Paul Dewandre aide toujours les couples à mieux se comprendre

20 ans après ses débuts, Paul Dewandre propose une version 2.0 du spectacle Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus.

En adaptant en 2006 le livre à succès de John Gray « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus » pour en faire un spectacle, Paul Dewandre n’aurait jamais imaginé continuer à le jouer vingt ans plus tard. Une version 2.0 a été écrite pour la nouvelle tournée qui fait étape à Lille le 18 mars et à Arras le 24 mars.

Paul, vous avez créé votre spectacle en 2006. En vingt ans, avec l’évolution de la société, peut-on dire que les hommes viennent toujours de Mars et les femmes toujours de Vénus ?

« Les choses ont effectivement pas mal changé. Les hommes s’impliquent davantage dans les tâches ménagères, dans l’éducation des enfants. Il y a trente ans, quand j’allais chercher mes enfants à l’école, nous étions trois pères ; aujourd’hui, c’est presque la moitié. Les hommes prennent davantage de temps partiel que par le passé. Malgré tout, il y a des choses qui n’ont pas bougé, qui demeurent d’actualité vingt ans plus tard, comme le fait que les hommes n’aiment toujours pas parler de leurs problèmes. »

Cette version 2.0 que vous jouez actuellement, est-ce uniquement une mise à jour ou y avait-il d’autres motivations ?

« Il y a eu plusieurs motivations. La première, c’était effectivement d’enlever ou de rectifier ce qui ne fonctionnait plus, comme le fait que les hommes n’aimaient pas demander leur chemin quand ils étaient en voiture. Avec les GPS, cette question ne se pose plus. Mais mon objectif, c’est de montrer le côté féminin et masculin qu’il y a en chacun de nous. Le but, c’est d’aider les gens à comprendre le langage de l’autre, à devenir en quelque sorte bilingues. Si on fait l’erreur de penser que nous sommes pareils, on peut s’énerver quand on constate que l’autre ne réagit pas comme nous le ferions. Mais si on comprend qu’une réaction différente est juste liée au fait qu’on parle une langue différente, alors on l’accepte mieux et on peut essayer de comprendre pourquoi ça fonctionne différemment. »

Peut-on dire qu’en plus de divertir le public, vous êtes une sorte de thérapeute de couple ?

« J’ai appris que certains passaient des extraits de mon spectacle, que c’était aussi utilisé dans des préparations au mariage. Tant mieux. Si je fais ce spectacle avec toujours autant de plaisir, c’est qu’il a du sens, qu’il peut être utile. C’est aussi un outil de prévention pour les couples qui vont bien. Les messages passent plus facilement par l’humour, dans un spectacle, que si je faisais une simple conférence sur le couple. »

La scène n’était pas votre métier. Vous vous y êtes vite senti à l’aise ?

« Le fait de parler devant un public n’était pas un problème, je faisais déjà des conférences. Après, je n’ai jamais pris de cours de théâtre, mais avec le metteur en scène, on a beaucoup travaillé sur le fait de faire monter des gens sur scène. Je ne savais pas si j’allais maîtriser les improvisations. Au début, je n’osais pas, mais c’est venu relativement vite et ça m’a donné envie de travailler sur d’autres projets, de continuer à partager des informations que je trouve utiles de manière légère et ludique. Je suis authentique et sincère quand je diffuse mes messages sur scène, donc je n’ai pas besoin de rentrer dans un personnage, de faire l’acteur. Je reste moi-même. »

Pouvez-vous parler de vos nouveaux projets ?

« J’ai un spectacle avec un ex-délinquant marseillais, un jeune qui, à seize ans, avait déjà fait quatre mois de prison pour mineur, mais qui a réussi à se sortir des trafics, de la drogue. On a construit un spectacle-témoignage d’environ une demi-heure sur son parcours, comment il est entré dans la délinquance et surtout comment il en est sorti en effectuant un travail personnel de reconstruction, de guérison de ses blessures d’enfance. On l’a joué dans des prisons devant des jeunes incarcérés, mais aussi devant des procureurs, des avocats, des juges. Ça prend vraiment et on est donc en train de développer tout ça pour en faire un spectacle musical, car il chante un peu, il aime le rap. Ce spectacle va englober nos deux histoires, car au départ nous n’avons rien en commun. Il a 20 ans, j’en ai plus de soixante. Il est Marseillais, je suis Belge. On n’a pas les mêmes origines, pas le même vécu, mais pourtant il y a des choses qui nous réunissent. Sinon, je travaille aussi sur un spectacle sur les oppositions, non plus entre hommes et femmes, mais entre jeunes et vieux, sur ces générations qui ne se comprennent pas toujours. Là aussi, il y a des choses à dire. »

« Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus 2.0 », par Paul Dewandre, à Lille Grand Palais le mercredi 18 mars (20 h) et au Casino d’Arras le mardi 24 mars (20 h).

Léonie Dahan-Lamort, une rebelle au couvent dans Pécheresses

Léonie Dahan-Lamort (au premier plan) à l'affiche de pécheresses sur OCS. (c) Empreinte digitale - Ciné+ OCS

Inscrite par sa mère dans un internat catholique pour la remettre sur le droit chemin après avoir posté des vidéos à caractère sexuel sur des sites dédiés alors qu’elle n’est encore que mineure, Cassidy entend bien ne pas se plier aux règles très strictes du couvent, emmenant dans son sillage quelques-unes de ses camarades.

Réalisée par Charlotte Sanson, cette mini-série en six épisodes de 26 minutes, diffusée à partir du mardi 3 mars sur Ciné+ OCS, a déjà valu à son héroïne principale, Léonie Dahan-Lamort, 23 ans, le prix du meilleur espoir féminin au dernier Festival de la fiction de La Rochelle.

« Je ne suis pas en demande de prix, de récompenses, mais c’est forcément valorisant, ça valide le travail effectué et ça m’a fait plaisir, car j’ai eu une vraie tendresse pour ce personnage de Cassidy, qui m’a fait penser, de loin, à l’adolescente que j’ai pu être, confie l’intéressée. Elle arrive dans cette institution avec ses a priori sur ces femmes qui vivent la religion et, en fait, elle va se découvrir de vraies amies avec lesquelles elle va faire des bêtises de jeunesse. C’est léger tout en traitant de sujets importants comme la féminité, la sororité ou la transidentité. »

Un rôle qui s’inscrit dans la construction de carrière menée par la comédienne, que le grand public a découverte dans la série quotidienne de France Télévisions, Un si grand soleil, où elle incarnait Camille, la fille unique du capitaine de police Manu Léoni (Moïse Santamaria) et de Laetitia Mézan (Shirley Bousquet), un couple séparé. « Cette série, je la considère un peu comme une prépa avant les grandes études, ça m’a appris à enchaîner beaucoup de séquences, à tenir un rythme soutenu », confie-t-elle.

Léonie Dahan-Lamort se réjouit qu’on lui propose désormais des rôles de « jeunes femmes un peu badasses avec lesquelles j’aimerais être amie ». Outre Pécheresses, on devrait aussi bientôt la voir, toujours sur Ciné+ OCS, dans la série Deadline, dont l’action se passe dans un service de soins palliatifs. « J’y joue une fille de 17 ans, consciente de ce qui l’attend, qui aimerait découvrir son corps et celui d’un autre avant de partir, précise-t-elle. Elle découvre aussi que l’une des infirmières vole des médicaments et elle se décide à la faire chanter. »

La comédienne a aussi entamé le tournage de « Les Brumes », une adaptation, pour Netflix, d’un polar d’Olivier Norek, réalisée par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière.

Très sollicitée, l’artiste assure se moquer du format proposé : « Que ce soit pour le cinéma, la télévision ou une plateforme, ça ne change pas grand-chose ; ce qui m’intéresse, c’est le propos, insiste-t-elle. J’ai envie de porter des rôles, de mettre de l’énergie dans un personnage qui a quelque chose à dire, une trajectoire, dont je sais d’où il part et où il veut aller. » La jeune femme avoue, en revanche, être un peu terrifiée par le théâtre, mais ne ferme pas la porte à la possibilité de monter un jour également sur les planches.

« Pécheresses », une série de 6 épisodes de 26 minutes, réalisée par Charlotte Sanson, à partir du mardi 3 mars sur Ciné+ OCS.

Louna Giriat aime « avoir envie de tout »

Louna Giriat, une enfant du Sud venue faire ses études artistiques dans le Nord.

Planète Lille a décidé d’aller à la rencontre des élèves du Studio 8 de l’École du Nord, rattachée au Théâtre du Nord à Lille. Chaque mois, jusqu’à la fin de leur cursus, en juin 2027, nous vous présenterons l’un(e) de ces dix-neuf artistes en herbe. Troisième rendez-vous avec Louna Giriat

Être coincée dans une case : très peu pour elle. Louna Giriat est une artiste pluridisciplinaire, qui aime le jeu avant tout, mais qui se régale encore davantage lorsque un peu de chant et de danse viennent se mêler à l’histoire. « Je ne veux pas me fermer de portes, j’aime explorer plein de choses et même sortir de ma zone de confort quand c’est possible, assure-t-elle. J’aime avoir envie de tout. Je ne veux surtout pas me lasser, et aller vers des choses qu’on n’apprécie pas forcément peut se révéler intéressant, surprenant. »

La jeune femme, qui avait plus d’appétence pour la comédie, s’est ainsi ouvert de nouveaux horizons depuis son arrivée à l’École du Nord : « Je suis allée vers des rôles plus tragiques, où il faut être plus vulnérable, et j’y prends de plus en plus de plaisir. »

Au fil des années, Louna Giriat a aussi considérablement développé sa culture théâtrale. « Je viens d’un petit village paumé entre Aix et Marseille. J’étais davantage cinéma que théâtre au départ et je ne lisais pas beaucoup de théâtre classique, confie-t-elle. Ça a commencé quand j’ai intégré le Cours Florent à Montpellier. J’ai voulu pousser les curseurs un peu plus loin. Au début, je pensais faire une école à Paris, mais j’ai eu un vrai coup de cœur pour Lille et je ne regrette vraiment pas mon choix. Ma palette s’est vraiment élargie grâce à tous les intervenants que l’on peut rencontrer dans notre cursus à l’École du Nord et à travers les spectacles que l’on peut voir au Théâtre du Nord ou aux alentours. »

Sur scène, la comédienne se sent comme dans son jardin. « J’aime beaucoup les répétitions, c’est très intéressant, mais les représentations publiques, c’est ce qui m’élève le plus, s’enthousiasme-t-elle. Dès qu’il y a de nouvelles oreilles pour écouter, il se passe quelque chose en moi. Je me sens vraiment à l’aise, à ma place. Je suis toujours de très bonne humeur quand je suis sur le plateau. »

Depuis son arrivée, Louna Giriat a aussi appris à composer avec les spécificités de la vie et du travail collectif : « Personne n’est de Lille, donc on a créé une grande famille, précise-t-elle. On sort beaucoup entre nous et, dans le travail collectif, ça fonctionne bien : chacun est à sa place et chacun s’épanouit à son endroit dans un même projet. On a pu le voir avec le spectacle Les 12 Trump en colère. On va tous sortir enrichis de ces expériences. »

Ces prochaines semaines, les élèves du Studio 8 auront aussi l’occasion de jouer L’Éveil du printemps avec Armel Roussel, le metteur en scène belge, qui était venu proposer Soleil il y a quelques mois au Théâtre du Nord. Et comme les projets se succèdent, et parfois même s’entremêlent à vive allure, Louna Giriat sera avec son camarade Lucas de Oliveira à l’Opéra de Lille le 14 mars (18 h) pour y livrer une performance lors de l’Open Week n° 3, autour de l’opéra Les Enfants terribles, inspiré du roman de Cocteau. Louna pourrait y donner de la voix, elle qui, dans un coin de la tête, nourrit aussi ce rêve un peu fou de réaliser peut-être un jour un concert de rock !

Retrouvez les deux premiers portraits d’élèves sur notre site www.planetelille.fr

Louvia Bachelier, du commissariat de Sète à la brigade de Léo Mattéï

Louvia Bachelier a intégré la brigade de Léo Mattéï pour cette treizième saison. (c) Jean-Philippe Baltel - Big Band Story - TF1

Il y a quelques mois, Jean-Luc Reichmann, créateur et acteur principal de la série Léo Mattéï, avait effectué un petit passage dans une autre série à succès de TF1, Demain nous appartient. Cette fois, c’est, dans le sens inverse, Louvia Bachelier, transfuge de DNA, qui a rejoint la brigade des mineurs pour la treizième saison de Léo Mattéï.

Dans le rôle de la lieutenante Justine Martin, fraîchement sortie de l’école de police, la jeune comédienne n’est pas totalement dépaysée, elle qui est également devenue flic dans DNA en intégrant le commissariat de Sète.

« Là, je n’ai pas l’uniforme, je suis un peu plus gradée et j’ai davantage de responsabilités, sourit Louvia Bachelier. Mon personnage est assez scolaire : elle veut appliquer les règles qu’elle a apprises et, du coup, elle n’adhère pas toujours au fonctionnement de Léo Mattéï. La brigade des mineurs, ça la touche, car elle est très famille et elle ramène de la fraîcheur dans l’équipe. J’ai essayé d’amener ma sensibilité au personnage. »

Elle a aussi découvert une série qu’elle connaissait de nom : « Je n’ai pas la télé chez moi, avoue-t-elle. Quand j’ai su que j’étais prise, j’ai quand même regardé la saison 12. » Sur le tournage, elle s’est rapidement sentie à l’aise : « Jean-Luc Reichmann et Nathalie Lecoultre, la réalisatrice, m’ont réservé un accueil chaleureux. Ça a été tout de suite rassurant, car c’est vrai qu’il y a toujours la pression d’être bien acceptée sur un tournage, surtout quand la série est déjà bien installée. »

Ravie d’avoir goûté à un autre rythme de tournage, Louvia Bachelier estime que c’est une bonne chose de se faire connaître du grand public pour d’autres rôles que celui de Manon Daunier-Jacob, même si elle adore son personnage dans Demain nous appartient. « Je suis reconnaissante que ça dure aussi longtemps. Neuf ans, c’est fou. J’ai l’impression que Julie Debazac et Kamel Belghazi sont mes vrais parents. Les gens m’identifient vraiment à Manon, car tout le monde a grandi avec elle, moi la première, reconnaît-elle. Je suis arrivée à 18 ans pour remplacer une autre comédienne (Maïna Grézanlé) sur ce rôle, et il s’en est passé des choses depuis. Je me suis fiancée avec Nordine, j’ai un métier, je suis passée de l’adolescente à la jeune femme adulte qui construit sa vie. »

Pendant plusieurs mois, son personnage s’est même retrouvé en fauteuil roulant, sans avoir la certitude de pouvoir remarcher. « Ça a été la période la plus forte : il fallait être beaucoup dans l’émotion et, physiquement, c’étaient de gros efforts, d’autant que ce ne sont pas des gestes naturels. Ça m’a permis de réaliser davantage à quel point cela pouvait être compliqué de se déplacer en fauteuil, avec des obstacles sur les trottoirs ou dans des rues en montée ou en descente. »

Suite de la treizième saison de Léo Mattéï, ce jeudi 26 février (21 h 10) sur TF1.

Karim Duval : « Une intelligence artificielle n’a pas d’humour »

Karim Duval va jouer son spectacle Entropie le 4 mars au théâtre Pasteur de Lille Grand Palais.

L’humoriste Karim Duval sera ce mercredi 4 mars (20 h) au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais avec son spectacle « Entropie » où il aborde des grands thèmes sociétaux comme les progrès techniques, l’IA, l’environnement…

 Karim, depuis le début de votre carrière, vos spectacles sont réputés pour la qualité de l’écriture et le fait qu’ils fassent réfléchir. Avec « Entropie », vous avez passé un cap en obligeant pas mal de monde à consulter le dictionnaire dès le titre…

« Ce n’était pas le but (rires), le titre est venu a posteriori. Ce n’est pas une conférence de vulgarisation scientifique. L’entropie, c’est la mesure du degré de désordre d’un système, mais ça fait partie de la vie. On gaspille énormément de temps en essayant d’en gagner. On a aussi tendance à vouloir tendre vers une forme de perfection, un ordre total. Alors ce spectacle, c’est aussi un peu une ode au désordre. »

Après l’étude des générations dans votre précédent spectacle « Y », qu’est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à ce sujet et comment fonctionne votre analyse ? Est-ce que, finalement, aucune conversation avec vous n’est banale ?

« Tout ce qu’on fait, ça part de nous, d’un petit truc qu’on va mettre dans un contexte. Le décalage est plus sincère quand on a vécu, traversé ce dont on parle. On va chercher dans les tripes. Je pars de mon quotidien banal et je vois ce qui, d’un constat personnel, peut devenir quelque chose d’universel. Après, c’est à nous de trouver les bonnes vannes, les bonnes phrases. En fait, ça me fait rire parce que ça m’angoisse. »

Les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle sont redoutées par de plus en plus d’artistes. Est-ce aussi une peur chez vous ?

« Ça ne m’angoisse pas pour mon métier, mais je trouve ça dangereux pour la société, pour les générations futures. Quand je vois le nombre d’élèves qui utilisent ChatGPT pour faire leurs devoirs, c’est inquiétant. Au-delà du fait d’effacer la capacité d’écrire, c’est la volonté de faire qui est en danger. Il ne faut pas oublier que le chemin qui mène à l’objectif est plus important que l’objectif lui-même. Quand on envoie un mail, on écrit différemment selon la personne à qui on s’adresse. Par principe, je ne vais pas sur ChatGPT et je crois que je douterai toujours des réponses qui me sont données. Je ne crains pas pour ma profession, car une intelligence artificielle n’a pas d’humour. »

Ne pensez-vous pas que les réseaux sociaux ont déjà créé le désordre ? Est-ce plus difficile de capter un auditoire sur un spectacle d’1 h 30 à une époque où les gens scrollent et enchaînent les vidéos de moins d’une minute ?

« Bien sûr. Le pire, c’est Instagram, car tout est ordonné, les couleurs sont belles. C’est l’incarnation du désordre créé par l’ordre. On scrolle un contenu démesuré, infini. Tout prend le même niveau d’importance. »

Vous avez dit qu’il n’y a plus d’artiste très grand public, aimé de tous, que l’humour est devenu communautaire. Est-ce que ça veut dire qu’avec la profusion de comedy clubs, des vidéos sur les réseaux, un humoriste doit forcément définir son créneau et le sécuriser aujourd’hui plutôt que de chercher à toucher le plus grand nombre ?

« Le terme communautaire n’est pas à prendre ici au sens racial, comme certains peuvent l’entendre. Ce que je veux dire, c’est que nous sommes tentés, moi le premier, de consolider notre communauté. J’essaie de trouver un équilibre, mais un artiste doit sortir de sa zone de confort. Le fond et la forme sont à dissocier. On a trop tendance à faire les mêmes choses, ce qu’on sait faire. Dans mon cas, j’essaie de ne plus trop parler de choses liées à l’entreprise, tout en gardant toujours un ton un peu sophistiqué. Après, malgré son titre un peu pompeux, mon spectacle parle davantage du quotidien. Je veux qu’il touche tout le monde. C’est pour ça qu’avant l’Olympia, je vais aussi dans des centres culturels au fond de la campagne. Je n’ai pas envie que mon humour soit excluant. »

Karim Duval dans « Entropie », le mercredi 4 mars (20 h), au théâtre Louis-Pasteur de Lille Grand Palais.