Les trois défis de Charlie Haid : bluffer, faire rire et faire réfléchir

04/06/2025 | Magie, Mais aussi ...

Charlie Haid sera le vendredi 13 juin au Splendid à Lille. (c) Stephane Kerrad

Passionné de mathématiques, de psychologie ou encore de neurosciences, Charlie Haid a aussi toujours eu le goût du spectacle, l’envie de faire rire mais aussi de bluffer les gens. Un spectacle en mode « La France a un incroyable talent » dans son école d’ingénieur a fait office de déclic : son avenir devait s’inscrire sur scène. Révélé par des vidéos sur les réseaux sociaux, le jeune homme est aujourd’hui l’un des mentalistes les plus cotés avec le Nordiste Viktor Vincent et Fabien Olicard. Entretien avant son passage le vendredi 13 juin au Splendid de Lille…

Pouvez-vous nous expliquer l’importance de Fabien Olicard dans votre carrière ?

« Il a co-écrit et co-produit mon spectacle. Aujourd’hui, je peux dire que c’est un ami mais quand j’ai commencé c’était surtout un mentor. Il m’avait envoyé un message pour me dire qu’il aimait bien mes vidéos sur Tik Tok et il m’a proposé que l’on se rencontre. On s’est bien entendus, on a fait des vidéos ensemble et après il me faisait des vocaux de dix minutes pour me dire ce qu’il fallait faire pour monter un spectacle. J’ai réussi, j’ai fait deux fois le festival d’Avignon et c’est là qu’il m’a proposé de me produire et de m’aider à écrire. J’ai évidemment dit oui. »

Comment fonctionnez-vous ?

« On se fait des sessions de travail. Pendant un après-midi, on réfléchit, on parle de plein de choses. J’avais déjà un spectacle écrit, les idées, les numéros de mentalisme mais je suis arrivé avec tous mes problèmes, ce qui ne fonctionnait pas, ce que je ne savais pas comment faire, ce que je voulais changer et il m’a aiguillé. C’était comme si tu arrivais dans un labyrinthe sans savoir où aller et qu’un gars te disait tu prends à droite puis à gauche, encore à gauche et après tu sors. J’ai gagné dix ans grâce à ses conseils. »

Qu’est-ce qui vous a poussé vers le mentalisme ?

« Je suis passionné depuis que j’ai douze ou treize ans, je faisais des tours à mes proches et j’allais dans la rue pour « mentaliser » les gens avec un pote. Le Covid est arrivé, je ne pouvais plus sortir, alors je me suis mis sur les réseaux et ça a rapidement pris. A l’époque il y avait peu de mentalistes même si en réalité il n’existe pas de vraie définition du mentalisme. Je pars du principe que ça regroupe toutes mes passions, je mets dedans de la magie, de la psychologie, de la mnémotechnie, des maths, de la lecture à froid pour analyser les gens, déduire des choses sur eux. »

Vous avez aussi décidé d’écrire des livres. Dans quel dessein ?

« Oui ça peut aider les gens sur la confiance en eux, sur le lien social. Il y a un côté développement personnel qui m’intéresse mais toujours basé sur la science parce que je suis très rationnel. Dans tous mes projets, il y a trois axes : bluffer les gens, les faire rire et les faire réfléchir. Dans le spectacle, il y a davantage le côté divertir ; les livres, eux, permettent de pousser plus loin le côté réflexion. »

Quel est le thème du spectacle ?

« Le fil rouge, c’est littéralement ma vie, c’est comment est-ce que je suis passé d’un enfant timide à faire de la scène. Je démarre le spectacle en disant que je n’aime pas le concept de simplement vivre. Toute ma vie, je ne me suis pas contenté de juste vivre, j’ai fait plein de choses. Mon but, c’est qu’à la fin, ils sortent de là avec un déclic. Le titre est « Intensément mentaliste », parce que pour moi la différence entre vivre et exister, c’est l’intensité. Exister, c’est quand tu fais les choses vraiment à fond. Sur scène, je me sens un peu plus existé. »

C’est un spectacle très interactif. Y-a-t-il des gens plus réceptifs que d’autres ?

« Une vingtaine de personnes participe. Typiquement, les gens qui veulent trop participer, on évite de les prendre parce que ça peut être très compliqué. Les personnes sceptiques, ce sont les meilleures parce qu’elles sont hyper attentives, elles n’y croient pas mais elles jouent le jeu à fond et ça, c’est cadeau. En théorie, le mentalisme peut fonctionner avec tout le monde. Le vrai truc, c’est de réussir à mettre les gens dans sa poche »

C’est un art qui nécessite de se tenir constamment au courant des avancées technologiques, scientifiques ?

« Oui, ça évolue en permanence. J’ai envie de dire qu’il faut se mettre à jour tous les 60 jours sinon tu es déjà en retard. Les neurosciences c’est un vrai travail mais c’est ce qui me passionne le plus. J’écoute des podcasts quasiment tous les jours. La clé numéro un du mentaliste, c’est la curiosité. Quand tu t’intéresses à plein de sujets, tu as d’autres idées qui te viennent, tu comprends encore plus l’humain. »

Charlie Haid, « Intensément mentaliste », vendredi 13 juin (20 h) au Splendid de Lille.

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