Flashback, saison 2 : Michaël Youn heureux de retrouver un personnage qu’il a vraiment construit

Michael Youn et Constance Gay unissent de nouveau leur talent dans la saison 2 de Flashback. (c) Nicolas Robin - Itinéraire production - TF1

Dans la première saison de Flashback, nous avions fait la connaissance d’Elsa Letellier (incarnée par Constance Gay), une jeune policière scientifique propulsée une trentaine d’années en arrière. Un retour dans le passé pas anodin, puisque sa mission était de changer le cours de l’histoire en empêchant l’assassinat de son père, Josselin Letellier (Michaël Youn). Un paternel, lui aussi flic, mais aux attitudes et méthodes pas toujours très réglementaires. Un père qui ne se doute évidemment pas que la jeune femme qui a débarqué dans le commissariat et dans sa vie, sous l’identité de Beyoncé, une policière canadienne, est en réalité sa fille.

Une saison conclue sur un double coup de théâtre. Le premier dans le passé, avec Beyoncé laissée pour morte après s’être sacrifiée pour sauver Josselin ; le second dans le présent, puisqu’en revenant dans les années 2020, Elsa constate que son père est certes bien vivant, mais que la modification d’un événement a hélas engendré d’autres changements : cette fois, c’est sa mère qui a été tuée. Une seule solution : retourner, de nouveau, dans le passé pour tenter de changer encore une fois le destin familial.

« Les retrouvailles sont un choc pour Josselin, car il croyait avoir vu Beyoncé mourir dans ses bras, et cela lui avait fait de la peine, car il avait fini par s’attacher à cette fille, confie Michaël Youn. En plus, si de son côté elle a perdu de vue son père des années 1990 pendant à peine douze heures, dans sa réalité à lui, il s’est écoulé deux ans, et donc il ne comprend pas ce qu’il s’est passé. Dans cette deuxième saison, vis-à-vis de Beyoncé, il va y avoir toujours autant d’agacement, mais aussi de plus en plus d’attachement. »

Le comédien était, en tout cas, ravi de retrouver ce personnage de Josselin Letellier. « D’autant que je ne l’ai pas juste interprété après avoir lu le scénario : on l’a construit avec la production et les scénaristes. J’ai retrouvé un vieux copain que j’avais envie d’amener ailleurs dans cette saison 2 », poursuit-il.

Se replonger dans l’atmosphère des années 1990 n’était pas non plus pour lui déplaire : « Ce n’est pas comme jouer les années 1930 ou le siècle des Lumières, c’est moins de la science-fiction, il y a des passerelles, mais il fallait faire attention aux tics de langage. Après, c’était intéressant de se rappeler que tout était plus compliqué à l’époque : consulter un fichier, obtenir un rapport, le temps que mettait un fax avant que l’on découvre un visage… Et puis le fait que cela respectait peut-être moins les codes, avec ce personnage qui a un annuaire pour faire parler les suspects, du whisky pour se détendre. Tout ce qui était, entre guillemets, normal à l’époque et qui ne le serait absolument plus de nos jours. »

Flashback, saison 2, dès ce jeudi 9 avril (21 h 10) sur TF1, avec Michaël Youn et Constance Gay.

Fabian Le Castel, des centaines de voix et une double casquette

Fabian Le Castel jouera à la maison le 11 avril au Hurlu Comedy Club à Mouscron.

Il y a quelques semaines, Fabian Le Castel a fait le bonheur du public du Festival Humour en Weppes, lors d’une soirée spéciale Belgique, animée par Les Jumeaux. Le 11 juin, il sera de nouveau dans la région, au Zénith de Lille, avec ses camarades de l’émission « Le Grand Cactus », pour un show qui devrait valoir le déplacement.

En attendant, ce samedi 11 avril, c’est vraiment à la maison que l’humoriste et imitateur sera sur scène. C’est en effet au Hurlu Comedy Club, qu’il a créé il y a quelques années à Mouscron, qu’il jouera « Morceaux choisis », une sélection des meilleurs sketchs de ses différents spectacles.

Demi-finaliste de « La France a un incroyable talent », puis finaliste de « La Belgique a un incroyable talent » en 2013, il a vu sa notoriété croître en France à partir du moment où il a intégré la bande du « Grand Cactus ». Mais son goût pour l’imitation est né très tôt. « Déjà à l’école, j’imitais mes professeurs et quelques personnalités, se souvient-il. Je n’ai toutefois jamais pensé pouvoir en faire un métier, jusqu’à ce que je gagne un concours amateur et que je sois repéré par Jérôme de Warzée, qui m’a pris en radio sur VivaCité. »

C’est toutefois sur scène qu’il se sent le plus à l’aise, avec, parmi ses imitations, de nombreuses voix françaises. « En Belgique, on est bercé par la culture française. Après, j’aime bien faire les grandes voix, celles qui procurent des émotions : Johnny Hallyday, Arno ou encore Aznavour, précise-t-il. J’essaie bien sûr d’amener à chaque fois de nouvelles personnalités. Je fais énormément d’écoutes pour m’approprier une voix, mais il y a aussi l’imitation physique, gestuelle. Un gars comme Régis Laspalès, je fais juste la mimique et tout le monde l’a tout de suite. »

Fabian Le Castel doit aussi jongler avec ses différentes casquettes, et celle de patron d’un comedy club n’est pas la moins accaparante. « J’adore l’ambiance des comedy clubs, la proximité entre le public et l’artiste, et j’avais envie d’amener ça en Belgique. Mais c’est un travail de malade, assure-t-il. Il faut gérer les artistes, la production, la régie, le bar, et surtout la programmation. Heureusement, j’ai quinze ans de métier et je connais un peu de monde. Je regarde aussi ce qui se fait sur les réseaux, je vais tous les deux ans à Avignon voir des spectacles, et il y a pas mal de productions qui me proposent aussi le passage d’artistes en rodage. »

Belges ou Français, peu lui importe, tant que la qualité est au rendez-vous pour satisfaire une salle d’environ 120 places.

Fabian Le Castel joue son spectacle « Morceaux choisis ! » au Hurlu Comedy Club à Mouscron, le jeudi 11 avril (20 h 30) puis avec « Les 4 sans voix », le mercredi 24 avril au centre Marius Staquet à Mouscron.

« The Testaments », retour à Gilead entre héritage et rebéllion

Lucy Halliday et Chase Infiniti sont les héroïnes de la série The Testaments. (c) Disney+

Le retour à Gilead est prévu ce mercredi 8 avril pour les abonnés de la plateforme Disney+. Présentée en avant-première mondiale lors de la cérémonie d’ouverture du festival Séries Mania à Lille, The Testaments est une série dérivée, en dix épisodes, de The Handmaid’s Tale (La Servante écarlate).

Le réalisateur Bruce Miller s’est attelé à l’adaptation d’un nouveau roman de Margaret Atwood. Dans cet opus, on suit la vie de plusieurs étudiantes au sein d’une école où l’on apprend aux filles de commandants à devenir de bonnes épouses, avec une éducation très stricte et des sanctions.

Tante Lydia est de retour, mais peut-être est-elle un peu moins redoutable que par le passé. « C’était génial de retourner à Gilead et d’aborder ce personnage un peu différemment. Tante Lydia a beaucoup évolué depuis ce qu’il s’est passé avec June (Elisabeth Moss) à la fin de la série précédente. Elle a eu des remords, quelques années pour réfléchir aux méthodes employées, car au fond, elle adore les filles. Elle veut le meilleur pour elles dans cette école d’élite », assure la comédienne Ann Dowd, qui endosse de nouveau cette tunique de guide pour ces jeunes femmes.

S’il n’est pas obligatoire d’avoir vu The Handmaid’s Tale pour regarder The Testaments, cela aide tout de même à la compréhension, notamment pour appréhender le personnage d’Agnès, incarnée par Chase Infiniti (révélée dans le film Une bataille après l’autre, aux côtés de Leonardo DiCaprio). Celle-ci est en fait la fille que June n’a pas réussi à récupérer avant de s’enfuir. Agnès n’a pas connu le monde extérieur et n’est donc pas spécialement choquée par les conditions de vie qui règnent à Gilead ni par le traitement infligé aux femmes. Comme la plupart de ses camarades, elle a été endoctrinée dès son plus jeune âge.

Sa rencontre avec Daisy, un personnage joué par la remarquable Lucy Halliday, une nouvelle venue à Gilead, va néanmoins profondément bouleverser sa vision des choses et éveiller sa conscience. « J’étais lycéenne quand The Handmaid’s Tale est sortie et je me souviens que la série avait marqué les esprits, confie Chase Infiniti. On a eu la chance d’avoir plein de gens autour de nous comme Ann Dowd, Bruce Miller, Elisabeth Moss, et j’ai aussi eu le privilège de rencontrer Margaret Atwood. Tous nous ont bien accueillis et nous pouvions leur demander n’importe quoi sur Gilead. Je crois que nous avons tous ressenti la responsabilité que nous avions en faisant cette série. »

L’actrice entend porter le message d’espoir délivré par la romancière pour toutes les femmes qui souffrent d’oppression et sont réduites au silence. « Je me sens fière de faire partie d’une histoire qui peut présenter un miroir à la société pour qu’elle puisse se voir telle qu’elle est, et constater que les femmes de cette série trouvent la force de faire entendre leur voix et de surmonter les épreuves. J’espère que le public ressentira la même chose en regardant la série. »

The Testaments, disponible dès le mercredi 8 avril sur Disney+. Avec Ann Dowd, Chase Infiniti et Lucy Halliday.

Murielle Magellan a transposé dans un livre sa passion pour le tennis.

La romancière et réalisatrice, Murielle Magellan a décidé de franchir le cap et d'écrire sur sa passion : le tennis.

Alors que la saison de terre battue a commencé avec le tournoi de Monte-Carlo et que Roland-Garros se profile déjà à l’horizon, nous vous recommandons de vous plonger dans Éloge du tennis, un essai de la romancière et réalisatrice Murielle Magellan, véritable passionnée de la balle jaune, aussi bien comme joueuse que comme spectatrice.

Murielle Magellan convoque plusieurs grands noms de la discipline de Gabriela Sabatini à Amélie Mauresmo, de John Mc Enroe à Roger Federer, évoque les champions qui l’ont fait rêver, ou du moins qui l’ont marquée, mais aussi les joueurs amateurs, à travers une approche artistique, sociologique, politique ou encore philosophique. « Je ne voulais pas craindre d’aborder de grands thèmes qui traversent nos questionnements à tous, et parce que le tennis est un sport extrêmement intime. Je voulais aussi raconter le tennis loisir, celui des petits clubs, tout le travail que le joueur fait pour se confronter à l’autre et surtout à lui-même. »

Longtemps, l’artiste avait pourtant cloisonné vie professionnelle et passion, s’empêchant même d’évoquer, dans le monde littéraire, son attrait pour le tennis. « Je n’aurais jamais pensé que j’allais écrire dessus, assure-t-elle. Et puis je me suis décidée à franchir le pas, mais c’est un livre d’une passionnée de tennis. Je voulais que cela reste un écrivain qui pratique et qui va vers cette passion, qui la regarde avec son œil de romancier, de raconteuse d’histoires. »

Un livre qui lui a demandé beaucoup de temps et de recherches : « J’avais une passion, mais qui n’était pas forcément documentée, du tennis, précise-t-elle. Je n’ai pas voulu interroger les acteurs de ce monde, car cela aurait alors pris une forme journalistique, mais j’ai lu beaucoup d’ouvrages comme L’Érotique du tennis de Franck Evrard ou encore  Art de jeu, art de vivre !  de Jean Lovera. »

« Je voulais que ce soit un voyage universel par les références, mais personnel dans mon approche, poursuit-elle. J’ai commencé à lister des thématiques et je me suis aperçue qu’elles croisaient souvent ce que j’avais traité en fiction. Je me suis donc rapprochée des titres de mes livres ou de mes films, qui sont devenus les titres de mes chapitres, et cela m’a amenée, dans le sens inverse, à aller vers des sujets que je n’avais pas trop définis, comme la fantaisie par exemple. »

Pendant l’année exclusivement consacrée à la rédaction de cet essai, elle s’est tout de même libéré du temps pour aller jouer, recueillir les confidences d’autres anonymes mordus de tennis, en se lançant le défi d’améliorer son propre classement. Challenge relevé ou pas ? La réponse est dans l’ouvrage.

« Éloge du tennis » par Murielle Magellan, aux éditions Rivages. Prix : 17 €.

Didier Wampas trace toujours sa route loin des sentiers battus

Les Wampas seront à Lille le jeudi 9 avril pour des dédicaces à la Fnac et un concert à l'Aéronef. (c) Mathieu EZAN

Traverser les décennies et les générations à une époque où l’on a vite fait de consommer et de passer à autre chose n’est pas la moindre des performances. Les Wampas font partie de cette caste restreinte. Leur quinzième album, « Où va nous ? », est sorti début février et le groupe sera d’ailleurs à la Fnac de Lille le jeudi 9 avril (17 h 30) pour le dédicacer avant d’enchaîner, dans la soirée, avec un concert à l’Aéronef.

Didier, le chanteur du groupe, est lui aussi une sorte d’ovni dans le paysage musical. Lui qui assure ne jamais avoir changé de mode de fonctionnement depuis ses débuts et qui ne semble pas perturbé par les transformations de l’industrie musicale. « Je suis heureux d’être toujours là à faire des chansons, des concerts, c’était mon rêve de gamin de 15 ans. Après, que ce soit diffusé en vinyle, en CD ou en streaming, je m’en fous complètement, assure-t-il. Il y aura toujours des gens qui voudront faire de la musique, d’autres qui voudront en écouter et d’autres encore qui feront en sorte de mettre les deux en relation. »

L’artiste affirme même n’avoir jamais eu le moindre stress à l’heure de préparer un nouvel album. « Je prends ma guitare, je fais des chansons en yaourt et après je mets des paroles dessus. Le plus difficile, c’est d’écrire de bonnes chansons, d’en avoir une quinzaine qui tiennent la route. »

Trouver de nouvelles thématiques au bout de quarante ans et des centaines de chansons n’est visiblement pas un problème : « J’ai vraiment l’impression de ne pas avoir dit grand-chose, ni fait grand-chose. Je n’ai pas l’impression d’être au bout de quelque chose. J’ai vraiment l’impression d’être au début tout le temps, confie-t-il. En plus, je ne fais pas d’album concept : toutes les chansons parlent de choses très différentes. Il n’y a pas de fil conducteur ou alors, s’il y en a un, ce n’est pas conscient, c’est qu’il est quelque part au fond de moi. »

Si la composition du groupe a plusieurs fois évolué, l’état d’esprit, lui, n’a pas changé. « On a forcément évolué, nos chansons avec nous, mais dans le fond c’est pareil. Si je continue à faire les Wampas, c’est pour faire la musique que j’aime, pas du reggae ou de l’électro. Le rock’n roll, pour moi, c’est ne pas se prendre la tête, ne pas se prendre au sérieux, insiste-t-il. Pour tout vous dire, si j’étais seul, je pourrais me contenter de mes morceaux enregistrés à l’iPhone. »

Didier Wampas reconnaît toutefois que l’enregistrement en live en studio est une valeur ajoutée : « C’est quand même mieux d’être tous les cinq dans une pièce à jouer, plus près du live. On gagne en énergie, ce qu’on perd peut-être en précision. Bob Dylan disait que ça le faisait chier de bosser les disques, qu’aucun de ses albums ne sonnait super bien, mais que ce n’était pas grave. J’ai la même sensation : aucun album ne sonne exactement comme je le voudrais mais au moins ça donne à chaque fois envie d’en faire un autre. »

Le grand plaisir des Wampas reste surtout de monter sur scène, où ils ne sont pas avares en énergie : « Ça devient parfois un peu dur, d’autant que je ne fais pas de préparation. Je ne me chauffe même pas la voix avant de monter sur scène, avoue-t-il. Je me demande parfois comment on tient le choc, mais je donne tout à chaque concert et, à chaque fois, je ressors de scène totalement lessivé. »

Ravi de retrouver la chaleur du public du Nord, Didier Wampas continue donc de tracer sa route en prenant toujours soin de sortir des sentiers battus. « Ça m’amuse et je suis même étonné qu’il n’y ait pas plus d’artistes comme moi. Je trouve que beaucoup ne prennent pas de risques : ils sont un peu embourgeoisés, ne pensent qu’à leur petite carrière et ne se mettent jamais en danger. J’en parle d’ailleurs dans ma chanson “Anarchiste intermittent”, où je me moque un peu de ces groupes qui se disent un peu anarchistes mais qui viennent, à la fin du mois, toucher leur intermittence. Là, ça ne les dérange pas de se faire payer par Macron pour faire de la musique. »

Les Wampas en dédicace de leur dernier album « Où va nous ? », le jeudi 9 avril (18 h) à la Fnac de Lille, et en concert le soir même (20 h) à l’Aéronef, avec Laurie Wright en première partie.