Lille capitale française de l’humour avec la cérémonie des Auguste

La cérémonie des Auguste de l'humour aura lieu le 2 février au Nouveau Siècle à Lille.

Déjà bien gâtés par les nombreux spectacles proposés tout au long de l’année dans les différentes salles de la métropole, les amateurs d’humour seront à la fête ces prochains jours. Dès vendredi, l’édition 2026 du festival Lillarious sera lancée, avec pendant une semaine plusieurs dizaines d’humoristes au programme, dont Élodie Poux, Geremy Credeville, Tania Dutel, Samuel Bambi, PV, Lola Dubini ou encore Alex Vizorek.

Au milieu de tout ça, le Nouveau Siècle sera, pour la deuxième année consécutive, le théâtre d’une nouvelle cérémonie, « Les Auguste de l’humour », imaginée par l’association « La Communauté de l’humour », qui « s’efforce de donner de la visibilité à un secteur qui est un peu comme le parent pauvre de la production artistique », confie Perrine Blondel, directrice de la communication de l’événement.

Elle sera animée par Marianne James et retransmise sur Twitch, avec des commentaires de Samuel Étienne, Olivia Moore et Arnaud Tsamere, en attendant peut-être un jour de trouver sa place à la télévision, dans la grille d’une chaîne publique ou privée.

Encore dans l’attente de certaines confirmations, les organisateurs n’ont pas encore dévoilé les noms de tous les artistes présents. Mais entre les lauréats et les remettants des différents prix, sans oublier quelques invités, ce sont plusieurs dizaines d’humoristes qui sont attendus, dont Muriel Robin, qui se verra remettre un Auguste d’honneur.

Un jury d’une soixantaine de personnes représentant les différents métiers du monde de l’humour a établi une liste de nommés dans les sept catégories suivantes :

  • Artistes humoristes de l’année : Artus, Gad Elmaleh, Élodie Poux, Ahmed Sylla, la tournée du trio (Lecaplain, Ferrari, Tsamere).

  • Auteurs de textes d’humour : David Castello-Lopes, Constance et Pascale Duclermotier, Guillermo Guiz, Marion Mezadorian, Panayotis Pascot.

  • Spectacle de l’année : Bâtard Sensible (A. Kominek), Entre les deux (P. Pascot), Yolo (A. Lompret), InConstance (Constance).

  • Révélation scène francophone étrangère : Adrien Delplana, Inès Le Gourou, Mehdi BTB, Mega Brouillard.

  • Chroniqueurs TV/Radio : Alex Vizorek, Aymeric Lompret, Guillaume Meurice, Philippe Caverivière, Yann Marguet.

  • Artistes de vidéos web : Amandine Lourdel, Eliott Doyle, Mathieu Madénian, Moguiz, Marine Léonardi.

  • Révélation scène : Kostia, Simon Noëns, Hugo Pêcheur, Vincent Seroussi, Zaef.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles sur inscription sur le site de la Fnac :
https://animation.fnac.com/zn/f1rkxey5p

Les ultimes folies du grand projet de Lynda Lemay

Lynda Lemay sera deux soirs au théâtre Sébastopol.

Chacun de ses passages dans la région est un enchantement et la promesse d’une soirée riche en émotions et en énergie positive. Lille aime Lynda Lemay et la réciproque vaut également, à en croire l’artiste québécoise, qui se réjouit de revenir dans le Nord, ce mercredi 28 et jeudi 29 janvier, au théâtre Sébastopol, pour l’une des dernières dates d’une aventure au long cours. « C’est ma salle préférée et le public y est toujours en feu, ce sont donc des retrouvailles que j’attends avec impatience », assure-t-elle.

Tout est parti du projet fou de réaliser 11 albums de 11 titres en 1 111 jours, soit un peu plus de trois ans, le temps généralement nécessaire pour la majorité des artistes à la réalisation d’un seul album. Un challenge réussi qui a bien évidemment trouvé son prolongement dans une tournée d’abord baptisée La vie est un conte de fous, qui s’est transformée en La onzième folie.

« C’est vraiment la dernière ligne droite de ce grand projet et ça se termine avec encore plus de folie que jamais, s’enthousiasme-t-elle. Précédemment, on se permettait de demander au public de nous faire des demandes spéciales. Le spectacle se transformait de soir en soir. Là, j’ai décidé de construire quelque chose qui change un peu moins. On est toujours dans la spontanéité, parce que c’est dans ma personnalité et celle de mes musiciens, mais les gens savent un petit peu plus à quoi s’attendre. C’est évidemment inspiré de toutes les demandes spéciales qu’on m’a faites, mais c’est aussi ponctué de nouveautés qui annoncent l’avenir. »

Dans une dizaine de jours, le vendredi 6 février, Lynda Lemay sortira un nouvel album, À fleurs de cordes, réalisé en duo avec Jean-Félix Lalanne. « C’est un nouveau concept avec rien d’autre que la guitare et ma voix. Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Ce n’était pas prévu, c’est le fruit d’un coup de foudre artistique, précise-t-elle. Jean-Félix est venu me voir à l’Olympia, il a beaucoup aimé mon univers musical et m’a conviée à participer au festival Autour de la guitare. Il est venu chez moi répéter et, sans qu’on se le dise dans un premier temps, on a rêvé chacun de notre côté de réaliser un album et un spectacle ensemble. Il fallait que ça existe, on n’a pas douté et, dès qu’on en a parlé, le lendemain nous étions en studio avec Yves Savard, mon guitariste au Québec. »

Lynda Lemay a repris quelques anciennes chansons, mais elle a aussi écrit cinq nouveaux titres, dont Les tapis d’aiguilles, où elle s’attaque à un sujet délicat :
« C’est l’histoire d’une relation entre une fillette de dix ans et un homme de quarante ans. Il a fallu que je fasse attention à chaque image que j’utilise, que ce soit bien compris dans le sens où je veux raconter l’histoire, insiste-t-elle. Il fallait que je m’assure qu’on ne soit pas dans le jugement de la situation, que l’on soit capable d’écouter l’histoire sans que ça fasse aussi mal que lorsqu’on la vit. C’est l’un des sujets les plus délicats que j’ai eu à aborder dans ma carrière, mais je crois que c’est plus fort que moi : j’ai cette envie de briser en poésie des silences trop lourds. »

Au-delà de ce nouveau titre, construire la « set list » de ce concert s’est apparenté à un vrai casse-tête, tant le répertoire déjà bien fourni de l’artiste s’est encore étoffé avec les onze albums sortis en trois ans. « C’est vrai que je n’ai pas le temps, en 2 h 15 de show, de raconter tout ce que je voudrais, admet-elle. J’établis une liste de chansons et puis j’y reviens cinq minutes plus tard parce que j’estime avoir oublié telle ou telle chanson. »

Lynda Lemay en concert ce mercredi 28 et jeudi 29 janvier au théâtre Sébastopol de Lille.

Francis Perrin : « un bonheur de partager la scène avec Michèle Bernier » dans « Lily et Lily »

Michèle Bernier et Francis Perrin partagent l'affiche dans cette nouvelle version de Lily et Lily.

Du théâtre au cinéma, en passant par la télévision, Francis Perrin a multiplié les rôles depuis plus de cinquante ans. Ce pensionnaire de la Comédie-Française, qui a vécu un peu plus de trois ans à Tourcoing, sera aux côtés de Michèle Bernier dans une reprise de la fameuse pièce « Lily et Lily », le samedi 7 février au Colisée de Roubaix, puis le mardi 17 mars à Lille Grand Palais.

Francis, quels souvenirs gardez-vous de la pièce originale avec Jacqueline Maillan ?
« Des souvenirs d’autant plus formidables que je connaissais bien Jacqueline. Elle était époustouflante, on s’appréciait beaucoup, elle venait me voir quand je jouais. Ce qui est le plus incroyable dans cette histoire, c’est que j’étais en train de ranger ma bibliothèque au moment où j’ai reçu un appel de Michèle Bernier, qui me demandait si je ne voulais pas jouer « Lily et Lily » avec elle, et j’avais justement en main le texte de la pièce. C’est insensé, non ? J’ai tout de suite accepté sa proposition. »

Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette idée ?
« Déjà, le fait de jouer avec Michèle Bernier. Je l’ai fait débuter au cinéma dans mes films, je l’ai mise en scène dans « Bonne année toi-même ». Nous sommes amis depuis quarante ans, on a une vraie complicité, et j’ai eu raison, car c’est un bonheur de jouer avec elle. En plus, c’est une pièce formidable et je sentais qu’il y avait quelque chose à faire avec mon personnage. »

Vous incarnez Sam, l’agent de Lily, une star de cinéma qui mène une vie de débauche à Hollywood et qui voit débarquer sa sœur jumelle, une campagnarde un peu coincée. Comment avez-vous apporté votre patte à ce personnage ?
« J’ai revu la pièce une fois avant qu’on ne la reprenne. À l’époque, le rôle était interprété par Jacques Jouanneau, un comédien délicieux. On a fait en sorte de le jouer différemment. Le « Sam » de Jouanneau subissait beaucoup les caprices de Lily, le mien se révolte davantage. La force des auteurs, c’est d’écrire un personnage qui peut être joué par différents acteurs, qui vont chacun apporter leur touche. J’ai longtemps joué Scapin de Molière et j’ai vu Philippe Torreton et Daniel Auteuil l’incarner très différemment. »

Vous avez touché à la fois au théâtre, au cinéma et à la télévision. Quelle place occupe le théâtre à vos yeux ?
« La place primordiale. C’est un peu ma vie. J’ai plus de 10 000 représentations en soixante ans de carrière, dont trente sur scène. C’est là où je me sens le mieux, j’aime le contact avec le public, la récompense est immédiate. J’ai toujours un trac fou, mais qui me booste plutôt qu’il ne me freine. Une fois en scène, il disparaît : il me donne une énergie que j’aime partager avec le public. »

« Lily et Lily », avec Michèle Bernier et Francis Perrin, le samedi 7 février au Colisée de Roubaix, puis le mardi 17 mars à Lille Grand Palais.

Notre sélection de spectacles du 26 janvier au 1er février 2026

L'agenda de la semaine du 26 janvier au 1 février.

Chaque samedi, nous vous livrons désormais nos suggestions de sorties dans la métropole lilloise pour la semaine suivante…

 Nos 5 coups de cœur du 26 janvier au 1er février

1. Lynda Lemay

Alors qu’elle s’apprête à sortir un nouvel album « à fleurs de cordes », début février, en duo avec Jean-Félix Lalanne, la Québécoise achève sa tournée « La onzième folie » avec notamment deux dates consécutives, mercredi 28 et jeudi 29 janvier, au théâtre Sébastopol de Lille.

2. Gala d’ouverture Lillarious

Le Festival Lillarious démarre ce vendredi 30 janvier (20 h) au Nouveau Siècle avec un gala d’ouverture mené par un humoriste en vogue, PV, que certains ont peut-être découvert cette année dans l’émission « La France a un incroyable talent ». Plusieurs camarades l’accompagneront sur scène dont Doully, Lola Dubini, Amandine Lourdel ou encore le mentaliste Fabien Olicard. A voir également le samedi 31 au même endroit.

3. 15 000 voix pour les légendes du rock

Le Zénith de Lille se prépare à vibrer le samedi 31 janvier (20 h) au rythme des plus grands groupes de rock, des Rolling Stones à Nirvana en passant par les Beales, Led Zeppelin, AC/DC, Metallica, Elvis Presley, David Bowie grâce à plus de 500 choristes.

4. Pierre Arditi

Une soirée intimiste, un moment de partage privilégié attend les amoureux de théâtre et de cinéma, ce mardi 27 janvier (20 h) au théâtre Sébastopol, lors d’une rencontre avec le grand comédien Pierre Arditi, qui livrera différentes anecdotes sur sa vie, sa carrière et tus ceux qu’il a eu l’occasion de croiser sur son chemin.

5. Jojo Bernard

Pour ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion d’aller voir son dernier spectacle, « Tout le monde il est beauF », filez-vite le découvrir ce mercredi 28 janvier (21 h) au Spotlight. Il y évoque notamment ses péripéties lors de son long voyage en Australie.

Mais aussi…

Humour : les talents régionaux seront disséminés un peu partout dans la région : Stéphanie Machart sera aux enfants terribles le mardi 27 ; Julien Bing à l’Espace Agora à Santes (vendredi 30) tandis que Mathilde Schraevel (jeudi 29, 19 h) et Yassine Bentayeb (vendredi 30, 19 h) seront au Spotlight. Sinon Yohann Métay réussit la prouesse de remplir deux soirs de suite le Zénith de Lille (mardi 27 et mercredi 28).

Musique : les amateurs de rock sont vraiment gâtés cette semaine au Zénith de Lille puisqu’ils pourront aussi découvrir un « Tribute » à U2 le vendredi 30 (20 h) et le groupe Feu ! Chatterton le dimanche 1er février (19 h). The Silencers sera au Splendid (mardi 27) tandis que la révélation féminine 2025 des Victoires de la musique, Solann, ouvrira, elle, la semaine (lundi 26) au théâtre Sébastopol.

Théâtre : Dans « Salade, tomate, oignons », Jean-Chistophe Folly campe trois personnages dans une pièce qui bouscule les clichés sur l’immigration et la masculinité. À voir pendant quatre jous, de mercredi à samedi, au théâtre du Nord. Comme chaque semaine, la Comédie de Lille est un espace idéal pour se détendre avec de nombreuses pièces au programme dont « Pour vivre heureux, vivons couchés » (mercredi 28), « Comment draguer après 50 ans » (jeudi 29), « Ados en vacances, parents en souffrance » ou encore « Le coup de pelle » (samedi 31).

Mathilde Ngasi apprend à écrire des textes cousus main

Mathilde Ngasi fait partie des élèves auteurs du Studio 8.

Chaque mois, jusqu’à la sortie de l’École du Nord en juin 2027, Planète Lille vous fait découvrir les élèves qui composent le Studio 8. Aujourd’hui, Mathilde Ngasi, élève en écriture, dramaturgie et mise en scène…

Si on lui avait dit, il y a encore quelques années, qu’elle ferait partie des quatre élèves retenus dans la section écriture du Studio 8 de l’École du Nord, la jeune femme ne l’aurait sans doute jamais cru. « L’écriture me faisait extrêmement peur car je souffre de dyslexie. Quand j’étais au lycée, je perdais énormément de points à cause de ça, confie-t-elle. C’était un challenge d’entrer dans une telle filière. Heureusement, nous sommes bien accompagnés par différents intervenants comme Penda Diouf ou Marc-Antoine Cyr, des auteurs qui prennent le temps de nous former et qui m’ont permis de me rendre compte qu’être autrice, ce n’est pas inné, ça s’apprend : il y a des clefs, des méthodes. Je vois déjà une évolution. »

L’an passé, avec un autre élève, Nam Durieu, on a écrit une pièce sur le disco. On a réalisé à quel point écrire pour le théâtre était différent d’écrire une fiction, un roman ou des choses plus personnelles. Il faut penser au comédien, au plateau, à l’espace. Je pense qu’on apprend toute sa vie. »

Celle de Mathilde Ngasi ne devait initialement pas passer par les planches. « J’avais commencé des études de psychologie mais j’ai abandonné au bout de deux mois. Je n’étais pas du tout à ma place. Et puis il y a eu le confinement, durant lequel j’ai appris la couture en autodidacte, explique-t-elle. J’ai commencé par recycler de vieux vêtements pour en faire de nouveaux, et ça m’a donné l’idée de devenir costumière. Je me suis inscrite en licence d’études théâtrales. J’ai fait ma première année à Montpellier, puis je suis venue à Lille et, pour me faire un peu d’argent de poche, j’ai commencé à travailler comme ouvreuse au Théâtre du Nord. J’ai rencontré des élèves du Studio 7 qui m’ont parlé de l’école. J’ai tenté ma chance, j’ai été acceptée et, depuis, je me suis prise de passion pour les costumes mais aussi pour la scénographie, la mise en scène, la lumière et les textes, alors que je ne pensais pas avoir ma place ici. »

Si elle partage quelques cours en commun avec tous les élèves, comme la danse, le chant, le sport ou l’anglais, Mathilde Ngasi passe surtout du temps avec ses trois autres camarades spécialisés dans l’écriture et la mise en scène. Elle a aussi eu l’occasion de partir en stage, notamment à Bruxelles auprès d’Armel Roussel, pour observer son travail sur son projet « Soleil », programmé il y a quelques mois au Théâtre du Nord.

L’un des gros défis de cette année 2026 réside dans les reprises de la création de la promotion : « 12 Trumps en colère ». « Marlène Saldana et Jonathan Drillet, qui ont fait la mise en scène initiale, sont désormais occupés sur d’autres projets et c’est à nous de reprendre l’exercice, indique-t-elle. Comme ça parle d’actualité, on doit repérer à chaque fois qu’il se passe quelque chose avec Trump, faire une sorte de veille médiatique et réactualiser la pièce si besoin. »