œil à de nombreuses séries télévisées, des quiz et, au-delà de ça, l’exposition est très réussie car elle décortique réellement ce qu’est la peur, pourquoi elle a autant de succès dans les séries et les romans, et la fascination que l’on peut avoir pour les tueurs en série. Je trouve même qu’elle donne des explications déjà assez abouties. »

Imaginée une nouvelle fois par la journaliste Charlotte Blum, cette exposition offre une jolie galerie de portraits (Logan Roy dans Succession, Sam Fox dans Better Things, Walter White dans Breaking Bad, Tony Soprano ou encore Mercredi Addams), un labyrinthe qui vous mènera jusqu’à la douche de Psychose, une salle de boîtes secrètes dans lesquelles les visiteurs sont invités à glisser leur main, mais aussi des boîtes à cris sous lesquelles passer la tête.

Vous pourrez aussi passer par la boutique de l’antiquaire, qui regorge d’objets en référence à différentes séries, ou entrer dans le confessionnal pour y écrire vos secrets les plus inavouables.

Les méchants de notre enfance n’ont pas été oubliés, pour le plus grand bonheur de Maxime Chattam : « Petit, j’étais le seul gamin dans la cour d’école à préférer Skeletor à Musclor dans Les Maîtres de l’Univers, ou à adorer Joe l’Indien dans Tom Sawyer. Je suis de la génération Star Wars, donc j’ai grandi avec Dark Vador, la référence des méchants, précise-t-il. J’avais une fascination pour les méchants, davantage que pour les héros. Je crois que ça raconte des choses effrayantes sur moi. »

Maxime Chattam ne s’est toutefois jamais inspiré des méchants de séries ou de cinéma : « Dans ma bibliographie, il n’y a pas de personnages comme Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux. Dans mes romans, je m’intéresse plus au mal en lui-même qu’aux figures du mal », conclut l’auteur de « 8.2 secondes », son dernier roman, le plus intime.

L’exposition est à découvrir au Tri Postal jusqu’au 27 mars.

« Dernière soirée », cette fête où tout bascule

Une soirée festive qui va être riche en révélation pour ces quatre adolescents. (c) Chandelier

Pour son premier long métrage, « Dernière soirée », sorti en salle ce mercredi 18 mars, Nicolas Dozol s’est penché sur la jeunesse, ses maux, ses tourments, ses doutes, en nous plongeant dans une soirée de fin d’études à travers le regard de quatre adolescents, Alexander, Angela, Ethan et Lily, confrontés chacun à leur mal-être pour des raisons différentes.

« Ce film m’a été un peu inspiré par mon vécu : j’ai grandi dans une école privée catholique avec beaucoup de disparités sociales, et j’ai aussi fait un stage à la télévision suisse où nous avions travaillé sur les hashtags rich kids, ces messages postés sur les réseaux sociaux par des jeunes qui mettaient en avant leur fortune. Nous nous étions intéressés à l’impact de ces messages sur des jeunes qui n’avaient pas les mêmes moyens et qui rêvaient de cette vie. »

Nicolas Dozol a choisi de faire appel à quatre scénaristes différents pour développer chacun des personnages. « J’avais déjà écrit les grandes lignes de leur profil et j’ai demandé à quatre camarades de promotion, avec lesquels j’avais fait mes études de cinéma, d’y intégrer eux aussi des éléments de leur adolescence. Je voulais notamment que ce soit une femme qui écrive le personnage féminin pour savoir ce que l’on peut vraiment ressentir en tant que fille à cet âge-là », explique-t-il.

Le réalisateur a volontairement choisi une unité d’espace (une maison) et de temps (une soirée) assez restreintes pour créer une idée d’enfermement. « La notion de fête permettait aussi de représenter les personnages dans une certaine euphorie, dont ils ne voulaient pas descendre et que je souhaitais explorer, sans alcool ni drogue, mais avec une fatigue et un univers déconnecté qui font qu’à un moment, on ne sait plus si l’on est toujours dans la réalité ou dans l’onirisme », indique-t-il.

Un film écrit juste après la pandémie de Covid et à l’issue de ce confinement qui a, semble-t-il, impacté la santé mentale de certains jeunes. « Ce film a été fait dans un environnement précis, marqué par le mal-être de la jeunesse. Je voulais vraiment capturer ce qui venait d’être vécu sans prendre de recul sur la période », poursuit Nicolas Dozol, qui a depuis collaboré sur des projets majeurs, dont « The Killer » de John Woo ou la série « The Walking Dead ».

« Dernière soirée », un film de Nicolas Dozol, en salle depuis ce mercredi 18 mars, avec Lucie Cecchi, Rémi Girard, Uma Condolo et Teddy Hardy.

Antoine Donneaux ne se contente pas de bien imiter

Antoine Donneaux trace sa route depuis sa finale dans La France a un incroyable talent. (c) Lyne Cobraiville

Antoine, on découvre régulièrement des talents venus de Belgique dans La France a un incroyable talent. À quel point cette émission, dont vous avez été finaliste fin 2023, a-t-elle été un accélérateur de carrière ?
« Ça a été énorme. Avant, je jouais mon spectacle trois fois par an dans un très bon café-théâtre de Liège,
La Comédie en Île, et dès le premier passage dans l’émission, j’ai reçu des demandes de France, de Belgique et même de Suisse. J’ai pu construire une tournée. Sans l’émission, ça aurait pris beaucoup plus de temps pour en arriver là : ça a vraiment été un gros coup de pouce. »

Votre spectacle était déjà prêt, mais vous l’avez visiblement retravaillé ?
« Oui, j’ai changé des petites choses, je l’ai un peu francisé. Je parlais de pas mal d’humoristes belges ; du coup, j’ai ajouté Macron, car je sais que vous l’adorez. J’ai remanié un peu l’introduction, qui était un peu clivante. J’adore l’absurde, mais ça fonctionnait un peu moins en France qu’en Belgique : les gens se demandaient si ça avait commencé ou non. Et puis j’ai aussi modifié des choses qui ne me convenaient plus, mais la base était déjà là. »

Il y a des imitations, du stand-up. J’imagine qu’il y a quand même un fil directeur ?
« Je crois que c’est difficile de me mettre une étiquette, car je suis sur plusieurs tableaux. Du coup, j’ai inventé le mot “humotateur”. J’avais déjà vu des spectacles d’artistes qui imitaient très bien mais qui enchaînaient les voix, sans lien, sans but, juste pour la performance et ça, c’est quelque chose qui ne m’amuse pas. Dans mon spectacle, le fil directeur, c’est mon père, un Ardennais des années 1960 qui a du mal à exprimer ses émotions. C’est parsemé d’histoires, d’anecdotes sur notre relation, en mode stand-up, et j’essaie, au fil du spectacle, de lui montrer que je peux devenir quelqu’un, de le rendre fier. En plus, j’ai ajouté un personnage fictif, Jason, mon régisseur plateau, qui est un peu mon adolescent qui sabote le spectacle. »

Chaque génération et chaque pays ont leurs références. Essayez-vous d’aller chercher des voix qui puissent toucher tout le monde ?
« Oui, il y en a pour tout le monde. J’ai des chanteurs décédés comme Brel, Brassens ou Aznavour pour les plus anciens, mais je vais aussi du côté d’Orelsan, Julien Doré ou Vianney. Et entre ces deux générations, je fais du Bruel, du Garou, du Cabrel. C’est la même chose avec les humoristes qui ont été des inspirations comme Élie Semoun et Franck Dubosc à l’époque des “Petites annonces”, mais aussi des nouveaux talents comme Paul Mirabel. C’est vraiment un spectacle très familial, bon enfant, pas vulgaire : les adolescents peuvent venir. »

Vous choisissez les personnalités que vous imitez en fonction des thèmes que vous abordez ou, à l’inverse, vous décidez des sujets que vous abordez en fonction des voix dont vous disposez ?
« Je crois qu’il n’y a pas un sens plus que l’autre. C’est un peu au feeling. Parfois, je cherche une personne pour appuyer un propos et je vais donc travailler des voix pour raconter l’histoire, mais je peux aussi partir d’une voix que je maîtrise et réfléchir à ce que je vais lui faire dire. Je cherche surtout à voir si la personne est assez connue. S’il n’est célèbre que sur internet, c’est trop jeune ; s’il est juste connu à la télévision, c’est un peu vieillot. Il faut trouver le personnage qui me plaît dans le juste milieu. »

Ressentez-vous parfois de la frustration face à des personnes que vous ne parvenez pas à imiter ?
« Ma plus grosse frustration, c’est Loïc Nottet, car j’adore chanter, j’adore sa voix, mais je sais que je ne peux pas le faire. Tout ce qui est plus dans les aigus, comme Freddie Mercury, c’est compliqué pour moi. Je n’aime pas trop caricaturer des artistes : j’essaie toujours de me rapprocher au maximum de la voix originale et, si je n’y parviens pas, je ne le fais pas. »

Antoine Donneaux sera au Splendid de Lille, le vendredi 10 avril (20 h), pour son spectacle « Imitateur mais pas que ! »