Didier Wampas trace toujours sa route loin des sentiers battus

Les Wampas seront à Lille le jeudi 9 avril pour des dédicaces à la Fnac et un concert à l'Aéronef. (c) Mathieu EZAN

Traverser les décennies et les générations à une époque où l’on a vite fait de consommer et de passer à autre chose n’est pas la moindre des performances. Les Wampas font partie de cette caste restreinte. Leur quinzième album, « Où va nous ? », est sorti début février et le groupe sera d’ailleurs à la Fnac de Lille le jeudi 9 avril (17 h 30) pour le dédicacer avant d’enchaîner, dans la soirée, avec un concert à l’Aéronef.

Didier, le chanteur du groupe, est lui aussi une sorte d’ovni dans le paysage musical. Lui qui assure ne jamais avoir changé de mode de fonctionnement depuis ses débuts et qui ne semble pas perturbé par les transformations de l’industrie musicale. « Je suis heureux d’être toujours là à faire des chansons, des concerts, c’était mon rêve de gamin de 15 ans. Après, que ce soit diffusé en vinyle, en CD ou en streaming, je m’en fous complètement, assure-t-il. Il y aura toujours des gens qui voudront faire de la musique, d’autres qui voudront en écouter et d’autres encore qui feront en sorte de mettre les deux en relation. »

L’artiste affirme même n’avoir jamais eu le moindre stress à l’heure de préparer un nouvel album. « Je prends ma guitare, je fais des chansons en yaourt et après je mets des paroles dessus. Le plus difficile, c’est d’écrire de bonnes chansons, d’en avoir une quinzaine qui tiennent la route. »

Trouver de nouvelles thématiques au bout de quarante ans et des centaines de chansons n’est visiblement pas un problème : « J’ai vraiment l’impression de ne pas avoir dit grand-chose, ni fait grand-chose. Je n’ai pas l’impression d’être au bout de quelque chose. J’ai vraiment l’impression d’être au début tout le temps, confie-t-il. En plus, je ne fais pas d’album concept : toutes les chansons parlent de choses très différentes. Il n’y a pas de fil conducteur ou alors, s’il y en a un, ce n’est pas conscient, c’est qu’il est quelque part au fond de moi. »

Si la composition du groupe a plusieurs fois évolué, l’état d’esprit, lui, n’a pas changé. « On a forcément évolué, nos chansons avec nous, mais dans le fond c’est pareil. Si je continue à faire les Wampas, c’est pour faire la musique que j’aime, pas du reggae ou de l’électro. Le rock’n roll, pour moi, c’est ne pas se prendre la tête, ne pas se prendre au sérieux, insiste-t-il. Pour tout vous dire, si j’étais seul, je pourrais me contenter de mes morceaux enregistrés à l’iPhone. »

Didier Wampas reconnaît toutefois que l’enregistrement en live en studio est une valeur ajoutée : « C’est quand même mieux d’être tous les cinq dans une pièce à jouer, plus près du live. On gagne en énergie, ce qu’on perd peut-être en précision. Bob Dylan disait que ça le faisait chier de bosser les disques, qu’aucun de ses albums ne sonnait super bien, mais que ce n’était pas grave. J’ai la même sensation : aucun album ne sonne exactement comme je le voudrais mais au moins ça donne à chaque fois envie d’en faire un autre. »

Le grand plaisir des Wampas reste surtout de monter sur scène, où ils ne sont pas avares en énergie : « Ça devient parfois un peu dur, d’autant que je ne fais pas de préparation. Je ne me chauffe même pas la voix avant de monter sur scène, avoue-t-il. Je me demande parfois comment on tient le choc, mais je donne tout à chaque concert et, à chaque fois, je ressors de scène totalement lessivé. »

Ravi de retrouver la chaleur du public du Nord, Didier Wampas continue donc de tracer sa route en prenant toujours soin de sortir des sentiers battus. « Ça m’amuse et je suis même étonné qu’il n’y ait pas plus d’artistes comme moi. Je trouve que beaucoup ne prennent pas de risques : ils sont un peu embourgeoisés, ne pensent qu’à leur petite carrière et ne se mettent jamais en danger. J’en parle d’ailleurs dans ma chanson “Anarchiste intermittent”, où je me moque un peu de ces groupes qui se disent un peu anarchistes mais qui viennent, à la fin du mois, toucher leur intermittence. Là, ça ne les dérange pas de se faire payer par Macron pour faire de la musique. »

Les Wampas en dédicace de leur dernier album « Où va nous ? », le jeudi 9 avril (18 h) à la Fnac de Lille, et en concert le soir même (20 h) à l’Aéronef, avec Laurie Wright en première partie.

Ici tout commence, un riche terrain de jeu pour Julie Sassoust, Zoï Séverin et Gabriel Réhsé

Julie Sassoust, Gabriel Réhsé et Zoï Séverin sont venus à la rencontre des fans lillois d'Ici tout commence

Trois comédiens d’Ici Tout Commence, l’une des séries quotidiennes de TF1, Julie Sassoust (qui incarne Anaïs), Zoï Séverin (Jasmine) et Gabriel Réhsé (Milan), étaient présents, il y a quelques jours, au Festival Séries Mania pour une rencontre avec leurs fans lillois. Ces derniers ne se doutaient alors pas qu’ils seraient tous les trois, dans la foulée, au cœur d’une intrigue qui risque de créer du remue-ménage au sein de l’Institut Auguste Armand. Euphorique après un succès dans une épreuve de cuisine, Jasmine a en effet embrassé Milan, le petit ami d’Anaïs. Ce dernier lui a rendu son baiser. Quelles conséquences aura cet acte sur le couple et sur chacun des personnages ? En attendant de le découvrir lors des prochains épisodes, Planète Lille les a interrogés sur la façon dont ils avaient vécu l’évolution de leur personnage depuis les débuts, sur leurs liens avec les fans et sur leurs aspirations pour les arches à venir…

Julie Sassoust (Anaïs Grimbert)

L’évolution :« Les scénaristes m’ont fait beaucoup de super cadeaux. Le chemin parcouru par Anaïs durant toutes ces années a permis d’amener différentes couleurs au niveau du jeu, de travailler différemment. Après avoir commencé comme simple élève, elle est devenue cheffe du restaurant d’application, le Double A, et elle est désormais directrice de l’institut. Ce sont beaucoup de responsabilités pour une jeune femme de 24 ans, mais elle doit y faire face avec autorité. En même temps, elle a cette vulnérabilité face à des élèves qui sont ses amis, ses collègues, ses colocataires, son copain… À chaque fois, je pense avoir fait le tour, mais les auteurs trouvent toujours de nouvelles choses à explorer. Je suis très reconnaissante d’avoir pu aborder autant de sujets différents. »

Le lien avec les fans : « C’est chouette de pouvoir échanger avec eux, d’avoir leurs retours et leurs impressions par rapport aux arches, à ce qui se passe dans la série. Mais au départ, c’est vrai que c’était quand même un peu déstabilisant. C’est aussi différent en fonction de l’attachement qu’ont les gens aux différents personnages. Je me suis rendue compte, à une époque où Anaïs était en couple avec Lisandro et où il y avait les histoires autour de son enfant, que c’était important pour les fans de la série. Pour la plupart des gens, on est Anaïs, Jasmine et Milan, mais il y a des gens qui suivent nos parcours, qui nous ont découverts dans Ici Tout Commence et qui regardent aussi ce que l’on fait d’autre. J’ai encore pu le constater récemment avec les retours que j’ai pu avoir pour la série « Le Diplôme ». »

Les envies : « Anaïs a déjà traversé beaucoup de choses. On l’a beaucoup vue à l’écran ces derniers temps. Ce que j’aimerais voir davantage, c’est sa vulnérabilité, que l’on a sentie avec son rôle de directrice, alors qu’en tant que cheffe, elle est beaucoup dans le contrôle : elle sait exactement ce qu’elle fait. »

Gabriel Réhsé (Milan Hemery)

L’évolution : « Milan a fait une entrée assez remarquée avec ce côté bad boy sorti de prison. C’était intéressant à jouer, mais c’est vrai que dans le format d’une quotidienne, il faut être dans une quête permanente d’évolution, donner à manger déjà à soi-même pour ne pas rentrer dans une forme de mécanique, mais aussi à la production et aux scénaristes pour qu’ils aient d’autres idées, des perspectives pour le personnage. C’était important pour moi d’amener assez vite le côté sensible, émotionnel que l’on ne percevait pas au départ. Il fallait développer cette relation qui est née assez rapidement avec Anaïs, en parallèle des colères et de l’agressivité. »

Le lien avec les fans : « Je me souviens que la première fois qu’on m’a appelé Milan dans la rue, je n’ai pas réagi : je n’avais pas compris que c’était moi qu’on appelait. C’est assez perturbant au début, car il y a des gens qui ne connaissent pas notre vrai prénom. Quand je suis arrivé, mon personnage était très dur avec Enzo et Victoire, donc les fans étaient méfiants vis-à-vis de Milan. À partir du moment où il y a eu cette relation au sein de la colocation avec Jasmine et Naël, ça a tout changé. On a vu le côté paternel, la douceur, et du coup c’était intéressant de voir le changement de rapport avec les gens au fil des épisodes diffusés et de ce que je jouais. »

Les envies : « On sait que les scénaristes trouvent toujours des moyens de nous surprendre, il y a plein de belles choses qui arrivent, mais ce serait bien de le mettre en relation avec des personnages avec lesquels il n’était pas trop en contact jusque-là, de s’éloigner un peu des histoires qui tournent autour du couple avec Anaïs. »

Zoï Séverin (Jasmine Kasmi)

L’évolution : « Je crois que le mot “grandir” est celui qui convient le mieux pour évoquer l’évolution de Jasmine. Je trouve qu’elle a vraiment mûri et accepté son rôle de mère. Elle a appris sur sa bipolarité, sur ses envies. Mon personnage a vécu tellement de choses en cinq ans, j’ai eu tellement de couleurs de jeu à défendre. »

Le lien avec les fans :« C’est vrai qu’on fait un peu partie de leur vie. C’était un peu perturbant au début, quand les gens nous accostaient dans la rue et nous appelaient par le prénom de nos personnages, mais on se rend vite compte qu’il y a beaucoup d’amour. C’est très agréable d’aller à la rencontre du public, d’échanger, alors qu’en télévision, forcément, on n’a pas ce rapport direct avec les gens que l’on peut avoir au théâtre. »

Les envies : « Je pense que ça ferait du bien à Jasmine d’avoir un peu de stabilité après tout ce qui lui est arrivé, mais en tant que Zoï, la comédienne, je souhaite qu’il lui arrive de nouvelles catastrophes. J’avais adoré jouer l’arche de l’accident de train, d’autant que nous avions tourné de nuit, dans des conditions différentes de ce que l’on avait l’habitude de faire durant l’année. »

Ici tout commence, à suivre du lundi au vendredi à 18 h 30 sur TF1.

Gérard Jugnot : « J’aime que le cinéma ce soit la vie en mieux »

Gérard Jugnot a, cette fois, sollicité Philippe Lacheau pour venir jouer dans son film. © JM Leroy - MES Productions-TF1 Films Productions-Malec Productions

Que ce soit comme comédien (Les Bronzés, Le Père Noël est une ordure, Papy fait de la résistance, Les Choristes, Pinot simple flic, Babysitting…) ou comme réalisateur (Une époque formidable, Scout toujours, Meilleur espoir féminin, Monsieur Batignole…), Gérard Jugnot est l’une des figures du cinéma français depuis plus de cinquante ans. Son dernier film, Mauvaise pioche, qu’il a réalisé et dans lequel il joue aux côtés d’une pléiade de grands noms (Thierry Lhermitte, Philippe Lacheau, Jean-Pierre Darroussin, Michèle Laroque…), est sorti en salle ce mercredi 1er avril.

Gérard, l’affaire Dupont de Ligonnès a déjà beaucoup été exploitée en fiction. À quel moment avez-vous décidé d’aller chercher la petite histoire dans la grande histoire ?
« Je n’avais rien de spécial à dire sur ce monstre. Est-ce qu’il est toujours vivant ? J’ai mon avis là-dessus, mais ça relève d’une discussion de café. En plus, à moins de tendre vers l’humour noir, on ne fait pas une comédie avec ça, et ce n’est pas mon genre de film. En revanche, quand j’ai entendu l’histoire de ce pauvre type, Guy Joao, que l’on a pris pour Xavier Dupont de Ligonnès, ça m’a intéressé de voir comment cela peut arriver à un type ordinaire et comment sa vie peut exploser du jour au lendemain. »

Vous traitez des conséquences de cette erreur judiciaire sur son quotidien, mais vous avez aussi imaginé la façon dont il allait rebondir une fois son innocence reconnue…
« On avait commencé à travailler dessus en 2021, un peu après la mort de Guy Joao. Il y avait l’idée de ce policier totalement obsédé par l’affaire, qu’incarne Jean-Pierre Darroussin, mais aussi de ce flic un peu ripou joué par Philippe Lacheau. C’était plutôt pas mal, mais ce n’était pas aussi bien que ce que je voulais. Du coup, je suis parti sur d’autres projets, et puis un jour, j’ai repensé à ce qu’on avait déjà écrit avec Frédéric Hazan, et on s’est remis au travail avec le producteur Marc-Étienne Schwartz. On savait qu’on ne voulait pas faire une heure et demie sur la bavure policière et le temps qu’ils se rendent compte que ce n’était pas lui. On a eu cette envie de lui donner une espèce de revanche, qu’il sorte de ce cauchemar par le haut. J’aime bien que le cinéma, ce soit la vie en mieux. »

Vous avez décidé aussi de souligner l’emballement policier et médiatique ?
« On avait des options de vengeance contre le policier, mais ce n’était pas bien de s’en prendre à une seule personne : il valait mieux s’attaquer à des systèmes, que ce soit dans la police ou les médias, avec certains journalistes de chaînes d’information en continu, des pseudo-experts, des influenceurs qui feraient tous mieux de se taire. Dans une comédie, forcément, on ne prend pas les meilleurs de chaque profession. Après, je décris aussi des flics qui tempèrent l’emballement général en rappelant que ça fait plusieurs fois qu’ils se trompent et qu’ils passent pour des cons. L’erreur est humaine, mais le principe de précaution et les excuses le sont aussi, et ça passe malheureusement souvent à la trappe. Jusqu’à sa mort, Guy Joao a attendu des excuses qu’il n’a jamais eues, mais comme le dit le personnage de Reem Kherici dans le film : “On est là pour informer, pas pour s’excuser.” Après, on a dit que Guy Joao était mort de ça. Visiblement, il était surtout malade, mais forcément, ça n’a rien arrangé. »

Vous avez réussi à réunir un casting de choix avec des acteurs et actrices qui ont compté à différents moments de votre carrière ?
« Oui, il n’y a que Jean-Pierre Darroussin avec qui je n’avais jamais joué. Mais avec Zabou et Laurent Gamelon, on avait fait une pièce ensemble,
Popkins de Murray Schisgal, il y a quarante ans. Michèle Laroque, avec qui j’ai été marié plusieurs fois au cinéma ; Thierry Lhermitte, auquel j’ai pris plaisir à confier ce rôle d’ami pas très fidèle ; sans oublier François Morel, et puis plus récemment des gens comme Reem Kherici, Charlotte Gabris et Philippe Lacheau. C’était top, car j’avais l’impression d’organiser un grand goûter d’anniversaire où tous mes copains viennent jouer. On a donc fait en sorte de donner à manger à chaque personnage, même sur des rôles moins importants, car je sais qu’il n’y a rien de pire pour un comédien que de venir passer les plats et de s’ennuyer. Je crois d’ailleurs que le générique de fin montre que tout le monde s’est bien amusé. »

Parlez-nous de cette relation presque filiale qui vous unit à Philippe Lacheau ?
« Il était venu me chercher pour
Babysitting car ils avaient besoin d’un petit nom pour monter leur film. Le scénario était très bon, je leur ai fait confiance, et j’ai eu raison, car ils ont, lui et sa bande, un talent fou. Ce sont des bosseurs, des gens simples. Depuis, je suis un peu leur mascotte, et il est hors de question qu’ils fassent un film sans que je sois dedans, même pour un petit clin d’œil (rires). À l’époque, il avait besoin d’un ancien ; là, j’avais besoin d’un jeune, donc j’ai sollicité Philippe. Il a dit oui tout de suite, il a accepté de sortir de sa zone de confort. C’est un mec que j’adore. »

Mauvaise pioche, de Gérard Jugnot, en salle depuis ce mercredi 1er avril. Avec Gérard Jugnot, Philippe Lacheau, Jean-Pierre Darroussin, Thierry Lhermitte, Michèle Laroque, Charlotte Gabris, François Morel…

Lucas de Oliveira : « Le plateau, c’est comme un grand bac à sable »

Lucas de Oliveira, membre du Studio 8 de l'école du Nord.

Planète Lille a décidé d’aller à la rencontre des élèves du Studio 8 de l’École du Nord, rattachée au Théâtre du Nord à Lille. Chaque mois, jusqu’à la fin de leur cursus, en juin 2027, nous vous présenterons l’un(e) de ces dix-neuf artistes en herbe. Quatrième rendez-vous avec Lucas de Oliveira

On n’ira pas jusqu’à dire qu’il est l’enfant du pays, mais, originaire de Beauvais, Lucas de Oliveira est le seul représentant des Hauts-de-France de la promotion. Pendant quatre ans, c’est pourtant à Paris qu’il est allé apprendre le métier, après son baccalauréat, au sein du Studio Muller.

À l’époque, le jeune homme s’imaginait plutôt acteur de cinéma que de théâtre. Dans ses bagages, il avait déjà de nombreuses années de théâtre d’improvisation, une discipline commencée alors qu’il n’avait que cinq ans, pour faire comme ses grands frères. « Monter sur scène a toujours été un immense plaisir, un lieu de rigolade », assure-t-il.

Avant de rejoindre l’École du Nord à Lille, Lucas de Oliveira a aussi eu l’opportunité de prendre part à quelques spectacles, notamment « La Guerre de l’eau », une création de Rémi de Vos, ou encore à un spectacle de cabaret de quatre heures baptisé « Sortir de la nuit ».

Habitué à sortir un peu du cadre, le jeune homme reconnaît avoir connu quelques montagnes russes émotionnelles depuis son arrivée au Studio 8 : « On m’avait dit que le fait de venir de l’improvisation allait être une force au début, puis que ça allait devenir un problème avant de redevenir une force, et c’est exactement ce qui s’est passé, indique-t-il. Je ne suis pas quelqu’un de stressé, j’ai même plutôt hâte et envie d’aller au plateau, donc ça m’a permis de ne pas me mettre, dans un premier temps, trop de pression dans le travail. Mais ensuite, lorsque c’était demandé, j’ai eu du mal à trouver la notion de cadre. Ça a été compliqué jusqu’à ce que j’arrive à manier les deux. »

Lucas de Oliveira estime avoir réussi à désacraliser le plateau : « Pour moi, c’est une sorte de grand bac à sable pour jouer, précise-t-il. Le fait d’être à fond, d’y aller sans trop me poser de questions est, je pense, l’une de mes qualités. À un moment, on m’avait même parlé de faire du stand-up, d’autant que j’ai un grand frère qui écrit pour certains humoristes, mais je n’ai pas voulu en rajouter. J’adore le stand-up, mais j’ai vraiment envie d’être avant tout comédien. J’ai même mis l’improvisation de côté, au moins durant mes années à l’École du Nord. »

Ravi de multiplier les projets, « même si cela peut parfois avoir un côté vertigineux », il aimerait avoir le don de bien chanter, mais c’est surtout à l’écriture qu’il souhaite se consacrer davantage. « Je m’y suis aventuré lors de certains stages et cela m’a plu, confesse-t-il. On a parfois des intervenants qui nous proposent des cartes blanches ; cela avait été le cas avec Armel Roussel, et j’ai pris un vrai plaisir à écrire des choses qui sortent de ma tête et de mon cœur. »

« A priori », une deuxième saison en hommage à Bruno Salomone

Florent Manaudou tient son premier grand rôle, aux côtés de Lucia Passaniti. (c) Fabien Malot - AMSTO - France Télévisions

Figure marquante de la série A priori, Bruno Salomone est malheureusement décédé avant même la diffusion des premiers épisodes de la deuxième saison, ce mardi 31 mars sur France 3. « Le timing est un peu fou : le tournage de la saison 2 avait déjà été particulier, mais on va dire que c’est une façon de lui rendre hommage, de lui dire un dernier au revoir », confie avec émotion la comédienne Lucia Passaniti.

Celle-ci retrouve dans cette nouvelle saison son personnage d’Iris Villeneuve, qui n’est donc plus une jeune flic tout juste sortie de l’école : « On avait quitté Iris sacrément chamboulée, en se demandant qui était vraiment son père, rappelle-t-elle. Elle avait bâti des murs tellement hauts que personne ne pouvait entrer dans sa bulle, elle n’était pas dans l’affect. »

L’arrivée d’un nouvel équipier, Jim, incarné par Florent Manaudou, va rebattre les cartes. « Il va continuer à la bousculer, la pousser à réfléchir à ce qu’elle pensait être son fonctionnement, enquêter sur qui elle est vraiment. C’est un beau chemin de femme à jouer. »

Entre les deux partenaires, un véritable lien va s’installer, au-delà même de la relation professionnelle. « Elle a un caractère fort et elle va donc prendre le leadership de leur duo, mais lui, ça ne le dérange visiblement pas trop de la laisser la guider. »

Sur le plateau, Lucia Passaniti a également accompagné les premiers pas de Florent Manaudou dans un premier rôle. Le nageur, qui n’a toujours pas officiellement annoncé sa retraite sportive, continue ainsi de multiplier les aventures artistiques. Après quelques petits rôles et un joli parcours dans l’émission Danse avec les stars, il s’avère tout à fait crédible devant la caméra. « Il est très humble, il était à l’écoute, en demande de conseils, apprécie-t-elle. On a essayé de le mettre à l’aise. »

« A priori », deux premiers épisodes de la saison 2, ce mardi 31 mars (21 h 10) sur France 3, avec Lucia Passaniti et Florent Manaudou.