Édouard Deloignon a eu le déclic lors d’un tournoi d’improvisation

L'humoriste Edouard Deloignon passera deux fois par le théâtre Sébastopol ces prochains mois. (c) Lisa Lesourd

Même s’il a toujours eu l’étiquette du rigolo de la classe durant sa scolarité, c’est davantage dans le domaine du sport qu’Édouard Deloignon avait initialement imaginé son avenir professionnel. « Je suis allé en fac de sports mais durant ma troisième année de licence, j’ai réalisé lors d’un stage avec un professeur d’EPS que ce qui m’intéressait c’était plus que les gamins kiffent pendant deux heures que de leur apprendre à faire un coup droit en badminton », sourit-il.

Alors le jeune homme a changé de cap. Direction le cours Florent pendant trois années. « Quand je suis arrivé, je ne voulais pas faire de trucs drôles car dans ma tête je me disais que ça faisait déjà dix ans que je faisais ça dans ma chambre, des vidéos avec mon voisin qu’on mettait sur internet, à une époque où personne ne le faisait, explique-t-il. Pendant ma première année, j’ai donc essentiellement fait des choses tristes qui ne me ressemblaient pas du tout et le déclic a eu lieu lors d’un tournoi d’improvisation où j’ai fait rigoler les 200 personnes présentes. Je me souviendrai toute ma vie de cette sensation de faire rire une foule, je me suis alors dit que je voulais le faire toute ma vie. »

En sortant du cours Florent en 2018, Édouard Deloignon accompagne un ancien camarade du Club Med, où il a un temps officié comme animateur, sur une scène ouverte dans un Comédie club. « Je me suis dit que je pouvais aussi le faire, la semaine d’après j’ai pris rendez-vous avec le responsable et dix jours plus tard je faisais ma première scène. »

Dans un premier temps, l’humoriste s’est fait aider par l’un de ses camarades, Yacine Benkhadda, avant d’écrire seul ses sketchs. « Aujourd’hui, j’ai une équipe autour de moi, je suis aidé par un auteur mais j’écris tous les jours. Je note des choses en permanence, ce que je vis, ce que je vois, ce que j’entends, ce que des gens me racontent et qui me fait rire. »

Édouard Deloignon se réjouit déjà à l’idée de revenir jouer dans le Nord : « Ce public je l’adore, il donne beaucoup d’amour, de rire. En revanche, je connais votre passion pour la bière mais c’est quand même un public où il y a toujours beaucoup de gens qui se lèvent pendant mon spectacle pour aller pisser. »

Édouard Deloignon fait partie du plateau d’humoristes qui seront au théâtre Sébastopol de Lille le mardi 18 novembre (20 h) pour fêter les 15 ans du Spotlight et il sera de retour dans ce même théâtre Sébastopol le 19 juin 2026 (20 h).

Karima Charni, la confidente du château de la Star Academy

Karima Charni épaule Nikos Aliagas à la présentation depuis le retour de la Star Academy il y a quelques années. (c) Naomie Soyez-TF1

Elle le reconnaît avec le sourire. Depuis le 18 octobre, la vie de Karima Charni ne tourne qu’autour des candidats de la Star Academy ou presque. Membre de la quatrième promotion, celle de Grégory Lemarchal et de Lucie Bernardoni (devenue répétitrice au château), elle est revenue dans le programme dans un rôle d’animatrice, journaliste et confidente puisque c’est elle qui accompagne les élèves dans le bus qui les ramène à Dammarie-les-Lys, après chaque prime time. C’est aussi elle qui présente les résumés quotidiens, encore elle qui participe à l’appel aux votes des téléspectateurs et toujours elle qui trouve quelques instants pour encourager, féliciter, réconforter ou motiver les candidats.

Un travail éreintant qui vient s’ajouter à sa chronique dans la matinale « Bonjour », où elle recueille les confidences d’artistes lors d’une promenade mais que la jeune femme n’abandonnerait pour rien au monde. Elle se souvient d’ailleurs encore parfaitement de ce jour où elle a appris le retour de la Star Academy à l’antenne.

« On avait célébré les vingt ans de l’émission juste après le Covid et on sentait une nostalgie, un besoin des gens d’être divertis. Je crois ne pas me tromper en disant que les scores d’audimat avaient été très bons. Peu après en regardant Koh Lanta, lors des publicités, j’ai vu passer l’annonce du retour de la Star Academy. Je me suis tout de suite dit que j’avais trop envie de faire partie de l’aventure. »

Transmission de pensées ou pas, quelques jours plus tard, Mathieu Vergne la contacte pour lui proposer de revenir dans la nouvelle mouture de la Star Ac : « Je me suis dit que malheureusement, je n’étais pas coach et qu’en tant qu’animatrice, je ne pouvais évidemment pas prendre la place de Nikos. » Le producteur de l’émission lui annonce alors qu’il va y avoir désormais un after et qu’il a pensé à elle pour l’animer. L’aventure était lancée.

Depuis, lors de chaque édition de l’émission, Karima Charni a donc les yeux rivés sur le château : « J’ai besoin de savoir ce qu’il se passe dans le château, s’ils vont bien. J’ai des codes physiques avec eux pour savoir, lors des répétitions, si ça va dans la tête, dans le cœur, confie-t-elle. Même s’ils sont adultes, ils sont encore dans une tranche d’âge où on a besoin d’être entouré. J’essaie de leur apporter ce soutien extérieur. Et puis ça me permet aussi de savoir quelles questions je peux être amenée à leur poser. »

Un bus où s’entremêlent après chaque prime des tonnes d’émotions différentes : « Il y a ceux qui sont satisfaits de leur prestation, ceux qui sont déçus, ceux qui viennent de perdre leur camarade le plus proche parce qu’il vient d’être éliminé ».

Habituée à faire confiance à son instinct, l’animatrice, qui travaille sans fiches, ni prompteur, joue presque un rôle de psychologue et partage son expérience, d’autant plus précieuse qu’elle a vécu exactement les mêmes choses. « Ils ont besoin d’être rassurés sur ce qu’ils ressentent. Oui c’est normal de pleurer le départ de quelqu’un que l’on connaît depuis seulement cinq jours parce que dans cette émission tout est intense, amplifié. En deux semaines, ils sont déjà professionnels. Quand dans le bus, je vois qu’un candidat a besoin d’être un peu seul, je le laisse un peu tranquille mais en lui rappelant qu’on doit rester professionnel et qu’il faudra, quelques minutes plus tard, qu’il réponde quand même à mes questions, que ça fait partie de l’apprentissage du métier. Humainement, c’est très riche, pour eux comme pour moi. Je ne m’imaginais pas quand j’ai accepté que j’allais pouvoir être aussi proche, aussi amie avec des gens qui ont 20 ans de moins que moi. »

Star Academy, prime tous les samedis (21 h 10) sur TF1 ; quotidiennes du lundi au vendredi à 17 h 30 ; le samedi et dimanche à 17 h.

Embarquement immersif réussi au cœur du Titanic à Lille

Embarquement immersif réussi au cœur du Titanic à Lille
Alice Noureux, Fred Radix et Guillaume Collignon donneront La claque à Tourcoing.
La fragilité des sentiments est explorée dans La double inconstance de Marivaux. Photo Lot

La société Eclipso propose depuis quelques jours, galerie des Tanneurs à Lille, un embarquement virtuel immédiat à bord du tragiquement célèbre paquebot de la White Star Line. Vous n’y croiserez pas Léonardo Di Caprio ou Kate Winslet mais c’est probablement la seule chose que vous pourrez regretter tant l’expérience « Titanic, le rêve englouti » est réussie.

Pendant plus d’une demi-heure, l’immersion est totale. On ressent forcément quelques frissons en découvrant les différentes parties de l’épave grâce à cette plongée virtuelle à plus de 3 800 m de profondeur et on écarquille bien grand les yeux en se retrouvant téléporté en 1912 pour contempler différents lieux du navire tel qu’il était à l’époque. On se promène ainsi le long du pont promenade, on découvre les chambres des passagers ou encore l’imposante salle des machines, on esquisse quelques pas de danse lors du bal inaugural au pied du grand escalier et, surtout, on vit aux côtés de membres de l’équipage les instants qui précèdent la collision avec l’iceberg au cœur de la cabine de pilotage.

Tout au long de l’expérience, on croise différents personnages virtuels comme le capitaine Edward Smith et on est accompagné par le photographe américain William Harbeck, qui était chargé d’immortaliser le premier voyage de ce paquebot alors considéré comme insubmersible.

Pas de panique pour ceux qui redouteraient de heurter d’autres visiteurs ou de se cogner contre les murs des trois pièces dans lesquelles on déambule presque sans se rendre compte du passage de l’une à l’autre, les personnes sont matérialisées dans notre champ de vision par des silhouettes blanches tandis que des grilles jaunes, à ne pas franchir, apparaissent dès que l’on se rapproche trop près d’un mur.

Au-delà de la qualité de l’immersion, on soulignera également l’intérêt de l’histoire contée durant la visite. Même en ayant déjà lu et vu beaucoup de choses sur le Titanic, on découvre encore quelques petites anecdotes sur ce naufrage et sur ceux qui l’ont vécu. Les concepteurs de l’expérience ont, en effet, pris soin de se documenter pendant plusieurs mois et de consulter des archives aussi bien en France qu’aux États-Unis afin d’offrir une reconstitution la plus authentique possible. Mission accomplie !

 « Titanic, le rêve englouti », galerie des Tanneurs à Lille (étage du bas), exposition immersive visible au moins jusqu’au mois de mars. Ouvert du mercredi au vendredi de 14 h à 20 h et du samedi au dimanche de 10 h à 20 h. Tarif : 24 €/personne (19 € pour les enfants et à partir d’un groupe de 4).

Les auteurs des contes interdits revisitent désormais les grands classiques

Quatre auteurs des classiques interdits étaient ce mercredi en dédicaces à la Fnac de Lille.

Il y avait foule mercredi après-midi à la Fnac de Lille pour rencontrer Josée Marcotte, Dominic Bellavance, Simon Rousseau et Louis-Pier Sicard. Ces quatre Canadiens font partie d’un collectif de romanciers qui ont mis leurs talents d’écriture au service d’un concept original, celui de revisiter des contes pour enfants dans une version moderne et terrifiante. « Il y avait des comics américains « Fables » qui avaient repris des personnages issus de contes de notre enfance en les plaçant dans un monde cruel, tortueux. J’avais trouvé ça génial et je pensais qu’on pouvait modifier un peu le concept à notre sauce », explique Simon Rousseau, auteur et directeur de la collection.

Les éditions ADA au Québec ont validé l’idée et plus de quarante livres sont sortis, avec un succès tel que le collectif a décidé désormais de s’attaquer aux classiques. « Je sentais qu’on commençait à s’essouffler avec les contes et là ça nous permet de travailler sur des ouvrages plus épais, plus denses, poursuit-il. Tout le monde connaît les titres de ces classiques mais sans forcément les avoir tous lus. C’est une opportunité de les redécouvrir et peut-être de relire ensuite les originaux. »

Les quatre auteurs présents ont donc signé les premiers romans de cette nouvelle vague. Dominic Bellavance s’est attaqué à Vingt mille lieues sous les mers : « ça vient d’une fascination pour les abysses océaniques, confie-t-il. J’ai lu beaucoup de livres de Cousteau quand j’étais jeune, c’est un choix qui m’apparaissait naturel d’aller puiser dans les abysses l’inspiration, on y trouve facilement de l’horreur ne serait-ce qu’avec les créatures qu’on y trouve et les dangers des lieux. Chaque année on découvre de nouvelles espèces qui vivent à ces profondeurs-là. »

L’auteur affirme être resté proche de l’œuvre originale : « Au début il y a des bateaux qui coulent un peu partout dans le monde et on se demande si c’est lié à une créature préhistorique qui a ressurgi des abysses ou à des pirates. Une expédition est donc mise en place pour partir chasser cette créature ou trouver une réponse. »

Après avoir revisité, entre autres, « La princesse aux petits poids » et « Le lac des cygnes », Josée Marcotte a, elle, opté pour Orgueils et préjugés. « Je suis une fan finie de Jane Austen, j’avais lu son livre il y a une vingtaine d’années, j’adore la série télé de la BBC et le film avec Keira Knightley, explique-t-elle. J’ai essayé d’amener de la noirceur, de trouver ce qui pourrait arriver aux personnages dans un monde contemporain, est-ce que madame Bennet trouverait aujourd’hui son monsieur Darcy ».

Le troisième larron, Louis-Pier Sicard, n’avait pas lu Le fantôme de l’Opéra avant que le projet ne démarre : « Lors d’une première tournée en France, on avait visité le palais Garnier et ça m’avait inspiré, indique-t-il. J’ai trouvé une vieille édition chez un bouquiniste et j’avais tout ce qu’il me fallait pour commencer. Le contexte permet un peu de lyrisme que j’affectionne particulièrement. En fait, j’ai davantage brodé une intrigue au sujet du mystère concernant l’identité du fantôme. Je voulais vraiment qu’on ne fasse pas que le craindre, qu’on apprenne à l’aimer malgré son côté noir ».

Enfin, Simon Rousseau s’est penché sur le cas de Frankenstein : « C’est une œuvre gothique majeure que j’avais vraiment envie de retoucher même si je me suis un peu arraché les cheveux pour trouver la bonne approche et que mon récit ne soit pas cousu de fil blanc, précise-t-il. J’ai voulu y mettre une petite enquête policière et explorer la façon dont Victor réussit à trouver son monstre car ce n’est pas vraiment expliqué dans le roman original. »

Si les quatre amis n’hésitent pas à s’attaquer à différents genres – ils ont d’ailleurs tous écrit des romans érotiques dans la collection « Fantasmes » -, ils ont aussi déjà tous en tête les prochains classiques qu’ils rendront « interdits ».

Collection « Les classiques interdits » par Simon Rousseau, Josée Marcotte, Dominic Vallance et Louis-Pier Sicard. Editions ADA. Prix : 19 €.

Mathieu Stepson a joué sa carrière sur un coup de poker

Vainqueur l'an passé de la France a un incroyable talent, Mathieu Stepson sera ce jeudi au Touquet.

Attendu ce jeudi 23 octobre (20 h 30) au théâtre Victor Boucher du Touquet, l’illusionniste Mathieu Stepson s’était révélé au grand public l’an passé en remportant l’émission « La France a un incroyable talent ». Depuis le début de semaine, son curriculum vitae s’est encore enrichi puisque le jeune homme a décroché lundi, au Casino de Paris, un mandrake d’or lors de la cérémonie récompensant quelques uns des plus grands magiciens mondiaux.

Et dire qu’il avait été à deux doigts de tout arrêter. Demi-finaliste de l’édition 2017 de « La France a un incroyable talent », il est revenu l’an passé en tentant un improbable coup de poker. « J’étais vraiment sur le point d’abandonner ce projet, confie-t-il. Suite à mon premier passage, j’étais resté un peu sur ma faim. Là, c’était un peu mon dernier test, si ça n’avait pas fonctionné, j’aurais sans doute arrêté. »

« C’est vrai qu’il est un peu venu jouer sa vie sur ce passage, confirme Eric Antoine. La magie coûte très cher et Mathieu investissait énormément d’argent dans son art, tout ce qu’il gagnait partait dans ses numéros et alors qu’il était l’un des meilleurs professionnels de France, il vivait dans une extrême précarité. On ne savait pas qu’il était dans une situation aussi délicate financièrement, c’était une vraie injustice qu’il n’ait pas une carrière à la hauteur de ses capacités. Et c’est là que l’histoire est extraordinaire, magique, cette émission a changé sa vie. »

« Je cherchais une idée qui allait faire parler mais je ne pensais pas du tout faire ce parcours et encore moins gagner, ça m’a carrément ouvert un portail, sourit l’intéressé. Une super boîte de production m’a suivi sur mon projet et tout ce qui m’arrive est totalement irréel. »

Tout est allé d’autant plus vite que Mathieu Stepson avait déjà un spectacle prêt : « Je m’étais auto-produit mais je manquais de réseaux, de savoir-faire, de plein de choses, avoue-t-il. En fait, il me manquait une équipe et ma victoire dans La France a un incroyable talent m’a permis d’en avoir une. On a très vite pu enclencher les choses et démarrer une tournée dès septembre. »

Celle-ci passera par le Touquet dès ce jeudi puis par Saint-Martin Boulogne au mois de mai. A quoi faut-il s’attendre ? « Les gens me connaissent sur des formats de 4 minutes avec un budget télévisuel donc ça n’a rien à voir avec un spectacle d’1h 20, précise-t-il. J’ai essayé de garder mon ADN. J’évite d’être dans la démonstration, je suis magicien donc on sait que je peux faire disparaître des choses. Je n’ai pas envie d’aller là-dedans mais d’être dans le pourquoi. J’ai essayé de mettre un fil rouge, une histoire et même si j’adore mélanger un peu toutes les disciplines de la magie, on va dire que c’est surtout du mentalisme. »

Et si vous aviez besoin d’une preuve de son talent dans ce domaine, sachez qu’il y a moins de quinze jours, Mathieu Stepson était au Casino Barrière de Lille pour une animation privée, qu’il a prédit à une dame qu’elle gagnerait le jackpot le jour même et quelques heures plus tard celle-ci empochait… 46 765 euros aux machines à sous. Bluffant, non ?

Mathieu Stepson sera au théâtre Victor Boucher du Touquet le 23 octobre et au centre culturel Brassens de Saint-Martin Boulogne le 22 mai 2026.