Baleine/fiction, une pièce pensée comme un kit de survie pour la planète

La première représentation de Baleine Fiction est prévue ce 27 avril au théâtre de La Verrière.

Artistes associés au théâtre de La Verrière pour deux saisons, Mélodie Lasselin et Simon Capelle de la compagnie nordiste Zone Poème ont écrit, conçu et mis en scène le projet Baleine/fiction, dont la première représentation aura lieu ce lundi 27 avril.

Interprétée par trois jeunes artistes, Ambre Dublé, Mikaël Gac et Sarah Walker, cette pièce a été imaginée comme un kit de survie, une façon de guérir le monde par l’émerveillement. Tout est parti d’un voyage au Groenland. « On cherchait comment apaiser le poids des souffrances écologiques sur la Terre et nous avons décidé d’aller voir les baleines, et la pièce est un peu un récit de notre voyage, une sorte de roman d’aventure », confient les auteurs.

L’histoire est celle de deux sœurs et d’un frère qui ont prévu de partir au Groenland avec leur mère pour fêter ses 60 ans. Malheureusement, celle-ci tombe malade, mais elle leur dit de faire quand même le voyage à trois. Ils acceptent tout en décidant de tourner des images pour en faire un film qu’ils montreraient à leur mère en rentrant, avec l’espoir que cela puisse aider à la guérir.

« La pièce évoque le tournage de ce film, ce qu’ils vont voir, notamment les baleines, mais aussi les personnes qu’ils vont rencontrer, les glaciers sur lesquels ils vont aller. La mère est un peu une métaphore du monde dans lequel on vit, poursuivent Mélodie et Simon. On assiste en fait à une pièce qui montre comment on fabrique un film, les coulisses du tournage. Une perche de cinéma va capter du son, avec des bruitages effectués en direct. De la musique sera aussi jouée comme si c’était la bande originale du film. »

L’objectif sera, à la fin de cette représentation d’environ une heure, de savoir si le public se sent mieux qu’avant d’entrer dans la salle et si l’art en général, et le théâtre en particulier, peuvent avoir des vertus curatives.

« Baleine/fiction », une pièce de Mélodie Lasselin et Simon Capelle, ce lundi 27 et mercredi 29 avril à 19 h, et le mardi 28 avril à 20 h, au théâtre de La Verrière à Lille. Prix : 15 € (6 à 13 € selon les tarifs réduits).

Une poupée sans passé mais pas sans avenir

Vincent Macaigne, Zoé Marchal et Cécile de France, un casting de choix pour La Poupée. ©Renaud Konopnicki

Meurtri par une rupture douloureuse et trop inquiet de souffrir à nouveau, Rémi (Vincent Macaigne) a décidé de partager sa vie avec une compagne bien particulière : une poupée grandeur nature répondant au prénom d’Audrey (Zoé Marchal), qu’il installe à table quand il mange, dans le canapé quand il regarde un film et dans le lit quand il dort.

Même s’il est contraint de mentir en permanence à ses collègues, Rémi semble se satisfaire de sa situation, jusqu’au jour où sa poupée prend vie. Un choc qui s’accompagne d’un autre bouleversement au travail avec l’arrivée d’une intérimaire, Patricia (Cécile de France), qui va aussi bousculer son quotidien.

Pour son premier long métrage, intitulé La Poupée, Sophie Beaulieu s’est inspirée d’un reportage télévisé sur des hommes aux États-Unis qui vivaient, eux aussi, en secret une idylle avec des poupées. Plusieurs voies s’offraient à elle, mais la réalisatrice a délaissé la piste du film d’horreur, limitée au strict nécessaire (le passage à la vie de la poupée), ainsi que celle du film fantastique, optant plutôt pour une comédie, avec le bon goût de ne pas basculer dans le graveleux. « J’aurais aussi pu imaginer que cette poupée se venge en prenant vie, qu’elle soit flippante ou alors partir sur quelque chose de plus fantastique, mais j’avais envie de rester sur des sujets simples du quotidien, sur une certaine vision de la femme, et notamment de la femme-objet, et je ne voulais pas accabler les hommes de ce film, qui ne sont pas des méchants mais juste des personnes en détresse et sincèrement amoureuses. »

« Quand on m’a envoyé le scénario en me disant que j’allais jouer une poupée qui s’éveille à la vie, j’avoue que je me suis posé des questions, avoue de son côté Zoé Marchal. J’avais peur qu’elle soit un peu bête, mais j’ai adoré l’histoire, le fait qu’elle soit très premier degré mais intelligente. Sans être moralisatrice, la série véhicule tout de même quelques messages féministes. »

La jeune comédienne s’est amusée à se voir en poupée : « Je n’ai pas trouvé ça étrange, c’était plutôt amusant de me voir toute préparée, toute maquillée, quelque chose que je ne fais pas souvent dans la vraie vie. C’était original. Je pense qu’on ne me reproposera plus jamais un tel rôle. Finalement, ce qui est très intelligent, c’est qu’à travers cette histoire de poupée qui prend vie, Sophie raconte l’histoire de l’émancipation d’une femme qui n’a pas été façonnée par son éducation, ses parents ou l’école. Elle arrive avec une page blanche et, très vite, elle va devenir ce qu’elle a envie d’être. »

« Audrey n’a pas d’histoire, pas de schémas, pas de préjugés. Du coup, elle pose des questions pleines de bon sens. Il n’y a pas de jugement, et l’idée, c’est juste de susciter une petite réflexion et de se dire qu’il y a des choses qu’on ne remet pas vraiment en question. À travers cette poupée, on peut mettre le doigt sur de petites assignations, des biais ou des constructions. En fait, elle s’émancipe et elle déconstruit. »

Pour incarner cette poupée, Zoé Marchal cumulait tout ce que Sophie Beaulieu recherchait : « Elle a cette manière de jouer un peu sans filtre, très spontanée, elle est drôle et, dès les premières auditions, elle a compris qu’il ne fallait pas être nunuche ou petit oiseau, mais être sincère, naturelle, authentique. Enfin, ce qui était très important, c’est qu’elle a ce physique qui peut faire bimbo-poupée, mais qui peut aussi se transformer, être plus naturelle tout en restant attirante. »

Pour les autres rôles principaux, Vincent Macaigne possède, de son côté, « une fantaisie, une intelligence sensible, une forme de poésie qui fait que le spectateur accepte l’idée qu’il vive avec une poupée sans que ce soit glauque. Le personnage de Rémi est amusant et touchant », poursuit Sophie Beaulieu. Enfin, Cécile de France constituait à ses yeux une évidence : « Elle représente un idéal féminin, quelqu’un de très spontané, très naturel. Elle a aussi ce côté clownesque ; c’est elle qui a voulu avoir cette coiffure frisottée. Elle apporte le décalage à ce personnage de Patricia, toujours dans l’adaptation, ouverte aux autres mais en même temps très libre, sans peur du jugement des autres. »

« La poupée », un film de Sophie Beaulieu. Avec Zoé Marchal, Cécile de France, Vincent Macaigne… En salle depuis ce mercredi 22 avril 2026.

Cypriane Gardin voulait relever le défi de « Elles deux »

Dans la série Phoenix, une bande de jeunes militants écologistes passent à l'action pour tenter de faire bouger le monde. (c) Nicolas Velter - France Télévisions

Les téléspectateurs de TF1 l’ont vue grandir pendant des années dans le rôle de Théa, la fille de Morgane Alvaro (Audrey Fleurot) dans HPI, et c’est dans un personnage à mille lieues de celui-ci qu’on va la retrouver ce mercredi 22 avril (21 h 10) sur France 2.

La comédienne nordiste se glisse, en effet, cette fois dans la peau de Vanessa, une jeune femme qui a coupé les ponts avec ses parents pour suivre son amoureux en Syrie et y faire le djihad. Sans nouvelle de lui, malade et devenue maman, elle va être rapatriée en France de longues années plus tard. Sa mère (Sylvie Testud) et sa belle-mère (Meriem Serbah) vont alors tout mettre en œuvre pour récupérer la garde de leur petit-fils.

En s’attaquant à la question du devenir des enfants de djihadistes à leur retour au pays, France Télévisions a décidé de traiter un sujet sensible. « C’était un pari, c’est sûr, commente Cypriane Gardin. Avec ce type de sujet, c’est quitte ou double : ça passe ou ça casse. On verra le retour du public, mais je suis très heureuse du résultat. Je n’avais jamais joué une maman et, étant chrétienne à la base, j’ai trouvé intéressant de me rapprocher d’une autre religion. »

Elle a aussi beaucoup dialogué avec des amies musulmanes. « J’ai découvert qu’il y avait finalement d’énormes similitudes et, pour préparer mon rôle, je me suis surtout appuyée sur ces échanges. J’avais aussi regardé quelques documentaires pour en savoir plus sur ces femmes qui partent faire le djihad, mais j’avais envie de donner un côté humain à Vanessa, que les gens soient empathiques avec elle. »

Cypriane Gardin confie également qu’elle se sent bien plus à l’aise « pour jouer des choses dures, sombres, dans l’émotion, davantage que dans la comédie ». Pendant le tournage, « j’essayais de garder en moi ce qui, dans ma vie, pouvait me frustrer, me faire pleurer, pour tout lâcher sur le plateau ».

Ravie de retrouver Sylvie Testud, avec laquelle elle avait déjà joué dans la série Flair de famille, elle précise toutefois qu’elles n’ont pas trop échangé sur la manière de jouer ce lien brisé entre la mère et la fille : « On a bien sûr eu quelques discussions entre deux prises pour se proposer des choses, mais on est surtout restées sur ce qui avait été écrit pour nos personnages. »

Sur le tournage, même si cela a nécessité des efforts de concentration et d’organisation supplémentaires, Cypriane Gardin a forcément adoré que cette fiction se déroule dans le Nord. « J’adore ma région, c’est chouette d’avoir plein de souvenirs sur différents lieux de tournage, mais en même temps, ce n’est pas toujours facile à gérer car, quand on reste chez soi, il y a la vie personnelle qui entre en ligne de compte. Mais avec mon compagnon, on a trouvé un équilibre et je n’ai plus qu’à me poser le soir et apprendre mes textes pour le lendemain. »

Les fans de la comédienne seront gâtés cette semaine puisqu’au lendemain de la diffusion de « Elles deux », ils pourront la retrouver au casting de Recalé sur Netflix, une série également tournée dans le Nord, aux côtés de Laurence Arné, Fred Testot, Sabrina Ouazani ou encore Alexandre Kominek, qui lui a valu de bons fous rires. En revanche, le secret a été volontairement bien gardé sur son personnage, visiblement très différent de tout ce qu’elle a pu faire jusqu’à présent.

« Elles deux », une fiction de Renaud Bertrand, avec Sylvie Testud, Meriem Serbah et Cypriane Gardin, ce mercredi 22 avril (21 h 10) sur France 2.

Patrick Puydebat ne regrette pas d’avoir fait le grand saut vers le théâtre

Rien ne va plus dans le couple joué par Patrick Puydebat et Linda Hardy. (c) Les Lucioles production

Patrick Puydebat vit à Bruxelles et possède toujours un appartement à Lille, où il n’est pas revenu depuis le concert effectué avec Hélène Rolles et quelques autres camarades d’Hélène et les garçons, il y a quelques mois au Sébastopol. Pour tout dire, il passe en ce moment le plus clair son temps dans les TGV oscillant entre les tournages des premiers épisodes de l’éventuelle suite des Mystères de l’amour et la tournée avec la pièce de théâtre Le kangourou à bretelles.

Celui qui restera pour toujours dans le cœur de nombreux fans comme « Le » Nicolas du sitcom phénomène des années 1990 puis des séries dérivées qui ont suivi depuis plus de trente ans n’était pas un grand habitué des planches. « J’y suis retourné grâce à mon nouvel agent, Audrey Pécome, qui m’a proposé de refaire du théâtre et qui était en lien avec une grosse production : les Lucioles », explique-t-il.

Le timing était parfait puisque la pièce a commencé juste avant la fin des tournages des Mystères de l’amour et le contexte idéal, Patrick Puydebat retrouvant dans Le kangourou à bretelles, deux camarades de jeu qu’il connaît bien. « J’avais tourné avec Linda Hardy et Didier Gustin, qui interprétaient déjà ma femme et mon pote, dans un épisode de Camping Paradis, indique-t-il. J’ai découvert en plus Juliette Poissonnier. Ce sont tous les trois des comédiens remarquables et à nous quatre, on ratisse un public assez large. En ce qui me concerne, je sais que certains viennent par curiosité de me voir dans un autre registre. »

Dans la pièce, Patrick Puydebat incarne Bertrand qui vient d’apprendre que sa femme Clara (Linda Hardy) avec laquelle il est marié depuis 25 ans, allait le quitter. « Elle lui annonce aussi qu’elle a un nouveau mec donc forcément mon personnage prend tout ça très mal, sourit-il. On invite nos meilleurs amis, on leur annonce notre séparation et comme dans ces cas-là, on ne reste presque jamais amis avec les deux, on leur pose la question terrible de savoir lequel de nous deux ils vont choisir. Ce qui va forcément créer des tensions. »

Patrick Puydebat que l’on a pu voir récemment dans un rôle de truand dans une arche de la série quotidienne de France 3 « Un si grand soleil », s’amuse à incarner dans la pièce un personnage guère plus sympathique. « Le gars est même odieux, c’est le mâle Alpha, sûr de lui, condescendant. Je prends un abonnement aux connards en ce moment, je change de registre et je me régale », assure-t-il.

S’il avoue ne pas avoir la même aisance au théâtre qu’à la télévision, il commence néanmoins à y prendre goût : « C’est vrai que je préfère quand la salle est dans le noir, que je ne vois pas trop les gens mais j’ai appris à me laisser porter, j’ai aussi découvert qu’après une bonne vanne, il ne fallait pas enchaîner pour laisser la place aux rires du public. Je suis stressé mais en même temps c’est un vrai bonheur et on réfléchit déjà à un autre projet avec le même auteur, le même metteur en scène. »

Le comédien attend aussi des nouvelles de la suite des Mystères de l’amour : « Dès que TMC a annoncé l’arrêt de la diffusion, Jean-Luc Azoulay nous a prévenus qu’il voulait faire la suite. On a déjà tourné 4 épisodes mais on ne sait pas encore où et quand ce sera diffusé. »

Enfin, pour ceux qui s’interrogent sur le titre de la pièce : « la définition du kangourou à bretelles est divulguée à un moment, je ne vais donc pas spoiler mais je peux vous dire que c’est un terme pour définir un genre de personnage, c’est une espèce de métaphore. »

« Le kangourou à bretelles », une pièce de Luc Chaumar avec Linda Hardy, Patrick Puydebat, Didier Gustin et Juliette Poissonnier, le 24 avril (19 h 30) au théâtre de l’Escapade à Hénin-Beaumont puis le 30 avril (20 h) au Zéphyr à Hem.

Éthernel, la série qui imagine redonner la parole aux défunts

Edwige Baily et Michaël Abiteboul, les principaux protagonistes de la série Ethernel.

Présentée en avant-première le mois dernier au festival Séries Mania de Lille, la surprenante série belge Éthernel est désormais diffusée sur la RTBF et disponible sur la plateforme de la chaîne.

Le sujet peut difficilement laisser insensible puisqu’il s’agit d’une intrigue policière liée à la création, dans les années 2030, d’une borne, baptisée Etherna, qui permet d’entrer en communication avec les défunts grâce à un objet leur ayant appartenu.

« Je connaissais la qualité du réalisateur Nicolas Boucard et des scénaristes Romain Renard et Olivier Tollet, et j’ai trouvé ce pitch extrêmement audacieux », confie la comédienne Edwige Baily.

Celle-ci incarne Lara Di Angeli, une policière italienne assez mystérieuse, qui travaille habituellement pour le Vatican à Rome : « Elle a été envoyée en mission en Belgique pour retrouver un objet précieux qui aurait disparu », précise-t-elle.

Son enquête va la mener à croiser la route du protagoniste principal, David Novack (joué par Michaël Abiteboul), lui-même à la recherche d’un objet ayant appartenu à sa femme, décédée quelques années plus tôt. Une double enquête parallèle se met donc en place.

Edwige Baily aimerait-elle que la fiction devienne un jour réalité ? « Je trouve qu’à l’échelle familiale, ça donne envie. C’est agréable de se laisser bercer par l’idée que ce serait possible. Après, si on remonte sur des millénaires, si tous les morts avaient droit à la parole, le monde serait une vraie cacophonie, sourit-elle. Cela dit, avec le recul, ils auraient peut-être des choses à nous enseigner, un regard sur le monde qui n’est pas celui des vivants. »

« Éthernel », série en 6 épisodes avec Michaël Abiteboul, Edwige Baily et Alexia Depicker, disponible sur la plateforme de la RTBF.