Sly Johnson s’est livré à un vrai travail d’introspection

Sly Johnson a sorti ce vedredi son nouvel abum. (c) Margot Berard.

Révélé il y a déjà plus de vingt ans avec ses camarades du Saïan Supa Crew, sous le nom de Sly Mic Buddah, Sly Johnson a, depuis, signé plusieurs albums solo, basculant progressivement du rap vers une musique plus soul, plus jazz.

Jamais, toutefois, l’artiste originaire de Montrouge ne s’était autant investi dans un album que pour ce « Mister Johnson », en vente depuis le vendredi 27 mars. « C’est un hommage à mon père, qui était un amoureux de toutes les musiques et qui m’a transmis cette ouverture sur tous les genres, tous les styles », explique-t-il.

Un projet qui a amené l’artiste à se livrer à une véritable introspection : « Quand on veut faire quelque chose d’intime, on n’a pas le choix, poursuit-il. Pour toucher les gens, je pense qu’il faut faire corps avec ses émotions. J’ai fait le travail nécessaire en me tournant vers mon histoire, mon ressenti, pour briser, au travers de la musique, cette barrière que l’on pouvait ressentir avant. J’espère que ça pourra accompagner les gens dans différents moments de leur vie, qu’ils soient joyeux ou tristes. »

En solo, Sly Johnson reconnaît que l’approche est très différente : « Dans un groupe, tu peux un peu te cacher derrière les personnes les plus fortes, les plus enclines à parler avec les médias, mais là, c’est toi, tes attentes, tes aspirations… J’ai pu exprimer ce que je souhaitais, poser les images que j’avais en tête. »

S’il a souhaité travailler un peu en secret pour surprendre ses camarades du Saïan Supa Crew, il n’a pas pu s’empêcher de leur parler des différentes étapes de son projet et même de les intégrer en faisant un morceau avec eux, « Pli Fo », qui, en créole, veut dire « plus fort ».

Un album dont il a aussi partagé la création avec le pianiste Nicolas Vella et qu’il souhaitait « plus poussé mélodiquement, quelque chose de plus riche, mais en même temps de plus accessible ». Un album plus jazzy, un style musical pour lequel il avait déjà déclaré son amour pendant quelques années en animant l’émission « Come into my jazz » sur Jazz Radio, qu’il n’exclut pas de reprendre un jour.

« Mister Johnson », le nouvel album de Sly Johnson, est en vente depuis ce vendredi 27 mars. Prix : 12,99 €.

Alexis Laipsker prêt à vous bluffer dans un redoutable contre-la-montre

Alexis Laipsker est encore ce dimanche sur le salon du livre de Bondues.

L’édition 2026 du salon du livre de Bondues attire encore les grandes foules depuis samedi matin et jusqu’à ce dimanche (18 h 30). De nombreux grands auteurs français sont, comme chaque année, au rendez-vous. Planète Lille est allé à la rencontre de certains d’entre eux, dont Alexis Laipsker.

Est-il encore besoin de présenter ce maître du thriller, récompensé depuis six ans par de multiples prix ? Son dernier roman, À couper le souffle, n’a pas échappé à la règle. Primé à Cognac et lauréat du grand prix de l’Iris noir de Bruxelles, il porte bien son nom. « C’est une véritable course contre-la-montre. Un flic apprend que sa fille a été enlevée, séquestrée puis enterrée vivante. Il n’a que dix-sept heures pour la trouver. Il n’y a pas de demande de rançon, aucune piste, aucun suspect, et le temps presse puisqu’il ne vous reste déjà plus que 16 h 59 », sourit-il en délivrant le pitch de son livre.

Ancien journaliste, animateur d’émissions de télévision et responsable d’un casino, Alexis Laipsker a toujours eu l’envie d’écrire un roman. « J’ai eu, à un moment, un peu de temps libre. Je me suis dit qu’il fallait en profiter. J’ai écrit Et avec votre esprit, j’ai envoyé mon manuscrit chez Michel Lafon et il a été édité en 2020. »

Le deuxième, Le Mangeur d’âmes, a suivi en 2021 et a même été adapté au cinéma en 2024, avec notamment Virginie Ledoyen et Sandrine Bonnaire. Ce qui lui permet aujourd’hui de vivre pleinement de sa passion et de proposer à ses fans une nouvelle aventure chaque année : Les Poupées en 2022, Hurlements en 2023, D’entre les morts en 2024 et donc À couper le souffle en 2025. Des romans qui n’ont aucun lien les uns avec les autres, mais dans lesquels on peut retrouver certains personnages, comme le commissaire Victor Venturi et la psycho-criminologue Olivia Montalvert. « J’essaie d’écrire depuis six ans des thrillers qui vont très vite, qui retournent la tête et procurent, si possible, des sensations fortes », poursuit-il.

Une nouvelle histoire est visiblement déjà en cours d’écriture: « Je ne peux pas vous en parler, sinon je serai obligé de vous tuer », annonce-t-il. Bon, désolé, mais on a décidé d’opter pour la patience.

« À couper le souffle », Alexis Laipsker. Editions Michel Lafon. 380 pages. Prix : 20,95 €. Le salon du livre de Bondues est encore accessible gratuitement ce dimanche jusque 18 h 30.

Enfance, notoriété, projets, rap… Les confidences de Jean-Pascal Zadi

Jean-Pascal Zadi en pleine masterclasse à Séries Mania. (c) Arnaud Loots

Le comédien Jean-Pascal Zadi était présent jeudi à Lille pour donnerune masterclasse dans le cadre du festival Séries Mania. Actuellement à l’affiche du film Le Rêve américain aux côtés de Raphaël Quenard et, prochainement, dans la série Surveillant ! sur Disney+, avec Audrey Lamy et Benjamin Tranié, il en a profité pour livrer quelques confidences pleines de spontanéité et de franc-parler.

La reconnaissance du milieu : une fierté ?
« J’ai l’impression que c’est un honneur d’être invité à faire une masterclasse, je le prends comme un partage d’expérience. Si je peux aider des gens en parlant de moi, de mon parcours, si je peux donner quelques clés, tant mieux, mais ce qui compte vraiment pour moi, c’est d’avoir de bons projets. Je me considère comme un artisan qui travaille, qui fait des trucs bien, qui fait des trucs nuls, qui apprend tous les jours, de tout le monde. »

Les séries
« Pour être honnête, je ne suis pas spécialement fan de films ni de séries. Je vois ce qui existe, mais j’en regarde peut-être deux par an. Ce qui me tient, ce sont les séries d’horreur, le suspense, quand quelqu’un va mourir, style Dahmer. En revanche, je ne regarde pas les histoires de gangsters ni les comédies, je rigole déjà toute la journée. »

Le succès du film « Le Rêve américain »
« Je suis trop content que ce film marche, pour Anthony Marciano, qui est un très bon réalisateur, mais aussi parce que je l’ai tourné avec Raphaël, qui est vraiment mon ami, et parce que j’aime le sujet. Ça fait partie des rares rendez-vous dans une vie où toutes les planètes sont alignées. C’est vraiment un cadeau du ciel, je suis trop content d’avoir fait ce film. C’est tellement dur d’être acteur, d’être réalisateur, tu passes par tellement d’épreuves qu’une fois que tu arrives un peu à choisir tes projets, c’est le top. »

L’enfance
« J’ai huit frères et sœurs, on était pauvres, mais on rigolait tout le temps. Mes parents étaient trop marrants et puis, dehors, j’avais mes amis du quartier, ceux du football. Franchement, je pense que si on choisissait les meilleures enfances de France, je suis sûr que je serais dans le top 100. Je me souviens que dans un film, il y avait une scène où je devais pleurer, je n’y arrivais pas, et Gilles Lellouche m’a dit de penser à quelque chose de triste de mon enfance, mais je ne voyais vraiment pas à quoi penser. J’essaie de faire en sorte d’offrir la même chose à mes enfants. »

Les débuts
« J’étais aux Assedic, j’ai réfléchi à ma vie. J’avais envie de faire quelque chose qui me plaisait, pas quelque chose qu’on m’impose. J’ai acheté une caméra et, comme je connaissais des rappeurs, j’ai commencé à les filmer, et puis j’ai eu l’idée d’en faire un documentaire. C’est de là que tout est parti. J’ai réalisé que j’étais capable de faire des films. En conclusion, si je suis arrivé au cinéma, c’est grâce au chômage. »

La réalisation ?
« Quand j’ai commencé, je trouvais qu’il n’y avait pas, dans les films ou dans les séries, ce que je voulais voir. Le point de départ, c’est le manque. J’ai fait Tout simplement noir parce que je voulais faire un film avec tous les comédiens noirs du cinéma français, je voulais faire une comédie qui parle de politique. J’aimerais bien aussi voir un film dans l’espace avec des Africains. Généralement, je joue dans les films que je fais, ça m’évite d’avoir des refus d’acteurs. »

Le doublage
« J’ai accepté de donner ma voix dans une série d’animation, comme dans Les Bad Guys 1 et 2, où je fais Monsieur Requin. Ça permet à mes enfants de me voir dans quelque chose qu’ils aiment bien, car pour le reste, ils sont durs avec moi. Je me souviens qu’une fois, j’en avais emmené une de mes filles chez Gaumont avec moi pour regarder un montage, et le soir, à la maison, quand son frère et sa sœur lui ont dit qu’elle avait eu trop de chance de venir avec moi, elle a répondu : “Ça se voit que vous n’avez pas vu le film, les blagues de papa, c’était l’enfer !” »

Les élections, une source d’inspiration pour la suite de sa série « En place » ?
« Pas du tout, mais je vois que les choses changent, qu’il y a beaucoup de nouvelles têtes. Pour la série En place, j’ai fait une petite pause parce que j’étais fatigué, j’avais fait beaucoup de choses. Pour la saison 3, je vais m’y mettre, mais je profite un peu de la vie et de mes enfants. »

Des projets au cinéma 
« J’ai accepté deux films qui ne seront pas des comédies. Ce sera de l’action. Il y en a un qui se passe pendant la Révolution française, un autre en Belgique, mais je ne peux pas en dire plus. »

Un retour dans la musique
« J’ai commencé dans le rap et c’est sûr qu’un jour ou l’autre, je vais revenir avec un album de rap, c’est écrit dans mon destin, j’ai trop de flow, je dois faire un classique et je terminerai à l’Olympia. 

Une vie de palace pas si rose dans Privilèges

Manon Bresch et Melvil Poupaud engagés dans une lutte de pouvoir dans Privilèges. © Caroline Dubois

Tout juste a-t-elle été dévoilée au Festival Séries Mania de Lille que la série Privilèges est déjà disponible sur HBO Max. Une belle occasion de plonger dans l’univers impitoyable d’un palace parisien, où les relations humaines sont beaucoup moins rutilantes que les dorures des décors. Un monde géré par le redoutable Édouard Galzain (Melvil Poupaud) et dans lequel va pénétrer Adèle (Manon Bresch), une jeune détenue inscrite dans un programme de réinsertion.

« Ce qui nous a tout de suite séduits, c’est que le palace est un petit miroir de la société, avec un fonctionnement très vertical, et on a eu envie d’y accéder par la petite porte pour que ce soit plus universel, que l’on puisse s’identifier, explique Vladimir de Fontenay, co-créateur et co-scénariste de la série avec Marie Monge. On a alors réfléchi à la personne que l’on s’attend le moins à voir dans ce monde, en l’occurrence une prisonnière, et on a voulu faire en sorte qu’elle y trouve sa place, et même qu’elle devienne indispensable. »

Le duo a même eu le privilège d’accéder aux coulisses d’un véritable palace et d’observer le fonctionnement de chaque département, de la sécurité à la conciergerie, en passant par l’accueil. Melvil Poupaud a, lui, pu échanger avec un véritable directeur de palace : « Un type très sérieux, charismatique, charmant, mais j’ai eu envie d’en faire un personnage plus sombre, plus trouble, presque vénéneux, infréquentable, avoue-t-il. J’avais en tête Robert De Niro dans Casino. Dans la vraie vie, la politique, les magouilles, les rapports de pouvoir ne m’intéressent pas du tout, mais là, venant du cinéma d’auteur, je n’avais jamais fait de gangster, et je suis heureux que l’on ait pu se permettre beaucoup de choses et pousser le curseur assez loin. »

Manon Bresch ne cache pas, à l’inverse, une vraie fascination « pour les lieux où le pouvoir se redistribue dès que les portes se ferment, ces systèmes hiérarchiques où les gens acceptent de s’oublier, de se soumettre ». Ce qui n’est pas le cas d’Adèle dans la série : « Mon personnage devient de plus en plus manipulateur aussi. C’est une arène où l’on rencontre énormément de personnes qui sont à la croisée de leur destin, de leur chemin. Tous ont quelque chose à perdre ou à gagner. Adèle a des valeurs morales différentes des miennes, mais c’est un plaisir de pouvoir représenter des personnages qui épousent leurs failles, parce qu’il s’agit de leur survie. Dans l’hôtel, on a l’impression que les clients sont les rois, tout en haut, mais ceux qui détiennent leurs secrets et les clefs de leurs désirs, ce sont les petites mains qui les servent. »

Bluffés par le travail des équipes de décoration, qui ont reconstruit l’intérieur du palace dans un studio, les acteurs reconnaissent que le cadre de l’hôtel leur a facilité l’incarnation, et tous sont prêts à signer pour une deuxième saison si les audiences sont au rendez-vous.

« Privilèges », une série en 6 épisodes de Marie Monge et Vladimir de Fontenay, avec Manon Bresch et Melvil Poupaud, désormais disponible sur HBO Max.

Le flag festival, nouvel espace d’expression pour la scène régionale

La première édition du Flag festival est programmée ce week-end à Verlinghem.

L’adresse n’est pas forcément encore très connue, mais pour les amoureux de la culture, elle gagne assurément à l’être : le café de La Fontaine à Verlinghem accueille régulièrement, dans sa petite salle de spectacle d’environ 50 places, des concerts, des pièces de théâtre ou encore des plateaux d’humoristes depuis quelques années. Le tout à l’initiative de l’association Les Arts-Gusses, qui s’efforce de proposer une programmation variée, de qualité et régionale.

Président de l’association, créée en 2021, Xavier Dejardin y a même créé un spectacle musical, Au p’tit bonheur, avec le patron du café, José Fernandes, un guitariste intermittent. Un spectacle auquel n’assisteront pas, ce samedi et dimanche, les spectateurs de la première édition du Flag Festival. « On a la chance d’avoir des musiciens et des “théâtreux” dans l’association, mais on a décidé de ne pas mettre nos propres spectacles pour cette première édition du festival afin de surtout promouvoir les artistes locaux. Notre seule exigence était, musicalement, d’avoir de vrais auteurs-compositeurs, pas des gens qui viennent faire des reprises, même si je reconnais que certains le font très bien. »

Pour monter ce festival, avec l’assentiment de la mairie, il a déjà fallu trouver un espace plus grand. Ce sera dans le cadre du complexe René Werquin, une salle tout juste rénovée, qui peut accueillir plus de 400 personnes, mais aussi dans la salle du Tournebride pour le théâtre.  « Le festival est entièrement autofinancé par le privé et aura, a priori, deux grands objectifs : celui de mettre en lumière les talents régionaux et de pouvoir empocher un peu d’argent pour rémunérer enfin plus décemment les artistes. »

Optimistes, les organisateurs avaient initialement tablé sur trois jours, mais en raison de promesses de mécénat non tenues, il a fallu réduire à deux journées et donc restreindre une programmation qui s’annonce éclectique le dimanche après-midi, avec du rock et de la chanson française, grâce à des artistes dont la réputation n’est plus à faire : Jeff Kino (dès 18 h), suivi des Mauvaises Langues. Un peu plus tôt, une chorale, l’Ensemble SoNord, ou encore l’indie rock de Pascal Capon et du groupe Miami Mauritius seront aussi à l’affiche.

Les festivités débuteront le samedi matin (10 h 30) avec une table ronde sur la culture, la question de l’intermittence, les voies pour devenir un artiste professionnel, avec de nombreux intervenants, puis de quoi se défouler l’après-midi (17 h) avec le jazz fusion de Doctor and K, suivi, en soirée (21 h), du concert de world music de Rossana, dont le bassiste, Hector Bonte, est originaire de Verlinghem.

Les amateurs de théâtre pourront assister, le dimanche matin (11 h, salle du Tournebride), au spectacle « Le poisson belge », joué par la compagnie des Salgoces, dirigée par Louis Debaque, ancien pensionnaire du Cours Florent, qui anime les ateliers théâtre de l’association Les Arts-Gusses.

« On a constaté qu’un vrai vivier d’artistes gravitait autour du café de la Fontaine et que beaucoup avaient, paradoxalement, plus de facilité à jouer hors de la région, précise Xavier Dejardin. L’idée, c’est donc de les favoriser un peu en leur donnant l’opportunité de faire leur show ici. »

Flag festival, samedi 28 et dimanche 29 mars à Verlinghem. Pass à 30 euros pour l’ensemble du week-end. Billets à 10 et 20 € selon les concerts. Billeterie sur https://www.helloasso.com/associations/les-arts-gusses