Le flag festival, nouvel espace d’expression pour la scène régionale

La première édition du Flag festival est programmée ce week-end à Verlinghem.

L’adresse n’est pas forcément encore très connue, mais pour les amoureux de la culture, elle gagne assurément à l’être : le café de La Fontaine à Verlinghem accueille régulièrement, dans sa petite salle de spectacle d’environ 50 places, des concerts, des pièces de théâtre ou encore des plateaux d’humoristes depuis quelques années. Le tout à l’initiative de l’association Les Arts-Gusses, qui s’efforce de proposer une programmation variée, de qualité et régionale.

Président de l’association, créée en 2021, Xavier Dejardin y a même créé un spectacle musical, Au p’tit bonheur, avec le patron du café, José Fernandes, un guitariste intermittent. Un spectacle auquel n’assisteront pas, ce samedi et dimanche, les spectateurs de la première édition du Flag Festival. « On a la chance d’avoir des musiciens et des “théâtreux” dans l’association, mais on a décidé de ne pas mettre nos propres spectacles pour cette première édition du festival afin de surtout promouvoir les artistes locaux. Notre seule exigence était, musicalement, d’avoir de vrais auteurs-compositeurs, pas des gens qui viennent faire des reprises, même si je reconnais que certains le font très bien. »

Pour monter ce festival, avec l’assentiment de la mairie, il a déjà fallu trouver un espace plus grand. Ce sera dans le cadre du complexe René Werquin, une salle tout juste rénovée, qui peut accueillir plus de 400 personnes, mais aussi dans la salle du Tournebride pour le théâtre.  « Le festival est entièrement autofinancé par le privé et aura, a priori, deux grands objectifs : celui de mettre en lumière les talents régionaux et de pouvoir empocher un peu d’argent pour rémunérer enfin plus décemment les artistes. »

Optimistes, les organisateurs avaient initialement tablé sur trois jours, mais en raison de promesses de mécénat non tenues, il a fallu réduire à deux journées et donc restreindre une programmation qui s’annonce éclectique le dimanche après-midi, avec du rock et de la chanson française, grâce à des artistes dont la réputation n’est plus à faire : Jeff Kino (dès 18 h), suivi des Mauvaises Langues. Un peu plus tôt, une chorale, l’Ensemble SoNord, ou encore l’indie rock de Pascal Capon et du groupe Miami Mauritius seront aussi à l’affiche.

Les festivités débuteront le samedi matin (10 h 30) avec une table ronde sur la culture, la question de l’intermittence, les voies pour devenir un artiste professionnel, avec de nombreux intervenants, puis de quoi se défouler l’après-midi (17 h) avec le jazz fusion de Doctor and K, suivi, en soirée (21 h), du concert de world music de Rossana, dont le bassiste, Hector Bonte, est originaire de Verlinghem.

Les amateurs de théâtre pourront assister, le dimanche matin (11 h, salle du Tournebride), au spectacle « Le poisson belge », joué par la compagnie des Salgoces, dirigée par Louis Debaque, ancien pensionnaire du Cours Florent, qui anime les ateliers théâtre de l’association Les Arts-Gusses.

« On a constaté qu’un vrai vivier d’artistes gravitait autour du café de la Fontaine et que beaucoup avaient, paradoxalement, plus de facilité à jouer hors de la région, précise Xavier Dejardin. L’idée, c’est donc de les favoriser un peu en leur donnant l’opportunité de faire leur show ici. »

Flag festival, samedi 28 et dimanche 29 mars à Verlinghem. Pass à 30 euros pour l’ensemble du week-end. Billets à 10 et 20 € selon les concerts. Billeterie sur https://www.helloasso.com/associations/les-arts-gusses

« Les filles du ciel », une belle ode à la sororité

Une belle sororité s'installe entre ces quatre filles qui vont faire famille. (c) Kris Dewitte

Après avoir tourné pendant de nombreuses années à Lille et dans sa métropole pour la série phénomène HPI, où elle incarnait le personnage de Daphné, la spécialiste en informatique, Bérangère McNeese a choisi de revenir dans le Nord pour tourner son film « Les filles du ciel », sorti en salles ce mercredi 25 mars.

Un premier long métrage qui s’inscrit un peu dans le prolongement de deux courts métrages, Le sommeil des Amazones (2015) et Matriochkas (2019). « Dans le premier, il était déjà question d’une communauté de jeunes femmes qui vivaient un peu en marge, mais je n’avais pas pu, à l’époque, aller autant en profondeur que je l’aurais aimé. Et puis, suite à Matriochkas, qui a connu un joli parcours, on m’a sollicitée pour faire une version longue, explique-t-elle. Finalement, j’ai décidé de reprendre certains thèmes que j’ai mis dans l’arène du premier. »

Dans « Les filles du ciel », on suit les aventures d’une bande de quatre jeunes filles qui vivent sous le même toit, l’une d’entre elles étant maman d’un enfant en bas âge. Toutes se font la promesse de toujours être là les unes pour les autres. Un modèle de sororité qui n’exclut pas quelques tensions. « L’écriture ayant été déployée sur plusieurs années, on ne parlait pas autant de sororité il y a six ou sept ans qu’aujourd’hui, mais ce qui m’intéressait, c’était de placer un peu ces jeunes femmes sous cloche et d’observer la dynamique qui se mettait en place, le rapport aux autres, comment on peut s’entraider », indique Bérangère McNeese.

Des jeunes femmes qui ne sont pas démunies, qui ont même trouvé le moyen de gagner parfois beaucoup d’argent, mais qui ne se projettent pas beaucoup plus loin que la fin de la semaine. « Elles ont, de temps en temps, de l’argent, elles en font un peu n’importe quoi, mais il s’agit moins ici de parler de précarité que du passage à l’âge adulte, avec les difficultés qui en résultent, poursuit la réalisatrice. Le personnage de Mallorie est le symbole de cette instabilité et il m’a été inspiré par une personne que j’ai connue quand j’étais adolescente, qui était très libre, très flamboyante, mais toujours sur le fil. »

Un personnage aussi agaçant qu’attachant, à travers notamment le fait qu’elle soit maman. « L’enfant est un élément à la fois flippant et lumineux. Il crée une tension, car il n’a pas choisi d’être là, dans un environnement qui ne semble pas idéal pour élever un enfant, mais il permet d’avoir de la sympathie pour Mallorie. Je suis assez contente du rendu, car on ne peut évidemment pas diriger un bébé, et il y a des contraintes avec des temps de tournage limités, même si on avait deux jumelles qui se relayaient. Mais je trouve qu’on a réussi à la faire bien exister au montage. »

De nombreuses jeunes femmes ont été auditionnées pour trouver le casting idéal. « Je voulais des comédiennes qui ne soient pas encore trop connues, trop identifiées, je cherchais des caractères différents, complémentaires, précise Bérangère McNeese. Un heureux hasard a fait que Shirel Nataf (Mallorie) a ensuite tourné dans le film « Ma frère », qui est sorti avant et qui a bien fonctionné. »

À ses côtés, les téléspectateurs reconnaîtront peut-être Mona Bérard, déjà vue dans Les Bracelets rouges. Héloïse Volle et Yowa-Angélys Tshikaya complètent le quatuor. « J’avais initialement imaginé un groupe plus large, mais j’ai décidé de le restreindre pour mieux observer à quel point elles sont dépendantes les unes des autres. »

« Les filles du ciel », un film de Bérangère McNeese, en salle depuis le 25 mars. Avec Mona Bérard, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya, Héloïse Volle…

Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin, la formidable association de « Ceux qui comptent »

Pierre Lottin et Sandrine Kiberlain, une rencontre entre deux êtres pas épargnés par la vie. © JULIEN PANIÉ

Trouver la bonne alchimie entre les acteurs principaux est le rêve de tous les réalisateurs. Pour son long métrage, Ceux qui comptent, en salle ce mercredi 25 mars, Jean-Baptiste Léonetti avait une vision : réunir Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin. « Ce sont deux univers complètement différents et je trouvais super l’idée de les faire entrer en collision. Ce n’est pas policé, ce n’est pas lisse, c’est ce qui me plaisait et qui pouvait, à mon sens, donner quelque chose de vraiment intéressant », confie-t-il.

Bonne nouvelle, le désir était réciproque : « J’avais ce réalisateur en tête depuis une dizaine d’années et, dès qu’il m’a appelé, c’était une évidence que j’allais accepter. Le scénario m’a beaucoup plu et jouer avec une grande dame du cinéma comme Sandrine Kiberlain était aussi un plaisir », confie Pierre Lottin.

Découvert par le grand public à travers le personnage haut en couleur de Wilfried Tuche, le comédien trace depuis sa route en délivrant à chaque fois des prestations magistrales, que ce soit dans En fanfare ou dans L’Étranger, qui lui a valu un César du meilleur second rôle il y a quelques semaines. « C’est quand même une concrétisation, la reconnaissance de ses pairs est importante, ce sont quand même les gens du milieu qui nous offrent les rôles et nous font travailler », sourit-il.

Dans « Ceux qui comptent », Pierre Lottin incarne Jean, un homme solitaire, peu bavard, tout en intériorité. En intervenant pour lui venir en aide dans un supermarché, il ne se doute pas qu’il va entrer dans la famille de Rose, maman solo avec ses trois enfants, qui vit dans un monde d’apparences et multiplie les combines et les petites arnaques pour nourrir les siens.

Aussi exubérante qu’il est taiseux, Rose va bousculer le quotidien de Jean. Ces deux êtres, abîmés différemment par la vie, ont pour point commun de ne pas se victimiser. « On a voulu prendre un peu le contre-pied de cette époque qui est “je souffre donc je suis”, insiste Jean-Baptiste Léonetti. Rose a plein de soucis, mais elle n’est jamais dans le pathos. Elle ment, elle triche, elle manipule, mais jamais à son profit. Elle ne pense pas à sa pomme, elle se démène, elle est prête à faire n’importe quoi pour ses enfants. Le personnage de Jean comprend ça et il fait ce qu’il faut pour l’aider. »

Lui-même n’est pas dans une quête d’empathie à son égard : « Il ne se plaint pas de sa situation, il est tout le temps dans l’action. Le temps passé à se plaindre est, à ses yeux, du temps perdu pour trouver un plan B, précise Pierre Lottin. Pour jouer ce dur au cœur tendre, je me suis inspiré de héros de mangas comme dans GTO ou The Lastman, des gars désabusés mais solides. »

Au fil du film, Rose et Jean se rapprochent inéluctablement, mais sans basculer dans une relation de couple. « Initialement, je pensais faire un portrait de femme, puis, avec le personnage de Jean, ça s’est équilibré. Je voulais que le public soit séduit par cette femme, mais je ne voulais pas créer un couple. Je ne voulais pas faire une comédie romantique, mais plutôt aller vers un autre type de relation. » Il y a certes de la tendresse, beaucoup de complicité entre les deux personnages, mais pas de rapport de séduction.

Pour ne rien gâcher, les trois enfants sont très justes, à commencer par Alma Ngoc, qui incarne la petite Emily et apporte un vrai souffle de fraîcheur à la famille. Preuve, une fois encore, qu’il faut soigner son casting, et pas seulement pour les têtes d’affiche.

« Ceux qui comptent », un film de Jean-Baptiste Léonetti, en salle depuis ce mercredi 25 mars, avec Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin.

Disney+ fait souffler un vent de modernité sur Lucky Luke

Alban Lenoir est le nouveau Lucky Luke. (c) Disney+

S’attaquer à l’adaptation d’une œuvre à succès est toujours un pari délicat, surtout quand d’autres s’y sont essayés avant vous. « Il y a forcément de la trahison dans l’adaptation, mais on a cherché à être le plus fidèles possible à la démarche de Morris en essayant de l’adapter au média audiovisuel », confie Thomas Mansuit, co-créateur et scénariste de la série Lucky Luke, disponible depuis ce lundi 23 mars sur Disney+ et présenté lors du festival Séries Mania à Lille.

« On a essayé de trahir avec amour, retrouver l’esprit qui nous a fait aimer Lucky Luke quand on était enfants, tout en questionnant ce héros qui a émergé à une période où il n’y avait quasiment pas de rôles féminins et pas une grande psychologie des personnages », indique Mathieu Leblanc, l’autre créateur de la série.

« L’avantage, c’est qu’il s’agit d’un héros solitaire, parfait, qui tire plus vite que son ombre et qui, donc, ne peut jamais être en danger. Partant de là, il faut le désactiver, renverser la table, poursuit ce dernier. On s’est dit qu’on allait le décaler dans le temps, bien après les albums passés et à venir, vieillir un peu Lucky Luke pour qu’il perde un peu de sa superbe, se remette en question pour explorer des choses qui ne l’ont jamais été. »

Jouer avec l’image des icônes, c’est aussi ce qui a amusé Camille Chamoux, qui incarne Calamity Jane : « Le challenge, c’était de faire exister un personnage féminin alors que la bande dessinée était très masculine, mais tout en se disant que cette Calamity Jane est une grosse arnaque, qui invente son histoire. Je trouvais ça intéressant : créer sa propre légende, c’est très Instagram, ça donne une vraie modernité. »

Outre Calamity Jane, deux nouveaux rôles féminins ont été créés : l’un pour Billie Blain, alias Louise, une jeune fille venue demander de l’aide à Lucky Luke pour retrouver sa mère ; l’autre pour Charlie, une aventurière mystérieuse jouée par Alice Taglioni. « La mission, c’était de faire exister un personnage qui n’existait pas, d’en faire quelqu’un que l’on a l’impression de connaître, d’avoir déjà vu dans la bande dessinée, et je pense que l’on a réussi, se réjouit-elle. C’est un personnage au double visage, avec un côté un peu institutrice cool et, de l’autre, un côté assez badass, mais je ne veux pas trop en dévoiler. »

Alban Lenoir, choisi pour interpréter le fameux cow-boy, a, lui, pris plaisir à sortir de sa zone de confort : « Il a fallu que je perde un peu de poids pour tendre à être plus longiligne, ne pas arriver avec une carrure de déménageur, sourit-il. Il a fallu apprendre la technique du revolver, qui est très différente de celle des autres armes contemporaines. Après, ce que je trouvais intéressant, c’était justement d’offrir un autre regard sur Lucky Luke. »

« Lucky Luke », série en 8 épisodes, est disponible sur Disney+ depuis ce lundi 23 mars.

Maison de retraite : une ode à la fraternité entre générations

Michel Jonasz, Firmine Richard, Claudette Walker, Chantal Ladesou et Daniel Prevost ont pris énormément de plaisir à se retrouver. (c) Rubens Hazon - My Family - TF1

Les derniers épisodes de la série « Maison de retraite », signée Kev Adams et Claude Zidi Jr., sont diffusés ce lundi 23 mars (21 h 10) sur TF1. Firmine Richard, qui incarne le personnage de Fleurette, est ravie que les deux films aient eu une suite sous forme de série. « J’étais ravie, car tout le monde ne peut pas aller au cinéma. Grâce à la télévision, la série va vers les gens, et c’est important qu’elle soit vue par le plus grand nombre, car elle parle d’un sujet sérieux et véhicule de très beaux messages, estime-t-elle. Déjà, il y a cette maison de retraite comme on aimerait qu’il en existe partout, et puis il y a l’importance des échanges transgénérationnels entre tous ces vieux et les jeunes venus faire leurs travaux d’intérêt général. Au début, il y a de la méfiance, parfois même du rejet de part et d’autre, mais très vite, ils se rendent compte qu’ils ont beaucoup à s’apporter. »

Firmine Richard ne cache pas non plus son bonheur de tourner avec un casting aussi pléthorique. « Généralement, à un certain âge, on est déjà content d’avoir la chance de travailler encore dans une série ou dans un film, mais le faire en étant si nombreux… Il y a une cohésion qui s’est créée, une espèce de fraternité. Jamais je n’aurais pensé tourner avec Enrico Macias, que j’adorais écouter chanter, Liliane Rovière ou Michel Jonasz. »

Un Michel Jonasz également touché par l’ambiance au sein de l’équipe : « J’étais vraiment content d’aller tourner à chaque fois, car il y avait une vraie fraternité, quelque chose de sincère, assure-t-il. On a joué avec le cœur, et c’est la base. C’est comme dans la musique : on ne peut pas chanter par devoir, juste parce qu’il y a un contrat. S’il n’y a pas le cœur, s’il n’y a pas l’âme, ça ne fonctionne pas. »

Un état d’esprit qu’a pu découvrir la chanteuse Nicoletta, qui n’était pas présente dans le film ni au début de la série : « J’incarne la grand-mère de l’un des jeunes qui travaillent dans la maison de retraite, je joue une grande mytho qui s’invente une vie pour cacher la réalité. Je n’avais pas beaucoup d’expérience en comédie, mais j’ai adoré, d’autant que j’ai retrouvé beaucoup d’artistes que je connais bien. »

« On est contents de retrouver des copains, confirme Daniel Prévost, qui incarne Alfred, un pensionnaire toujours prêt à enquêter. On est là pour distraire : la maison de retraite apparaît comme joyeuse, même si on sait que ce n’est pas forcément comme ça dans la réalité, mais on espère justement que cette série pourra aider à faire bouger les choses. »

« Maison de retraite », épisodes 5 et 6, ce lundi 23 mars (dès 21 h 10) sur TF1. L’intégralité de la saison est disponible en replay sur TF1.