Grégory Fitoussi heureux de retrouver Erica

Alex Brasseur, ici avec Kévin Levy (Bruno), dans Demain Nous Appartient. (c) TELSETE - TF1

Adaptation de plusieurs romans de Camilla Läckberg, la série Erica, diffusée il y a un peu plus d’un an sur TF1, a connu un franc succès, ce qui a naturellement incité les producteurs à se lancer dans une deuxième saison, avec toujours le binôme principal composé de Julie De Bona et Grégory Fitoussi.

Durant la première saison, la première nommée incarnait Erica Faure, romancière à succès de retour sur ses terres natales dans les Landes, où elle contribue, à sa manière, à la résolution de différents crimes, croisant ainsi la route du capitaine de police Patrick Saab (Grégory Fitoussi), dont elle tombe sous le charme.

« On savait que si le public suivait, il y avait matière à poursuivre leurs aventures, confie le comédien. L’essentiel était de ne pas réitérer ce que l’on faisait dans la première saison : les rapports ne sont plus les mêmes, ils se connaissent mieux. Lui est à la fois séduit et agacé par les multiples intrusions d’Erica dans ses enquêtes. Il lui trouve du talent et il y a davantage une relation de complicité entre eux. »

Pour préparer son rôle, Grégory Fitoussi n’avait pas lu les romans originaux. « On m’avait déconseillé de le faire, car ils ont fait évoluer mon personnage par rapport au livre pour le rendre plus lumineux, donc ça aurait été davantage une source de confusion qu’autre chose. Je me suis basé sur le scénario et, parfois, quand on adapte un bouquin, c’est bien de trahir un peu le personnage. »

Camilla Läckberg ayant écrit onze romans, il n’est pas interdit de penser qu’une saison 3 pourrait voir le jour, mais Grégory Fitoussi ne veut pas brûler les étapes : « On va déjà voir ce que donne la diffusion de la deuxième et si le public est toujours au rendez-vous. Mais c’est vrai que l’avantage de faire plusieurs saisons, c’est qu’on connaît de mieux en mieux nos personnages et qu’on a forcément envie de les amener ailleurs. À chaque saison, on a l’impression de revenir à la maison. »

« Erica, saison 2 », dès ce jeudi 5 mars (21 h 10) sur TF1.

Les Histrioniques mènent le combat sur les scènes de théâtre

Karim Duval va jouer son spectacle Entropie le 4 mars au théâtre Pasteur de Lille Grand Palais.

Plusieurs comédiennes, membres du collectif « MeToo Théâtre », ont construit un spectacle, intitulé « Les Histrioniques, un trou dans la raquette » qui dénonce les violences sexistes et sexuelles dans le monde artistique. Un spectacle drôle, engagé et surtout nécessaire pour démonter les systèmes et libérer la parole. Entretien avec l’une des comédiennes, Nadège Cathelineau

Comment avez-vous décidé de mettre à profit vos compétences artistiques au service d’un propos et de faire de ce spectacle une sorte de prolongement naturel de votre engagement militant ?

« Nous sommes toutes artistes et, dans nos créations, nous développions déjà nos univers de façon assez féministe, même si ce n’était pas de la même manière. Après le lancement du hashtag « MeToo Théâtre », nous avons sorti un livre avec des textes écrits lors d’un rassemblement. Ça a été la première trace : les textes étaient restitués de façon brute, comme un documentaire, et je crois que ça a été la première transformation de notre militantisme en objet artistique.

On s’est alors dit que nous pourrions utiliser nos compétences pour créer cette pièce, qui cumule la qualité du sujet et une forme croisée entre documentaire et spectacle, organisée autour des héroïnes, des militantes, et pas seulement d’une victime. Cela ne coupe pas de l’affect et cela renforce la réflexion à l’endroit des failles systémiques que l’on peut rencontrer, comme le manque de dispositifs du ministère de la Culture, que l’on assimile à un énorme trou dans la raquette, ls freins administratifs, avec des agresseurs signalés qui restent parfois en poste, des aberrations auxquelles ont été confrontés de trop nombreuses personnes. »

Le spectacle est annoncé comme une enquête entre fiction et réalité. Concrètement, comment avez-vous procédé ?

« On n’a rien inventé dans le spectacle : il y a beaucoup de citations de tribunes publiques de personnes accusées ou de leurs soutiens. L’effort de fiction, nous l’avons fait dans le traitement, dans la forme, dans l’incarnation. Nous avons fait le choix de nous centrer sur une affaire, qui est la synthèse de toutes les autres. »

Vous êtes cinq femmes sur scène, a-t-il été envisagé qu’il y ait un homme ? Histoire de montrer que c’est le combat de tous et pas seulement des femmes.

« Je crois que nous ne répondrions pas toutes de la même façon à cette question, mais je dirais que nous ne sommes pas fermées à la présence d’hommes dans notre collectif. Cependant, aucun n’est venu frapper à notre porte pour s’engager avec nous. Nous avons développé un espace de travail en non-mixité ; je n’ai pas l’impression que nous en souffrions. Cela ne semblait pas indispensable pour notre propos et notre spectacle. La distribution a été faite avec des membres constitutifs du collectif. »

Et le public qui vient vous voir, est-il paritaire ou majoritairement féminin ?

« Il est essentiellement féminin. C’était notamment très frappant à Paris : il devait y avoir, au mieux, un dixième d’hommes dans la salle. Mais ceux qui sont venus sont repartis contents car, je pense, nous abordons les sujets de façon clairvoyante, lucide et intelligente. Les hommes qui ont envie de venir ne doivent pas s’inquiéter : ils sont les bienvenus. »

Songez-vous déjà à d’autres actions du même genre ?

« C’était la première création théâtrale du collectif. Cela dépendra s’il y a suffisamment de partenaires pour créer un deuxième opus, mais il est évident que nous avons la matière pour le faire : nous avons encore beaucoup d’autres choses à raconter. Nous voyons que cela permet d’éveiller les consciences. Beaucoup de comédiennes en formation qui étaient à Avignon l’été dernier nous ont écrit. On sent qu’il y a un vrai besoin d’écoute, d’accompagnement. Il faut que des chartes et des protocoles soient rédigés. »

« Les histrioniques », au théâtre du Nord à Lille, le samedi 7 mars (18 h), dimanche 8 mars (16 h) et lundi 9 mars (19 h 30). Le spectacle du samedi 7 sera suivi d’un aftershow avec Flore Benguigui. 

Paul Dewandre aide toujours les couples à mieux se comprendre

20 ans après ses débuts, Paul Dewandre propose une version 2.0 du spectacle Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus.

En adaptant en 2006 le livre à succès de John Gray « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus » pour en faire un spectacle, Paul Dewandre n’aurait jamais imaginé continuer à le jouer vingt ans plus tard. Une version 2.0 a été écrite pour la nouvelle tournée qui fait étape à Lille le 18 mars et à Arras le 24 mars.

Paul, vous avez créé votre spectacle en 2006. En vingt ans, avec l’évolution de la société, peut-on dire que les hommes viennent toujours de Mars et les femmes toujours de Vénus ?

« Les choses ont effectivement pas mal changé. Les hommes s’impliquent davantage dans les tâches ménagères, dans l’éducation des enfants. Il y a trente ans, quand j’allais chercher mes enfants à l’école, nous étions trois pères ; aujourd’hui, c’est presque la moitié. Les hommes prennent davantage de temps partiel que par le passé. Malgré tout, il y a des choses qui n’ont pas bougé, qui demeurent d’actualité vingt ans plus tard, comme le fait que les hommes n’aiment toujours pas parler de leurs problèmes. »

Cette version 2.0 que vous jouez actuellement, est-ce uniquement une mise à jour ou y avait-il d’autres motivations ?

« Il y a eu plusieurs motivations. La première, c’était effectivement d’enlever ou de rectifier ce qui ne fonctionnait plus, comme le fait que les hommes n’aimaient pas demander leur chemin quand ils étaient en voiture. Avec les GPS, cette question ne se pose plus. Mais mon objectif, c’est de montrer le côté féminin et masculin qu’il y a en chacun de nous. Le but, c’est d’aider les gens à comprendre le langage de l’autre, à devenir en quelque sorte bilingues. Si on fait l’erreur de penser que nous sommes pareils, on peut s’énerver quand on constate que l’autre ne réagit pas comme nous le ferions. Mais si on comprend qu’une réaction différente est juste liée au fait qu’on parle une langue différente, alors on l’accepte mieux et on peut essayer de comprendre pourquoi ça fonctionne différemment. »

Peut-on dire qu’en plus de divertir le public, vous êtes une sorte de thérapeute de couple ?

« J’ai appris que certains passaient des extraits de mon spectacle, que c’était aussi utilisé dans des préparations au mariage. Tant mieux. Si je fais ce spectacle avec toujours autant de plaisir, c’est qu’il a du sens, qu’il peut être utile. C’est aussi un outil de prévention pour les couples qui vont bien. Les messages passent plus facilement par l’humour, dans un spectacle, que si je faisais une simple conférence sur le couple. »

La scène n’était pas votre métier. Vous vous y êtes vite senti à l’aise ?

« Le fait de parler devant un public n’était pas un problème, je faisais déjà des conférences. Après, je n’ai jamais pris de cours de théâtre, mais avec le metteur en scène, on a beaucoup travaillé sur le fait de faire monter des gens sur scène. Je ne savais pas si j’allais maîtriser les improvisations. Au début, je n’osais pas, mais c’est venu relativement vite et ça m’a donné envie de travailler sur d’autres projets, de continuer à partager des informations que je trouve utiles de manière légère et ludique. Je suis authentique et sincère quand je diffuse mes messages sur scène, donc je n’ai pas besoin de rentrer dans un personnage, de faire l’acteur. Je reste moi-même. »

Pouvez-vous parler de vos nouveaux projets ?

« J’ai un spectacle avec un ex-délinquant marseillais, un jeune qui, à seize ans, avait déjà fait quatre mois de prison pour mineur, mais qui a réussi à se sortir des trafics, de la drogue. On a construit un spectacle-témoignage d’environ une demi-heure sur son parcours, comment il est entré dans la délinquance et surtout comment il en est sorti en effectuant un travail personnel de reconstruction, de guérison de ses blessures d’enfance. On l’a joué dans des prisons devant des jeunes incarcérés, mais aussi devant des procureurs, des avocats, des juges. Ça prend vraiment et on est donc en train de développer tout ça pour en faire un spectacle musical, car il chante un peu, il aime le rap. Ce spectacle va englober nos deux histoires, car au départ nous n’avons rien en commun. Il a 20 ans, j’en ai plus de soixante. Il est Marseillais, je suis Belge. On n’a pas les mêmes origines, pas le même vécu, mais pourtant il y a des choses qui nous réunissent. Sinon, je travaille aussi sur un spectacle sur les oppositions, non plus entre hommes et femmes, mais entre jeunes et vieux, sur ces générations qui ne se comprennent pas toujours. Là aussi, il y a des choses à dire. »

« Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus 2.0 », par Paul Dewandre, à Lille Grand Palais le mercredi 18 mars (20 h) et au Casino d’Arras le mardi 24 mars (20 h).

Léonie Dahan-Lamort, une rebelle au couvent dans Pécheresses

Léonie Dahan-Lamort (au premier plan) à l'affiche de pécheresses sur OCS. (c) Empreinte digitale - Ciné+ OCS

Inscrite par sa mère dans un internat catholique pour la remettre sur le droit chemin après avoir posté des vidéos à caractère sexuel sur des sites dédiés alors qu’elle n’est encore que mineure, Cassidy entend bien ne pas se plier aux règles très strictes du couvent, emmenant dans son sillage quelques-unes de ses camarades.

Réalisée par Charlotte Sanson, cette mini-série en six épisodes de 26 minutes, diffusée à partir du mardi 3 mars sur Ciné+ OCS, a déjà valu à son héroïne principale, Léonie Dahan-Lamort, 23 ans, le prix du meilleur espoir féminin au dernier Festival de la fiction de La Rochelle.

« Je ne suis pas en demande de prix, de récompenses, mais c’est forcément valorisant, ça valide le travail effectué et ça m’a fait plaisir, car j’ai eu une vraie tendresse pour ce personnage de Cassidy, qui m’a fait penser, de loin, à l’adolescente que j’ai pu être, confie l’intéressée. Elle arrive dans cette institution avec ses a priori sur ces femmes qui vivent la religion et, en fait, elle va se découvrir de vraies amies avec lesquelles elle va faire des bêtises de jeunesse. C’est léger tout en traitant de sujets importants comme la féminité, la sororité ou la transidentité. »

Un rôle qui s’inscrit dans la construction de carrière menée par la comédienne, que le grand public a découverte dans la série quotidienne de France Télévisions, Un si grand soleil, où elle incarnait Camille, la fille unique du capitaine de police Manu Léoni (Moïse Santamaria) et de Laetitia Mézan (Shirley Bousquet), un couple séparé. « Cette série, je la considère un peu comme une prépa avant les grandes études, ça m’a appris à enchaîner beaucoup de séquences, à tenir un rythme soutenu », confie-t-elle.

Léonie Dahan-Lamort se réjouit qu’on lui propose désormais des rôles de « jeunes femmes un peu badasses avec lesquelles j’aimerais être amie ». Outre Pécheresses, on devrait aussi bientôt la voir, toujours sur Ciné+ OCS, dans la série Deadline, dont l’action se passe dans un service de soins palliatifs. « J’y joue une fille de 17 ans, consciente de ce qui l’attend, qui aimerait découvrir son corps et celui d’un autre avant de partir, précise-t-elle. Elle découvre aussi que l’une des infirmières vole des médicaments et elle se décide à la faire chanter. »

La comédienne a aussi entamé le tournage de « Les Brumes », une adaptation, pour Netflix, d’un polar d’Olivier Norek, réalisée par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière.

Très sollicitée, l’artiste assure se moquer du format proposé : « Que ce soit pour le cinéma, la télévision ou une plateforme, ça ne change pas grand-chose ; ce qui m’intéresse, c’est le propos, insiste-t-elle. J’ai envie de porter des rôles, de mettre de l’énergie dans un personnage qui a quelque chose à dire, une trajectoire, dont je sais d’où il part et où il veut aller. » La jeune femme avoue, en revanche, être un peu terrifiée par le théâtre, mais ne ferme pas la porte à la possibilité de monter un jour également sur les planches.

« Pécheresses », une série de 6 épisodes de 26 minutes, réalisée par Charlotte Sanson, à partir du mardi 3 mars sur Ciné+ OCS.

Louna Giriat aime « avoir envie de tout »

Louna Giriat, une enfant du Sud venue faire ses études artistiques dans le Nord.

Planète Lille a décidé d’aller à la rencontre des élèves du Studio 8 de l’École du Nord, rattachée au Théâtre du Nord à Lille. Chaque mois, jusqu’à la fin de leur cursus, en juin 2027, nous vous présenterons l’un(e) de ces dix-neuf artistes en herbe. Troisième rendez-vous avec Louna Giriat

Être coincée dans une case : très peu pour elle. Louna Giriat est une artiste pluridisciplinaire, qui aime le jeu avant tout, mais qui se régale encore davantage lorsque un peu de chant et de danse viennent se mêler à l’histoire. « Je ne veux pas me fermer de portes, j’aime explorer plein de choses et même sortir de ma zone de confort quand c’est possible, assure-t-elle. J’aime avoir envie de tout. Je ne veux surtout pas me lasser, et aller vers des choses qu’on n’apprécie pas forcément peut se révéler intéressant, surprenant. »

La jeune femme, qui avait plus d’appétence pour la comédie, s’est ainsi ouvert de nouveaux horizons depuis son arrivée à l’École du Nord : « Je suis allée vers des rôles plus tragiques, où il faut être plus vulnérable, et j’y prends de plus en plus de plaisir. »

Au fil des années, Louna Giriat a aussi considérablement développé sa culture théâtrale. « Je viens d’un petit village paumé entre Aix et Marseille. J’étais davantage cinéma que théâtre au départ et je ne lisais pas beaucoup de théâtre classique, confie-t-elle. Ça a commencé quand j’ai intégré le Cours Florent à Montpellier. J’ai voulu pousser les curseurs un peu plus loin. Au début, je pensais faire une école à Paris, mais j’ai eu un vrai coup de cœur pour Lille et je ne regrette vraiment pas mon choix. Ma palette s’est vraiment élargie grâce à tous les intervenants que l’on peut rencontrer dans notre cursus à l’École du Nord et à travers les spectacles que l’on peut voir au Théâtre du Nord ou aux alentours. »

Sur scène, la comédienne se sent comme dans son jardin. « J’aime beaucoup les répétitions, c’est très intéressant, mais les représentations publiques, c’est ce qui m’élève le plus, s’enthousiasme-t-elle. Dès qu’il y a de nouvelles oreilles pour écouter, il se passe quelque chose en moi. Je me sens vraiment à l’aise, à ma place. Je suis toujours de très bonne humeur quand je suis sur le plateau. »

Depuis son arrivée, Louna Giriat a aussi appris à composer avec les spécificités de la vie et du travail collectif : « Personne n’est de Lille, donc on a créé une grande famille, précise-t-elle. On sort beaucoup entre nous et, dans le travail collectif, ça fonctionne bien : chacun est à sa place et chacun s’épanouit à son endroit dans un même projet. On a pu le voir avec le spectacle Les 12 Trump en colère. On va tous sortir enrichis de ces expériences. »

Ces prochaines semaines, les élèves du Studio 8 auront aussi l’occasion de jouer L’Éveil du printemps avec Armel Roussel, le metteur en scène belge, qui était venu proposer Soleil il y a quelques mois au Théâtre du Nord. Et comme les projets se succèdent, et parfois même s’entremêlent à vive allure, Louna Giriat sera avec son camarade Lucas de Oliveira à l’Opéra de Lille le 14 mars (18 h) pour y livrer une performance lors de l’Open Week n° 3, autour de l’opéra Les Enfants terribles, inspiré du roman de Cocteau. Louna pourrait y donner de la voix, elle qui, dans un coin de la tête, nourrit aussi ce rêve un peu fou de réaliser peut-être un jour un concert de rock !

Retrouvez les deux premiers portraits d’élèves sur notre site www.planetelille.fr