L’institut grand festif, un remède contre la morosité

L'univers très coloré de l'institut du grand festif
Alice Noureux, Fred Radix et Guillaume Collignon donneront La claque à Tourcoing.
La fragilité des sentiments est explorée dans La double inconstance de Marivaux. Photo Lot

Si vous n’êtes pas le dernier à vous lever pour lancer une chenille dans les soirées et balancer des confettis à la sortie de l’église lors des mariages, si vous êtes incollable sur les blagues de « Toto » et que vous maniez à la perfection l’art de l’autodérision, alors n’hésitez pas, foncez vite voir l’exposition Institut du Grand Festif à la gare Saint-Sauveur de Lille. Si vous ne répondez à aucun des critères énoncés, allez-y quand même, ça ne vous fera pas de mal.

En franchissant les portes de cet institut pas comme les autres, vous pénétrerez dans un univers totalement déjanté ou des chercheurs aux allures de savants fous vous accueilleront avec l’objectif clairement affiché de vous donner le sourire, « de susciter chez les individus une véritable appétence pour la fête et de contribuer à une société plus joyeuse et pacifique. »

Vous découvrirez ainsi le Ministère de la fête et de l’accès au divertissement de la briche foraine, son univers coloré, son cabinet de curiosités, son observatoire du confetti, sa zone archéologique avec un espace dédié à la plus grande découverte de tous les temps : la moule à facettes.

Les plus audacieux pourront profiter d’un dressing festif pour se déguiser, découvrir une remarquable collection de masques, se prêter au jeu des miroirs déformants et même s’ambiancer au rythme de sons qu’ils créeront eux-mêmes.

Un vrai moment de déconnexion à partager en famille ou entre amis puisqu’à plusieurs, la fête est forcément plus folle.

Exposition gratuite, visible jusqu’au 8 novembre à la gare Saint-Sauveur de Lille. Du mercredi au dimanche de 12 h à 19 h.

Laurie Peret : « Je m’étais trompée de rêve »

Laurie Peret va enregistrer son spectacle samedi à Lille (c )Olga Gasnier

Double dose de Laurie Peret, ce samedi 25 octobre au théâtre Sébastopol de Lille. L’humoriste y jouera deux fois de suite (18 h puis 20 h) son spectacle « A bientôt quelque part » et y fera d’ailleurs la captation pour une future diffusion à la télévision ou sur une plateforme. Planète Lille est allée à la rencontre de cette artiste qui s’était imaginée chanteuse et qui fait, finalement, carrière dans l’humour.

Laurie, votre passion première, c’est la chanson. Est-ce le passage par Trappes qui vous a fait basculer sur le chemin de l’humour dans la lignée des Jamel Debbouze, Omar Sy ou encore Issa Doumbia ?

« Il y avait aussi des chanteurs, des graffeurs, des rappeurs mais c’est vrai qu’il y avait cette culture de la vanne. En fait, j’ai grandi à Élancourt et ensuite j’ai rejoint l‘équipe d’improvisation théâtrale de Trappes sur les conseils de mon pote Issa Doumbia. Il me trouvait drôle et comme il n’y avait pas de filles dans l’équipe, il m’a proposé de venir. Bon l’ambiance était un peu bourrue et sauvage mais c’est ce qui m’a séduite, j’ai tout de suite su que ça deviendrait des potes pour la vie. »

Quel a été le déclic pour vous lancer ?

« Sincèrement, je n’avais pas de rêve dans l’humour. Pendant longtemps, j’ai alterné les casquettes d’auteure, comédienne et chanteuse. J’écrivais pour des chaînes de télévision ou des humoristes donc j’avais un pied dans ce milieu mais pour être honnête, j’ai fait un sketch pour gagner de l’argent. Je visais le deuxième prix qui était de 300 euros et malheureusement j’ai gagné et la récompense c’était de faire la première partie d’un humoriste confirmé. Ça m’emmerdait déjà de faire cinq minutes toutes seule et là je me suis retrouvée à devoir écrire un 20 minutes (rires).  Ma carrière a commencé sur un malentendu mais je n’ai aucun regret car j’aime aujourd’hui profondément ce métier. »

Dans votre deuxième spectacle « A bientôt quelque part », vous avez décidé de vous raconter davantage. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

« Après le succès du premier spectacle, j’avais très peur de l’arrêt donc je me disais qu’il fallait vite que je retourne sur scène mais je me souviens avoir regardé un pote en lui disant que je ne savais pas ce que j’allais raconter dans ce nouveau spectacle et il m’a conseillé de raconter ma « life ». C’est vrai que dans le premier, j’incarnais un personnage, c’était de la fiction. Là, j’ai donc parlé de ma vie semée d’embûches que je me suis créées toute seule. Je suis parfois très artiste dans l’âme, inapte à bricoler, à tenir une maison et donc il m’arrive pas mal de mini-catastrophes. »

J’évoquais votre passion pour le chant, vous avez fait des comédies musicales, vous avez été connue avec un sketch musical sur l’accouchement. Vous gardez ces touches musicales qui sont votre marque de fabrique ?

«  Oui, j’ai ce côté égoïste de me dire que c’est mon spectacle, que je vais faire ce que j’aime et malheureusement pour vous j’aime chanter (rires). Mon rêve c’était d’être le cinquième membre du groupe Abba. J’ai d’ailleurs des propositions de projets plus musicaux mais toujours humoristiques. Je ne rêve pas de faire un album. Je ne m’interdis rien mais je n’ai pas de frustration. Je ne suis pas en train de me dire que je passe à côté d’une vie de chanteuse. Il n’y a pas de chansons secrètes cachées dans un tiroir. La morale de l’histoire, c’est que je m’étais trompée de rêve.  Ce que je vis actuellement, c’est génial, j’écris, je fabrique mon spectacle. Je fais la soupe et je me sers la meilleure assiette. »

Vous avez goûté au cinéma, vous aimeriez y revenir ?

« J’aime bien découvrir différents terrains de jeu mais j’avoue que j’ai trouvé qu’on attendait vraiment longtemps avant de tourner. Je ne prévois pas la suite, je crois que j’aime être dans l’urgence. Il n’y a pas si longtemps je disais à mon équipe que je ne ferais pas de troisième spectacle et puis cet été j’ai trouvé quelques trucs et je suis revenue à la rentrée en disant qu’il y en aurait peut-être un troisième. »

Vous avez déjà joué ce spectacle à Lille, il y a un an. Que pouvez-vous dire à ceux qui l’ont déjà vu pour les faire revenir ?

« Que le spectacle a beaucoup évolué en un an et surtout que la date lilloise est celle où on va faire la captation du spectacle. Il y aura de l’improvisation. Même si c’est très écrit, j’ai l’impression que ce spectacle est une discussion. Je raconte qui je suis mais j’ai envie aussi de savoir qui vous êtes, donc je donne parfois la parole au public. J’ai l’impression que je vais voir des potes que je n’ai pas vus depuis longtemps à qui j’ai des trop bonnes vannes à raconter et ils me renvoient du rire. Il faut cadrer parfois parce que l’écueil c’est de tomber sur des gens qui veulent exister et qui vampirisent un peu le truc mais on a aussi des moments vraiment magiques et souvent ça se retrouve sur mes réseaux sociaux. »

Laurie Peret jouera deux fois son spectacle « A bientôt quelque part », au théâtre Sébastopol de Lille, ce samedi 25 octobre à 18 h et à 20 h.

Un « Papy » dans le château de la Star Academy

Alain Degois, alias Papy, est le nouveau professeur de théâtre de la Star Academy. (c) Benjamin Decoin - Sipa - TF1

« La vie m’a toujours étonné. Alors, quand on est venu vers moi pour enseigner à la Star Academy, je me suis dit que c’était peut-être le moment, pour l’artisan de l’ombre que je suis, d’aller voir ce qu’il se passe dans la lumière, de rendre compte de toutes ces années d’expérience, de partage avec les gens. Je ne viens pas pour me faire un nom. J’ai deux fois 31 ans, ma carrière est derrière moi ».

Alain Degois est donc le nouveau professeur de théâtre de la promotion qui sera dévoilée ce samedi soir (21 h 10) sur TF1. Un homme de scène plus connu dans le milieu sous le surnom de « Papy ». « C’est une vieille histoire, sourit-il. Ça date du collège quand en classe de cinquième je n’avais rien trouvé de mieux que de faire le Guignol en imitant Papy Mougeot, le personnage du sketch de Coluche. C’est resté, c’était le nom que j’avais sur le dos quand j’ai fait de l’improvisation et puis à un moment c’est quelque chose qui m’a dépassé et qui est devenu mon nom de scène. »

Originaire de Trappes, l’ancien éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), s’est forgé une réputation en faisant éclore de nombreux talents de l’humour, à commencer par Jamel Debbouze, Arnaud Tsamère, Sophia Aram ou encore Issa Doumbia.

Des pépites avec lesquelles il a tracé son chemin devenant directeur artistique du Jamel Comedy Club et assurant la mise en scène des spectacles d’Issa Doumbia mais aussi d’autres artistes comme Blanche Gardin.

En intégrant la Star Academy, Alain Degois souhaite emmener son univers et un certain état d’esprit : « C’est une belle occasion de parler de l’improvisation, de certaines disciplines pas toujours très bien vues dans le monde de la culture, confie-t-il. L’objectif est de leur faire comprendre que monter sur scène c’est être libre et que leur imaginaire est important. Il faut créer. Je veux aussi qu’il y ait du rire, c’est important, que ce soit ludique. Je ne viens pas faire du théâtre, je viens jouer. »

Papy ne se voit pas faire de la résistance et se montrer autoritaire : « Je vais être le leader institutionnel de ces moments mais à mes yeux ce sont des collègues ou des futurs collègues, il faut que ce soit un partage, insiste-t-il. Je viens simplement avec un peu plus d’expérience qu’eux du théâtre et de la vie. Apprendre c’est travailler avec l’autre, je ne peux pas créer si l’autre n’est pas là. Si j’arrive à faire passer ce message, je suis au bon endroit. »

S’il confie ne pas avoir beaucoup suivi les éditions précédentes et être, de son côté, un piètre chanteur, Alain Degois ne débarque toutefois pas en terrain totalement inconnu : « J’ai pu en parler avec Pierre de Brauer, un de mes collègues, qui souhaitait que je le mette en scène. C’est un personnage formidable, un peu lunaire, c’est assez drôle que je vienne sur ce poste qu’il a lui aussi occupé il y a quelques années. » 

« Star Academy », lancement de la nouvelle saison, ce samedi 18 octobre (21 h 10) sur TF1.

Mahaut Drama : « Une femme sexualisable peut être drôle »

Mahaut sera en spectacle ce samedi à Lille Grand Palais. (c) FIFOU

Que ce soit à la radio dans ses chroniques pour « France Inter » ou à la télévision dans l’émission « Quotidien », sur scène ou via un roman, Mahaut Drama, qui sera en spectacle, ce samedi 18 octobre (20 h), au théâtre Louis Pasteur de Lille Grand Palais, multiplie les terrains de jeu.

La jeune trentenaire est devenue ces dernières années une figure de l’humour engagé, féministe et queer. « Je revendique d’avoir des gros seins et des gros neurones et qu’une femme « sexualisable » peut être drôle, il faut habituer le public », annonce l’artiste, qui enregistre actuellement une chanson avec le groupe Bagarre. « Ce sera un hymne des Bimbos pour venger Lolo Ferrari ».

Élue « prix nouveau talent humour 2025 », en succédant entre autres à Paul Mirabel et Laura Phelpin, Mahaut avoue avoir apprécié cette distinction : « ça m’a fait du bien d’être reconnue par une partie du secteur de l’humour qui m’a tant dit que j’étais de niche et qui m’a snobée. Ça apaise quelque chose d’avoir une légitimité reconnue.  »

Adepte du travail de ses camarades humoristes Tahnee, Noam Sinseau et Lou Trotignon, Mahaut Drama se sent à l’aise sur tous les terrains d’expression : « La seule chose qui change, c’est la forme, puisque dans chacun de ces exercices on met de soi. Je ne peux pas travestir ma nature ou mes idées, que ce soit sur du papier ou sur une scène, poursuit-elle. Il faut juste adapter son écriture au format. Si on fait de la télévision, il faut ouvrir son imaginaire à des blagues visuelles et on ne fait pas exactement les mêmes pour France Inter que pour Quotidien. On garde son âme mais on arrondit les angles pour parler au plus grand nombre. »

Dans son livre, « Que jeunesse se passe », une autofiction parue aux éditions Robert Laffont, Mahaut laisse transparaître son goût pour la fête et les excès qui peuvent l’accompagner. «  J’aimerais raconter une anecdote qui m’est arrivée rue de la soif, mais je ne m’en rappelle plus », sourit-elle, en se réjouissant de retrouver un public lillois « bon camarade, qui rigole et interagit, mais dans le respect ».

Et puisque l’actualité politique « fournit sans cesse de la matière » et que « même si les personnages changent, les vices humains demeurent les mêmes », Mahaut fourmille d’idées et de projets. La bande du « Comédie love », qu’elle avait créée pour valoriser les humoristes féministes et queer, existe toujours. « ça a permis d’ouvrir une porte, pleins d’espaces « safe » se créent et nous sommes toujours très liées, assure-t-elle. Nous allons dans des festivals en province et un podcast arrive bientôt. »

Mahaut sera ce samedi 18 octobre (20 h) en spectacle au théâtre Pasteur de Lille Grand Palais.

Dans la vie comme dans ses romans, Ophélie Cohen mène l’enquête

Ophélie Cohen était ravie de revenir à l'école nationale de police de Roubaix pour dédicacer ses livres.

Il fleurait comme un parfum de nostalgie samedi à l’école nationale de police de Roubaix, où le premier salon du polar accueillait une trentaine d’auteurs dont certains ayant fréquenté les lieux durant leur parcours professionnel.

C’est le cas d’Ophélie Cohen, actuelle cheffe de la division de l’appui judiciaire de Vienne en Isère, auteure de trois romans, et très attachée à la région : « Je suis née à Lille, j’ai grandi à Dunkerque. J’ai suivi les traces de mon père et de mon grand-père qui étaient policiers, explique-t-elle. J’ai fait mon école de police à Vannes puis je suis revenue en 2005 à Lille, j’ai été formée à l’école nationale de police à Roubaix pour devenir cheffe, par une personne que j’ai énormément appréciée et qui m’a donné envie de faire la même chose. »

Après avoir réussi des tests, elle est ainsi devenue à son tour formatrice pendant cinq ans, à l’école nationale de police de Roubaix, de 2010 à 2015. « C’est beaucoup d’émotions de revenir ici », avouait-elle samedi entre deux dédicaces de ses ouvrages, dont le dernier « Sorginak », publié aux éditions Phénix noir. Un roman différent des deux précédents : « C’est le plus éloigné de mon métier. L’intrigue se passe au Pays basque, là où vit mon fils. Un soir, Maïder, l’une des dernières descendantes d’une lignée de sorcières disparaît subitement. On va revenir un an avant et essayer de comprendre pourquoi elle a disparu en faisant connaissance avec certains personnages et la mythologie basque. »

Passionnée de lecture depuis son plus jeune âge et ancienne blogueuse habituée à arpenter les salons du livre, elle peut donc se réjouir d’avoir suivi les conseils d’un auteur auquel elle avait fait lire le début de son premier roman « Héloïse ». « Il m’avait dit que j’avais une bonne plume, que je devrais écrire mes propres livres et ensuite il ne m’a pas lâchée de chapitre en chapitre ».

Aujourd’hui, Ophélie Cohen est une auteure reconnue. Son travail lui laisse peu de temps pour écrire mais lui fournit de la matière pour pimenter ses récits : « Mon deuxième roman, « Suspicion(s) », était très inspiré de mon expérience, poursuit-elle. Tous les jours, il se passe des choses incroyables dans les commissariats dont certaines que les gens ne croiraient pas si on les mettait dans nos livres. Je vous donne un exemple parmi tant d’autres, il y a quelques semaines, une femme est venue pour déposer plainte contre un rat qui l’avait mordue. »

Un quatrième ouvrage est déjà en cours d’écriture et la Dunkerquoise s’est promis de situer l’action de l’un de ses prochains romans dans son Nord natal.

« Sorginak » d’Ophélie Cohen. Éditions Phénix noir. 330 pages. Prix : 18,95 €.