Enfance, notoriété, projets, rap… Les confidences de Jean-Pascal Zadi

Jean-Pascal Zadi en pleine masterclasse à Séries Mania. (c) Arnaud Loots

Le comédien Jean-Pascal Zadi était présent jeudi à Lille pour donnerune masterclasse dans le cadre du festival Séries Mania. Actuellement à l’affiche du film Le Rêve américain aux côtés de Raphaël Quenard et, prochainement, dans la série Surveillant ! sur Disney+, avec Audrey Lamy et Benjamin Tranié, il en a profité pour livrer quelques confidences pleines de spontanéité et de franc-parler.

La reconnaissance du milieu : une fierté ?
« J’ai l’impression que c’est un honneur d’être invité à faire une masterclasse, je le prends comme un partage d’expérience. Si je peux aider des gens en parlant de moi, de mon parcours, si je peux donner quelques clés, tant mieux, mais ce qui compte vraiment pour moi, c’est d’avoir de bons projets. Je me considère comme un artisan qui travaille, qui fait des trucs bien, qui fait des trucs nuls, qui apprend tous les jours, de tout le monde. »

Les séries
« Pour être honnête, je ne suis pas spécialement fan de films ni de séries. Je vois ce qui existe, mais j’en regarde peut-être deux par an. Ce qui me tient, ce sont les séries d’horreur, le suspense, quand quelqu’un va mourir, style Dahmer. En revanche, je ne regarde pas les histoires de gangsters ni les comédies, je rigole déjà toute la journée. »

Le succès du film « Le Rêve américain »
« Je suis trop content que ce film marche, pour Anthony Marciano, qui est un très bon réalisateur, mais aussi parce que je l’ai tourné avec Raphaël, qui est vraiment mon ami, et parce que j’aime le sujet. Ça fait partie des rares rendez-vous dans une vie où toutes les planètes sont alignées. C’est vraiment un cadeau du ciel, je suis trop content d’avoir fait ce film. C’est tellement dur d’être acteur, d’être réalisateur, tu passes par tellement d’épreuves qu’une fois que tu arrives un peu à choisir tes projets, c’est le top. »

L’enfance
« J’ai huit frères et sœurs, on était pauvres, mais on rigolait tout le temps. Mes parents étaient trop marrants et puis, dehors, j’avais mes amis du quartier, ceux du football. Franchement, je pense que si on choisissait les meilleures enfances de France, je suis sûr que je serais dans le top 100. Je me souviens que dans un film, il y avait une scène où je devais pleurer, je n’y arrivais pas, et Gilles Lellouche m’a dit de penser à quelque chose de triste de mon enfance, mais je ne voyais vraiment pas à quoi penser. J’essaie de faire en sorte d’offrir la même chose à mes enfants. »

Les débuts
« J’étais aux Assedic, j’ai réfléchi à ma vie. J’avais envie de faire quelque chose qui me plaisait, pas quelque chose qu’on m’impose. J’ai acheté une caméra et, comme je connaissais des rappeurs, j’ai commencé à les filmer, et puis j’ai eu l’idée d’en faire un documentaire. C’est de là que tout est parti. J’ai réalisé que j’étais capable de faire des films. En conclusion, si je suis arrivé au cinéma, c’est grâce au chômage. »

La réalisation ?
« Quand j’ai commencé, je trouvais qu’il n’y avait pas, dans les films ou dans les séries, ce que je voulais voir. Le point de départ, c’est le manque. J’ai fait Tout simplement noir parce que je voulais faire un film avec tous les comédiens noirs du cinéma français, je voulais faire une comédie qui parle de politique. J’aimerais bien aussi voir un film dans l’espace avec des Africains. Généralement, je joue dans les films que je fais, ça m’évite d’avoir des refus d’acteurs. »

Le doublage
« J’ai accepté de donner ma voix dans une série d’animation, comme dans Les Bad Guys 1 et 2, où je fais Monsieur Requin. Ça permet à mes enfants de me voir dans quelque chose qu’ils aiment bien, car pour le reste, ils sont durs avec moi. Je me souviens qu’une fois, j’en avais emmené une de mes filles chez Gaumont avec moi pour regarder un montage, et le soir, à la maison, quand son frère et sa sœur lui ont dit qu’elle avait eu trop de chance de venir avec moi, elle a répondu : “Ça se voit que vous n’avez pas vu le film, les blagues de papa, c’était l’enfer !” »

Les élections, une source d’inspiration pour la suite de sa série « En place » ?
« Pas du tout, mais je vois que les choses changent, qu’il y a beaucoup de nouvelles têtes. Pour la série En place, j’ai fait une petite pause parce que j’étais fatigué, j’avais fait beaucoup de choses. Pour la saison 3, je vais m’y mettre, mais je profite un peu de la vie et de mes enfants. »

Des projets au cinéma 
« J’ai accepté deux films qui ne seront pas des comédies. Ce sera de l’action. Il y en a un qui se passe pendant la Révolution française, un autre en Belgique, mais je ne peux pas en dire plus. »

Un retour dans la musique
« J’ai commencé dans le rap et c’est sûr qu’un jour ou l’autre, je vais revenir avec un album de rap, c’est écrit dans mon destin, j’ai trop de flow, je dois faire un classique et je terminerai à l’Olympia. 

Une vie de palace pas si rose dans Privilèges

Manon Bresch et Melvil Poupaud engagés dans une lutte de pouvoir dans Privilèges. © Caroline Dubois

Tout juste a-t-elle été dévoilée au Festival Séries Mania de Lille que la série Privilèges est déjà disponible sur HBO Max. Une belle occasion de plonger dans l’univers impitoyable d’un palace parisien, où les relations humaines sont beaucoup moins rutilantes que les dorures des décors. Un monde géré par le redoutable Édouard Galzain (Melvil Poupaud) et dans lequel va pénétrer Adèle (Manon Bresch), une jeune détenue inscrite dans un programme de réinsertion.

« Ce qui nous a tout de suite séduits, c’est que le palace est un petit miroir de la société, avec un fonctionnement très vertical, et on a eu envie d’y accéder par la petite porte pour que ce soit plus universel, que l’on puisse s’identifier, explique Vladimir de Fontenay, co-créateur et co-scénariste de la série avec Marie Monge. On a alors réfléchi à la personne que l’on s’attend le moins à voir dans ce monde, en l’occurrence une prisonnière, et on a voulu faire en sorte qu’elle y trouve sa place, et même qu’elle devienne indispensable. »

Le duo a même eu le privilège d’accéder aux coulisses d’un véritable palace et d’observer le fonctionnement de chaque département, de la sécurité à la conciergerie, en passant par l’accueil. Melvil Poupaud a, lui, pu échanger avec un véritable directeur de palace : « Un type très sérieux, charismatique, charmant, mais j’ai eu envie d’en faire un personnage plus sombre, plus trouble, presque vénéneux, infréquentable, avoue-t-il. J’avais en tête Robert De Niro dans Casino. Dans la vraie vie, la politique, les magouilles, les rapports de pouvoir ne m’intéressent pas du tout, mais là, venant du cinéma d’auteur, je n’avais jamais fait de gangster, et je suis heureux que l’on ait pu se permettre beaucoup de choses et pousser le curseur assez loin. »

Manon Bresch ne cache pas, à l’inverse, une vraie fascination « pour les lieux où le pouvoir se redistribue dès que les portes se ferment, ces systèmes hiérarchiques où les gens acceptent de s’oublier, de se soumettre ». Ce qui n’est pas le cas d’Adèle dans la série : « Mon personnage devient de plus en plus manipulateur aussi. C’est une arène où l’on rencontre énormément de personnes qui sont à la croisée de leur destin, de leur chemin. Tous ont quelque chose à perdre ou à gagner. Adèle a des valeurs morales différentes des miennes, mais c’est un plaisir de pouvoir représenter des personnages qui épousent leurs failles, parce qu’il s’agit de leur survie. Dans l’hôtel, on a l’impression que les clients sont les rois, tout en haut, mais ceux qui détiennent leurs secrets et les clefs de leurs désirs, ce sont les petites mains qui les servent. »

Bluffés par le travail des équipes de décoration, qui ont reconstruit l’intérieur du palace dans un studio, les acteurs reconnaissent que le cadre de l’hôtel leur a facilité l’incarnation, et tous sont prêts à signer pour une deuxième saison si les audiences sont au rendez-vous.

« Privilèges », une série en 6 épisodes de Marie Monge et Vladimir de Fontenay, avec Manon Bresch et Melvil Poupaud, désormais disponible sur HBO Max.

Le flag festival, nouvel espace d’expression pour la scène régionale

La première édition du Flag festival est programmée ce week-end à Verlinghem.

L’adresse n’est pas forcément encore très connue, mais pour les amoureux de la culture, elle gagne assurément à l’être : le café de La Fontaine à Verlinghem accueille régulièrement, dans sa petite salle de spectacle d’environ 50 places, des concerts, des pièces de théâtre ou encore des plateaux d’humoristes depuis quelques années. Le tout à l’initiative de l’association Les Arts-Gusses, qui s’efforce de proposer une programmation variée, de qualité et régionale.

Président de l’association, créée en 2021, Xavier Dejardin y a même créé un spectacle musical, Au p’tit bonheur, avec le patron du café, José Fernandes, un guitariste intermittent. Un spectacle auquel n’assisteront pas, ce samedi et dimanche, les spectateurs de la première édition du Flag Festival. « On a la chance d’avoir des musiciens et des “théâtreux” dans l’association, mais on a décidé de ne pas mettre nos propres spectacles pour cette première édition du festival afin de surtout promouvoir les artistes locaux. Notre seule exigence était, musicalement, d’avoir de vrais auteurs-compositeurs, pas des gens qui viennent faire des reprises, même si je reconnais que certains le font très bien. »

Pour monter ce festival, avec l’assentiment de la mairie, il a déjà fallu trouver un espace plus grand. Ce sera dans le cadre du complexe René Werquin, une salle tout juste rénovée, qui peut accueillir plus de 400 personnes, mais aussi dans la salle du Tournebride pour le théâtre.  « Le festival est entièrement autofinancé par le privé et aura, a priori, deux grands objectifs : celui de mettre en lumière les talents régionaux et de pouvoir empocher un peu d’argent pour rémunérer enfin plus décemment les artistes. »

Optimistes, les organisateurs avaient initialement tablé sur trois jours, mais en raison de promesses de mécénat non tenues, il a fallu réduire à deux journées et donc restreindre une programmation qui s’annonce éclectique le dimanche après-midi, avec du rock et de la chanson française, grâce à des artistes dont la réputation n’est plus à faire : Jeff Kino (dès 18 h), suivi des Mauvaises Langues. Un peu plus tôt, une chorale, l’Ensemble SoNord, ou encore l’indie rock de Pascal Capon et du groupe Miami Mauritius seront aussi à l’affiche.

Les festivités débuteront le samedi matin (10 h 30) avec une table ronde sur la culture, la question de l’intermittence, les voies pour devenir un artiste professionnel, avec de nombreux intervenants, puis de quoi se défouler l’après-midi (17 h) avec le jazz fusion de Doctor and K, suivi, en soirée (21 h), du concert de world music de Rossana, dont le bassiste, Hector Bonte, est originaire de Verlinghem.

Les amateurs de théâtre pourront assister, le dimanche matin (11 h, salle du Tournebride), au spectacle « Le poisson belge », joué par la compagnie des Salgoces, dirigée par Louis Debaque, ancien pensionnaire du Cours Florent, qui anime les ateliers théâtre de l’association Les Arts-Gusses.

« On a constaté qu’un vrai vivier d’artistes gravitait autour du café de la Fontaine et que beaucoup avaient, paradoxalement, plus de facilité à jouer hors de la région, précise Xavier Dejardin. L’idée, c’est donc de les favoriser un peu en leur donnant l’opportunité de faire leur show ici. »

Flag festival, samedi 28 et dimanche 29 mars à Verlinghem. Pass à 30 euros pour l’ensemble du week-end. Billets à 10 et 20 € selon les concerts. Billeterie sur https://www.helloasso.com/associations/les-arts-gusses

« Les filles du ciel », une belle ode à la sororité

Une belle sororité s'installe entre ces quatre filles qui vont faire famille. (c) Kris Dewitte

Après avoir tourné pendant de nombreuses années à Lille et dans sa métropole pour la série phénomène HPI, où elle incarnait le personnage de Daphné, la spécialiste en informatique, Bérangère McNeese a choisi de revenir dans le Nord pour tourner son film « Les filles du ciel », sorti en salles ce mercredi 25 mars.

Un premier long métrage qui s’inscrit un peu dans le prolongement de deux courts métrages, Le sommeil des Amazones (2015) et Matriochkas (2019). « Dans le premier, il était déjà question d’une communauté de jeunes femmes qui vivaient un peu en marge, mais je n’avais pas pu, à l’époque, aller autant en profondeur que je l’aurais aimé. Et puis, suite à Matriochkas, qui a connu un joli parcours, on m’a sollicitée pour faire une version longue, explique-t-elle. Finalement, j’ai décidé de reprendre certains thèmes que j’ai mis dans l’arène du premier. »

Dans « Les filles du ciel », on suit les aventures d’une bande de quatre jeunes filles qui vivent sous le même toit, l’une d’entre elles étant maman d’un enfant en bas âge. Toutes se font la promesse de toujours être là les unes pour les autres. Un modèle de sororité qui n’exclut pas quelques tensions. « L’écriture ayant été déployée sur plusieurs années, on ne parlait pas autant de sororité il y a six ou sept ans qu’aujourd’hui, mais ce qui m’intéressait, c’était de placer un peu ces jeunes femmes sous cloche et d’observer la dynamique qui se mettait en place, le rapport aux autres, comment on peut s’entraider », indique Bérangère McNeese.

Des jeunes femmes qui ne sont pas démunies, qui ont même trouvé le moyen de gagner parfois beaucoup d’argent, mais qui ne se projettent pas beaucoup plus loin que la fin de la semaine. « Elles ont, de temps en temps, de l’argent, elles en font un peu n’importe quoi, mais il s’agit moins ici de parler de précarité que du passage à l’âge adulte, avec les difficultés qui en résultent, poursuit la réalisatrice. Le personnage de Mallorie est le symbole de cette instabilité et il m’a été inspiré par une personne que j’ai connue quand j’étais adolescente, qui était très libre, très flamboyante, mais toujours sur le fil. »

Un personnage aussi agaçant qu’attachant, à travers notamment le fait qu’elle soit maman. « L’enfant est un élément à la fois flippant et lumineux. Il crée une tension, car il n’a pas choisi d’être là, dans un environnement qui ne semble pas idéal pour élever un enfant, mais il permet d’avoir de la sympathie pour Mallorie. Je suis assez contente du rendu, car on ne peut évidemment pas diriger un bébé, et il y a des contraintes avec des temps de tournage limités, même si on avait deux jumelles qui se relayaient. Mais je trouve qu’on a réussi à la faire bien exister au montage. »

De nombreuses jeunes femmes ont été auditionnées pour trouver le casting idéal. « Je voulais des comédiennes qui ne soient pas encore trop connues, trop identifiées, je cherchais des caractères différents, complémentaires, précise Bérangère McNeese. Un heureux hasard a fait que Shirel Nataf (Mallorie) a ensuite tourné dans le film « Ma frère », qui est sorti avant et qui a bien fonctionné. »

À ses côtés, les téléspectateurs reconnaîtront peut-être Mona Bérard, déjà vue dans Les Bracelets rouges. Héloïse Volle et Yowa-Angélys Tshikaya complètent le quatuor. « J’avais initialement imaginé un groupe plus large, mais j’ai décidé de le restreindre pour mieux observer à quel point elles sont dépendantes les unes des autres. »

« Les filles du ciel », un film de Bérangère McNeese, en salle depuis le 25 mars. Avec Mona Bérard, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya, Héloïse Volle…

Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin, la formidable association de « Ceux qui comptent »

Pierre Lottin et Sandrine Kiberlain, une rencontre entre deux êtres pas épargnés par la vie. © JULIEN PANIÉ

Trouver la bonne alchimie entre les acteurs principaux est le rêve de tous les réalisateurs. Pour son long métrage, Ceux qui comptent, en salle ce mercredi 25 mars, Jean-Baptiste Léonetti avait une vision : réunir Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin. « Ce sont deux univers complètement différents et je trouvais super l’idée de les faire entrer en collision. Ce n’est pas policé, ce n’est pas lisse, c’est ce qui me plaisait et qui pouvait, à mon sens, donner quelque chose de vraiment intéressant », confie-t-il.

Bonne nouvelle, le désir était réciproque : « J’avais ce réalisateur en tête depuis une dizaine d’années et, dès qu’il m’a appelé, c’était une évidence que j’allais accepter. Le scénario m’a beaucoup plu et jouer avec une grande dame du cinéma comme Sandrine Kiberlain était aussi un plaisir », confie Pierre Lottin.

Découvert par le grand public à travers le personnage haut en couleur de Wilfried Tuche, le comédien trace depuis sa route en délivrant à chaque fois des prestations magistrales, que ce soit dans En fanfare ou dans L’Étranger, qui lui a valu un César du meilleur second rôle il y a quelques semaines. « C’est quand même une concrétisation, la reconnaissance de ses pairs est importante, ce sont quand même les gens du milieu qui nous offrent les rôles et nous font travailler », sourit-il.

Dans « Ceux qui comptent », Pierre Lottin incarne Jean, un homme solitaire, peu bavard, tout en intériorité. En intervenant pour lui venir en aide dans un supermarché, il ne se doute pas qu’il va entrer dans la famille de Rose, maman solo avec ses trois enfants, qui vit dans un monde d’apparences et multiplie les combines et les petites arnaques pour nourrir les siens.

Aussi exubérante qu’il est taiseux, Rose va bousculer le quotidien de Jean. Ces deux êtres, abîmés différemment par la vie, ont pour point commun de ne pas se victimiser. « On a voulu prendre un peu le contre-pied de cette époque qui est “je souffre donc je suis”, insiste Jean-Baptiste Léonetti. Rose a plein de soucis, mais elle n’est jamais dans le pathos. Elle ment, elle triche, elle manipule, mais jamais à son profit. Elle ne pense pas à sa pomme, elle se démène, elle est prête à faire n’importe quoi pour ses enfants. Le personnage de Jean comprend ça et il fait ce qu’il faut pour l’aider. »

Lui-même n’est pas dans une quête d’empathie à son égard : « Il ne se plaint pas de sa situation, il est tout le temps dans l’action. Le temps passé à se plaindre est, à ses yeux, du temps perdu pour trouver un plan B, précise Pierre Lottin. Pour jouer ce dur au cœur tendre, je me suis inspiré de héros de mangas comme dans GTO ou The Lastman, des gars désabusés mais solides. »

Au fil du film, Rose et Jean se rapprochent inéluctablement, mais sans basculer dans une relation de couple. « Initialement, je pensais faire un portrait de femme, puis, avec le personnage de Jean, ça s’est équilibré. Je voulais que le public soit séduit par cette femme, mais je ne voulais pas créer un couple. Je ne voulais pas faire une comédie romantique, mais plutôt aller vers un autre type de relation. » Il y a certes de la tendresse, beaucoup de complicité entre les deux personnages, mais pas de rapport de séduction.

Pour ne rien gâcher, les trois enfants sont très justes, à commencer par Alma Ngoc, qui incarne la petite Emily et apporte un vrai souffle de fraîcheur à la famille. Preuve, une fois encore, qu’il faut soigner son casting, et pas seulement pour les têtes d’affiche.

« Ceux qui comptent », un film de Jean-Baptiste Léonetti, en salle depuis ce mercredi 25 mars, avec Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin.