France 2 diffuse ce mercredi 17 juin (21 h 10), le film « Danse ta vie », fortement inspirée de la vie de Magali Saby, une jeune femme en fauteuil roulant, qui va faire face à tous les obstacles pour réaliser son rêve de devenir danseuse professionnelle.
Jean-Pierre, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous pencher sur cet art de la danse en fauteuil ?
« J’ai fait plusieurs films autour du handicap (Les émotifs anonymes, Marie Heurtain, Illetré…), c’est une thématique qui me touche beaucoup, avec des personnages qui se libèrent de ce qui les emprisonnent. Je m’étais initialement intéressé au tennis en fauteuil et de fil en aiguille, je suis tombé sur la danse en fauteuil.On a commencé à enquêter avec la scénariste Murielle Magellan et on a rencontré des danseurs dont Magali Saby qui a inspiré le personnage de Lucie, même si ce n’est pas stricto sensu son histoire. »
Qu’est ce qui vous a séduit chez elle ?
« Son dynamisme. J’ai été impressionnée par la volonté de cette jeune femme de suivre son parcours contre l’avis de tout le monde, de ne jamais rien lâcher. Plus qu’un film sur le handicap, c’est un film sur la passion. »
C’est, en fait, une ode à la persévérance ?
« Oui et c’est quelque chose qui me parle car j’ai aussi eu une obsession quand j’étais plus jeune. C’était pour le cinéma. Ce n’était pas gagné car je venais d’un milieu modeste et j’étais très loin du monde du cinéma. »
Est-ce que ça a rapidement été une évidence de confier le rôle principal à Magali Saby ?
« Oui,il fallait que ce soit elle, j’avais vraiment envie de la filmer, je n’aurais pas voulu prendre une actrice valide pour jouer une personne en situation de handicap. En plus il aurait fallu qu’elle sache danser, ça aurait été vraiment difficile de trouver la bonne personne. Magali est essentiellement danseuse mais elle avait quand même déjà joué deux ou trois rôles secondaires. Pour incarner son partenaire, il fallait là aussi un acteur-danseur, ça a été Samuel Mercer, formé à l’école de Saint-Pétersbourg. Je n’avais pas beaucoup filmé la danse jusque-là, j’ai donc bénéficié des conseils d’Irene Van Zeeland, une formidable chorégraphe hollandaise. »
Malgré les obstacles auxquels se heurte Lucie, le film est très positif…
« Oui, j’ai passé beaucoup de temps avec Magali, j’ai pu mesurer la difficulté de l’accessibilité dans plein d’endroits.Tout est complexe pour elle mais ce n’est pas quelqu’un qui se plaint, elle n’est pas larmoyante, elle ne se présente d’ailleurs pas comme une personne handicapée et c’est ce que je voulais traduire dans ce film.Je ne dis pas que c’est une leçon pour les valides mais c’est quand même une histoire intéressante. On a montré le film à des scolaires qui étaient bouches bées. Je pense que c’est bien de montrer ce film aux jeunes, de les sensibiliser au handicap. »
Un petit mot pour finir sur le Nord, où vous venez régulièrement tourner ?
« Sans flagornerie, j’adore l’atmosphère de cette ville de Lille. On a pu travailler avec une formidable équipe technique nordiste avec notamment le cadreur Alexis Duflos ou encore la monteuse Nicole Brame et des comédiens du Nord que j’aime beaucoup comme Dominique Thomas. »
Danse ta vie, ce mercredi 17 juin (21 h 10) sur France 2.