Fabien Onteniente,du HLM au box-office, un parcours riche en émotions

08/06/2026 | Ciné, Festivals, Livres, Mais aussi ...

Fabien Onteniente a dédicacé son livre lors du festival CineComedies à Lens. (c) Sabrina Mariez

Présent samedi au Festival CineComedies au Colisée de Lens pour évoquer son film « Trois zéros », rediffusé pour l’occasion, et prendre part à une rencontre sur le thème des liens entre le football et la comédie, le réalisateur Fabien Onteniente a également effectué des dédicaces de son livre « Alors on n’attend pas Fabien ? ».

Dans cet ouvrage, paru aux éditions Stock, l’homme se raconte et délivre de savoureuses anecdotes. Celles d’un passionné de cinéma et de sport, qui aime tout ce qui fédère et qui s’est toujours évertué à faire rire les gens avec ses comédies de Jet-set à All lnclusive en passant par Trois zéros, Turf et bien évidemment la trilogie Camping.

Fabien, qu’est-ce qui vous a décidé à écrire se livre, à vous raconter ?

« Visiblement, je raconte les histoires avec une certaine faconde et des tas de gens me disaient depuis longtemps qu’il fallait les écrire dans un livre. C’est vrai qu’il m’est arrivé pas mal de choses dans ma vie. C’est l’itinéraire d’un enfant qui aurait pu être raté mais qui ne l’est pas. Le déclencheur est venu le jour où, après le décès de mon père, ma mère a dû quitter son logement pour partir en EHPAD. C’était l’appartement de mon enfance, dans une petite cité HLM près d’une voie ferrée. Ma mère avait conservé avec soin des affaires pour mes frères, ma sœur et moi et notamment tout ce qui touchait à ma vie artistique, des dessins, des affiches, beaucoup de photos. En regardant tout ça, j’ai eu envie de faire perdurer une partie de cette enfance heureuse, ça a été le déclenchement pour l‘écriture du livre. »

Comment avez-vous fonctionné et fait le tri dans ce que vous alliez raconter ?

« J’ai collaboré avec le journaliste de l’Équipe, Vincent Duluc, qui m’a construit le plan et j’ai dansé dessus. J’y ai mis les faits les plus saillants, les plus marquants, ceux qui me semblaient les plus intéressants. L’ascension bien sûr mais aussi les échecs car ce sont toujours les marqueurs des futurs succès. »

Vous évoquez dans le livre une carrière d’acteur naissante et vite enterrée, vous considérez que ça fait partie de vos échecs ?

« Non, c’est plutôt un parcours de vie. On apprend, on tâtonne, on essaie et puis on s’aperçoit qu’on n’est pas fait pour ça et on change d’aiguillage. Quand elle est bien faite, et je souhaite qu’elle le soit pour beaucoup de gens, la vie finit par vous amener à l’endroit où vous devez être. L’endroit où je me suis senti bien, c’est en devenant réalisateur un jour, par accident. Je pouvais enfin exprimer toute ma sensibilité, choisir des costumes, choisir des décors… »

Enfant, vous vous êtes retrouvé aux premières loges d’un tournage de film avec de grands acteurs de l’époque, c’est la petite graine qui a fait germer cette envie en vous ?

« Comme je le disais en préambule, j’ai grandi dans une résidence HLM, en bordure d’une voie ferrée. De l’autre côté, il y avait des bidonvilles avec des Portugais qui rêvaient de partir au pays, construire leur maison. C’était notre terrain de jeu. Un jour on a vu arriver des camions, un grand barnum. C’était pour un tournage de Michel Audiard, pour le film » Elle cause plus…, elle flingue ». Il y avait des acteurs magnifiques comme Bernard Blier, Annie Girardot, Jean Carmet, Maurice Biraud, André Pousse… Évidemment, j’étais de moins en moins à l’école, plus en plus sur le tournage. Un jour, Jean Carmet agitait une chaussette grise mais elle ne se voyait pas, elle était trop grise. Audiard a stoppé la scène, il a vu que j’avais une chaussette rouge, il m’a demandé gentiment s’il pouvait l’utiliser. J’étais heureux. Ils ont recommencé la scène mais ma chaussette était trop petite, Audiard me l’a alors rendue en me donnant une pièce de 5 francs que j’ai toujours et en m’invitant à assister à tout le tournage. Ça a été ma première piqûre de cinéma. »

Est-ce qu’en écrivant ce livre, vous avez davantage pris conscience du chemin parcouru ?

« Tout était très net dans ma mémoire mais c’est vrai que l’on n’a jamais vraiment le temps de regarder dans le rétroviseur. Même si on n’a pas une grande estime de soi, on peut se dire que c’est quand même pas mal ce que l’on a fait. À travers ce bouquin, je m’adresse aux plus jeunes et même aux plus âgés, pour dire à tous les gens qui peuvent douter, qu’il faut toujours tenter quelque chose. Quand je regardais le dimanche après-midi à travers la fenêtre de ma chambre d’enfant, je ne me voyais pas réussir. Ce qu’il faut retenir, c’est que si l’aventure est dangereuse, l’immobilisme est mortel. »

On découvre aussi dans votre livre que le camping des flots bleus revient régulièrement dans votre vie. Il était presque écrit qu’un jour vous feriez ce film Camping, qui a été un immense succès ?

« Quand j’étais au lycée, un camarade nous disait que son frère allait sortir un album. On le prenait un peu pour une trompette mais c’était vrai. Ce gars s’appelait Voulzy et il y a eu ce passage de « Rockcollection » où il dit « Au camping des flots bleus, je me traîne des tonnes de cafard. Si j’avais bossé un peu, je me serais payé une guitare. » C’est revenu aussi plus tard dans une chanson de Pierre Cosso et quand j’ai écrit Camping, en effet le nom des Flots bleus s’est tout de suite imposé. »

y a-t-il des passages de votre vie que vous avez volontairement éludé ?

« Non je pense avoir été honnête, je suis quelqu’un d’entier. il y a un article qui est sorti avec un titre qui me correspond plutôt bien : Mélancomique ! »

« Alors, on n’attend pas Fabien ? », de Fabien Onteniente, aux éditions Stock. Prix : 21,90 €.

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