Jean-Benoît Diallo soigne les mots plutôt que les maux

Jean-Benoît Diallo revient à Lille le 1er avril. (c) Alex Dinaut

Il était parti pour faire du bien physiquement aux gens et c’est finalement psychologiquement qu’il contribue au bien-être de son public. Devenu humoriste après avoir obtenu son diplôme de kinésithérapeute, Jean-Benoît Diallo a donc préféré jouer avec les mots qu’il délivre aux spectateurs plutôt que de composer avec les maux de ses patients.

Après un passage durant le festival Lillarious, où il avait été convié aux galas menés par Samuel Bambi, le jeune homme sera donc de retour à Lille le 1er avril au Splendid pour jouer son spectacle « Libre arbitre ».

« J’ai toujours baigné dans l’humour. À l’école, je faisais marrer mes camarades. Je ne m’en souviens plus, mais il paraît même que, plus jeune, j’avais annoncé que j’allais remplir de belles salles. Alors ce changement de cap a dû s’opérer naturellement, estime-t-il. Au début, je faisais mon métier de kiné en journée et, le soir, je faisais des scènes ouvertes. À l’époque, je faisais des personnages. J’ai fait ça quelques années et puis le Covid est arrivé et tout a été fermé. On n’a pas joué pendant un an et demi, je crois, et à la fin de la crise, j’ai décidé de changer un peu et de me lancer dans le stand-up. »

Jean-Benoît Diallo a ensuite intégré le Jamel Comedy Club en 2023. Tout s’est accéléré et il lui a fallu prendre une décision : celle de stopper son activité de kiné pour vivre pleinement son rêve sur scène.

Le Covid fut aussi un déclencheur de son envie de parler du libre arbitre : « Je regardais les informations comme tout le monde pendant le confinement et je voyais que, dès que quelqu’un donnait son avis, l’autre disait “n’importe quoi”. Ça ne s’écoutait pas, ça s’insultait entre les provax et les antivax et j’ai réalisé qu’on n’avait même plus le droit d’avoir une pensée, une réflexion, sans être tout de suite attaqué. J’ai commencé à écrire des choses autour de cette liberté et je l’ai élargie à d’autres thèmes que les vaccins. J’ai pensé à la religion, aux chaînes d’information en continu qui nous rabâchent tout le temps les mêmes choses, en me demandant si ça ne finissait pas par entrer dans nos cerveaux et nous enlever justement ce libre arbitre. »

Sur scène, Jean-Benoît Diallo aime aborder des sujets sociétaux et psychologiques, mais prend surtout un malin plaisir à mélanger les genres, toujours avec un humour un peu grinçant, un peu piquant. « Chacun a son style, mais c’est vrai que j’adore quand ça décape, confesse-t-il. Quand j’aborde les questions de religion, j’en vois toujours quelques-uns dans la salle qui sont un peu heurtés, parce qu’ils sont touchés dans leur foi, mais je considère que les gens qui viennent me voir ont assez de recul pour en rire. Je ne vais pas changer les gens, je suis là avant tout pour les faire marrer, mais si je peux aussi faire un peu réfléchir, c’est le bonus. »

L’intéressé pense-t-il posséder lui-même son libre arbitre ? « Je pense qu’on n’a pas vraiment de libre arbitre, mais qu’on peut essayer de s’en approcher. Est-ce vraiment moi qui ai décidé de monter sur scène ou est-ce parce que, depuis mes 4 ans, ma mère, mes frères et sœurs regardaient toujours des humoristes avec des VHS d’Elie Kakou et de Mister Bean qui tournaient en boucle à la maison ? »

L’homme sait, en revanche, déjà qu’il aura aussi envie de passer de l’autre côté de la barrière en écrivant pour des camarades : « Ça me plairait d’écrire et de mettre en scène des spectacles. Il m’arrive déjà de regarder des copains et de leur dire : “Là, tu pourrais ajouter ça” ou “Là, tu pourrais essayer ça”. Je trouve génial d’observer la personnalité des gens et d’essayer de les guider, de polir le petit diamant pour en faire quelque chose de super. »

Jean-Benoît Diallo jouera son spectacle « Libre arbitre » au Splendid à Lille, le mercredi 1er avril (20 h).

Virtuose des mots, Félix Radu sublime l’amour en chanson

Félix Radu sera au théâtre Sébastopol de Lille le 8 avril. @CLEARAZUR

Dans quelques mois, Félix Radu sera sur la scène mythique de l’Olympia. Non pas pour y jouer son dernier spectacle, mais bien pour y défendre les titres de son album Infini+3, sorti au mois de septembre, avec lesquels il a déjà fait chavirer le Splendid de Lille à deux reprises il y a quelques semaines. « Mon équipe avait programmé une première date pour voir comment ça allait réagir. C’était plein en moins d’une heure, donc on en a mis une deuxième le même jour et c’était également rempli en une heure, se souvient-il. Tout le monde a alors pris la mesure de ce qui était en train de se passer autour de l’album et on a donc vu plus grand. C’est génial. » Voilà comment l’artiste belge va se retrouver une nouvelle fois à Lille, le mercredi 8 avril, mais cette fois dans le prestigieux théâtre Sébastopol.

Découvert comme comédien, le jeune homme, virtuose des mots, a donc ajouté une corde à son arc, en deux temps. « Je faisais des chroniques à la radio qui étaient très nourries de théâtre et, en fait, des gens reprenaient ces textes en y mettant des musiques libres de droit derrière et faisaient des millions de vues, bien plus que mes propres vidéos, explique-t-il. Je me suis donc dit qu’il y avait une musicalité à explorer. J’ai contacté des compositeurs, on a travaillé certaines choses et on m’a proposé de signer un album. Je vois ça comme une continuité, je n’ai pas l’impression d’avoir pris un virage à 360 degrés qui aurait pu perdre mon public ou lui faire dire que je me lançais dans une quête parallèle bizarre. »

La deuxième étape fut de poser sa voix chantée sur cet album : « Initialement, je comptais uniquement faire un album de slam, précise-t-il. On a d’abord exploré ce format, puis j’ai eu envie d’écrire des chansons en duo avec des refrains chantés que je voulais proposer à des artistes que j’aime bien. On m’a demandé d’enregistrer une voix témoin en studio pour gagner du temps. Je l’ai fait sans aucune pression et, quand je suis sorti, les gars m’ont applaudi en me disant qu’ils allaient garder ma voix et on a continué comme ça. J’ai remis mon cartable d’écolier et je suis allé prendre des cours de chant. »

Dans ses chansons, la thématique de l’amour est très présente, avec une volonté de la sublimer : « Plein de choses font partie de notre quotidien mais sont mal faites, estime-t-il. Au point d’en oublier la vraie saveur. Quand on boit du café merdique tous les matins et qu’un jour on nous sert un vrai café de qualité, on est surpris du goût que ça a. L’amour, c’est pareil : on nous le vend sous emballage plastique dans de mauvais films, de mauvaises séries télé, de mauvais livres et on oublie à quel point le véritable amour peut être sublimé par de bons traits d’esprit, de la bonne littérature. J’ai beaucoup lu Alfred de Musset, Victor Hugo, Edmond Rostand. L’amour, avec sa part de drame, de tristesse, peut ne pas être léger, ne pas être simplement physique. On peut parler d’amour de manière élégante, sans être ringard. »

La musique permet-elle de délivrer plus facilement les sentiments les plus forts ? « Pas forcément, on peut autant chialer devant une pièce de théâtre qu’en écoutant un album, poursuit-il. Toutes les formes d’art, même les plus silencieuses comme la sculpture, peuvent provoquer de fortes émotions, mais dans la musique le combat est plus déloyal quand le chanteur, le guitariste, le pianiste et le bassiste s’unissent pour te procurer des émotions. »

L’expérience de la scène dans le théâtre et dans un concert est, en revanche, très différente à ses yeux : « Je suis un comédien qui adore l’improvisation et réinventer ses phrases tous les soirs. J’ai dû apprendre la rigueur : avec la musique, il y a un rythme à respecter. Si tu t’égares une seconde de trop, tu n’es plus raccord avec les musiciens. »

Félix Radu assure néanmoins qu’avec le temps, son spectacle lui ressemble de plus en plus :« Je n’ai pas provoqué un album de musique, il s’est proposé sur ma route, affirme-t-il. Tant que je prends du plaisir et que les idées sont belles, je vais partout, peu importe les cases, et sur scène je me nourris de tout ce que j’ai fait dans ma vie : il y a la poésie de l’écriture, l’humour et l’improvisation du seul-en-scène, beaucoup de théâtralité et désormais de musicalité. »

Félix Radu sera en concert au théâtre Sébastopol de Lille le mercredi 8 avril (20 h).

Laurent Baffie a pleinement réussi à apprivoiser la scène

Laurent Baffie est en tournée avec son dernier spectacle. (c) Sébastien Toubon - Agence 1827 - Paris première

L’édition 2026 du festival Humour en Weppes s’est achevée, ce dimanche à Hantay, avec un onzième spectacle, celui de Laurent Baffie, intitulé « Oh P**** Laurent !! ». Toujours aussi incisif, l’humoriste n’a pas caché son plaisir de jouer dans la région. « Le Nord, c’est un peu notre jardin. Je suis toujours épaté de voir qu’il y a autant de gens qui achètent des billets. Et puis j’aime bien jouer dans des petites villes, dans des villages, ce n’est pas la même ambiance, il y a une vraie proximité avec les gens. »

Un public qu’il n’hésite évidemment pas à malmener affectueusement avec une partie en improvisation dans la salle qui vaut, à elle seule, le déplacement. Étrangement, l’homme n’a toutefois pas toujours été friand de l’exercice. « Pour être franc, j’ai détesté faire mon premier seul-en-scène. J’avais trop le trac, avoue-t-il. Il a fallu que j’apprivoise le “one-man-show”. Au fur et à mesure, ça a été de mieux en mieux. Les gens qui viennent me voir sont des gens qui m’aiment, donc il faut que j’arrête d’en avoir peur. »

Pour la première fois, dans ce qu’il annonce être son dernier spectacle, celui qui a inventé le métier de « sniper » à la télévision française se raconte. « Dire que c’est un spectacle bilan, ça peut faire un peu prétentieux, mais disons que je résume ma vie, ma carrière. Je parle des sujets qui me plaisent comme les chiffres, la zoologie, l’intelligence artificielle, la sexualité… »

Laurent Baffie revient aussi évidemment sur les années Ardisson : « Je parle évidemment de Thierry, je lui rends un petit hommage et je reviens sur des scènes qui ont été coupées au montage. Je suis content de donner une deuxième vie à ces vannes qui n’ont finalement pas existé parce qu’elles étaient un peu trop trash. Le public aime bien connaître ce genre de coulisses et comprend vite pourquoi ça a été coupé au montage. »

Sur scène, Laurent Baffie se permet à peu près tout et innove même en se glissant pour la première fois dans la peau d’un personnage un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un spermatozoïde. Pour le public nordiste, il faudra attendre début 2027 pour le revoir sur scène à Lille, Anzin et Arras, mais l’artiste ne chôme pas avec les interviews qu’il réalise dans l’émission « Coloscopie » sur sa chaîne YouTube, les spectacles qu’il joue à Paris et un peu partout en France ou encore des participations occasionnelles aux « Grosses Têtes » de RTL. L’homme a aussi dans ses tiroirs six ou sept pièces de théâtre déjà écrites, dont l’une pourrait prochainement voir le jour avec Daniel Russo, et aimerait se consacrer à la suite de « Toc Toc ».

Laurent Baffie sera en spectacle au théâtre Sébastopol de Lille le jeudi 14 janvier 2027 (20 h) ; à la Cité des Congrès d’Anzin le vendredi 15 janvier (20 h) ; et le samedi 16 janvier (20 h) au Casino d’Arras.

Umut Köker, un colosse pour tordre le cou aux préjugés

Umut Köker sera l'une des têtes d'affiche du festival Rire à Marcq.

L’édition 2026 du festival Rire à Marcq débute ce jeudi 12 mars au théâtre Charcot, avec un plateau d’artistes (Yazid Assoumani, Lise Dehurtevent et Ethan Lallouz) sélectionnés par Le Point Virgule. Suivront Thaïs Vauquières (vendredi 13), Jessé (samedi 14), Tom Baldetti (jeudi 19), la pièce de théâtre « Dommages » le samedi 21, ainsi qu’Umut Köker, le vendredi 20.

Ce dernier avait déjà donné un aperçu de son talent dans la métropole lilloise le mois dernier, lors d’une soirée du festival Lillarious aux Enfants Terribles à Marquette, aux côtés de quatre autres camarades de jeu (Louis Chappey, Alice Lombard, Alexandra Roth et Rey Mendes).

Cette fois, c’est donc son spectacle complet qu’il jouera au théâtre Charcot. Une occasion de mieux connaître ce colosse au cœur tendre, qui s’amuse des paradoxes en racontant sa vie, ses origines turques et kurdes, et son enfance en banlieue parisienne. « Tout ce que je dis sur scène, c’est du vécu, promet-il, mais chacun peut s’y retrouver. Je parle de transfuge de classe, de couple, d’intimité masculine. Je casse un peu tous les clichés, je m’amuse à les tordre. »

Pour illustrer son propos, Umut Köker s’appuie déjà sur son physique, qui ne colle pas toujours à son caractère, ou sur son parcours de gamin de quartier ayant fini avec un bac+5 en poche.

Ce n’est d’ailleurs que six mois avant son examen final de master et l’obtention de son diplôme d’UX Designer (concepteur graphique) qu’il a fait sa première scène : « Je suis tombé amoureux de ce métier et je me suis donc demandé si j’aimais vraiment ce que je faisais jusque-là, si j’avais envie de rester assis sur un fauteuil derrière un bureau toute la journée, et, en fait, cette idée ne me plaisait pas trop », avoua-t-il.

L’homme s’est donc lancé dans l’aventure, en multipliant les scènes ouvertes, puis en enchaînant des passages de plus en plus remarqués au Café Oscar ou au Paname Art Café. Doublement récompensé par le prix du jury et celui du public au festival Mont-Blanc d’Humour en 2024, Umut Köker figure désormais parmi les valeurs sûres de la nouvelle génération.

Umut Köker jouera son spectacle « Paradoxe », le vendredi 20 mars à 20 h au théâtre Charcot, dans le cadre du festival Rire à Marcq, qui se déroule du 12 au 21 mars.

Maison de retraite devient aussi une série

Léonie Dahan-Lamort (au premier plan) à l'affiche de pécheresses sur OCS. (c) Empreinte digitale - Ciné+ OCS

Fort du succès des deux premiers films, Kev Adams, coproducteur et coauteur, aurait facilement pu s’embarquer dans un troisième volet de « Maison de retraite », mais il a choisi d’emprunter un autre chemin en déclinant la franchise en une série de six épisodes, qui sera diffusée dès ce lundi 9 mars (21 h 10) sur TF1.

« Un troisième film n’aurait pas eu beaucoup de sens. Ça ne servait à rien d’étirer la relation entre mon personnage et les pensionnaires du foyer Lino Vartan, ça aurait été redondant, estime Kev Adams. On s’est tous dit que ce serait plus intéressant de se recentrer sur l’histoire de chacun des pensionnaires. » Kev Adams a donc volontairement mis son personnage en retrait : « On me voit très peu. Je suis surtout là pour lancer l’intrigue de cette série, où tout le monde va se demander où est passé Milann. »

« On a pris du temps pour l’écriture en ayant à l’esprit cette volonté de rappeler à quel point nos anciens sont importants, que dans chaque vieux il y a un jeune qui se demande ce qu’il s’est passé, et à quel point être vieux, de nos jours, ça peut être rock’n roll, punk, stylé. Je pense qu’il y a quelque chose d’inspirant dans cette série », poursuit-il.

Kev Adams insiste même sur « la chance » que la majeure partie du casting des films ait accepté de poursuivre l’aventure, de Daniel Prévost à Firmine Richard, en passant par Chantal Ladesou, Liliane Rovière, Michel Jonasz, Enrico Macias ou encore Claudette Walker. « Je les remercie, car c’est rare — et peut-être même inédit — de réunir un tel casting à la télévision, avec des acteurs qui pourraient tous porter une série à leur nom. En plus, ça donne une magie dingue à cette série, un mélange de fous rires et d’infinie sensibilité. Je pense que l’on parle du traitement des personnes âgées dans les maisons de retraite avec une vraie modernité. »

La chanteuse Nicoletta a rejoint cette joyeuse troupe, tandis qu’au sein du personnel, Jarry est également toujours au rendez-vous et que l’équipe s’est étoffée avec Stéfi Celma (« Les Profs », « Dix pour cent »), mais aussi quelques nouveaux jeunes venus effectuer des travaux d’intérêt général, qui permettent de jouer sur le choc des générations et d’élargir les thèmes abordés. « Des sujets qui sont extrêmement d’actualité et que l’on traite à travers le prisme de nos anciens », souligne Kev Adams, très impliqué et très attaché à ce projet transgénérationnel.

« Maison de retraite, la série », 6 épisodes de 52 minutes, dès ce lundi 9 mars (21 h 10) sur TF1. Avec Stéfi Celma, Jarry, Chantal Ladesou, Daniel Prévost, Liliane Rovière, Nicoletta, Firmine Richard, Michel Jonasz, Enrico Macias et Kev Adams.