Joaquim Fossi questionne notre rapport à l’image

Joaquim Fossi a décidé de relever le défi du seul en scène. (c) Simon Gosselin

Joaquim Fossi ne sera pas en terre inconnue le jeudi 23 avril à la maison Folie Moulin de Lille, où il jouera son nouveau spectacle, « Le plaisir, la peur et le triomphe ». Pensionnaire pendant trois ans à l’École du Nord, rattachée au Théâtre du Nord, il connaît bien la métropole lilloise. Il y était d’ailleurs revenu il y a quelques mois, avec Nine d’Urso, une camarade de promotion, pour une exposition atypique, « La carte du tendre », à la gare Saint-Sauveur.

Cette fois, le jeune comédien, également connu du grand public pour son rôle de Dylan Moreno pendant plusieurs années dans la série quotidienne de TF1 Demain nous appartient, revient avec un nouveau concept : un spectacle qu’il a commencé à imaginer il y a quelques années.

Enfermé à Paris, sans beaucoup de proches dans les parages, il avait été confronté, durant l’été 2023, à une déferlante d’images qui inondaient nos écrans. « Il y avait eu les émeutes suite à la mort de Nahel, une canicule, des feux de forêt, des tas de sujets différents, et je me suis demandé ce que toutes ces images, si on les collectait, raconteraient de nous si elles nous survivaient. »

Joaquim Fossi a donc imaginé un archéologue du septième millénaire qui redécouvre Internet et porte un regard décalé sur notre civilisation à travers les images qu’il découvre. Restait évidemment à faire le tri entre des centaines, voire des milliers d’images. « Je n’avais pas de critères spécifiques au départ, j’ai donc cherché ce dont j’avais besoin pour parler de nos comportements, de notre rapport à l’image, précise-t-il. Quand j’ai fait le tri, les drames se sont effacés au fur et à mesure pour laisser place à des choses plus joyeuses, et surtout que tout le monde va reconnaître. »

S’il avait initialement songé à partager l’aventure avec deux autres comédiens, Joaquim Fossi se retrouve finalement seul sur scène, un exercice qu’il apprend à maîtriser. « Sur la forme, c’est presque du stand-up, poursuit-il. C’est hyper vertigineux et galvanisant en même temps, je prends plaisir à le faire et à rencontrer le public. Le spectacle change tous les soirs. C’est une nouvelle expérience, mais au final, ça reste toujours de l’écriture et la question de savoir comment on raconte une histoire. »

« Le plaisir, la peur, le triomphe », un spectacle de Joaquim Fossi, accessible aux plus de 15 ans, le jeudi 23 avril (19 h 30) à la Maison folie de Moulin à Lille. Prix : 5 €.

Bruno Sanches en binôme avec Eric Cantona dans « Alter Ego »

Bruno Sanches était ravi de tourner avec Eric Cantona. (c) Olivier Martino - Empreinte digitale - TF1

Une nouvelle série policière sera diffusée dès ce lundi 13 avril (21 h 10) sur TF1. Alter Ego est portée par un binôme inédit composé de Bruno Sanches et d’Eric Cantona. Tous deux sont originaires de Marseille : le premier, avocat, n’en est jamais parti, tandis que le second, policier, y revient après avoir effectué l’essentiel de sa carrière à Paris. L’un est aussi bavard et solaire que l’autre est taiseux et bougon, mais derrière des physiques et des personnalités en apparence aux antipodes, les deux hommes vont se découvrir des points communs et se retrouver à faire, volontairement ou non, cause commune sur différentes affaires.

Habitué aux enquêtes policières pendant des années dans HPI, Bruno Sanches n’est pas dépaysé, mais il les aborde cette fois avec un autre regard en incarnant Samy Kaddourian, un avocat sympathique, toujours décidé à rendre justice à ceux qui ont du mal à se défendre et prêt, d’ailleurs, à transgresser un peu les règles si c’est pour la bonne cause.

« Plus encore que les enquêtes, ce qui m’a plu avant tout dans cette série, ce sont les personnages, leurs parcours, précise-t-il. Le mien est une espèce de justicier, une sorte de Robin des Bois qui veut aider les plus opprimés. Mais s’il est sympa de vouloir à chaque fois sauver la veuve et l’orphelin, il faut aussi qu’il songe à gagner un peu d’argent pour remplir la gamelle à la maison. » D’autant qu’il est veuf depuis peu et qu’il a des enfants à éduquer et à nourrir. Il parle très peu de la mort de sa femme, et ce sont justement les blessures familiales qui le rapprochent le plus de Joseph Batista, joué par Eric Cantona. Ce dernier vient en effet d’apprendre qu’il a une fille et un petit-fils dont il a toujours ignoré l’existence, mais qui vont, à plus d’un titre, entrer dans sa vie. « Ce sont deux pères qui doivent sortir la tête de l’eau : l’un après avoir vécu un drame ; l’autre après avoir eu cette révélation alors qu’il n’avait jamais pensé avoir une famille. Ils vont s’aider, se confier l’un à l’autre. »

Marqué durant sa jeunesse par des duos de télévision ou de cinéma, essentiellement américains, comme Starsky et Hutch, puis plus tard par des films comme L’Arme fatale et Bad Boys, Bruno Sanches est ravi de la création de ce binôme avec Eric Cantona. « J’aime beaucoup le comédien, mais j’étais aussi hyper content de tourner avec lui, car c’est quelqu’un que j’ai admiré dans un autre domaine : le meilleur numéro 7 de l’histoire du football français, sourit-il. C’était une époque où je regardais beaucoup le football à la maison. On a beaucoup discuté pendant le tournage, on a parlé de plein de choses, de son parcours et notamment de football. »

« C’est un mec qui a visiblement toujours été honnête avec les gens, avec lui-même. Il a suivi son chemin, il a embrassé pleinement la vie, poursuit-il. L’alchimie s’est faite assez naturellement et je trouvais intéressant de le voir dans ce rôle de dur au cœur tendre. »

« Alter Ego », une série en 6 épisodes, avec Bruno Sanches et Eric Cantona, à partir de ce lundi 13 avril (21 h 10) sur TF1.

CharlElie Couture réunit des voix engagées pour la nature dans son nouveau « Projet bleu vert »

Charlélie Couture témoigne avec cet album de son engagement pour la nature. (c) Shaan C

Chanteur, compositeur, écrivain, graphiste, artiste pluridisciplinaire, CharlElie Couture revient sur le devant de la scène avec un nouvel album « Projet bleu vert », disponible depuis ce vendredi 10 avril, où il reprend, en duo, plusieurs de ses chansons en lien avec la nature.

CharlElie, comment est née cette idée ?

« C’est venu d’une rencontre avec des élèves du lycée Poincaré à Nancy, qui avaient travaillé plusieurs mois sur mon activité artistique dans différentes matières comme le français, la philosophie, la musique, les arts plastiques, la SVT. Ils avaient réfléchi à la question de la pluridisciplinarité et à la différence entre la maîtrise d’une technique et l’expression artistique. On parle souvent d’art comme d’un savoir-faire, alors qu’à mes yeux, l’art, c’est davantage la formulation d’une énergie que l’on a à l’intérieur de soi et que l’on partage : l’énergie des sentiments, des émotions. Et à la fin de leur travail, l’un d’entre eux est venu me dire qu’une grande partie de ce que je faisais était très engagée vis-à-vis de la nature, et que cela ne se savait pas plus que ça. De fait, c’est quelque chose qui me tient à cœur, plus encore depuis que je suis grand-père. Dans ma chanson « Toi, ma descendance », je parlais justement du monde que nous étions en train de laisser. Donc, plutôt que de faire un album avec de nouvelles chansons, j’ai choisi de donner une nouvelle vie à d’anciennes chansons que je pourrais réécrire mot pour mot aujourd’hui. »

Pourquoi avoir choisi de les reprendre en duo ?

« Je me suis dit que les partager leur donnerait une forme d’universalité. Alors j’ai cherché, parmi mes connaissances, qui accepterait ce projet, sachant que l’intégralité des profits sera versée à l’association France Nature Environnement. Ma relation avec la nature date de mes débuts. Dès le premier album que j’ai enregistré en 1978, il y avait la chanson « Le jardin de mon oncle », qui n’a pas bougé d’un poil : c’est l’histoire d’un pauvre gars dont on rachète les terres pour construire un building. Aujourd’hui, on ferait des hangars pour la grande distribution. Il y a de plus en plus de forêts qu’on avale pour y construire des objets du monde moderne. »

Jean-Louis Aubert, Yannick Noah ou encore Cali mais aussi des slameurs comme Souleymane Diamanka et Renaud Papillon Paravel ont notamment accepté votre invitation…

« Oui, je suis ravi de ce qui a été fait. Je regrette juste que la jeune génération, à qui je m’adresse, n’ait pas trop répondu. Mais ceux qui participent sont des gens formidables, avec lesquels on partage les mêmes questions, les mêmes inquiétudes. En général, je suis parti des chansons et, pour chacune, j’avais des noms en tête. Je me souviens que l’un des premiers que j’ai contactés, c’était Jean-Louis Aubert. Sur le principe, il était d’accord. Je lui envoie la chanson, mais il me rappelle assez vite en me disant qu’il ne la connaît pas, qu’il a plein de choses sur le feu, que cela va lui demander trop de temps et qu’il préfère me dire non. J’avoue que j’étais déçu en raccrochant. Et puis, 24 heures après, il m’a rappelé en me disant qu’il avait essayé quelque chose. Il me l’a envoyé : c’était super. Et au final, c’est donc le premier qui a dit non et le premier qui a dit oui.

Ce qui me plaît, au final, c’est que le disque est vraiment généreux. On n’a pas besoin d’aimer CharlElie Couture pour aimer ce disque-là : la communion des voix fait que le message est beaucoup plus universel que de simplement écouter mes chansons. Même musicalement, on a cherché une approche un peu neutre, de façon à ce que ce soit le fond qui prime. »

Vous partagez aussi un duo avec votre fille Yamée. Il y avait une notion de transmission, d’héritage ?

« Oui, il y a toujours un côté transmission, comme c’est dit dans le superbe film de Vincent Munier, « Le chant des forêts », qui vient d’avoir le César du meilleur documentaire. Il y a le grand-père, le père et le fils. Chez nous, ça existe depuis longtemps, mais pour le coup, c’est Yamée qui est venue me dire que si je reprenais, sur l’album, « La chanson de la petite rivière », elle souhaitait que ce soit avec elle. J’étais évidemment ravi qu’on la fasse ensemble, d’autant qu’elle en connaissait le sens, puisque c’est une rivière où j’allais pêcher avec mon père quand j’étais petit, mais où je me suis aperçu qu’il y avait de moins en moins de poissons. J’ai vu le garde-pêche et j’ai financé l’entretien pour que la rivière retrouve son rythme naturel. »

Dans l’album, il y a tout de même un titre inédit : « Engagé Volon-Terre ». Pourquoi ?

« Cette chanson était, comme bien d’autres, dans mes tiroirs depuis un moment. J’avais déjà la musique quand j’ai rencontré René Nunes, un chanteur brésilien dont j’adore la voix et la douceur. Je me suis dit que c’était bien de mélanger nos voix et ça donne quelque chose de généreux. C’est un peu différent du reste de l’album. »

Avec un album de duos, c’est compliqué d’imaginer une tournée, non ?

« L’album est déjà un objet à part entière qui a le mérite d’exister mais si on va sur scène, on essaiera de faire vivre les chansons pour ce qu’elles sont et s’il y a des invités disponibles sur certaines dates, ce sera tant mieux, mais ce sera sans doute plus simple d’en faire venir pour une émission de télévision. »

L’album « Projet bleu vert » de CharlElie Couture est disponible depuis ce vendredi 10 avril. Prix : 16,99 €.

Catherine Lara : « J’avais envie de me faire rêver »

Catherine Lara prend un immense plaisir en partageant la scène avec la compagnie Kumo. (c) Eric Bongrand

Durant sa riche carrière, Catherine Lara avait déjà relevé le défi de monter des spectacles violon-danse, comme et Au-delà des murs, mais avec Identités, le projet qu’elle partage avec les quatre danseurs de la compagnie Kumo, l’artiste française est allée encore plus loin.

« J’adore la danse en général, mais en les voyant en spectacle, j’ai eu les larmes aux yeux : un véritable coup de cœur. Je les ai trouvés émouvants et avec quelque chose en plus rythmiquement. Jamson Mahbel a l’habitude de construire ses chorégraphies de façon éblouissante puisque, au lieu d’être sur les premiers temps, il est en l’air, sur les contretemps. »

Sous le charme, Catherine Lara n’a pas hésité à aller à leur rencontre pour leur proposer une collaboration : « Ils auraient pu se dire : “Qu’est-ce qu’elle vient faire, la mamie ?” Ils ont chacun vingt ans et moi quatre fois leur âge, mais ils ont tout de suite été réceptifs. Ils ont été touchés par mes mots, la façon dont je leur ai parlé, de ce que j’avais observé, se souvient-elle. Je leur ai transmis ma passion et ça a fonctionné. Parce que c’était eux, parce que c’était moi. »

À 80 ans, elle a plongé dans cette belle aventure avec un immense enthousiasme. « Je m’étais posé la question d’arrêter ou pas. J’ai encore la pêche. Faire des concerts de façon événementielle ne me dérange pas, mais je ne voulais plus faire de tournées, enchaîner les dates, précise-t-elle. Je ne m’aime pas suffisamment pour me copier et, si je devais toujours faire la même chose, je m’ennuierais. Alors c’était bien d’aller voir ailleurs, de surprendre. J’avais aussi envie de me faire rêver. »

Mission accomplie avec ce spectacle Identité, qui, avec son apport, est donc devenu Identités, au pluriel, et qui a surtout été, en majeure partie et à plusieurs reprises, remanié. « Je pense qu’il reste à peu près 20 % du projet initial, avoue-t-elle. J’ai refait tous les arrangements musicaux. On a joué le spectacle plus de 45 fois et, entre chaque date, on répète pour l’améliorer, pour affûter notre histoire, indique-t-elle. On a travaillé la précision, les lumières, l’éclairage, la cohésion. Ce qui reste, c’est le concept, le discours. À travers leur danse et mon violon, on évoque la violence, le racisme, l’addiction aux téléphones, les réseaux sociaux… Ça résonne bien sûr avec l’actualité, mais on transcende tout ça poétiquement, et surtout pas politiquement. On ne donne de leçon à personne. Après, si on arrive à véhiculer certains messages, à donner quelques clés au public, c’est du bonus. Chacun fait son petit voyage. »

Catherine Lara, elle, se sent rajeunir. « Je suis comblée. Je m’aperçois que je n’ai pas perdu mon âme d’enfant, sourit-elle. Il y a vraiment une osmose dingue entre nous, une alchimie. C’est de la danse urbaine, oui, mais c’est de la danse contemporaine avant tout. Il y a vraiment des chorégraphies sophistiquées, c’est très méticuleux et le mélange fonctionne bien. Je trouvais ça très intéressant d’aller dans ce monde de la rue avec une autre musique. »

« Identités », un voyage musical avec Catherine Lara et la compagnie Kumo, le jeudi 16 avril (20 h) au théâtre Sébastopol à Lille.

Flashback, saison 2 : Michaël Youn heureux de retrouver un personnage qu’il a vraiment construit

Michael Youn et Constance Gay unissent de nouveau leur talent dans la saison 2 de Flashback. (c) Nicolas Robin - Itinéraire production - TF1

Dans la première saison de Flashback, nous avions fait la connaissance d’Elsa Letellier (incarnée par Constance Gay), une jeune policière scientifique propulsée une trentaine d’années en arrière. Un retour dans le passé pas anodin, puisque sa mission était de changer le cours de l’histoire en empêchant l’assassinat de son père, Josselin Letellier (Michaël Youn). Un paternel, lui aussi flic, mais aux attitudes et méthodes pas toujours très réglementaires. Un père qui ne se doute évidemment pas que la jeune femme qui a débarqué dans le commissariat et dans sa vie, sous l’identité de Beyoncé, une policière canadienne, est en réalité sa fille.

Une saison conclue sur un double coup de théâtre. Le premier dans le passé, avec Beyoncé laissée pour morte après s’être sacrifiée pour sauver Josselin ; le second dans le présent, puisqu’en revenant dans les années 2020, Elsa constate que son père est certes bien vivant, mais que la modification d’un événement a hélas engendré d’autres changements : cette fois, c’est sa mère qui a été tuée. Une seule solution : retourner, de nouveau, dans le passé pour tenter de changer encore une fois le destin familial.

« Les retrouvailles sont un choc pour Josselin, car il croyait avoir vu Beyoncé mourir dans ses bras, et cela lui avait fait de la peine, car il avait fini par s’attacher à cette fille, confie Michaël Youn. En plus, si de son côté elle a perdu de vue son père des années 1990 pendant à peine douze heures, dans sa réalité à lui, il s’est écoulé deux ans, et donc il ne comprend pas ce qu’il s’est passé. Dans cette deuxième saison, vis-à-vis de Beyoncé, il va y avoir toujours autant d’agacement, mais aussi de plus en plus d’attachement. »

Le comédien était, en tout cas, ravi de retrouver ce personnage de Josselin Letellier. « D’autant que je ne l’ai pas juste interprété après avoir lu le scénario : on l’a construit avec la production et les scénaristes. J’ai retrouvé un vieux copain que j’avais envie d’amener ailleurs dans cette saison 2 », poursuit-il.

Se replonger dans l’atmosphère des années 1990 n’était pas non plus pour lui déplaire : « Ce n’est pas comme jouer les années 1930 ou le siècle des Lumières, c’est moins de la science-fiction, il y a des passerelles, mais il fallait faire attention aux tics de langage. Après, c’était intéressant de se rappeler que tout était plus compliqué à l’époque : consulter un fichier, obtenir un rapport, le temps que mettait un fax avant que l’on découvre un visage… Et puis le fait que cela respectait peut-être moins les codes, avec ce personnage qui a un annuaire pour faire parler les suspects, du whisky pour se détendre. Tout ce qui était, entre guillemets, normal à l’époque et qui ne le serait absolument plus de nos jours. »

Flashback, saison 2, dès ce jeudi 9 avril (21 h 10) sur TF1, avec Michaël Youn et Constance Gay.