Helmut Fritz, ce fascinant cousin de Karl Lagerfeld

Helmut Fritz sera, de nouveau, sur la tournée I Gotta Feeling.

La troupe de « I Gotta Feeling » repart sur les routes de France à la fin du mois et fera étape le mercredi 25 février au Zénith de Lille. Parmi les artistes les plus attendus figure Eric Greff plus connu du grand public sous le pseudonyme d’Helmut Fritz, révélation de l’année 2009 en explosant tous les chiffres de vente avec son single « ça m’énerve ».

Le retrouver dans cette tournée tient pourtant presque du miracle quand on sait que l’artiste avait prévu de définitivement « tuer » ce personnage en 2022 avec la sortie de son livre « Rock star sinon rien ». « ça devait être le chapitre final et ça a eu l’effet totalement inverse, se souvient-il. Mon tourneur historique est venu me voir en me disant que le bouquin avait réveillé plein de patrons de clubs qui me demandaient pour assurer des showcases. Je n’étais pas super chaud, j’avais peur de l’effet has-been, que ça tombe à plat mais dès la première date, le Warehouse à Nantes, le deuxième plus gros club de France, c’était plein à craquer. Ça m’a mis une gifle de voir à quel point les gens avaient besoin de cette nostalgie. Je suis donc reparti sur une année dans les clubs et la proposition du producteur de la tournée, Alex Sorin, est arrivée juste après. »

L’idée de partir en tournée des Zéniths avec plusieurs camarades de jeu l’a tout de suite séduit. « J’avais l’impression que nos tubes sont moins iconiques que ceux des années 1980, qu’on a moins laissé une empreinte mais j’ai vu l’an passé les gens chanter comme des fous. On a fait des salles combles et comme en plus on a tous déjà eu notre heure de gloire, il n’y a plus d’égo. On se marre, c’est vraiment la colonie de vacances. »

Projets parallèles

L’homme n’était pourtant pas spécialement proche à l’époque des artistes qui l’accompagnent aujourd’hui. « Forcément, on ne pouvait pas passer à côté des tubes de chacun mais pour être honnête, nous n’étions pas consommateurs de la musique des uns et des autres, admet-il. On se croisait parfois mais j’ai vraiment découvert les êtres humains avec cette tournée. Mon ADN à l’époque, c’était plutôt les Red Hot Chili Peppers, Pearl Jam, Rage against the machine. Ce sont eux qui m’ont donné envie de faire de la musique. »

En parallèle d’Helmut Fritz, Eric Greff a toujours mené des projets plus rock, plus indépendants, plus difficiles à imposer, sous des pseudos différents comme Gérinomo ou plus récemment Rémo mais l’homme est toujours resté prisonnier du personnage qui l’a fait connaître, à un moment où il commençait à douter de sa capacité à réussir dans ce milieu. « A trente ans, j’ai pété les plombs, je ne m’épanouissais plus dans mon boulot de cadre, je voulais sortir de là, faire de la musique, monter sur scène mais je ne connaissais personne dans ce milieu, explique-t-il. Je faisais des maquettes pop que je laissais naïvement aux standardistes des maisons de disques et il ne se passait jamais rien, je n’arrivais pas à avoir de contacts, je faisais des petits boulots pour payer les incompressibles mais je commençais à me dire que je n’avais peut-être pas de talent, peut-être pas de chance ».

Jusqu’au soir où il tomba sur un documentaire sur Karl Lagerfeld à la télévision : « J’ai réalisé que ce mec était un génie, qu’il était toujours dans sa marionnette avec son costume, ses cheveux tirés, ses lunettes. Je me suis dit que j’allais parodier ce mec-là dans la musique, en créant une sorte de cousin clown, avoue-t-il. J’étais convaincu que ce titre « ça m’énerve » allait buzzer ».

Dépassé par son personnage

Le succès fut au rendez-vous et même bien au-delà de ses espérances. « ça a tellement pris que ça m’a dépassé et ça a cannibalisé tout ce que je voulais proposer à tel point que les majors voulaient du perssonage de Helmut jusqu’à la dernière goutte et n’en avaient rien à faire de mes compositions pop. On a fait un album, un EP, un deuxième album. Je ne maîtrisais plus mon projet. »

Aujourd’hui, Eric Greff n’a pas abandonné ses rêves mais accepte de s’effacer derrière Helmut Fritz : « Je me suis fait à l’idée. Helmut c’est un magnifique terrain de jeu et c’est une réponse économique à ma vie de tous les jours, ça remplit l’assiette, ça me permet de financer mes titres à côté. J’ai ce luxe de ne pas avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. »

Si l’opportunité de continuer à faire vivre Helmut Fritz pendant des années se présente, l’artiste signe tout de suite des deux mains. D’autant plus facilement qu’il l’appréhende désormais différemment. « J’étais sorti du personnage pendant des années mais je n’ai pas eu de mal à me remettre dans le costume car je ne l’incarne pas de la même façon, précise-t-il. Helmut avait à l’époque, un style très codifié, un look de dandy ueque je n’assumerais plus aujourd’hui. Ce qui est intéressant c’est qu’étant donné qu’il y a un vrai tube que les gens connaissent, quand je fais un showcase, j’occupe le terrain avec des reprises et j’en profite pour aller au bout de mon fantasme de la rock star en mettant un bermuda à la Anthony Kiedis ou en ayant la barbe et la casquette à la Fred Durst. »

« I gotta feeling », le mercredi 25 février 2026 au Zénith de Lille. Avec, entre autres, Helmut Fritz, Alizée, les L5, les Worlds Apart, Assia, Organiz, Kamini, Faudel, Nadîya, Billy Crawford…

Notre sélection de spectacles du 5 au 11 janvier 2026

L'agenda de la semaine du 5 au 11 janvier

Qui dit nouvelle année, dit nouveau rendez-vous. Chaque samedi, Planète Lille vous proposera donc quelques idées de sorties culturelles pour la semaine à venir dans la métropole lilloise…

 

Nos 5 coups de coeur du 5 au 11 janvier 2026

1. AMAZING

Chaque année, on guette avec impatience le nouveau spectacle imaginé par Alexis Meriaux et son équipe pour le Casino Barrière de Lille et nous ne sommes jamais déçus. Dans la lignée des spectacles précédents, « Amazing » proposé jusqu’en juin, évoque l’avenir de la création musicale à l’heure des machines et de l’intelligence artificielle. Du chant, de la danse, de la comédie avec des musiciens hors pairs, des costumes, des lumières et un décor toujours soignés. À voir certains vendredi et samedi soir, dont ces 9 et 10 janvier, au Casino Barrière de Lille. 

2. STORIES

Finalistes en 2018 de l’émission « La France a un incroyable talent », la « RB dance company », fondée par Romain Rachline Borgeaud, effectue la dernière tournée de son premier spectacle « Stories ». Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, rendez-vous le jeudi 8 ou le vendredi 9 janvier  (20 h) au théâtre Sébastopol.

3. KLEK ENTOS

Révélé dans différentes émissions de télévision, Klek Entos est aujourd’hui reconnu parmi les meilleurs illusionnistes du monde. Le titre de son nouveau spectacle « Oserez-vous ? » correspond parfaitement à l’univers énigmatique et parfois effrayant dans lequel l’artiste emmène son public. Alors, oserez-vous franchir les portes du Casino Barrière de Lille ce dimanche 11 janvier (18 h).

4. GOSPEL POUR 100 VOIX

Née en France en 1998 avec cent chanteurs venus du monde entier, la chorale « Gospel pour 100 voix » n’a cessé de grandir au fil des années, obtenant une reconnaissance internationale en 2016 grâce à leur passage dans l’émission « Britain’s got talent ». La tournée de leur dernier spectacle « Deliverance Tour » fait étape ce samedi 10 janvier (20 h) au Zénith de Lille.

5. ROLAND MAGDANE

On n’a pas résisté à l’envie de faire un petit clin d’oeil à Roland Magdane, qui a décidé, à 76 ans, de se lancer dans une tournée d’adieu après plus de cinquante ans de carrière. Son spectacle « Clap de fin » est programmé le samedi 10 janvier (20 h) dans le Grand Théâtre de Lille Grand Palais.

 

Mais aussi…

Danse (jeune public) : « D’amour » au Grand Bleu (le 9) 

Humour : Le Spotlight à Lille accueille comme chaque semaine des nouveaux talents comme des humoristes plus confirmés. Mustapha Lagragui (le 5), Anne Cahen (le 7), Karl Descamps (le 9) ou encore Vincent Coche et Léo Hardt (le 10). Willy Claessens sera au théâtre de La Rianderie (les 9-10) et Jason Brokkers est attendu au théâtre Pasteur de Lille Grand Palais (le 10).

Musique : si vous avez profité des fêtes de Noël pour vous replongez dans l’univers magique d’Harry Potter, vous pourrez prolonger l’expérience en assistant le 8 ou 9 janvier au ciné concert « Harry Potter et l’ordre du phénix ». Les amateurs d’Opéra pourront découvrir « Le château de Barbe-Bleue », le 8 à l’espace Agora à Santes ou alors se rendre à l’Opéra de Lille, le même jour, pour assister à « Bande annonce », un prélude de trois œuvres au programme de la saison avec les musiques de Mozart, Smetana et Glass.

Changement de registre avec le rappeur Menace Santana le 9 au Splendid, du rock avec le tribute « Sang pour 100 Johnny », le même jour, à l’Étoile à Mouvaux mais aussi de la pop rock avec un autre tribute, « Pink by so what », le 10 au Splendid.

Le vendredi 9, la gare Saint-Sauveur propose un cocktail swing manouche avec le groupe SwinGum, punk avec Plastick Duck et ska-folk avec Punk à chien  pour une soirée qui s’annonce haute en couleurs. Enfin, le théâtre Sébastopol accueillera le dimanche 11, la Québecoise Natasha Saint-Pier.

Théâtre : La comédie de Lille propose des pièces tous les jours de la semaine et même plusieurs le week-end dont « Le dîner de cons », « Le coup de pelle », « Chéri on se dit tout » ou encore « Pour vivre heureux, vivons couchés ! », la liste n’est pas exhaustive. Du côté du Spotlight, Mathilde Schrevel et Gaétan Petit unissent leur talent dans la pièce « D’un sexe à l’autre », le vendredi 9. 

« La Joconde parle enfin » ou l’art de donner vie à un chef-d’œuvre

Karina Marimon incarne La Joconde dans la pièce mise en scène par Laurent Ruquier.

Habituée à revisiter les grandes heures du pays dans la série « La petite Histoire de France » sur W9, Karina Marimon s’est aussi intéressée à un autre pan de notre culture collective en donnant vie à Mona Lisa dans la pièce de théâtre, « La Joconde parle enfin », écrite et mise en scène par Laurent Ruquier.

Forte du succès rencontrée à Paris, l’œuvre circule désormais en province et fera étape le 5 avril au théâtre Louis Pasteur de Lille. « La pièce a été très bien accueillie à sa création, il y a deux ans, mais nous n’avions pas pu assurer la continuité car Karina avait déjà d’autres engagements mais on a repris en janvier 2025 au studio des Champs Élysées et on est ravis de partir en tournée, d’autant que la critique n’a jamais été aussi bonne pour l’une de mes pièces, sourit l’auteur. Il a fallu que j’attende de m’attaquer à un chef-d’œuvre pour réussir, si ce n’est d’en faire un, à obtenir au moins une bonne presse. »

Une reconnaissance que Karina Marimon attendait également. « Cette pièce a marqué un vrai tournant dans ma carrière, assure-t-elle. « La petite Histoire de France » avait ouvert une fenêtre mais Laurent Ruquier a fait péter le toit. Il m’a pris aux « Grosses têtes », il m’a offert ce rôle et il m’a mise en lumière. Grâce à lui, j’ai désormais une vraie visibilité. J’ai plus de trente ans de carrière, il état temps qu’on commence à s’intéresser à moi (rires). Dit comme ça, ça peut paraître prétentieux mais c’est vrai qu’en faisant ce métier, on cherche quand même à avoir des rôles , à pouvoir raconter des histoires. »

Jouer cette pièce lui a, en outre, permis d’apprendre plein de choses sur cette œuvre d’art. « Laurent avait fait toutes les recherches. Après il fallait que je donne de la chair et du corps à tout ça, conclut-elle. Que j’en fasse un personnage pour que ce spectacle ne soit pas juste une conférence sur La Joconde. »

« La Joconde parle enfin », une pièce de Laurent Ruquier. avec Karina Marimon, le dimanche 5 avril (18 h) dans la salle Louis Pasteur de Lille Grand Palais.

Un petit réveillon avec un vampire ?

Estéban (à droite) tient le rôle principal de Vade Retro en salle ce 31 décembre. (c) Paname distribution.

Alors qu’il vient de boucler, par deux concerts complets à La Maroquinerie, début décembre, une grosse tournée d’une soixantaine de dates avec son groupe « Naive New Beaters », David Boring retrouve son deuxième pseudonyme, celui d’Estéban, qu’il utilise pour sa carrière de comédien.

Si vous n’avez rien prévu de particulier pour passer la nouvelle année et que vous êtes tentés par l’idée de passer un réveillon avec un vampire, alors vous pourrez filer dans une salle obscure voir le nouveau film d’Antonin Peretjako, « Vade Retro », en salle dès ce mercredi 31 décembre. Estéban y joue le premier rôle, celui de Norbert. « C’est un vampire puceau, dans le sens où il n’a jamais croqué de femme. Pour survivre et perpétuer la lignée familiale, il doit absolument croquer et épouser une femme de sang pur. » Accompagné d’un valet, il est envoyé au Japon pour trouver sa promise.

Une comédie horrifique, à mi-chemin entre le film d’auteur et le film burlesque, signée Antonin Peretjako. « J’avais déjà fait La Fille du 14 juillet avec lui, on avait aussi collaboré sur un roman-photo où il y avait également Pascal Légitimus, qui fait d’ailleurs partie de la mini-dream team de ce film. » Arielle Dombasle, Philippe Duquesne, Sébastien Chassagne ou encore Eva Rami figurent eux aussi au casting. « J’aime bien les thrillers et certains films d’horreur. En revanche, les zombies, les loups-garous et les vampires, ce n’est pas trop mon kiff, mais j’adore l’univers d’Antonin, alors j’ai accepté », précise-t-il.

Pour se mettre dans l’ambiance, Estéban confie avoir revisionné Entretien avec un vampire, le film réalisé au milieu des années 1990 par Neil Jordan avec Tom Cruise et Brad Pitt.

Ravi de passer d’un univers à l’autre, il multiplie les projets : « J’essaie de monter mon premier long métrage en tant que réalisateur et je vais sortir un projet solo en musique. J’ai trouvé un label, ce sera cette fois plutôt reggae. »

« Vade Retro », un film d’Antonin Peretjako, en salle ce mercredi 31 décembre. Avec Estéban, Pascal Légitimus, Yolène Gontrand, Pascal Tagnati, Sébastien Chassagne, Arielle Dombasle…

Jennifer Lauret a, de nouveau, cédé à l’appel des sirènes de « Joséphine Ange-gardien »

Jennifer Lauret a retrouvé avec plaisir Mimie Mathy pour un nouvel épisode de Joséphine ange gardien. (c) Gilles Gustine - DEMD PROD - TF1

Les téléspectateurs de TF1 la retrouvent régulièrement dans la série quotidienne « Demain nous appartient », où elle incarne l’avocate Raphaëlle Perraud. En 2026, Jennifer Lauret reviendra à ses premières amours en remontant sur les planches au théâtre, dans la pièce « Panique au ministère 2 », où elle incarne la fille d’une future présidente de la République qui va lui en faire voir de toutes les couleurs.

En attendant, dès ce lundi 29 décembre (21 h 10), elle sera également au casting d’un nouvel épisode de « Joséphine Ange-Gardien », aux côtés de Mimie Mathy, une série à laquelle elle avait déjà pris part il y a quelques années. « J’étais ravie de ces retrouvailles avec Mimie, on avait aimé travailler ensemble il y a au moins sept ans, c’était un beau projet. »

Véritable enfant de la télévision, la comédienne a enchaîné les séries au long cours, de « Julie Lescaut » à « Demain nous appartient », en passant par « Une famille formidable » et « Camping Paradis ». Alors forcément, rejoindre une série qui dure depuis près de trente ans (le premier épisode a été diffusé en décembre 1997), ça ne pouvait que lui parler.

Jennifer Lauret y incarne Lisa, une mère célibataire qui donne des cours d’aquagym pour gagner sa vie, mais qui est tellement investie auprès de sa fille qu’elle s’oublie un peu et se met en difficulté professionnellement. Pour se reconstruire, elle se voit proposer un défi : celui de bâtir une équipe de natation synchronisée capable de se produire lors d’un gala. « C’est une histoire qui me parle. J’ai élevé ma première fille un peu seule car je me suis rapidement séparée du papa, confie-t-elle. Quand on vit ce genre d’événement, on est encore plus focus, on voue un peu toute sa vie à son enfant et, quand en grandissant l’autre parent est plus cool, plus sympa, on ressent un peu d’injustice, il y a un peu de jalousie. »

Dans l’épisode, la comédienne s’est donc un peu servie de son vécu : « On a tendance à faire passer les enfants au premier plan, envers et contre tout, même si on a aussi une vie active à gérer, et il était important d’évoquer la vie de ces parents solos qui ont un peu tendance à s’oublier. »

Plus adepte « des plages ensoleillées et des baignades dans des eaux à trente degrés que des piscines et des pédiluves », elle n’a pas eu à trop mouiller le maillot, à l’inverse d’autres actrices qui jouaient les apprenties nageuses synchronisées. « Elles ont dû prendre quelques cours pour que les scènes soient crédibles. J’ai assisté à quelques entraînements, mais comme je jouais la coach, je me suis surtout renseignée sur la façon d’enseigner la natation synchronisée. »

Habituée à jouer un rôle central dans la plupart des séries dans lesquelles elle tourne, Jennifer Lauret assure que débarquer comme « guest » ne change pas grand-chose. « Tout le monde était traité sur un pied d’égalité, j’ai même été peut-être un peu plus chouchoutée », sourit-elle.

« Les Sirènes », épisode inédit de « Joséphine Ange-Gardien », ce lundi 29 décembre (21 h 10). Avec Mimie Mathy, Jennifer Lauret et Jean-Michel Lahmi.