Salim Kechiouche fervent partisan d’un cinéma social et engagé
De François Ozon (Les Amants criminels) à Abdellatif Kechiche (La Vie d’Adèle, Mektoub, My Love), en passant par Alexandre Arcady (Ce que le jour doit à la nuit), Salim Kechiouche a déjà croisé la route de grands réalisateurs, passant lui-même derrière la caméra pour réaliser, en 2022, son premier long métrage, L’Enfant du paradis.
En tant qu’acteur, son actualité est chargée puisqu’on peut le retrouver en ce moment dans la série Un prophète, diffusée sur Canal+, et, en fin de mois, dans le film L’Enfant bélier de Marta Bergman, où il tient le rôle principal. Deux tournages qui l’ont particulièrement séduit.
« Il y a une multitude de façons de faire des films. Parfois, on a envie de faire du grand spectacle, des films où on en prend plein les yeux, mais c’est vrai que, parfois, j’ai envie de m’engager dans des films engagés, qui parlent de causes que je juge justes, qui interrogent le monde sur des sujets difficiles, sensibles, parfois invisibilisés. »
L’Enfant bélier, qui sort le 29 avril en salles, permet d’évoquer le cas des migrants à travers une histoire inspirée d’un fait réel. « Je joue le rôle d’un policier chargé de surveiller les passeurs à la frontière belge et qui va commettre une bavure en tirant sur un enfant, explique-t-il. Il va devoir accepter la version que la police va lui soumettre alors qu’il ne se souvient absolument pas de ce qu’il s’est réellement passé. Il ne sait pas qui, de la police ou des migrants, a tort ou raison. Ça parle du trouble post-traumatique, de la façon dont l’excitation et le stress jouent sur ses souvenirs. »
Un film qui met en lumière un véritable drame humain : « Ça parle des migrants, qui sont des victimes dans leur pays, qui veulent partir vers un ailleurs qui leur semble meilleur mais qui est parfois pire, car ils ne sont pas souvent accueillis à bras ouverts : ils sont même plutôt rejetés et maltraités, déplore-t-il. Comme dans L’Histoire de Souleymane, qui a eu un grand retentissement au Festival de Cannes il y a deux ans, ce film permet de mettre un visage sur ces gens dont on parle comme d’une entité, comme s’ils n’étaient pas des êtres humains. Ça m’a bouleversé. »
Dans un tout autre registre, la série Un prophète, adaptée du film éponyme de Jacques Audiard (2009), l’a également profondément marqué : « C’est une série qui m’a vraiment scotché. Je ne dis pas ça parce que je suis dedans, mais ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une série française de cette qualité-là. Elle prend son temps au début pour déployer le récit : on apprend à connaître les personnages et ça monte en puissance d’épisode en épisode. En la regardant, j’ai été traversé par plusieurs émotions fortes : j’ai eu des frissons, les larmes aux yeux, j’ai rigolé, je me suis questionné. C’est une série poétique, très puissante, avec une écriture, une interprétation et une réalisation au sommet. »
Salim Kechiouche y incarne un avocat, demi-frère de l’une des grosses têtes du narcotrafic à Marseille. « C’est un personnage un peu victime des autres, sous pression, qui va peu à peu s’émanciper et faire des alliances. Il est assez ambigu, versatile, mystérieux. Ça se passe dans le milieu carcéral, ça parle de manipulation, de pouvoir, de violence. »
D’ici quelques mois, on le retrouvera également dans une autre série, Malin Fors, où il jouera un policier, aux côtés de Cécile de France, lancée dans des enquêtes sur des meurtres sordides commis par un tueur en série.
Salim Kechiouche est actuellement à l’affiche de la série Un prophète sur Canal+, et il sera dans le film L’Enfant bélier, en salle dès le 29 avril.



