Patrick Puydebat ne regrette pas d’avoir fait le grand saut vers le théâtre

Rien ne va plus dans le couple joué par Patrick Puydebat et Linda Hardy. (c) Les Lucioles production

Patrick Puydebat vit à Bruxelles et possède toujours un appartement à Lille, où il n’est pas revenu depuis le concert effectué avec Hélène Rolles et quelques autres camarades d’Hélène et les garçons, il y a quelques mois au Sébastopol. Pour tout dire, il passe en ce moment le plus clair son temps dans les TGV oscillant entre les tournages des premiers épisodes de l’éventuelle suite des Mystères de l’amour et la tournée avec la pièce de théâtre Le kangourou à bretelles.

Celui qui restera pour toujours dans le cœur de nombreux fans comme « Le » Nicolas du sitcom phénomène des années 1990 puis des séries dérivées qui ont suivi depuis plus de trente ans n’était pas un grand habitué des planches. « J’y suis retourné grâce à mon nouvel agent, Audrey Pécome, qui m’a proposé de refaire du théâtre et qui était en lien avec une grosse production : les Lucioles », explique-t-il.

Le timing était parfait puisque la pièce a commencé juste avant la fin des tournages des Mystères de l’amour et le contexte idéal, Patrick Puydebat retrouvant dans Le kangourou à bretelles, deux camarades de jeu qu’il connaît bien. « J’avais tourné avec Linda Hardy et Didier Gustin, qui interprétaient déjà ma femme et mon pote, dans un épisode de Camping Paradis, indique-t-il. J’ai découvert en plus Juliette Poissonnier. Ce sont tous les trois des comédiens remarquables et à nous quatre, on ratisse un public assez large. En ce qui me concerne, je sais que certains viennent par curiosité de me voir dans un autre registre. »

Dans la pièce, Patrick Puydebat incarne Bertrand qui vient d’apprendre que sa femme Clara (Linda Hardy) avec laquelle il est marié depuis 25 ans, allait le quitter. « Elle lui annonce aussi qu’elle a un nouveau mec donc forcément mon personnage prend tout ça très mal, sourit-il. On invite nos meilleurs amis, on leur annonce notre séparation et comme dans ces cas-là, on ne reste presque jamais amis avec les deux, on leur pose la question terrible de savoir lequel de nous deux ils vont choisir. Ce qui va forcément créer des tensions. »

Patrick Puydebat que l’on a pu voir récemment dans un rôle de truand dans une arche de la série quotidienne de France 3 « Un si grand soleil », s’amuse à incarner dans la pièce un personnage guère plus sympathique. « Le gars est même odieux, c’est le mâle Alpha, sûr de lui, condescendant. Je prends un abonnement aux connards en ce moment, je change de registre et je me régale », assure-t-il.

S’il avoue ne pas avoir la même aisance au théâtre qu’à la télévision, il commence néanmoins à y prendre goût : « C’est vrai que je préfère quand la salle est dans le noir, que je ne vois pas trop les gens mais j’ai appris à me laisser porter, j’ai aussi découvert qu’après une bonne vanne, il ne fallait pas enchaîner pour laisser la place aux rires du public. Je suis stressé mais en même temps c’est un vrai bonheur et on réfléchit déjà à un autre projet avec le même auteur, le même metteur en scène. »

Le comédien attend aussi des nouvelles de la suite des Mystères de l’amour : « Dès que TMC a annoncé l’arrêt de la diffusion, Jean-Luc Azoulay nous a prévenus qu’il voulait faire la suite. On a déjà tourné 4 épisodes mais on ne sait pas encore où et quand ce sera diffusé. »

Enfin, pour ceux qui s’interrogent sur le titre de la pièce : « la définition du kangourou à bretelles est divulguée à un moment, je ne vais donc pas spoiler mais je peux vous dire que c’est un terme pour définir un genre de personnage, c’est une espèce de métaphore. »

« Le kangourou à bretelles », une pièce de Luc Chaumar avec Linda Hardy, Patrick Puydebat, Didier Gustin et Juliette Poissonnier, le 24 avril (19 h 30) au théâtre de l’Escapade à Hénin-Beaumont puis le 30 avril (20 h) au Zéphyr à Hem.

Éthernel, la série qui imagine redonner la parole aux défunts

Edwige Baily et Michaël Abiteboul, les principaux protagonistes de la série Ethernel.

Présentée en avant-première le mois dernier au festival Séries Mania de Lille, la surprenante série belge Éthernel est désormais diffusée sur la RTBF et disponible sur la plateforme de la chaîne.

Le sujet peut difficilement laisser insensible puisqu’il s’agit d’une intrigue policière liée à la création, dans les années 2030, d’une borne, baptisée Etherna, qui permet d’entrer en communication avec les défunts grâce à un objet leur ayant appartenu.

« Je connaissais la qualité du réalisateur Nicolas Boucard et des scénaristes Romain Renard et Olivier Tollet, et j’ai trouvé ce pitch extrêmement audacieux », confie la comédienne Edwige Baily.

Celle-ci incarne Lara Di Angeli, une policière italienne assez mystérieuse, qui travaille habituellement pour le Vatican à Rome : « Elle a été envoyée en mission en Belgique pour retrouver un objet précieux qui aurait disparu », précise-t-elle.

Son enquête va la mener à croiser la route du protagoniste principal, David Novack (joué par Michaël Abiteboul), lui-même à la recherche d’un objet ayant appartenu à sa femme, décédée quelques années plus tôt. Une double enquête parallèle se met donc en place.

Edwige Baily aimerait-elle que la fiction devienne un jour réalité ? « Je trouve qu’à l’échelle familiale, ça donne envie. C’est agréable de se laisser bercer par l’idée que ce serait possible. Après, si on remonte sur des millénaires, si tous les morts avaient droit à la parole, le monde serait une vraie cacophonie, sourit-elle. Cela dit, avec le recul, ils auraient peut-être des choses à nous enseigner, un regard sur le monde qui n’est pas celui des vivants. »

« Éthernel », série en 6 épisodes avec Michaël Abiteboul, Edwige Baily et Alexia Depicker, disponible sur la plateforme de la RTBF.

Dans Intraçables, la déconnexion est une question de survie

Alexis Michalik et Sofia Essaidi, un couple vite brisé par le destin. (c) Laurent Bleuze - RTS

Présentée il y a un peu plus d’un an au festival Séries Mania, la série Intraçables est enfin disponible sur Prime Video, en attendant une diffusion dans le courant de l’année sur TF1. Sofia Essaïdi y incarne Giulia, une femme épanouie qui file le parfait amour avec David (Alexis Michalik), jusqu’à ce que ce dernier disparaisse dans une tragique explosion. Cinq ans après le drame, Giulia n’a toujours pas fait son deuil et, convaincue qu’il ne s’agissait pas d’un simple accident, elle se lance dans une enquête qui va la mettre en grand danger. Traquée par un redoutable hacker, elle n’a qu’une solution : opérer une déconnexion totale pour se rendre… intraçable.

On rassure ses fans : le personnage d’Alexis Michalik dispose de bien plus que quelques minutes de visibilité dans la série. « En lisant le début du scénario, je me suis dit que ça allait être un job d’été avec juste quelques jours de tournage, sourit-il. Plus sérieusement, j’avais été prévenu en amont que je n’allais pas juste incarner un personnage qui meurt au bout de trois minutes. Plus j’ai avancé dans la lecture, plus j’ai compris qu’il allait y avoir énormément de flashbacks et qu’on allait se plonger dans le passé de cette famille. »

Le comédien a surtout été séduit par le propos de la série, une sorte de thriller d’anticipation. « Avec les téléphones, l’intelligence artificielle, on se sent tous un peu fliqués, ça joue sur nos peurs, nos angoisses, confie-t-il. Le message, c’est de faire attention au bon usage de la technologie. »

Alexis Michalik admet cependant que l’expérience n’a pas influé sur son rapport au numérique. « C’est terrible à dire, mais je suis accro : je suis tout le temps sur mon téléphone, je l’utilise pour tout. L’IA est une sorte de super-assistante très efficace, à mes yeux. Elle ne m’inquiète pas. »

Déjà récompensé de cinq Molières pour ses différents spectacles (Le Porteur d’histoire, Les Producteurs, Edmond…), il prend autant de plaisir en tant qu’acteur que comme metteur en scène. « C’est la multiplicité des projets qui me plaît et qui chasse l’ennui. J’adore écrire, mener un projet de A à Z, mais ça me plaît tout autant d’être comédien et de me mettre au service d’un projet », comme ce fut le cas pour Intraçables.

« Intraçables », série en 6 épisodes, avec Sofia Essaïdi, Alexis Michalik, Irène Jacob, disponible sur Prime Video.

Salim Kechiouche fervent partisan d’un cinéma social et engagé

Salim Kechiouche, un policier dans la tourmente dans le film L'Enfant bélier, bientôt au cinéma. (c) Destiny film.

De François Ozon (Les Amants criminels) à Abdellatif Kechiche (La Vie d’Adèle, Mektoub, My Love), en passant par Alexandre Arcady (Ce que le jour doit à la nuit), Salim Kechiouche a déjà croisé la route de grands réalisateurs, passant lui-même derrière la caméra pour réaliser, en 2022, son premier long métrage, L’Enfant du paradis.

En tant qu’acteur, son actualité est chargée puisqu’on peut le retrouver en ce moment dans la série Un prophète, diffusée sur Canal+, et, en fin de mois, dans le film L’Enfant bélier de Marta Bergman, où il tient le rôle principal. Deux tournages qui l’ont particulièrement séduit.
« Il y a une multitude de façons de faire des films. Parfois, on a envie de faire du grand spectacle, des films où on en prend plein les yeux, mais c’est vrai que, parfois, j’ai envie de m’engager dans des films engagés, qui parlent de causes que je juge justes, qui interrogent le monde sur des sujets difficiles, sensibles, parfois invisibilisés. »

L’Enfant bélier, qui sort le 29 avril en salles, permet d’évoquer le cas des migrants à travers une histoire inspirée d’un fait réel. « Je joue le rôle d’un policier chargé de surveiller les passeurs à la frontière belge et qui va commettre une bavure en tirant sur un enfant, explique-t-il. Il va devoir accepter la version que la police va lui soumettre alors qu’il ne se souvient absolument pas de ce qu’il s’est réellement passé. Il ne sait pas qui, de la police ou des migrants, a tort ou raison. Ça parle du trouble post-traumatique, de la façon dont l’excitation et le stress jouent sur ses souvenirs. »

Un film qui met en lumière un véritable drame humain : « Ça parle des migrants, qui sont des victimes dans leur pays, qui veulent partir vers un ailleurs qui leur semble meilleur mais qui est parfois pire, car ils ne sont pas souvent accueillis à bras ouverts : ils sont même plutôt rejetés et maltraités, déplore-t-il. Comme dans L’Histoire de Souleymane, qui a eu un grand retentissement au Festival de Cannes il y a deux ans, ce film permet de mettre un visage sur ces gens dont on parle comme d’une entité, comme s’ils n’étaient pas des êtres humains. Ça m’a bouleversé. »

Dans un tout autre registre, la série Un prophète, adaptée du film éponyme de Jacques Audiard (2009), l’a également profondément marqué : « C’est une série qui m’a vraiment scotché. Je ne dis pas ça parce que je suis dedans, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une série française de cette qualité-là. Elle prend son temps au début pour déployer le récit : on apprend à connaître les personnages et ça monte en puissance d’épisode en épisode. En la regardant, j’ai été traversé par plusieurs émotions fortes : j’ai eu des frissons, les larmes aux yeux, j’ai rigolé, je me suis questionné. C’est une série poétique, très puissante, avec une écriture, une interprétation et une réalisation au sommet. »

Salim Kechiouche y incarne un avocat, demi-frère de l’une des grosses têtes du narcotrafic à Marseille. « C’est un personnage un peu victime des autres, sous pression, qui va peu à peu s’émanciper et faire des alliances. Il est assez ambigu, versatile, mystérieux. Ça se passe dans le milieu carcéral, ça parle de manipulation, de pouvoir, de violence. »

D’ici quelques mois, on le retrouvera également dans une autre série, Malin Fors, où il jouera un policier, aux côtés de Cécile de France, lancée dans des enquêtes sur des meurtres sordides commis par un tueur en série.

Salim Kechiouche est actuellement à l’affiche de la série Un prophète sur Canal+, et il sera dans le film L’Enfant bélier, en salle dès le 29 avril.

Zize transforme votre soirée en un moment irréZIZEtible

La Marseillaise Zize se réjouit de retrouver le public du Nord. (c) Philippe du Crest

Il y a des jours où il vaut mieux rester au lit. C’est ce qu’a dû penser Zize en apprenant, le même jour, que son mari la trompait, que sa belle-fille était enceinte et qu’elle allait donc devenir grand-mère. Dans « IrréZIZEtible », le spectacle qu’il jouera le vendredi 24 avril (20 h) à Lille Grand Palais, Louis Naitana, également connu sous le nom de Thierry Wilson, fait encore vivre de sacrées aventures à ce personage de Zize, qui s’imagine davantage en sexygénaire qu’en mamie gâteau.

L’humoriste rêvait pourtant initialement de théâtre classique, avant de vouer une véritable fascination au transformisme, travaillant pour Michou et partageant une tranche de vie avec Coccinelle, l’icône transgenre des années 1950 qu’il épousa en 1996.

La création de Zize, en 2014, fut inspirée par Marie-Thérèse Porchet, le personnage imaginé par l’humoriste suisse Joseph Gorgoni : « Quand je l’ai vue, ça a été une révélation, admet-il. Ce personnage s’est imposé à moi, qui ai grandi dans un univers de femmes, avec ma mère qui tenait un salon de coiffure. J’avais l’impression que c’était une magicienne, car des femmes y entraient en étant moches et ma mère les rendait belles et heureuses. »

Physiquement, l’idée était de ressembler à Sylvia Fine, la mère de Fran Fine dans la série télévisée Une nounou d’enfer. Mission accomplie. Et si sa légende assure qu’elle a été sosie de Madonna, mais aussi Miss Marseille, Zize est heureuse de retrouver une région qui l’a quasiment vue naître. « Mon premier public a été celui de la fête du poisson à Boulogne-sur-Mer, la ville d’origine d’Hortensia (de son vrai nom Jacky Hénu), un gars avec une culture et une générosité extraordinaires, avec qui je partageais ma loge chez Michou, se souvient-elle. À son décès, l’an passé, je me suis senti très seul, mais j’ai alors noué des liens forts avec un autre gars du Nord, Jeanfi Janssens, dont j’ai fait récemment les premières parties à Lille. J’ai toujours fait des rencontres merveilleuses avec les gens de chez vous. »

La vie de Zize est déjà un vrai roman, dont le prochain chapitre pourrait s’écrire au cinéma. « Il y a un projet de film depuis un moment. J’espère que ça se fera un jour. Catherine Frot m’a dit qu’il fallait absolument trouver le bon réalisateur, capable de donner à l’écran ce que je donne sur scène pour ne pas faire un flop, confie-t-il. Il faut une certaine psychologie pour comprendre le personnage de Zize, ne pas faire une grosse comédie bien lourde. Beaucoup de gens voient uniquement le transformiste, l’homme habillé en femme, mais Zize, c’est une mère de famille qui vit sa vie de femme. La subtilité est là. »

« IrréZIZEtible », le vendredi 24 avril 2026 (20 h) à Lille Grand Palais.