Hugues Aufray, bientôt 97 ans, et toujours déterminé à être heureux

28/04/2026 | Actualités, Concerts, Musique

Hugues Aufray prend toujours le même plaisir à monter sur scène. (c) Murielle Aufray

Il est l’artiste le plus âgé encore en activité. À bientôt 97 ans, Hugues Aufray continue de tourner un peu partout en France. Dimanche, il sera à Sceneo, à Longuenesse, et lundi, c’est du côté de Roubaix qu’il viendra retrouver un public du Nord qu’il porte dans son cœur. « Je ne suis pas un opportuniste, je ne cherche pas à flatter, mais le public du Nord est le plus chaleureux de France. Dès que le concert commence, les gens sont déjà en train de chanter, danser, taper dans les mains. Je suis heureux de les retrouver et de leur montrer que je suis en bonne santé, toujours actif. »

La clé de sa longévité ? « Certains diront que c’est parce que je ne fume pas et que je ne bois pas, mais c’est faux, car j’ai commencé à fumer au service militaire. J’ai longtemps gardé cette mauvaise habitude avant de m’apercevoir que c’était stupide. J’ai bu aussi, mais à chaque fois que je buvais, je me battais, et à chaque fois que je me battais, je me cassais quelque chose, donc j’ai décidé d’arrêter de boire », sourit-il.

Son secret réside sûrement davantage dans sa philosophie de vie. « Je n’ai de leçons à donner à personne, mais j’estime que notre devoir est d’être heureux, indique-t-il. Il y a déjà tellement de choses, comme la maladie, les accidents, la souffrance, la perte d’un membre de la famille ou d’un ami, qui peuvent nous rendre malheureux. On n’a qu’une seule vie, il faut la respecter en la rendant positive. »

 

Plusieurs fois escroqué par ses associés au cours de sa vie, Hugues Aufray a été ruiné, et prolonger sa carrière a aussi été une nécessité pour faire vivre sa famille. Mais monter sur scène n’a jamais été une contrainte : « Mon état d’esprit n’a pas changé depuis mes débuts, assure-t-il. Pendant des années, au début de ma vie, je jouais de la guitare et je chantais gratuitement, par plaisir. Ça m’amusait de chanter à l’école, à la messe, au collège, avec les copains du lycée. Chanter, ce n’est pas un travail. D’ailleurs, saviez-vous que “travail” vient du latin tripalium, qui est un instrument de torture ? J’aime beaucoup m’intéresser à l’étymologie, à l’origine des mots. »

Dans sa charmante demeure de Marly-le-Roi, Hugues Aufray doit d’ailleurs pousser les murs pour faire rentrer tous ses livres, ses CD, ses albums, ses instruments de musique, mais aussi ses peintures et ses sculptures. Une passion pour l’art sous toutes ses formes, sur laquelle il s’épanche volontiers au fil d’une conversation, au cours de laquelle l’homme instruit qu’il est navigue allègrement entre histoire, littérature, politique, science quantique et, bien sûr, musique.

« J’ai l’intelligence superficielle, sourit-il, mais, pour tout vous dire, je n’ai jamais rêvé d’être chanteur, de monter sur scène devant un public, de gagner ma vie comme ça. Je voulais être peintre ou sculpteur. J’habite d’ailleurs dans l’ancienne demeure d’Aristide Maillol. Mon père, lui, m’avait poussé vers l’architecture : je suis allé étudier dans un atelier, mais je suis tombé sur des imbéciles et j’en suis vite parti en courant. »

Une bonne nouvelle pour ses fans, qui peuvent l’écouter depuis plus de soixante-cinq ans pour les plus anciens, et qui seront donc au rendez-vous de sa tournée pour reprendre ses plus grands titres. « Il y aura 50 % de vieilles chansons et 50 % de chansons plus récentes, indique-t-il. Choisir n’a pas été le plus facile, même s’il y a des incontournables, car en fait, je suis à la fois très connu de par mon ancienneté, mais aussi très méconnu : j’ai enregistré plus de 440 chansons et les gens en connaissent au mieux une dizaine. »

Santiano, Céline, Stewball, Le Petit Âne gris, Hasta luego, Debout les gars ou encore Adieu Monsieur le professeur sont évidemment les plus réclamées à chacune de ses sorties, et Hugues Aufray ne s’est, fort heureusement, jamais lassé de les chanter.

Hugues Aufray est en concert à Sceneo Longuenesse le dimanche 3 mai (17 h) et au Colisée de Roubaix le lundi 4 mai (20 h).

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