Zèbre a entamé un nouveau cycle musical

Maxime Faivre alias Zèbre, son nom d'artiste, prépare deux EP. (c) Photo Alterrance

Artiste déjà reconnu de la scène régionale, Maxime Faivre, alias Zèbre, avait dessiné en 2022 les prémices de son nouveau projet musical en sortant un EP éponyme. « J’avais posé ça comme une empreinte aussi bien musicale que visuelle, une quête identitaire, confie-t-il, mais je n’étais pas encore totalement fixé sur ce que j’allais faire sur scène. Depuis, j’ai défini qui j’étais et maintenant j’essaie d’approfondir les choses. Ça a pris du temps, mais il fallait que ça mûrisse dans mon esprit. »

Le jeune homme a construit un plan en plusieurs étapes. Une reprise de sa chanson « Drôle de zèbre », avec des arrangements retravaillés, pose les jalons de ce nouveau cycle avec un clip réalisé dans une galerie d’art d’Arras, autant pour rendre hommage à sa ville natale que pour mettre en valeur l’une de ses passions, l’art pictural, mais aussi pour le symbole de « la galerie intérieure, du voyage immersif ».

« L’idée, c’est de sortir plusieurs titres en 2026 qui poseront l’univers de ce projet baptisé Alterrance, un mot inventé, qui devrait déboucher sur deux EP en 2027, “Altitude” et “Ancrage”. Puis, si tout va bien, un album verra le jour dans la foulée. »

Réalisé avec Romain Watson, autre figure bien connue de la scène des Hauts-de-France, ce projet est le fruit de plusieurs années de réflexion. « Je voulais faire un album concept, poursuit Maxime Faivre. Dans une vie d’homme, on est toujours en recherche d’équilibre, en tension entre aspiration et gravité. Il y a une dualité entre la terre et le ciel, un mouvement perpétuel entre ces deux pôles. Je voulais des chansons purement terrestres et d’autres plus aériennes. »

S’il a écrit tous les textes en solo, à l’exception d’un duo coécrit avec Romain Watson, Maxime Faivre a, en revanche, fait appel à Yan Deleury, le batteur de son ancien groupe Arokana. « Il est à fond avec moi sur la partie scénique du projet, indique-t-il. On monte un live dans l’ADN du projet. On joue vraiment sur la dualité entre le côté organique et des textures électro, la voix très cristalline de Romain et celle plus rocailleuse, notamment dans les basses, de Yan. »

Un spectacle qui devrait être prêt pour la fin d’année, même si de premières dates sont déjà prévues dans la région : le 8 mai à La Barjo à Onnaing et le 22 mai à la Capsule à Arras. Des showcases qui vont permettre à Zèbre de prendre la lumière, après avoir passé quasiment deux ans sans sortir pour réussir sa migration artistique.

Viktor Vincent plonge son public dans un univers « Fantastik »

Viktor Vincent est de retour avec un spectacle Fantastik. (c) Thomas Braut

Dès le mois d’octobre, le célèbre mentaliste valenciennois Viktor Vincent va s’atteler à la réalisation de son premier long métrage, un thriller psychologique qui devrait s’intituler « Good Boy », avec Élodie Frégé et Rod Paradot. « Écrire un film et un spectacle, c’est un peu pareil dans le sens où l’on joue avec le regard des gens, on crée une illusion. Il y a toujours cette question centrale de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. Dans le film, on va vivre ça à travers un personnage dont le monde s’effrite et, à un moment, on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est plus. Ça me plaît beaucoup, on est dans le fantastique. »

Le fantastique, c’est aussi et surtout l’actualité de l’artiste, en pleine tournée avec son dernier spectacle, « Fantastik », qui fera étape le jeudi 2 avril au théâtre Sébastopol de Lille et dans lequel Viktor Vincent emmène son public dans un formidable voyage en train. « Tout est parti du roman de Guy de Maupassant, “Les Histoires fantastiques”, que j’ai relu pour faire un livre audio, explique-t-il. C’est la période que je préfère, la fin du XIXᵉ siècle, où l’invisible commence à prendre une place importante avec la découverte de l’électricité, le magnétisme, la radioactivité… C’est aussi le moment où les théâtres commencent à se multiplier, où l’on propose de plus en plus de spectacles, comme les soirées fantastiques de Robert-Houdin, et puis on assiste aussi aux premiers films avec des trucages. Bref, tout ça m’a donné envie de m’approprier le genre fantastique. »

S’il ne laisse toujours qu’une part infinitésimale à l’improvisation, Viktor Vincent n’a de cesse de faire évoluer le ressenti du spectateur : « Je raconte des histoires fantastiques comme si nous étions au coin du feu, je les illustre avec des expériences et j’essaie d’être le chef d’orchestre des émotions du public, poursuit-il. Les ambiances sont plus fortes et je m’efforce d’instiller le doute, que les gens hésitent subitement entre ce qui est rationnel et ce qui ne l’est plus, qu’à un moment on bascule de l’autre côté du miroir. »

Toujours bienveillant lorsqu’il fait monter du public sur scène, le mentaliste a décidé de passer un nouveau cap dans ses illusions : « Jusqu’à présent, je devinais les choses, mais là je prends quelqu’un du public, je l’investis de ce pouvoir afin qu’il soit capable, à son tour, de deviner quelque chose sur une autre personne, indique-t-il. La personne s’étonne elle-même de ce qu’elle est capable de faire. Je trouve que l’on passe ainsi une étape supplémentaire. En fait, j’essaie de créer les spectacles que j’aurais aimé regarder, que j’ai envie de voir. »

Viktor Vincent joue son spectacle « Fantastik » le jeudi 2 avril (20 h) au théâtre Sébastopol de Lille.

Jean-Benoît Diallo soigne les mots plutôt que les maux

Jean-Benoît Diallo revient à Lille le 1er avril. (c) Alex Dinaut

Il était parti pour faire du bien physiquement aux gens et c’est finalement psychologiquement qu’il contribue au bien-être de son public. Devenu humoriste après avoir obtenu son diplôme de kinésithérapeute, Jean-Benoît Diallo a donc préféré jouer avec les mots qu’il délivre aux spectateurs plutôt que de composer avec les maux de ses patients.

Après un passage durant le festival Lillarious, où il avait été convié aux galas menés par Samuel Bambi, le jeune homme sera donc de retour à Lille le 1er avril au Splendid pour jouer son spectacle « Libre arbitre ».

« J’ai toujours baigné dans l’humour. À l’école, je faisais marrer mes camarades. Je ne m’en souviens plus, mais il paraît même que, plus jeune, j’avais annoncé que j’allais remplir de belles salles. Alors ce changement de cap a dû s’opérer naturellement, estime-t-il. Au début, je faisais mon métier de kiné en journée et, le soir, je faisais des scènes ouvertes. À l’époque, je faisais des personnages. J’ai fait ça quelques années et puis le Covid est arrivé et tout a été fermé. On n’a pas joué pendant un an et demi, je crois, et à la fin de la crise, j’ai décidé de changer un peu et de me lancer dans le stand-up. »

Jean-Benoît Diallo a ensuite intégré le Jamel Comedy Club en 2023. Tout s’est accéléré et il lui a fallu prendre une décision : celle de stopper son activité de kiné pour vivre pleinement son rêve sur scène.

Le Covid fut aussi un déclencheur de son envie de parler du libre arbitre : « Je regardais les informations comme tout le monde pendant le confinement et je voyais que, dès que quelqu’un donnait son avis, l’autre disait “n’importe quoi”. Ça ne s’écoutait pas, ça s’insultait entre les provax et les antivax et j’ai réalisé qu’on n’avait même plus le droit d’avoir une pensée, une réflexion, sans être tout de suite attaqué. J’ai commencé à écrire des choses autour de cette liberté et je l’ai élargie à d’autres thèmes que les vaccins. J’ai pensé à la religion, aux chaînes d’information en continu qui nous rabâchent tout le temps les mêmes choses, en me demandant si ça ne finissait pas par entrer dans nos cerveaux et nous enlever justement ce libre arbitre. »

Sur scène, Jean-Benoît Diallo aime aborder des sujets sociétaux et psychologiques, mais prend surtout un malin plaisir à mélanger les genres, toujours avec un humour un peu grinçant, un peu piquant. « Chacun a son style, mais c’est vrai que j’adore quand ça décape, confesse-t-il. Quand j’aborde les questions de religion, j’en vois toujours quelques-uns dans la salle qui sont un peu heurtés, parce qu’ils sont touchés dans leur foi, mais je considère que les gens qui viennent me voir ont assez de recul pour en rire. Je ne vais pas changer les gens, je suis là avant tout pour les faire marrer, mais si je peux aussi faire un peu réfléchir, c’est le bonus. »

L’intéressé pense-t-il posséder lui-même son libre arbitre ? « Je pense qu’on n’a pas vraiment de libre arbitre, mais qu’on peut essayer de s’en approcher. Est-ce vraiment moi qui ai décidé de monter sur scène ou est-ce parce que, depuis mes 4 ans, ma mère, mes frères et sœurs regardaient toujours des humoristes avec des VHS d’Elie Kakou et de Mister Bean qui tournaient en boucle à la maison ? »

L’homme sait, en revanche, déjà qu’il aura aussi envie de passer de l’autre côté de la barrière en écrivant pour des camarades : « Ça me plairait d’écrire et de mettre en scène des spectacles. Il m’arrive déjà de regarder des copains et de leur dire : “Là, tu pourrais ajouter ça” ou “Là, tu pourrais essayer ça”. Je trouve génial d’observer la personnalité des gens et d’essayer de les guider, de polir le petit diamant pour en faire quelque chose de super. »

Jean-Benoît Diallo jouera son spectacle « Libre arbitre » au Splendid à Lille, le mercredi 1er avril (20 h).

Virtuose des mots, Félix Radu sublime l’amour en chanson

Félix Radu sera au théâtre Sébastopol de Lille le 8 avril. @CLEARAZUR

Dans quelques mois, Félix Radu sera sur la scène mythique de l’Olympia. Non pas pour y jouer son dernier spectacle, mais bien pour y défendre les titres de son album Infini+3, sorti au mois de septembre, avec lesquels il a déjà fait chavirer le Splendid de Lille à deux reprises il y a quelques semaines. « Mon équipe avait programmé une première date pour voir comment ça allait réagir. C’était plein en moins d’une heure, donc on en a mis une deuxième le même jour et c’était également rempli en une heure, se souvient-il. Tout le monde a alors pris la mesure de ce qui était en train de se passer autour de l’album et on a donc vu plus grand. C’est génial. » Voilà comment l’artiste belge va se retrouver une nouvelle fois à Lille, le mercredi 8 avril, mais cette fois dans le prestigieux théâtre Sébastopol.

Découvert comme comédien, le jeune homme, virtuose des mots, a donc ajouté une corde à son arc, en deux temps. « Je faisais des chroniques à la radio qui étaient très nourries de théâtre et, en fait, des gens reprenaient ces textes en y mettant des musiques libres de droit derrière et faisaient des millions de vues, bien plus que mes propres vidéos, explique-t-il. Je me suis donc dit qu’il y avait une musicalité à explorer. J’ai contacté des compositeurs, on a travaillé certaines choses et on m’a proposé de signer un album. Je vois ça comme une continuité, je n’ai pas l’impression d’avoir pris un virage à 360 degrés qui aurait pu perdre mon public ou lui faire dire que je me lançais dans une quête parallèle bizarre. »

La deuxième étape fut de poser sa voix chantée sur cet album : « Initialement, je comptais uniquement faire un album de slam, précise-t-il. On a d’abord exploré ce format, puis j’ai eu envie d’écrire des chansons en duo avec des refrains chantés que je voulais proposer à des artistes que j’aime bien. On m’a demandé d’enregistrer une voix témoin en studio pour gagner du temps. Je l’ai fait sans aucune pression et, quand je suis sorti, les gars m’ont applaudi en me disant qu’ils allaient garder ma voix et on a continué comme ça. J’ai remis mon cartable d’écolier et je suis allé prendre des cours de chant. »

Dans ses chansons, la thématique de l’amour est très présente, avec une volonté de la sublimer : « Plein de choses font partie de notre quotidien mais sont mal faites, estime-t-il. Au point d’en oublier la vraie saveur. Quand on boit du café merdique tous les matins et qu’un jour on nous sert un vrai café de qualité, on est surpris du goût que ça a. L’amour, c’est pareil : on nous le vend sous emballage plastique dans de mauvais films, de mauvaises séries télé, de mauvais livres et on oublie à quel point le véritable amour peut être sublimé par de bons traits d’esprit, de la bonne littérature. J’ai beaucoup lu Alfred de Musset, Victor Hugo, Edmond Rostand. L’amour, avec sa part de drame, de tristesse, peut ne pas être léger, ne pas être simplement physique. On peut parler d’amour de manière élégante, sans être ringard. »

La musique permet-elle de délivrer plus facilement les sentiments les plus forts ? « Pas forcément, on peut autant chialer devant une pièce de théâtre qu’en écoutant un album, poursuit-il. Toutes les formes d’art, même les plus silencieuses comme la sculpture, peuvent provoquer de fortes émotions, mais dans la musique le combat est plus déloyal quand le chanteur, le guitariste, le pianiste et le bassiste s’unissent pour te procurer des émotions. »

L’expérience de la scène dans le théâtre et dans un concert est, en revanche, très différente à ses yeux : « Je suis un comédien qui adore l’improvisation et réinventer ses phrases tous les soirs. J’ai dû apprendre la rigueur : avec la musique, il y a un rythme à respecter. Si tu t’égares une seconde de trop, tu n’es plus raccord avec les musiciens. »

Félix Radu assure néanmoins qu’avec le temps, son spectacle lui ressemble de plus en plus :« Je n’ai pas provoqué un album de musique, il s’est proposé sur ma route, affirme-t-il. Tant que je prends du plaisir et que les idées sont belles, je vais partout, peu importe les cases, et sur scène je me nourris de tout ce que j’ai fait dans ma vie : il y a la poésie de l’écriture, l’humour et l’improvisation du seul-en-scène, beaucoup de théâtralité et désormais de musicalité. »

Félix Radu sera en concert au théâtre Sébastopol de Lille le mercredi 8 avril (20 h).

Laurent Baffie a pleinement réussi à apprivoiser la scène

Laurent Baffie est en tournée avec son dernier spectacle. (c) Sébastien Toubon - Agence 1827 - Paris première

L’édition 2026 du festival Humour en Weppes s’est achevée, ce dimanche à Hantay, avec un onzième spectacle, celui de Laurent Baffie, intitulé « Oh P**** Laurent !! ». Toujours aussi incisif, l’humoriste n’a pas caché son plaisir de jouer dans la région. « Le Nord, c’est un peu notre jardin. Je suis toujours épaté de voir qu’il y a autant de gens qui achètent des billets. Et puis j’aime bien jouer dans des petites villes, dans des villages, ce n’est pas la même ambiance, il y a une vraie proximité avec les gens. »

Un public qu’il n’hésite évidemment pas à malmener affectueusement avec une partie en improvisation dans la salle qui vaut, à elle seule, le déplacement. Étrangement, l’homme n’a toutefois pas toujours été friand de l’exercice. « Pour être franc, j’ai détesté faire mon premier seul-en-scène. J’avais trop le trac, avoue-t-il. Il a fallu que j’apprivoise le “one-man-show”. Au fur et à mesure, ça a été de mieux en mieux. Les gens qui viennent me voir sont des gens qui m’aiment, donc il faut que j’arrête d’en avoir peur. »

Pour la première fois, dans ce qu’il annonce être son dernier spectacle, celui qui a inventé le métier de « sniper » à la télévision française se raconte. « Dire que c’est un spectacle bilan, ça peut faire un peu prétentieux, mais disons que je résume ma vie, ma carrière. Je parle des sujets qui me plaisent comme les chiffres, la zoologie, l’intelligence artificielle, la sexualité… »

Laurent Baffie revient aussi évidemment sur les années Ardisson : « Je parle évidemment de Thierry, je lui rends un petit hommage et je reviens sur des scènes qui ont été coupées au montage. Je suis content de donner une deuxième vie à ces vannes qui n’ont finalement pas existé parce qu’elles étaient un peu trop trash. Le public aime bien connaître ce genre de coulisses et comprend vite pourquoi ça a été coupé au montage. »

Sur scène, Laurent Baffie se permet à peu près tout et innove même en se glissant pour la première fois dans la peau d’un personnage un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un spermatozoïde. Pour le public nordiste, il faudra attendre début 2027 pour le revoir sur scène à Lille, Anzin et Arras, mais l’artiste ne chôme pas avec les interviews qu’il réalise dans l’émission « Coloscopie » sur sa chaîne YouTube, les spectacles qu’il joue à Paris et un peu partout en France ou encore des participations occasionnelles aux « Grosses Têtes » de RTL. L’homme a aussi dans ses tiroirs six ou sept pièces de théâtre déjà écrites, dont l’une pourrait prochainement voir le jour avec Daniel Russo, et aimerait se consacrer à la suite de « Toc Toc ».

Laurent Baffie sera en spectacle au théâtre Sébastopol de Lille le jeudi 14 janvier 2027 (20 h) ; à la Cité des Congrès d’Anzin le vendredi 15 janvier (20 h) ; et le samedi 16 janvier (20 h) au Casino d’Arras.