Laurent Baffie a pleinement réussi à apprivoiser la scène

Laurent Baffie est en tournée avec son dernier spectacle. (c) Sébastien Toubon - Agence 1827 - Paris première

L’édition 2026 du festival Humour en Weppes s’est achevée, ce dimanche à Hantay, avec un onzième spectacle, celui de Laurent Baffie, intitulé « Oh P**** Laurent !! ». Toujours aussi incisif, l’humoriste n’a pas caché son plaisir de jouer dans la région. « Le Nord, c’est un peu notre jardin. Je suis toujours épaté de voir qu’il y a autant de gens qui achètent des billets. Et puis j’aime bien jouer dans des petites villes, dans des villages, ce n’est pas la même ambiance, il y a une vraie proximité avec les gens. »

Un public qu’il n’hésite évidemment pas à malmener affectueusement avec une partie en improvisation dans la salle qui vaut, à elle seule, le déplacement. Étrangement, l’homme n’a toutefois pas toujours été friand de l’exercice. « Pour être franc, j’ai détesté faire mon premier seul-en-scène. J’avais trop le trac, avoue-t-il. Il a fallu que j’apprivoise le “one-man-show”. Au fur et à mesure, ça a été de mieux en mieux. Les gens qui viennent me voir sont des gens qui m’aiment, donc il faut que j’arrête d’en avoir peur. »

Pour la première fois, dans ce qu’il annonce être son dernier spectacle, celui qui a inventé le métier de « sniper » à la télévision française se raconte. « Dire que c’est un spectacle bilan, ça peut faire un peu prétentieux, mais disons que je résume ma vie, ma carrière. Je parle des sujets qui me plaisent comme les chiffres, la zoologie, l’intelligence artificielle, la sexualité… »

Laurent Baffie revient aussi évidemment sur les années Ardisson : « Je parle évidemment de Thierry, je lui rends un petit hommage et je reviens sur des scènes qui ont été coupées au montage. Je suis content de donner une deuxième vie à ces vannes qui n’ont finalement pas existé parce qu’elles étaient un peu trop trash. Le public aime bien connaître ce genre de coulisses et comprend vite pourquoi ça a été coupé au montage. »

Sur scène, Laurent Baffie se permet à peu près tout et innove même en se glissant pour la première fois dans la peau d’un personnage un peu particulier, puisqu’il s’agit d’un spermatozoïde. Pour le public nordiste, il faudra attendre début 2027 pour le revoir sur scène à Lille, Anzin et Arras, mais l’artiste ne chôme pas avec les interviews qu’il réalise dans l’émission « Coloscopie » sur sa chaîne YouTube, les spectacles qu’il joue à Paris et un peu partout en France ou encore des participations occasionnelles aux « Grosses Têtes » de RTL. L’homme a aussi dans ses tiroirs six ou sept pièces de théâtre déjà écrites, dont l’une pourrait prochainement voir le jour avec Daniel Russo, et aimerait se consacrer à la suite de « Toc Toc ».

Laurent Baffie sera en spectacle au théâtre Sébastopol de Lille le jeudi 14 janvier 2027 (20 h) ; à la Cité des Congrès d’Anzin le vendredi 15 janvier (20 h) ; et le samedi 16 janvier (20 h) au Casino d’Arras.

Umut Köker, un colosse pour tordre le cou aux préjugés

Umut Köker sera l'une des têtes d'affiche du festival Rire à Marcq.

L’édition 2026 du festival Rire à Marcq débute ce jeudi 12 mars au théâtre Charcot, avec un plateau d’artistes (Yazid Assoumani, Lise Dehurtevent et Ethan Lallouz) sélectionnés par Le Point Virgule. Suivront Thaïs Vauquières (vendredi 13), Jessé (samedi 14), Tom Baldetti (jeudi 19), la pièce de théâtre « Dommages » le samedi 21, ainsi qu’Umut Köker, le vendredi 20.

Ce dernier avait déjà donné un aperçu de son talent dans la métropole lilloise le mois dernier, lors d’une soirée du festival Lillarious aux Enfants Terribles à Marquette, aux côtés de quatre autres camarades de jeu (Louis Chappey, Alice Lombard, Alexandra Roth et Rey Mendes).

Cette fois, c’est donc son spectacle complet qu’il jouera au théâtre Charcot. Une occasion de mieux connaître ce colosse au cœur tendre, qui s’amuse des paradoxes en racontant sa vie, ses origines turques et kurdes, et son enfance en banlieue parisienne. « Tout ce que je dis sur scène, c’est du vécu, promet-il, mais chacun peut s’y retrouver. Je parle de transfuge de classe, de couple, d’intimité masculine. Je casse un peu tous les clichés, je m’amuse à les tordre. »

Pour illustrer son propos, Umut Köker s’appuie déjà sur son physique, qui ne colle pas toujours à son caractère, ou sur son parcours de gamin de quartier ayant fini avec un bac+5 en poche.

Ce n’est d’ailleurs que six mois avant son examen final de master et l’obtention de son diplôme d’UX Designer (concepteur graphique) qu’il a fait sa première scène : « Je suis tombé amoureux de ce métier et je me suis donc demandé si j’aimais vraiment ce que je faisais jusque-là, si j’avais envie de rester assis sur un fauteuil derrière un bureau toute la journée, et, en fait, cette idée ne me plaisait pas trop », avoua-t-il.

L’homme s’est donc lancé dans l’aventure, en multipliant les scènes ouvertes, puis en enchaînant des passages de plus en plus remarqués au Café Oscar ou au Paname Art Café. Doublement récompensé par le prix du jury et celui du public au festival Mont-Blanc d’Humour en 2024, Umut Köker figure désormais parmi les valeurs sûres de la nouvelle génération.

Umut Köker jouera son spectacle « Paradoxe », le vendredi 20 mars à 20 h au théâtre Charcot, dans le cadre du festival Rire à Marcq, qui se déroule du 12 au 21 mars.

Maison de retraite devient aussi une série

Léonie Dahan-Lamort (au premier plan) à l'affiche de pécheresses sur OCS. (c) Empreinte digitale - Ciné+ OCS

Fort du succès des deux premiers films, Kev Adams, coproducteur et coauteur, aurait facilement pu s’embarquer dans un troisième volet de « Maison de retraite », mais il a choisi d’emprunter un autre chemin en déclinant la franchise en une série de six épisodes, qui sera diffusée dès ce lundi 9 mars (21 h 10) sur TF1.

« Un troisième film n’aurait pas eu beaucoup de sens. Ça ne servait à rien d’étirer la relation entre mon personnage et les pensionnaires du foyer Lino Vartan, ça aurait été redondant, estime Kev Adams. On s’est tous dit que ce serait plus intéressant de se recentrer sur l’histoire de chacun des pensionnaires. » Kev Adams a donc volontairement mis son personnage en retrait : « On me voit très peu. Je suis surtout là pour lancer l’intrigue de cette série, où tout le monde va se demander où est passé Milann. »

« On a pris du temps pour l’écriture en ayant à l’esprit cette volonté de rappeler à quel point nos anciens sont importants, que dans chaque vieux il y a un jeune qui se demande ce qu’il s’est passé, et à quel point être vieux, de nos jours, ça peut être rock’n roll, punk, stylé. Je pense qu’il y a quelque chose d’inspirant dans cette série », poursuit-il.

Kev Adams insiste même sur « la chance » que la majeure partie du casting des films ait accepté de poursuivre l’aventure, de Daniel Prévost à Firmine Richard, en passant par Chantal Ladesou, Liliane Rovière, Michel Jonasz, Enrico Macias ou encore Claudette Walker. « Je les remercie, car c’est rare — et peut-être même inédit — de réunir un tel casting à la télévision, avec des acteurs qui pourraient tous porter une série à leur nom. En plus, ça donne une magie dingue à cette série, un mélange de fous rires et d’infinie sensibilité. Je pense que l’on parle du traitement des personnes âgées dans les maisons de retraite avec une vraie modernité. »

La chanteuse Nicoletta a rejoint cette joyeuse troupe, tandis qu’au sein du personnel, Jarry est également toujours au rendez-vous et que l’équipe s’est étoffée avec Stéfi Celma (« Les Profs », « Dix pour cent »), mais aussi quelques nouveaux jeunes venus effectuer des travaux d’intérêt général, qui permettent de jouer sur le choc des générations et d’élargir les thèmes abordés. « Des sujets qui sont extrêmement d’actualité et que l’on traite à travers le prisme de nos anciens », souligne Kev Adams, très impliqué et très attaché à ce projet transgénérationnel.

« Maison de retraite, la série », 6 épisodes de 52 minutes, dès ce lundi 9 mars (21 h 10) sur TF1. Avec Stéfi Celma, Jarry, Chantal Ladesou, Daniel Prévost, Liliane Rovière, Nicoletta, Firmine Richard, Michel Jonasz, Enrico Macias et Kev Adams.

L’humour coule de source avec Rey Mendes

Après un passage dans un plateau d'artistes à Lillarious, Rey Mendes revient avec son spectacle complet le 13 mars au Spotlight (c) Alexis Delespierre

Les adeptes des rendez-vous d’humour de la région l’ont probablement déjà vu à l’œuvre. Que ce soit au sein de la troupe du Jamel Comedy Club, l’an passé au Zénith de Lille, ou en ce début d’année avec quelques camarades sur un plateau du festival Lillarious aux Enfants Terribles à Marquette, Rey Mendes a déjà eu plusieurs occasions de faire rire le public du Nord.

Si ses passages vous ont mis en appétit mais que vous avez trouvé qu’il y avait un petit goût de trop peu, alors l’heure est venue d’aller voir son spectacle complet, intitulé « La Source », le vendredi 13 mars au Spotlight.

L’occasion d’en savoir davantage sur le parcours d’un jeune homme qui a fait ses premières armes dans sa ville d’Évreux, en Normandie. « Très tôt, que ce soit dans la famille, à l’école ou dans le quartier, je suis celui qui fait des blagues. Un professeur au collège m’avait dit que je maîtrisais le sarcasme et l’ironie », se souvient-il. « Lorsque j’ai vu le Jamel Comedy Club à la télévision, ça a mis une petite graine dans mon cerveau. »

Rey Mendes était pourtant loin de se douter que quelques années plus tard, il en deviendrait un membre éminent. « Le vrai déclic a eu lieu lors d’un événement de hip-hop organisé à Évreux. J’avais été pris comme speaker et j’ai réussi à faire rire les gens, je me suis senti à l’aise. J’ai alors commencé à prendre plein de notes dans mon téléphone pour avoir une base si je faisais un jour du stand-up, et il y a des choses de cette époque qui sont désormais dans mon spectacle. »

Un show qu’en montant à Paris, il a d’abord rôdé dans des « trempoints », des tremplins d’humour au Point-Virgule, vers lesquels l’avait orienté Antoinette Colin, la directrice artistique de l’établissement.

« Dans mon spectacle, je raconte tout ce parcours. Il y a beaucoup de vécu : ma vie de couple, le fait d’être papa. J’aime bien aussi revisiter l’actu. Et puis il y a une partie non écrite, de l’interaction avec le public, que j’apprécie aussi beaucoup. »

« La Source », un spectacle de Rey Mendes, le vendredi 13 mars (21 h) au Spotlight à Lille.

Sun City : un paradis pour vieux ou une utopie inquiétante ?

Jean-Marc Choteau dans le décor en construction de sa nouvelle pièce Sun City.

Est-ce que vous pouvez imaginer une ville sans enfants ? On ne plante pas ici le scénario d’un film de science-fiction prochainement sur vos écrans, mais bien la réalité de la ville de Sun City, construite dans les années 1960 dans le désert de l’Arizona, aux États-Unis, dans laquelle on ne peut s’installer qu’à partir de 55 ans et dont la moyenne d’âge est d’environ 75 ans.

Née de l’utopie de l’architecte américain Del Webb, Sun City n’est pas un petit camp retranché, mais bien une ville de 40 000 habitants au sein de laquelle les enfants ne sont autorisés que quelques jours par an et où l’on peut vivre à partir de 19 ans, uniquement si l’on est hébergé chez ses parents, qui prennent l’engagement que leur progéniture ne viendra pas perturber la quiétude des lieux. Les chiens, eux, sont tolérés à condition d’être tenus en laisse et… de ne pas aboyer.

Des règles qui pourraient prêter à sourire si elles n’étaient pas si consternantes. Responsable de la compagnie de théâtre La Virgule à Tourcoing, Jean-Marc Chotteau n’en a pas cru ses oreilles quand il a entendu un reportage à la radio sur cette ville. Il a donc multiplié les recherches et a décidé de le constater de ses propres yeux en se rendant sur place. « J’ai pu y interviewer des habitants et constater que ce n’était pas un Ehpad, mais bien une vraie ville avec un accès gratuit, pour les propriétaires, à différents loisirs comme des bowlings ou des terrains de tennis, confie-t-il. Je dois dire que ce séjour de dix jours a un peu tempéré mon esprit caustique, car j’y ai rencontré des gens très heureux et, quand on voit ce qui se passe chez nous pour les personnes âgées, il n’y a finalement peut-être pas trop lieu de se moquer. Cela dit, cette volonté de rester entre vieux, sans enfants, est quand même insupportable. C’est cette tendance au communautarisme, au repli sur soi que j’avais envie de traiter. »

Jean-Marc Chotteau a donc imaginé l’histoire d’un couple franco-américain parti, depuis quelques années, s’installer dans « ce paradis » pour vieux et qui va recevoir la visite de leur petit-fils de 18 ans, venu leur demander de l’héberger le temps de faire ses études en Arizona, sans savoir que l’accès ne lui est pas autorisé.

« J’avais aussi envie de traiter le conflit de générations. Ça commence comme une comédie, mais ça devient de plus en plus amer au fil du spectacle », précise l’auteur et metteur en scène de cette pièce, qui y tient aussi un petit rôle : celui du représentant de la SCHOA, comprenez la Sun City Home Owners Association, une véritable association privée qui fait office de mairie et de police de la ville. Elle se charge donc de vérifier que toutes les règles sont scrupuleusement respectées par chacun des habitants, essentiellement des membres de la classe moyenne américaine.

À ses côtés, Jean-Marc Chotteau a convié essentiellement des fidèles comme Éric Leblanc et Claire Mirande pour jouer le couple de retraités, ou encore Estelle Boukni, qui incarne leur fille, mais aussi un petit nouveau, Florian Huon, découvert au petit théâtre de Nivelles, où la pièce sera d’ailleurs jouée le 10 avril avant, si tout va bien, de connaître un destin national, voire international.

« Sun City », une pièce de Jean-Marc Chotteau, du 10 mars au 4 avril, au Salon de théâtre de la Virgule, boulevard Gambetta à Tourcoing.