Virtuose des mots, Félix Radu sublime l’amour en chanson

Félix Radu sera au théâtre Sébastopol de Lille le 8 avril. @CLEARAZUR

Dans quelques mois, Félix Radu sera sur la scène mythique de l’Olympia. Non pas pour y jouer son dernier spectacle, mais bien pour y défendre les titres de son album Infini+3, sorti au mois de septembre, avec lesquels il a déjà fait chavirer le Splendid de Lille à deux reprises il y a quelques semaines. « Mon équipe avait programmé une première date pour voir comment ça allait réagir. C’était plein en moins d’une heure, donc on en a mis une deuxième le même jour et c’était également rempli en une heure, se souvient-il. Tout le monde a alors pris la mesure de ce qui était en train de se passer autour de l’album et on a donc vu plus grand. C’est génial. » Voilà comment l’artiste belge va se retrouver une nouvelle fois à Lille, le mercredi 8 avril, mais cette fois dans le prestigieux théâtre Sébastopol.

Découvert comme comédien, le jeune homme, virtuose des mots, a donc ajouté une corde à son arc, en deux temps. « Je faisais des chroniques à la radio qui étaient très nourries de théâtre et, en fait, des gens reprenaient ces textes en y mettant des musiques libres de droit derrière et faisaient des millions de vues, bien plus que mes propres vidéos, explique-t-il. Je me suis donc dit qu’il y avait une musicalité à explorer. J’ai contacté des compositeurs, on a travaillé certaines choses et on m’a proposé de signer un album. Je vois ça comme une continuité, je n’ai pas l’impression d’avoir pris un virage à 360 degrés qui aurait pu perdre mon public ou lui faire dire que je me lançais dans une quête parallèle bizarre. »

La deuxième étape fut de poser sa voix chantée sur cet album : « Initialement, je comptais uniquement faire un album de slam, précise-t-il. On a d’abord exploré ce format, puis j’ai eu envie d’écrire des chansons en duo avec des refrains chantés que je voulais proposer à des artistes que j’aime bien. On m’a demandé d’enregistrer une voix témoin en studio pour gagner du temps. Je l’ai fait sans aucune pression et, quand je suis sorti, les gars m’ont applaudi en me disant qu’ils allaient garder ma voix et on a continué comme ça. J’ai remis mon cartable d’écolier et je suis allé prendre des cours de chant. »

Dans ses chansons, la thématique de l’amour est très présente, avec une volonté de la sublimer : « Plein de choses font partie de notre quotidien mais sont mal faites, estime-t-il. Au point d’en oublier la vraie saveur. Quand on boit du café merdique tous les matins et qu’un jour on nous sert un vrai café de qualité, on est surpris du goût que ça a. L’amour, c’est pareil : on nous le vend sous emballage plastique dans de mauvais films, de mauvaises séries télé, de mauvais livres et on oublie à quel point le véritable amour peut être sublimé par de bons traits d’esprit, de la bonne littérature. J’ai beaucoup lu Alfred de Musset, Victor Hugo, Edmond Rostand. L’amour, avec sa part de drame, de tristesse, peut ne pas être léger, ne pas être simplement physique. On peut parler d’amour de manière élégante, sans être ringard. »

La musique permet-elle de délivrer plus facilement les sentiments les plus forts ? « Pas forcément, on peut autant chialer devant une pièce de théâtre qu’en écoutant un album, poursuit-il. Toutes les formes d’art, même les plus silencieuses comme la sculpture, peuvent provoquer de fortes émotions, mais dans la musique le combat est plus déloyal quand le chanteur, le guitariste, le pianiste et le bassiste s’unissent pour te procurer des émotions. »

L’expérience de la scène dans le théâtre et dans un concert est, en revanche, très différente à ses yeux : « Je suis un comédien qui adore l’improvisation et réinventer ses phrases tous les soirs. J’ai dû apprendre la rigueur : avec la musique, il y a un rythme à respecter. Si tu t’égares une seconde de trop, tu n’es plus raccord avec les musiciens. »

Félix Radu assure néanmoins qu’avec le temps, son spectacle lui ressemble de plus en plus :« Je n’ai pas provoqué un album de musique, il s’est proposé sur ma route, affirme-t-il. Tant que je prends du plaisir et que les idées sont belles, je vais partout, peu importe les cases, et sur scène je me nourris de tout ce que j’ai fait dans ma vie : il y a la poésie de l’écriture, l’humour et l’improvisation du seul-en-scène, beaucoup de théâtralité et désormais de musicalité. »

Félix Radu sera en concert au théâtre Sébastopol de Lille le mercredi 8 avril (20 h).

Laurent Baffie a pleinement réussi à apprivoiser la scène

Laurent Baffie est en tournée avec son dernier spectacle. (c) Sébastien Toubon - Agence 1827 - Paris première

L’édition 2026 du festival Humour en Weppes s’est achevée, ce dimanche à Hantay, avec un onzième spectacle, celui de Laurent Baffie, intitulé « Oh P**** Laurent !! ». Toujours aussi incisif, l’humoriste n’a pas caché son plaisir de jouer dans la région. « Le Nord, c’est un peu notre jardin. Je suis toujours épaté de voir qu’il y a autant de gens qui achètent des billets. Et puis j’aime bien jouer dans des petites villes, dans des villages, ce n’est pas la même ambiance, il y a une vraie proximité avec les gens. »

Un public qu’il n’hésite évidemment pas à malmener affectueusement avec une partie en improvisation dans la salle qui vaut, à elle seule, le déplacement. Étrangement, l’homme n’a toutefois pas toujours été friand de l’exercice. « Pour être franc, j’ai détesté faire mon premier seul-en-scène. J’avais trop le trac, avoue-t-il. Il a fallu que j’apprivoise le “one-man-show”. Au fur et à mesure, ça a été de mieux en mieux. Les gens qui viennent me voir sont des gens qui m’aiment, donc il faut que j’arrête d’en avoir peur. »

Pour la première fois, dans ce qu’il annonce être son dernier spectacle, celui qui a inventé le métier de « sniper » à la télévision française se raconte. « Dire que c’est un spectacle bilan, ça peut faire un peu prétentieux, mais disons que je résume ma vie, ma carrière. Je parle des sujets qui me plaisent comme les chiffres, la zoologie, l’intelligence artificielle, la sexualité… »

Laurent Baffie revient aussi évidemment sur les années Ardisson : « Je parle évidemment de Thierry, je lui rends un petit hommage et je reviens sur des scènes qui ont été coupées au montage. Je suis content de donner une deuxième vie à ces vannes qui n’ont finalement pas existé parce qu’elles étaient un peu trop trash. Le public aime bien connaître ce genre de coulisses et comprend vite pourquoi ça a été coupé au montage. »

Sur scène, Laurent Baffie se permet à peu près tout et innove même en se glissant pour la première fois dans la peau d’un personnage un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un spermatozoïde. Pour le public nordiste, il faudra attendre début 2027 pour le revoir sur scène à Lille, Anzin et Arras, mais l’artiste ne chôme pas avec les interviews qu’il réalise dans l’émission « Coloscopie » sur sa chaîne YouTube, les spectacles qu’il joue à Paris et un peu partout en France ou encore des participations occasionnelles aux « Grosses Têtes » de RTL. L’homme a aussi dans ses tiroirs six ou sept pièces de théâtre déjà écrites, dont l’une pourrait prochainement voir le jour avec Daniel Russo, et aimerait se consacrer à la suite de « Toc Toc ».

Laurent Baffie sera en spectacle au théâtre Sébastopol de Lille le jeudi 14 janvier 2027 (20 h) ; à la Cité des Congrès d’Anzin le vendredi 15 janvier (20 h) ; et le samedi 16 janvier (20 h) au Casino d’Arras.

Umut Köker, un colosse pour tordre le cou aux préjugés

Umut Köker sera l'une des têtes d'affiche du festival Rire à Marcq.

L’édition 2026 du festival Rire à Marcq débute ce jeudi 12 mars au théâtre Charcot, avec un plateau d’artistes (Yazid Assoumani, Lise Dehurtevent et Ethan Lallouz) sélectionnés par Le Point Virgule. Suivront Thaïs Vauquières (vendredi 13), Jessé (samedi 14), Tom Baldetti (jeudi 19), la pièce de théâtre « Dommages » le samedi 21, ainsi qu’Umut Köker, le vendredi 20.

Ce dernier avait déjà donné un aperçu de son talent dans la métropole lilloise le mois dernier, lors d’une soirée du festival Lillarious aux Enfants Terribles à Marquette, aux côtés de quatre autres camarades de jeu (Louis Chappey, Alice Lombard, Alexandra Roth et Rey Mendes).

Cette fois, c’est donc son spectacle complet qu’il jouera au théâtre Charcot. Une occasion de mieux connaître ce colosse au cœur tendre, qui s’amuse des paradoxes en racontant sa vie, ses origines turques et kurdes, et son enfance en banlieue parisienne. « Tout ce que je dis sur scène, c’est du vécu, promet-il, mais chacun peut s’y retrouver. Je parle de transfuge de classe, de couple, d’intimité masculine. Je casse un peu tous les clichés, je m’amuse à les tordre. »

Pour illustrer son propos, Umut Köker s’appuie déjà sur son physique, qui ne colle pas toujours à son caractère, ou sur son parcours de gamin de quartier ayant fini avec un bac+5 en poche.

Ce n’est d’ailleurs que six mois avant son examen final de master et l’obtention de son diplôme d’UX Designer (concepteur graphique) qu’il a fait sa première scène : « Je suis tombé amoureux de ce métier et je me suis donc demandé si j’aimais vraiment ce que je faisais jusque-là, si j’avais envie de rester assis sur un fauteuil derrière un bureau toute la journée, et, en fait, cette idée ne me plaisait pas trop », avoua-t-il.

L’homme s’est donc lancé dans l’aventure, en multipliant les scènes ouvertes, puis en enchaînant des passages de plus en plus remarqués au Café Oscar ou au Paname Art Café. Doublement récompensé par le prix du jury et celui du public au festival Mont-Blanc d’Humour en 2024, Umut Köker figure désormais parmi les valeurs sûres de la nouvelle génération.

Umut Köker jouera son spectacle « Paradoxe », le vendredi 20 mars à 20 h au théâtre Charcot, dans le cadre du festival Rire à Marcq, qui se déroule du 12 au 21 mars.

Maison de retraite devient aussi une série

Léonie Dahan-Lamort (au premier plan) à l'affiche de pécheresses sur OCS. (c) Empreinte digitale - Ciné+ OCS

Fort du succès des deux premiers films, Kev Adams, coproducteur et coauteur, aurait facilement pu s’embarquer dans un troisième volet de « Maison de retraite », mais il a choisi d’emprunter un autre chemin en déclinant la franchise en une série de six épisodes, qui sera diffusée dès ce lundi 9 mars (21 h 10) sur TF1.

« Un troisième film n’aurait pas eu beaucoup de sens. Ça ne servait à rien d’étirer la relation entre mon personnage et les pensionnaires du foyer Lino Vartan, ça aurait été redondant, estime Kev Adams. On s’est tous dit que ce serait plus intéressant de se recentrer sur l’histoire de chacun des pensionnaires. » Kev Adams a donc volontairement mis son personnage en retrait : « On me voit très peu. Je suis surtout là pour lancer l’intrigue de cette série, où tout le monde va se demander où est passé Milann. »

« On a pris du temps pour l’écriture en ayant à l’esprit cette volonté de rappeler à quel point nos anciens sont importants, que dans chaque vieux il y a un jeune qui se demande ce qu’il s’est passé, et à quel point être vieux, de nos jours, ça peut être rock’n roll, punk, stylé. Je pense qu’il y a quelque chose d’inspirant dans cette série », poursuit-il.

Kev Adams insiste même sur « la chance » que la majeure partie du casting des films ait accepté de poursuivre l’aventure, de Daniel Prévost à Firmine Richard, en passant par Chantal Ladesou, Liliane Rovière, Michel Jonasz, Enrico Macias ou encore Claudette Walker. « Je les remercie, car c’est rare — et peut-être même inédit — de réunir un tel casting à la télévision, avec des acteurs qui pourraient tous porter une série à leur nom. En plus, ça donne une magie dingue à cette série, un mélange de fous rires et d’infinie sensibilité. Je pense que l’on parle du traitement des personnes âgées dans les maisons de retraite avec une vraie modernité. »

La chanteuse Nicoletta a rejoint cette joyeuse troupe, tandis qu’au sein du personnel, Jarry est également toujours au rendez-vous et que l’équipe s’est étoffée avec Stéfi Celma (« Les Profs », « Dix pour cent »), mais aussi quelques nouveaux jeunes venus effectuer des travaux d’intérêt général, qui permettent de jouer sur le choc des générations et d’élargir les thèmes abordés. « Des sujets qui sont extrêmement d’actualité et que l’on traite à travers le prisme de nos anciens », souligne Kev Adams, très impliqué et très attaché à ce projet transgénérationnel.

« Maison de retraite, la série », 6 épisodes de 52 minutes, dès ce lundi 9 mars (21 h 10) sur TF1. Avec Stéfi Celma, Jarry, Chantal Ladesou, Daniel Prévost, Liliane Rovière, Nicoletta, Firmine Richard, Michel Jonasz, Enrico Macias et Kev Adams.

L’humour coule de source avec Rey Mendes

Après un passage dans un plateau d'artistes à Lillarious, Rey Mendes revient avec son spectacle complet le 13 mars au Spotlight (c) Alexis Delespierre

Les adeptes des rendez-vous d’humour de la région l’ont probablement déjà vu à l’œuvre. Que ce soit au sein de la troupe du Jamel Comedy Club, l’an passé au Zénith de Lille, ou en ce début d’année avec quelques camarades sur un plateau du festival Lillarious aux Enfants Terribles à Marquette, Rey Mendes a déjà eu plusieurs occasions de faire rire le public du Nord.

Si ses passages vous ont mis en appétit mais que vous avez trouvé qu’il y avait un petit goût de trop peu, alors l’heure est venue d’aller voir son spectacle complet, intitulé « La Source », le vendredi 13 mars au Spotlight.

L’occasion d’en savoir davantage sur le parcours d’un jeune homme qui a fait ses premières armes dans sa ville d’Évreux, en Normandie. « Très tôt, que ce soit dans la famille, à l’école ou dans le quartier, je suis celui qui fait des blagues. Un professeur au collège m’avait dit que je maîtrisais le sarcasme et l’ironie », se souvient-il. « Lorsque j’ai vu le Jamel Comedy Club à la télévision, ça a mis une petite graine dans mon cerveau. »

Rey Mendes était pourtant loin de se douter que quelques années plus tard, il en deviendrait un membre éminent. « Le vrai déclic a eu lieu lors d’un événement de hip-hop organisé à Évreux. J’avais été pris comme speaker et j’ai réussi à faire rire les gens, je me suis senti à l’aise. J’ai alors commencé à prendre plein de notes dans mon téléphone pour avoir une base si je faisais un jour du stand-up, et il y a des choses de cette époque qui sont désormais dans mon spectacle. »

Un show qu’en montant à Paris, il a d’abord rôdé dans des « trempoints », des tremplins d’humour au Point-Virgule, vers lesquels l’avait orienté Antoinette Colin, la directrice artistique de l’établissement.

« Dans mon spectacle, je raconte tout ce parcours. Il y a beaucoup de vécu : ma vie de couple, le fait d’être papa. J’aime bien aussi revisiter l’actu. Et puis il y a une partie non écrite, de l’interaction avec le public, que j’apprécie aussi beaucoup. »

« La Source », un spectacle de Rey Mendes, le vendredi 13 mars (21 h) au Spotlight à Lille.