Ici tout commence, un riche terrain de jeu pour Julie Sassoust, Zoï Séverin et Gabriel Réhsé

Julie Sassoust, Gabriel Réhsé et Zoï Séverin sont venus à la rencontre des fans lillois d'Ici tout commence

Trois comédiens d’Ici Tout Commence, l’une des séries quotidiennes de TF1, Julie Sassoust (qui incarne Anaïs), Zoï Séverin (Jasmine) et Gabriel Réhsé (Milan), étaient présents, il y a quelques jours, au Festival Séries Mania pour une rencontre avec leurs fans lillois. Ces derniers ne se doutaient alors pas qu’ils seraient tous les trois, dans la foulée, au cœur d’une intrigue qui risque de créer du remue-ménage au sein de l’Institut Auguste Armand. Euphorique après un succès dans une épreuve de cuisine, Jasmine a en effet embrassé Milan, le petit ami d’Anaïs. Ce dernier lui a rendu son baiser. Quelles conséquences aura cet acte sur le couple et sur chacun des personnages ? En attendant de le découvrir lors des prochains épisodes, Planète Lille les a interrogés sur la façon dont ils avaient vécu l’évolution de leur personnage depuis les débuts, sur leurs liens avec les fans et sur leurs aspirations pour les arches à venir…

Julie Sassoust (Anaïs Grimbert)

L’évolution :« Les scénaristes m’ont fait beaucoup de super cadeaux. Le chemin parcouru par Anaïs durant toutes ces années a permis d’amener différentes couleurs au niveau du jeu, de travailler différemment. Après avoir commencé comme simple élève, elle est devenue cheffe du restaurant d’application, le Double A, et elle est désormais directrice de l’institut. Ce sont beaucoup de responsabilités pour une jeune femme de 24 ans, mais elle doit y faire face avec autorité. En même temps, elle a cette vulnérabilité face à des élèves qui sont ses amis, ses collègues, ses colocataires, son copain… À chaque fois, je pense avoir fait le tour, mais les auteurs trouvent toujours de nouvelles choses à explorer. Je suis très reconnaissante d’avoir pu aborder autant de sujets différents. »

Le lien avec les fans : « C’est chouette de pouvoir échanger avec eux, d’avoir leurs retours et leurs impressions par rapport aux arches, à ce qui se passe dans la série. Mais au départ, c’est vrai que c’était quand même un peu déstabilisant. C’est aussi différent en fonction de l’attachement qu’ont les gens aux différents personnages. Je me suis rendue compte, à une époque où Anaïs était en couple avec Lisandro et où il y avait les histoires autour de son enfant, que c’était important pour les fans de la série. Pour la plupart des gens, on est Anaïs, Jasmine et Milan, mais il y a des gens qui suivent nos parcours, qui nous ont découverts dans Ici Tout Commence et qui regardent aussi ce que l’on fait d’autre. J’ai encore pu le constater récemment avec les retours que j’ai pu avoir pour la série « Le Diplôme ». »

Les envies : « Anaïs a déjà traversé beaucoup de choses. On l’a beaucoup vue à l’écran ces derniers temps. Ce que j’aimerais voir davantage, c’est sa vulnérabilité, que l’on a sentie avec son rôle de directrice, alors qu’en tant que cheffe, elle est beaucoup dans le contrôle : elle sait exactement ce qu’elle fait. »

Gabriel Réhsé (Milan Hemery)

L’évolution : « Milan a fait une entrée assez remarquée avec ce côté bad boy sorti de prison. C’était intéressant à jouer, mais c’est vrai que dans le format d’une quotidienne, il faut être dans une quête permanente d’évolution, donner à manger déjà à soi-même pour ne pas rentrer dans une forme de mécanique, mais aussi à la production et aux scénaristes pour qu’ils aient d’autres idées, des perspectives pour le personnage. C’était important pour moi d’amener assez vite le côté sensible, émotionnel que l’on ne percevait pas au départ. Il fallait développer cette relation qui est née assez rapidement avec Anaïs, en parallèle des colères et de l’agressivité. »

Le lien avec les fans : « Je me souviens que la première fois qu’on m’a appelé Milan dans la rue, je n’ai pas réagi : je n’avais pas compris que c’était moi qu’on appelait. C’est assez perturbant au début, car il y a des gens qui ne connaissent pas notre vrai prénom. Quand je suis arrivé, mon personnage était très dur avec Enzo et Victoire, donc les fans étaient méfiants vis-à-vis de Milan. À partir du moment où il y a eu cette relation au sein de la colocation avec Jasmine et Naël, ça a tout changé. On a vu le côté paternel, la douceur, et du coup c’était intéressant de voir le changement de rapport avec les gens au fil des épisodes diffusés et de ce que je jouais. »

Les envies : « On sait que les scénaristes trouvent toujours des moyens de nous surprendre, il y a plein de belles choses qui arrivent, mais ce serait bien de le mettre en relation avec des personnages avec lesquels il n’était pas trop en contact jusque-là, de s’éloigner un peu des histoires qui tournent autour du couple avec Anaïs. »

Zoï Séverin (Jasmine Kasmi)

L’évolution : « Je crois que le mot “grandir” est celui qui convient le mieux pour évoquer l’évolution de Jasmine. Je trouve qu’elle a vraiment mûri et accepté son rôle de mère. Elle a appris sur sa bipolarité, sur ses envies. Mon personnage a vécu tellement de choses en cinq ans, j’ai eu tellement de couleurs de jeu à défendre. »

Le lien avec les fans :« C’est vrai qu’on fait un peu partie de leur vie. C’était un peu perturbant au début, quand les gens nous accostaient dans la rue et nous appelaient par le prénom de nos personnages, mais on se rend vite compte qu’il y a beaucoup d’amour. C’est très agréable d’aller à la rencontre du public, d’échanger, alors qu’en télévision, forcément, on n’a pas ce rapport direct avec les gens que l’on peut avoir au théâtre. »

Les envies : « Je pense que ça ferait du bien à Jasmine d’avoir un peu de stabilité après tout ce qui lui est arrivé, mais en tant que Zoï, la comédienne, je souhaite qu’il lui arrive de nouvelles catastrophes. J’avais adoré jouer l’arche de l’accident de train, d’autant que nous avions tourné de nuit, dans des conditions différentes de ce que l’on avait l’habitude de faire durant l’année. »

Ici tout commence, à suivre du lundi au vendredi à 18 h 30 sur TF1.

Gérard Jugnot : « J’aime que le cinéma ce soit la vie en mieux »

Gérard Jugnot a, cette fois, sollicité Philippe Lacheau pour venir jouer dans son film. © JM Leroy - MES Productions-TF1 Films Productions-Malec Productions

Que ce soit comme comédien (Les Bronzés, Le Père Noël est une ordure, Papy fait de la résistance, Les Choristes, Pinot simple flic, Babysitting…) ou comme réalisateur (Une époque formidable, Scout toujours, Meilleur espoir féminin, Monsieur Batignole…), Gérard Jugnot est l’une des figures du cinéma français depuis plus de cinquante ans. Son dernier film, Mauvaise pioche, qu’il a réalisé et dans lequel il joue aux côtés d’une pléiade de grands noms (Thierry Lhermitte, Philippe Lacheau, Jean-Pierre Darroussin, Michèle Laroque…), est sorti en salle ce mercredi 1er avril.

Gérard, l’affaire Dupont de Ligonnès a déjà beaucoup été exploitée en fiction. À quel moment avez-vous décidé d’aller chercher la petite histoire dans la grande histoire ?
« Je n’avais rien de spécial à dire sur ce monstre. Est-ce qu’il est toujours vivant ? J’ai mon avis là-dessus, mais ça relève d’une discussion de café. En plus, à moins de tendre vers l’humour noir, on ne fait pas une comédie avec ça, et ce n’est pas mon genre de film. En revanche, quand j’ai entendu l’histoire de ce pauvre type, Guy Joao, que l’on a pris pour Xavier Dupont de Ligonnès, ça m’a intéressé de voir comment cela peut arriver à un type ordinaire et comment sa vie peut exploser du jour au lendemain. »

Vous traitez des conséquences de cette erreur judiciaire sur son quotidien, mais vous avez aussi imaginé la façon dont il allait rebondir une fois son innocence reconnue…
« On avait commencé à travailler dessus en 2021, un peu après la mort de Guy Joao. Il y avait l’idée de ce policier totalement obsédé par l’affaire, qu’incarne Jean-Pierre Darroussin, mais aussi de ce flic un peu ripou joué par Philippe Lacheau. C’était plutôt pas mal, mais ce n’était pas aussi bien que ce que je voulais. Du coup, je suis parti sur d’autres projets, et puis un jour, j’ai repensé à ce qu’on avait déjà écrit avec Frédéric Hazan, et on s’est remis au travail avec le producteur Marc-Étienne Schwartz. On savait qu’on ne voulait pas faire une heure et demie sur la bavure policière et le temps qu’ils se rendent compte que ce n’était pas lui. On a eu cette envie de lui donner une espèce de revanche, qu’il sorte de ce cauchemar par le haut. J’aime bien que le cinéma, ce soit la vie en mieux. »

Vous avez décidé aussi de souligner l’emballement policier et médiatique ?
« On avait des options de vengeance contre le policier, mais ce n’était pas bien de s’en prendre à une seule personne : il valait mieux s’attaquer à des systèmes, que ce soit dans la police ou les médias, avec certains journalistes de chaînes d’information en continu, des pseudo-experts, des influenceurs qui feraient tous mieux de se taire. Dans une comédie, forcément, on ne prend pas les meilleurs de chaque profession. Après, je décris aussi des flics qui tempèrent l’emballement général en rappelant que ça fait plusieurs fois qu’ils se trompent et qu’ils passent pour des cons. L’erreur est humaine, mais le principe de précaution et les excuses le sont aussi, et ça passe malheureusement souvent à la trappe. Jusqu’à sa mort, Guy Joao a attendu des excuses qu’il n’a jamais eues, mais comme le dit le personnage de Reem Kherici dans le film : “On est là pour informer, pas pour s’excuser.” Après, on a dit que Guy Joao était mort de ça. Visiblement, il était surtout malade, mais forcément, ça n’a rien arrangé. »

Vous avez réussi à réunir un casting de choix avec des acteurs et actrices qui ont compté à différents moments de votre carrière ?
« Oui, il n’y a que Jean-Pierre Darroussin avec qui je n’avais jamais joué. Mais avec Zabou et Laurent Gamelon, on avait fait une pièce ensemble,
Popkins de Murray Schisgal, il y a quarante ans. Michèle Laroque, avec qui j’ai été marié plusieurs fois au cinéma ; Thierry Lhermitte, auquel j’ai pris plaisir à confier ce rôle d’ami pas très fidèle ; sans oublier François Morel, et puis plus récemment des gens comme Reem Kherici, Charlotte Gabris et Philippe Lacheau. C’était top, car j’avais l’impression d’organiser un grand goûter d’anniversaire où tous mes copains viennent jouer. On a donc fait en sorte de donner à manger à chaque personnage, même sur des rôles moins importants, car je sais qu’il n’y a rien de pire pour un comédien que de venir passer les plats et de s’ennuyer. Je crois d’ailleurs que le générique de fin montre que tout le monde s’est bien amusé. »

Parlez-nous de cette relation presque filiale qui vous unit à Philippe Lacheau ?
« Il était venu me chercher pour
Babysitting car ils avaient besoin d’un petit nom pour monter leur film. Le scénario était très bon, je leur ai fait confiance, et j’ai eu raison, car ils ont, lui et sa bande, un talent fou. Ce sont des bosseurs, des gens simples. Depuis, je suis un peu leur mascotte, et il est hors de question qu’ils fassent un film sans que je sois dedans, même pour un petit clin d’œil (rires). À l’époque, il avait besoin d’un ancien ; là, j’avais besoin d’un jeune, donc j’ai sollicité Philippe. Il a dit oui tout de suite, il a accepté de sortir de sa zone de confort. C’est un mec que j’adore. »

Mauvaise pioche, de Gérard Jugnot, en salle depuis ce mercredi 1er avril. Avec Gérard Jugnot, Philippe Lacheau, Jean-Pierre Darroussin, Thierry Lhermitte, Michèle Laroque, Charlotte Gabris, François Morel…

Lucas de Oliveira : « Le plateau, c’est comme un grand bac à sable »

Lucas de Oliveira, membre du Studio 8 de l'école du Nord.

Planète Lille a décidé d’aller à la rencontre des élèves du Studio 8 de l’École du Nord, rattachée au Théâtre du Nord à Lille. Chaque mois, jusqu’à la fin de leur cursus, en juin 2027, nous vous présenterons l’un(e) de ces dix-neuf artistes en herbe. Quatrième rendez-vous avec Lucas de Oliveira

On n’ira pas jusqu’à dire qu’il est l’enfant du pays, mais, originaire de Beauvais, Lucas de Oliveira est le seul représentant des Hauts-de-France de la promotion. Pendant quatre ans, c’est pourtant à Paris qu’il est allé apprendre le métier, après son baccalauréat, au sein du Studio Muller.

À l’époque, le jeune homme s’imaginait plutôt acteur de cinéma que de théâtre. Dans ses bagages, il avait déjà de nombreuses années de théâtre d’improvisation, une discipline commencée alors qu’il n’avait que cinq ans, pour faire comme ses grands frères. « Monter sur scène a toujours été un immense plaisir, un lieu de rigolade », assure-t-il.

Avant de rejoindre l’École du Nord à Lille, Lucas de Oliveira a aussi eu l’opportunité de prendre part à quelques spectacles, notamment « La Guerre de l’eau », une création de Rémi de Vos, ou encore à un spectacle de cabaret de quatre heures baptisé « Sortir de la nuit ».

Habitué à sortir un peu du cadre, le jeune homme reconnaît avoir connu quelques montagnes russes émotionnelles depuis son arrivée au Studio 8 : « On m’avait dit que le fait de venir de l’improvisation allait être une force au début, puis que ça allait devenir un problème avant de redevenir une force, et c’est exactement ce qui s’est passé, indique-t-il. Je ne suis pas quelqu’un de stressé, j’ai même plutôt hâte et envie d’aller au plateau, donc ça m’a permis de ne pas me mettre, dans un premier temps, trop de pression dans le travail. Mais ensuite, lorsque c’était demandé, j’ai eu du mal à trouver la notion de cadre. Ça a été compliqué jusqu’à ce que j’arrive à manier les deux. »

Lucas de Oliveira estime avoir réussi à désacraliser le plateau : « Pour moi, c’est une sorte de grand bac à sable pour jouer, précise-t-il. Le fait d’être à fond, d’y aller sans trop me poser de questions est, je pense, l’une de mes qualités. À un moment, on m’avait même parlé de faire du stand-up, d’autant que j’ai un grand frère qui écrit pour certains humoristes, mais je n’ai pas voulu en rajouter. J’adore le stand-up, mais j’ai vraiment envie d’être avant tout comédien. J’ai même mis l’improvisation de côté, au moins durant mes années à l’École du Nord. »

Ravi de multiplier les projets, « même si cela peut parfois avoir un côté vertigineux », il aimerait avoir le don de bien chanter, mais c’est surtout à l’écriture qu’il souhaite se consacrer davantage. « Je m’y suis aventuré lors de certains stages et cela m’a plu, confesse-t-il. On a parfois des intervenants qui nous proposent des cartes blanches ; cela avait été le cas avec Armel Roussel, et j’ai pris un vrai plaisir à écrire des choses qui sortent de ma tête et de mon cœur. »

« A priori », une deuxième saison en hommage à Bruno Salomone

Florent Manaudou tient son premier grand rôle, aux côtés de Lucia Passaniti. (c) Fabien Malot - AMSTO - France Télévisions

Figure marquante de la série A priori, Bruno Salomone est malheureusement décédé avant même la diffusion des premiers épisodes de la deuxième saison, ce mardi 31 mars sur France 3. « Le timing est un peu fou : le tournage de la saison 2 avait déjà été particulier, mais on va dire que c’est une façon de lui rendre hommage, de lui dire un dernier au revoir », confie avec émotion la comédienne Lucia Passaniti.

Celle-ci retrouve dans cette nouvelle saison son personnage d’Iris Villeneuve, qui n’est donc plus une jeune flic tout juste sortie de l’école : « On avait quitté Iris sacrément chamboulée, en se demandant qui était vraiment son père, rappelle-t-elle. Elle avait bâti des murs tellement hauts que personne ne pouvait entrer dans sa bulle, elle n’était pas dans l’affect. »

L’arrivée d’un nouvel équipier, Jim, incarné par Florent Manaudou, va rebattre les cartes. « Il va continuer à la bousculer, la pousser à réfléchir à ce qu’elle pensait être son fonctionnement, enquêter sur qui elle est vraiment. C’est un beau chemin de femme à jouer. »

Entre les deux partenaires, un véritable lien va s’installer, au-delà même de la relation professionnelle. « Elle a un caractère fort et elle va donc prendre le leadership de leur duo, mais lui, ça ne le dérange visiblement pas trop de la laisser la guider. »

Sur le plateau, Lucia Passaniti a également accompagné les premiers pas de Florent Manaudou dans un premier rôle. Le nageur, qui n’a toujours pas officiellement annoncé sa retraite sportive, continue ainsi de multiplier les aventures artistiques. Après quelques petits rôles et un joli parcours dans l’émission Danse avec les stars, il s’avère tout à fait crédible devant la caméra. « Il est très humble, il était à l’écoute, en demande de conseils, apprécie-t-elle. On a essayé de le mettre à l’aise. »

« A priori », deux premiers épisodes de la saison 2, ce mardi 31 mars (21 h 10) sur France 3, avec Lucia Passaniti et Florent Manaudou.

Succession plébiscité, les conseils des invités de Séries Mania

Succession est l'une des séries les plus citées par les comédiens parmi les séries à ne pas rater.

L’un des petits plaisirs, chaque année, lors du festival Séries Mania à Lille, est de sonder les comédiens et comédiennes présents sur leurs préférences dans le domaine, et ainsi profiter de leurs avis pour découvrir des nouveautés ou rattraper des séries plus anciennes qu’il ne fallait pas rater.

L’an passé, Adolescence et The White Lotus étaient revenues dans de nombreuses conversations. Cette fois, il y a eu une énorme diversité de séries citées, même si quelques classiques sont un peu ressortis du lot, et notamment Succession, la série américaine écrite par Jesse Armstrong. « Je suis une grande consommatrice, mais Succession, c’est la série indétrônable à mes yeux, elle est dingue en termes de qualité d’écriture », s’enthousiasme Manon Bresch, brillante dans Privilèges, actuellement disponible sur HBO. « La liberté et la confiance accordées aux acteurs y sont incroyables », confirme le comédien belge Lukas Bulteel (Breendonck).

Chernobyl recueille aussi pas mal de suffrages, tant en France qu’à l’étranger. Florence Longpré, merveilleuse docteure Bien-Aimé dans la série Empathie, qui avait enthousiasmé l’édition 2025 du festival Séries Mania, la cite dans une liste très éclectique (Normal People, Pluribus). Tout comme David Mora, qui incarne Fabien dans Scènes de ménages : « J’ai pris une belle claque et j’ai appris pas mal de choses que je ne savais pas, notamment que la catastrophe était liée à une erreur humaine d’un seul gars », confie le comédien, qui, plus jeune, avait cédé aux sirènes de toutes les séries populaires, de Sauvés par le gong à Madame est servie, en passant par The Cosby Show, La Fête à la maison ou encore Arnold et Willy.

Sa partenaire dans la série, Anne-Élisabeth Blateau, a, elle aussi, des références anciennes comme Dallas, Dynastie, Santa Barbara et même Maguy dans les rangs français. Mais ces dernières années, c’est un autre classique, Peaky Blinders, qui avait retenu son attention, mais aussi Mrs Wilson, l’histoire d’une femme mythomane.

Friends, la série « doudou »

Breaking Bad a aussi ses adeptes. « Ça fait partie de la culture des séries : si tu n’as pas vu ça, tu ne peux pas comprendre la vie », sourit Majid Berhila, l’un des membres de Scènes de ménages, qui cite aussi Six Feet Under, Game of Thrones et Dexter. « Breaking Bad, c’est la référence », estime Gabriel Réhsé, alias Milan dans la quotidienne de TF1 Ici tout commence ; sa camarade de jeu Zoï Sévérin (Jasmine) cite, elle, d’autres incontournables comme Game of Thrones et Friends, « ma série doudou, que j’ai vue des milliers de fois et que je peux reprendre partout et tout le temps ». Friends, qui a clairement accompagné l’adolescence et la vie de jeunes adultes de bon nombre de comédiens.

Partenaires dans L’Été 36, l’une des prochaines grandes sagas d’époque de TF1, Julie De Bona et Sofia Essaïdi en font partie, mais pour la première nommée, la référence de jeunesse était plutôt Buffy contre les vampires. Desperate Housewives, Dexter et 24 heures chrono l’ont aussi marquée. Dernièrement, This Is Us fait partie de ses recommandations, mais Julie De Bona avoue avoir été surtout bluffée par L’Affaire Laura Stern avec Valérie Bonneton : « C’est puissant, utile, bien joué et bien réalisé, ça prend au cœur, ça m’a vraiment fait un choc. »

Sofia Essaïdi a, elle, été surprise par l’audace de la série Les Sentinelles. Habituée à s’attacher à des personnages, la jeune femme, qui a vibré avec les héroïnes de Scandal, Grey’s Anatomy ou Desperate Housewives, a une immense admiration pour Nicole Kidman dans Scarpetta : « Un rôle que j’aurais adoré faire. Elle a une subtilité dans son jeu, elle m’a bouleversée en incarnant cette femme qui a une grande force intérieure malgré des blessures à n’en plus finir. »

Parmi les séries plus récentes, Les Lionnes d’Olivier Rosenberg, sur Netflix, ont aussi enthousiasmé Gabriel Réhsé et Julie Sassoust, « pour les personnages, l’écriture, le montage, les couleurs ». La dernière nommée cite aussi volontiers Ceux qui rougissent de Julien-Gaspar Oliveri : « C’est une mini-série sur notre milieu qui a été diffusée sur Arte et que j’ai trouvée tellement juste dans la vulnérabilité des comédiens. C’est une super référence pour ceux qui ne connaissent pas le monde du théâtre. »

C’est aussi une série sur le milieu artistique, et plus particulièrement ses coulisses, à savoir Dix pour cent, qui a profondément séduit la comédienne belge Anne-Laure Vandeputte, à l’affiche de la série Breendonck.

Les femmes à l’honneur

La thématique de la condition féminine ne laisse pas non plus insensible : Lidia fait sa loi, inspirée de la première femme avocate en Italie, a été mentionnée par Julie Sassoust : « Ça parle de la place des femmes dans la société et j’adore l’actrice principale Matilda De Angelis. »

Véronique Jannot évoque, elle, des séries d’époque comme Les Combattantes, avec ce quatuor féminin de choc (Audrey Fleurot, Camille Lou, Sofia Essaïdi et Julie De Bona), ou encore Downton Abbey, avec là aussi de très beaux personnages de femmes au caractère affirmé. Dans un autre registre, la star de Pause café a aussi beaucoup apprécié Nolwenn Leroy dans Brocéliande : « Elle n’en faisait pas trop, elle était sobre, elle était juste. »

Parmi les séries en compétition cette année, et que certains artistes ont pu découvrir, Dear Killer Nanny, sur la vie du fils de Pablo Escobar, a séduit Gabriel Réhsé et Julie Sassoust.

On aurait pu aussi évoquer l’obsession de Marie Oppert (Paolo) pour Glee, la fidélité de Melvil Poupaud (Privilèges) aux Simpson, les recommandations québécoises de Magali Lépine-Blondeau (Paolo) pour Empathie et Heated Rivalry, « une série enthousiasmante sur l’amour entre hommes dans l’univers très macho et fermé du hockey sur glace ». Sans oublier l’intérêt de Stéphane Hénon (Plus belle la vie, encore plus belle) pour La Casa de Papel et Squid Game, la fascination de sa camarade de jeu Anne Décis pour les premières saisons de Lost, ou encore l’obligation, selon Ornella Fleury (Grandiose), d’avoir vu The Office dans sa vie.

Les plus grands écarts de recommandations nous ont tout de même été offerts par Élodie Poux, dont la madeleine de Proust reste La Petite Maison dans la prairie, mais qui s’est aussi laissée happer par The Walking Dead. « Je ne consommais pas du tout ce genre de séries. Mon petit frère m’a filé la première saison en me disant que j’allais kiffer les zombies et que, trois jours après, je serais devant sa porte pour réclamer la suite, se souvient-elle. Je lui avais répondu que jamais de la vie je ne regarderais ça. Trois jours après, je lui demandais effectivement la suite. »

Entre ces deux séries aux antipodes l’une de l’autre, Élodie Poux, qui a elle aussi grandi avec Friends (« Team Chandler »), a également eu un coup de cœur pour Indociles sur Netflix, « une espèce d’école thérapeutique qui emmène des gamins un peu perdus faire de la randonnée en forêt, sauf que certains y meurent ».

Alors, à vos télécommandes, vous n’avez que l’embarras du choix…