Gérard Jugnot : « J’aime que le cinéma ce soit la vie en mieux »

Gérard Jugnot a, cette fois, sollicité Philippe Lacheau pour venir jouer dans son film. © JM Leroy - MES Productions-TF1 Films Productions-Malec Productions

Que ce soit comme comédien (Les Bronzés, Le Père Noël est une ordure, Papy fait de la résistance, Les Choristes, Pinot simple flic, Babysitting…) ou comme réalisateur (Une époque formidable, Scout toujours, Meilleur espoir féminin, Monsieur Batignole…), Gérard Jugnot est l’une des figures du cinéma français depuis plus de cinquante ans. Son dernier film, Mauvaise pioche, qu’il a réalisé et dans lequel il joue aux côtés d’une pléiade de grands noms (Thierry Lhermitte, Philippe Lacheau, Jean-Pierre Darroussin, Michèle Laroque…), est sorti en salle ce mercredi 1er avril.

Gérard, l’affaire Dupont de Ligonnès a déjà beaucoup été exploitée en fiction. À quel moment avez-vous décidé d’aller chercher la petite histoire dans la grande histoire ?
« Je n’avais rien de spécial à dire sur ce monstre. Est-ce qu’il est toujours vivant ? J’ai mon avis là-dessus, mais ça relève d’une discussion de café. En plus, à moins de tendre vers l’humour noir, on ne fait pas une comédie avec ça, et ce n’est pas mon genre de film. En revanche, quand j’ai entendu l’histoire de ce pauvre type, Guy Joao, que l’on a pris pour Xavier Dupont de Ligonnès, ça m’a intéressé de voir comment cela peut arriver à un type ordinaire et comment sa vie peut exploser du jour au lendemain. »

Vous traitez des conséquences de cette erreur judiciaire sur son quotidien, mais vous avez aussi imaginé la façon dont il allait rebondir une fois son innocence reconnue…
« On avait commencé à travailler dessus en 2021, un peu après la mort de Guy Joao. Il y avait l’idée de ce policier totalement obsédé par l’affaire, qu’incarne Jean-Pierre Darroussin, mais aussi de ce flic un peu ripou joué par Philippe Lacheau. C’était plutôt pas mal, mais ce n’était pas aussi bien que ce que je voulais. Du coup, je suis parti sur d’autres projets, et puis un jour, j’ai repensé à ce qu’on avait déjà écrit avec Frédéric Hazan, et on s’est remis au travail avec le producteur Marc-Étienne Schwartz. On savait qu’on ne voulait pas faire une heure et demie sur la bavure policière et le temps qu’ils se rendent compte que ce n’était pas lui. On a eu cette envie de lui donner une espèce de revanche, qu’il sorte de ce cauchemar par le haut. J’aime bien que le cinéma, ce soit la vie en mieux. »

Vous avez décidé aussi de souligner l’emballement policier et médiatique ?
« On avait des options de vengeance contre le policier, mais ce n’était pas bien de s’en prendre à une seule personne : il valait mieux s’attaquer à des systèmes, que ce soit dans la police ou les médias, avec certains journalistes de chaînes d’information en continu, des pseudo-experts, des influenceurs qui feraient tous mieux de se taire. Dans une comédie, forcément, on ne prend pas les meilleurs de chaque profession. Après, je décris aussi des flics qui tempèrent l’emballement général en rappelant que ça fait plusieurs fois qu’ils se trompent et qu’ils passent pour des cons. L’erreur est humaine, mais le principe de précaution et les excuses le sont aussi, et ça passe malheureusement souvent à la trappe. Jusqu’à sa mort, Guy Joao a attendu des excuses qu’il n’a jamais eues, mais comme le dit le personnage de Reem Kherici dans le film : “On est là pour informer, pas pour s’excuser.” Après, on a dit que Guy Joao était mort de ça. Visiblement, il était surtout malade, mais forcément, ça n’a rien arrangé. »

Vous avez réussi à réunir un casting de choix avec des acteurs et actrices qui ont compté à différents moments de votre carrière ?
« Oui, il n’y a que Jean-Pierre Darroussin avec qui je n’avais jamais joué. Mais avec Zabou et Laurent Gamelon, on avait fait une pièce ensemble,
Popkins de Murray Schisgal, il y a quarante ans. Michèle Laroque, avec qui j’ai été marié plusieurs fois au cinéma ; Thierry Lhermitte, auquel j’ai pris plaisir à confier ce rôle d’ami pas très fidèle ; sans oublier François Morel, et puis plus récemment des gens comme Reem Kherici, Charlotte Gabris et Philippe Lacheau. C’était top, car j’avais l’impression d’organiser un grand goûter d’anniversaire où tous mes copains viennent jouer. On a donc fait en sorte de donner à manger à chaque personnage, même sur des rôles moins importants, car je sais qu’il n’y a rien de pire pour un comédien que de venir passer les plats et de s’ennuyer. Je crois d’ailleurs que le générique de fin montre que tout le monde s’est bien amusé. »

Parlez-nous de cette relation presque filiale qui vous unit à Philippe Lacheau ?
« Il était venu me chercher pour
Babysitting car ils avaient besoin d’un petit nom pour monter leur film. Le scénario était très bon, je leur ai fait confiance, et j’ai eu raison, car ils ont, lui et sa bande, un talent fou. Ce sont des bosseurs, des gens simples. Depuis, je suis un peu leur mascotte, et il est hors de question qu’ils fassent un film sans que je sois dedans, même pour un petit clin d’œil (rires). À l’époque, il avait besoin d’un ancien ; là, j’avais besoin d’un jeune, donc j’ai sollicité Philippe. Il a dit oui tout de suite, il a accepté de sortir de sa zone de confort. C’est un mec que j’adore. »

Mauvaise pioche, de Gérard Jugnot, en salle depuis ce mercredi 1er avril. Avec Gérard Jugnot, Philippe Lacheau, Jean-Pierre Darroussin, Thierry Lhermitte, Michèle Laroque, Charlotte Gabris, François Morel…

Lucas de Oliveira : « Le plateau, c’est comme un grand bac à sable »

Lucas de Oliveira, membre du Studio 8 de l'école du Nord.

Planète Lille a décidé d’aller à la rencontre des élèves du Studio 8 de l’École du Nord, rattachée au Théâtre du Nord à Lille. Chaque mois, jusqu’à la fin de leur cursus, en juin 2027, nous vous présenterons l’un(e) de ces dix-neuf artistes en herbe. Quatrième rendez-vous avec Lucas de Oliveira

On n’ira pas jusqu’à dire qu’il est l’enfant du pays, mais, originaire de Beauvais, Lucas de Oliveira est le seul représentant des Hauts-de-France de la promotion. Pendant quatre ans, c’est pourtant à Paris qu’il est allé apprendre le métier, après son baccalauréat, au sein du Studio Muller.

À l’époque, le jeune homme s’imaginait plutôt acteur de cinéma que de théâtre. Dans ses bagages, il avait déjà de nombreuses années de théâtre d’improvisation, une discipline commencée alors qu’il n’avait que cinq ans, pour faire comme ses grands frères. « Monter sur scène a toujours été un immense plaisir, un lieu de rigolade », assure-t-il.

Avant de rejoindre l’École du Nord à Lille, Lucas de Oliveira a aussi eu l’opportunité de prendre part à quelques spectacles, notamment « La Guerre de l’eau », une création de Rémi de Vos, ou encore à un spectacle de cabaret de quatre heures baptisé « Sortir de la nuit ».

Habitué à sortir un peu du cadre, le jeune homme reconnaît avoir connu quelques montagnes russes émotionnelles depuis son arrivée au Studio 8 : « On m’avait dit que le fait de venir de l’improvisation allait être une force au début, puis que ça allait devenir un problème avant de redevenir une force, et c’est exactement ce qui s’est passé, indique-t-il. Je ne suis pas quelqu’un de stressé, j’ai même plutôt hâte et envie d’aller au plateau, donc ça m’a permis de ne pas me mettre, dans un premier temps, trop de pression dans le travail. Mais ensuite, lorsque c’était demandé, j’ai eu du mal à trouver la notion de cadre. Ça a été compliqué jusqu’à ce que j’arrive à manier les deux. »

Lucas de Oliveira estime avoir réussi à désacraliser le plateau : « Pour moi, c’est une sorte de grand bac à sable pour jouer, précise-t-il. Le fait d’être à fond, d’y aller sans trop me poser de questions est, je pense, l’une de mes qualités. À un moment, on m’avait même parlé de faire du stand-up, d’autant que j’ai un grand frère qui écrit pour certains humoristes, mais je n’ai pas voulu en rajouter. J’adore le stand-up, mais j’ai vraiment envie d’être avant tout comédien. J’ai même mis l’improvisation de côté, au moins durant mes années à l’École du Nord. »

Ravi de multiplier les projets, « même si cela peut parfois avoir un côté vertigineux », il aimerait avoir le don de bien chanter, mais c’est surtout à l’écriture qu’il souhaite se consacrer davantage. « Je m’y suis aventuré lors de certains stages et cela m’a plu, confesse-t-il. On a parfois des intervenants qui nous proposent des cartes blanches ; cela avait été le cas avec Armel Roussel, et j’ai pris un vrai plaisir à écrire des choses qui sortent de ma tête et de mon cœur. »

« A priori », une deuxième saison en hommage à Bruno Salomone

Florent Manaudou tient son premier grand rôle, aux côtés de Lucia Passaniti. (c) Fabien Malot - AMSTO - France Télévisions

Figure marquante de la série A priori, Bruno Salomone est malheureusement décédé avant même la diffusion des premiers épisodes de la deuxième saison, ce mardi 31 mars sur France 3. « Le timing est un peu fou : le tournage de la saison 2 avait déjà été particulier, mais on va dire que c’est une façon de lui rendre hommage, de lui dire un dernier au revoir », confie avec émotion la comédienne Lucia Passaniti.

Celle-ci retrouve dans cette nouvelle saison son personnage d’Iris Villeneuve, qui n’est donc plus une jeune flic tout juste sortie de l’école : « On avait quitté Iris sacrément chamboulée, en se demandant qui était vraiment son père, rappelle-t-elle. Elle avait bâti des murs tellement hauts que personne ne pouvait entrer dans sa bulle, elle n’était pas dans l’affect. »

L’arrivée d’un nouvel équipier, Jim, incarné par Florent Manaudou, va rebattre les cartes. « Il va continuer à la bousculer, la pousser à réfléchir à ce qu’elle pensait être son fonctionnement, enquêter sur qui elle est vraiment. C’est un beau chemin de femme à jouer. »

Entre les deux partenaires, un véritable lien va s’installer, au-delà même de la relation professionnelle. « Elle a un caractère fort et elle va donc prendre le leadership de leur duo, mais lui, ça ne le dérange visiblement pas trop de la laisser la guider. »

Sur le plateau, Lucia Passaniti a également accompagné les premiers pas de Florent Manaudou dans un premier rôle. Le nageur, qui n’a toujours pas officiellement annoncé sa retraite sportive, continue ainsi de multiplier les aventures artistiques. Après quelques petits rôles et un joli parcours dans l’émission Danse avec les stars, il s’avère tout à fait crédible devant la caméra. « Il est très humble, il était à l’écoute, en demande de conseils, apprécie-t-elle. On a essayé de le mettre à l’aise. »

« A priori », deux premiers épisodes de la saison 2, ce mardi 31 mars (21 h 10) sur France 3, avec Lucia Passaniti et Florent Manaudou.

Succession plébiscité, les conseils des invités de Séries Mania

Succession est l'une des séries les plus citées par les comédiens parmi les séries à ne pas rater.

L’un des petits plaisirs, chaque année, lors du festival Séries Mania à Lille, est de sonder les comédiens et comédiennes présents sur leurs préférences dans le domaine, et ainsi profiter de leurs avis pour découvrir des nouveautés ou rattraper des séries plus anciennes qu’il ne fallait pas rater.

L’an passé, Adolescence et The White Lotus étaient revenues dans de nombreuses conversations. Cette fois, il y a eu une énorme diversité de séries citées, même si quelques classiques sont un peu ressortis du lot, et notamment Succession, la série américaine écrite par Jesse Armstrong. « Je suis une grande consommatrice, mais Succession, c’est la série indétrônable à mes yeux, elle est dingue en termes de qualité d’écriture », s’enthousiasme Manon Bresch, brillante dans Privilèges, actuellement disponible sur HBO. « La liberté et la confiance accordées aux acteurs y sont incroyables », confirme le comédien belge Lukas Bulteel (Breendonck).

Chernobyl recueille aussi pas mal de suffrages, tant en France qu’à l’étranger. Florence Longpré, merveilleuse docteure Bien-Aimé dans la série Empathie, qui avait enthousiasmé l’édition 2025 du festival Séries Mania, la cite dans une liste très éclectique (Normal People, Pluribus). Tout comme David Mora, qui incarne Fabien dans Scènes de ménages : « J’ai pris une belle claque et j’ai appris pas mal de choses que je ne savais pas, notamment que la catastrophe était liée à une erreur humaine d’un seul gars », confie le comédien, qui, plus jeune, avait cédé aux sirènes de toutes les séries populaires, de Sauvés par le gong à Madame est servie, en passant par The Cosby Show, La Fête à la maison ou encore Arnold et Willy.

Sa partenaire dans la série, Anne-Élisabeth Blateau, a, elle aussi, des références anciennes comme Dallas, Dynastie, Santa Barbara et même Maguy dans les rangs français. Mais ces dernières années, c’est un autre classique, Peaky Blinders, qui avait retenu son attention, mais aussi Mrs Wilson, l’histoire d’une femme mythomane.

Friends, la série « doudou »

Breaking Bad a aussi ses adeptes. « Ça fait partie de la culture des séries : si tu n’as pas vu ça, tu ne peux pas comprendre la vie », sourit Majid Berhila, l’un des membres de Scènes de ménages, qui cite aussi Six Feet Under, Game of Thrones et Dexter. « Breaking Bad, c’est la référence », estime Gabriel Réhsé, alias Milan dans la quotidienne de TF1 Ici tout commence ; sa camarade de jeu Zoï Sévérin (Jasmine) cite, elle, d’autres incontournables comme Game of Thrones et Friends, « ma série doudou, que j’ai vue des milliers de fois et que je peux reprendre partout et tout le temps ». Friends, qui a clairement accompagné l’adolescence et la vie de jeunes adultes de bon nombre de comédiens.

Partenaires dans L’Été 36, l’une des prochaines grandes sagas d’époque de TF1, Julie De Bona et Sofia Essaïdi en font partie, mais pour la première nommée, la référence de jeunesse était plutôt Buffy contre les vampires. Desperate Housewives, Dexter et 24 heures chrono l’ont aussi marquée. Dernièrement, This Is Us fait partie de ses recommandations, mais Julie De Bona avoue avoir été surtout bluffée par L’Affaire Laura Stern avec Valérie Bonneton : « C’est puissant, utile, bien joué et bien réalisé, ça prend au cœur, ça m’a vraiment fait un choc. »

Sofia Essaïdi a, elle, été surprise par l’audace de la série Les Sentinelles. Habituée à s’attacher à des personnages, la jeune femme, qui a vibré avec les héroïnes de Scandal, Grey’s Anatomy ou Desperate Housewives, a une immense admiration pour Nicole Kidman dans Scarpetta : « Un rôle que j’aurais adoré faire. Elle a une subtilité dans son jeu, elle m’a bouleversée en incarnant cette femme qui a une grande force intérieure malgré des blessures à n’en plus finir. »

Parmi les séries plus récentes, Les Lionnes d’Olivier Rosenberg, sur Netflix, ont aussi enthousiasmé Gabriel Réhsé et Julie Sassoust, « pour les personnages, l’écriture, le montage, les couleurs ». La dernière nommée cite aussi volontiers Ceux qui rougissent de Julien-Gaspar Oliveri : « C’est une mini-série sur notre milieu qui a été diffusée sur Arte et que j’ai trouvée tellement juste dans la vulnérabilité des comédiens. C’est une super référence pour ceux qui ne connaissent pas le monde du théâtre. »

C’est aussi une série sur le milieu artistique, et plus particulièrement ses coulisses, à savoir Dix pour cent, qui a profondément séduit la comédienne belge Anne-Laure Vandeputte, à l’affiche de la série Breendonck.

Les femmes à l’honneur

La thématique de la condition féminine ne laisse pas non plus insensible : Lidia fait sa loi, inspirée de la première femme avocate en Italie, a été mentionnée par Julie Sassoust : « Ça parle de la place des femmes dans la société et j’adore l’actrice principale Matilda De Angelis. »

Véronique Jannot évoque, elle, des séries d’époque comme Les Combattantes, avec ce quatuor féminin de choc (Audrey Fleurot, Camille Lou, Sofia Essaïdi et Julie De Bona), ou encore Downton Abbey, avec là aussi de très beaux personnages de femmes au caractère affirmé. Dans un autre registre, la star de Pause café a aussi beaucoup apprécié Nolwenn Leroy dans Brocéliande : « Elle n’en faisait pas trop, elle était sobre, elle était juste. »

Parmi les séries en compétition cette année, et que certains artistes ont pu découvrir, Dear Killer Nanny, sur la vie du fils de Pablo Escobar, a séduit Gabriel Réhsé et Julie Sassoust.

On aurait pu aussi évoquer l’obsession de Marie Oppert (Paolo) pour Glee, la fidélité de Melvil Poupaud (Privilèges) aux Simpson, les recommandations québécoises de Magali Lépine-Blondeau (Paolo) pour Empathie et Heated Rivalry, « une série enthousiasmante sur l’amour entre hommes dans l’univers très macho et fermé du hockey sur glace ». Sans oublier l’intérêt de Stéphane Hénon (Plus belle la vie, encore plus belle) pour La Casa de Papel et Squid Game, la fascination de sa camarade de jeu Anne Décis pour les premières saisons de Lost, ou encore l’obligation, selon Ornella Fleury (Grandiose), d’avoir vu The Office dans sa vie.

Les plus grands écarts de recommandations nous ont tout de même été offerts par Élodie Poux, dont la madeleine de Proust reste La Petite Maison dans la prairie, mais qui s’est aussi laissée happer par The Walking Dead. « Je ne consommais pas du tout ce genre de séries. Mon petit frère m’a filé la première saison en me disant que j’allais kiffer les zombies et que, trois jours après, je serais devant sa porte pour réclamer la suite, se souvient-elle. Je lui avais répondu que jamais de la vie je ne regarderais ça. Trois jours après, je lui demandais effectivement la suite. »

Entre ces deux séries aux antipodes l’une de l’autre, Élodie Poux, qui a elle aussi grandi avec Friends (« Team Chandler »), a également eu un coup de cœur pour Indociles sur Netflix, « une espèce d’école thérapeutique qui emmène des gamins un peu perdus faire de la randonnée en forêt, sauf que certains y meurent ».

Alors, à vos télécommandes, vous n’avez que l’embarras du choix…

Sly Johnson s’est livré à un vrai travail d’introspection

Sly Johnson a sorti ce vedredi son nouvel abum. (c) Margot Berard.

Révélé il y a déjà plus de vingt ans avec ses camarades du Saïan Supa Crew, sous le nom de Sly Mic Buddah, Sly Johnson a, depuis, signé plusieurs albums solo, basculant progressivement du rap vers une musique plus soul, plus jazz.

Jamais, toutefois, l’artiste originaire de Montrouge ne s’était autant investi dans un album que pour ce « Mister Johnson », en vente depuis le vendredi 27 mars. « C’est un hommage à mon père, qui était un amoureux de toutes les musiques et qui m’a transmis cette ouverture sur tous les genres, tous les styles », explique-t-il.

Un projet qui a amené l’artiste à se livrer à une véritable introspection : « Quand on veut faire quelque chose d’intime, on n’a pas le choix, poursuit-il. Pour toucher les gens, je pense qu’il faut faire corps avec ses émotions. J’ai fait le travail nécessaire en me tournant vers mon histoire, mon ressenti, pour briser, au travers de la musique, cette barrière que l’on pouvait ressentir avant. J’espère que ça pourra accompagner les gens dans différents moments de leur vie, qu’ils soient joyeux ou tristes. »

En solo, Sly Johnson reconnaît que l’approche est très différente : « Dans un groupe, tu peux un peu te cacher derrière les personnes les plus fortes, les plus enclines à parler avec les médias, mais là, c’est toi, tes attentes, tes aspirations… J’ai pu exprimer ce que je souhaitais, poser les images que j’avais en tête. »

S’il a souhaité travailler un peu en secret pour surprendre ses camarades du Saïan Supa Crew, il n’a pas pu s’empêcher de leur parler des différentes étapes de son projet et même de les intégrer en faisant un morceau avec eux, « Pli Fo », qui, en créole, veut dire « plus fort ».

Un album dont il a aussi partagé la création avec le pianiste Nicolas Vella et qu’il souhaitait « plus poussé mélodiquement, quelque chose de plus riche, mais en même temps de plus accessible ». Un album plus jazzy, un style musical pour lequel il avait déjà déclaré son amour pendant quelques années en animant l’émission « Come into my jazz » sur Jazz Radio, qu’il n’exclut pas de reprendre un jour.

« Mister Johnson », le nouvel album de Sly Johnson, est en vente depuis ce vendredi 27 mars. Prix : 12,99 €.