Habitué à célébrer des anniversaires, le festival Comedies de Lens n’est pas passé à côté des 50 ans de L’Aile ou la Cuisse, un film de Claude Zidi marqué par la rencontre de deux monstres sacrés de l’humour : Louis de Funès et Coluche. Grand patron du plus célèbre guide gastronomique, le premier s’efforce de transmettre son héritage et son goût pour la bonne nourriture à son fils, joué par le second, mais qui a d’autres aspirations. Les deux vont néanmoins faire cause commune pour lutter contre Tricatel (Julien Guiomar), l’empereur de la malbouffe.
Pour évoquer ce film et la mémoire de l’un des génies de la comédie, Louis de Funès, les organisateurs ont fait appel à un témoin privilégié en la personne de son petit-fils, Laurent de Funès, qui a lui aussi embrassé la carrière de comédien.
Honnête, celui-ci avoue immédiatement que ce n’est ni le film le plus drôle ni celui qu’il préfère dans l’œuvre de son aïeul, mais il lui trouve d’autres qualités : « La rencontre entre mon grand-père et Coluche était intéressante, même si elle n’a pas, à mon sens, produit un effet ultra-comique. Mais c’est un film engagé, qui dénonçait la société de la malbouffe », estime-t-il.
Ravi de venir témoigner, Laurent de Funès confie néanmoins que son grand-père parlait rarement de son travail : « Mon père lui posait des questions ; il y répondait cinq minutes puis exprimait le souhait de passer à autre chose, indique-t-il. Les tournages étaient denses, difficiles, et je crois qu’il avait plutôt envie de se détendre. D’autant que, sur la fin, tourner devenait un peu un poids pour lui, et je crois qu’il voulait l’alléger en sortant des studios. »
Plus de quarante ans après sa mort, Louis de Funès continue de faire rire plusieurs générations de spectateurs à chaque rediffusion de ses films. Un succès immuable qui ne surprend pas son descendant. « Il avait compris très tôt que le premier degré fonctionnerait longtemps, et notamment ce premier degré visuel qui lui permet de faire rire aussi bien une femme de 90 ans qu’un enfant de 5 ans. Il fallait que sa gestuelle soit comprise facilement et par tous. Ça a été son secret, sa force. »
Se lancer dans le même domaine en portant un nom si prestigieux n’a forcément pas été un cadeau. « Dans un premier temps, ça a été un frein, un poids considérable, car sa notoriété est tellement énorme qu’on se dit que, quoi que l’on fasse, on va de toute façon être jugé. Mais, à un moment, j’ai été capable de me dire que je n’étais pas en concurrence, que je ne serai jamais connu comme lui et que, de toute façon, je ne l’attends pas », poursuit-il.
Laurent de Funès est aujourd’hui ravi d’une vie où il peut exercer son métier, sa passion. En ce moment, il est au théâtre dans Pfiou Pfiou, une pièce dans laquelle il évolue notamment aux côtés du Nordiste Maxime Van Laer. « On m’a proposé un rôle que l’on est en train de faire grossir. C’est une pièce comique, faite pour se détendre. Ça fonctionne bien et une tournée est en train de se mettre en place. On espère passer dans le Nord. »
En fin d’année, il sera aussi à l’affiche d’un film d’Éric Atlan, Les Aventures du capitaine Jimmy Crochu. « C’est un film d’animation dans lequel je suis le seul personnage réel, précise-t-il. J’incarne la conscience d’un jeune homme qui va traverser des épreuves, un peu à la manière de Jiminy Cricket. Il y a des scènes très dramatiques, mais c’est aussi totalement barré. Ça m’a demandé beaucoup d’énergie. »