« Ghosts, fantômes en héritage », une fiction pleine d’esprits

Les fantômes de personnages de différentes époques ont pris possession du château. @Nicolas Roucou - Disney - BBC - TF1

Quand un couple (Camille Chamoux et Hafid Benamar) s’installe dans un château dont il vient d’hériter, il est loin de se douter que celui-ci est déjà occupé par plusieurs fantômes issus de différentes époques. Cette libre adaptation d’une série anglaise, à voir ce lundi 10 novembre (21 h 10) sur TF1 a été l’occasion pour le réalisateur Arthur Sanigou de rassembler autour du couple de vivants, une joyeuse colonie de fantômes composée, entre autres, de Fred Testot (un homme politique véreux), Bruno Sanches (un chef scout), Monsieur Poulpe (un homme préhistorique), François Vincentelli (commandant de l’armée française) ou encore Camille Combal (chef gaulois).

Des fantômes qu’Alison (Camille Chamoux) est la seule à voir suite à un accident dont elle est victime. « C’était génial d’avoir ce jeu à deux vitesses, de faire semblant de ne pas voir les fantômes, c’était vraiment de la pure comédie, se réjouit la comédienne. Le défi ça a aussi été de créer cet univers de groupe et de garder sa concentration. »

« Ce n’était pas simple, il fallait vraiment rentrer dans sa bulle », indique Hafid Benamar qui n’a pas toujours été aidé par ses petits camarades qui ont pris un malin plaisir à essayer de le déstabiliser. « On a été horrible avec lui, on cherchait en permanence le contact visuel » , sourit Monsieur Poulpe. »

Tous les membres du casting décrivent une joyeuse ambiance de colonie orchestrée par Artur Sanigou : « Nous sommes tous très clients les uns des autres et Arthur a réussi à nous laisser la liberté dont on a besoin pour faire de la comédie, notamment sur des journées de tournage qui sont très longues », apprécie Fred Testot. « Cette joyeuse ambiance, c’était aussi le propos de la série avec ces gens de différentes époques, vivants et fantômes, qui doivent apprendre à faire famille », explique le réalisateur.

Un projet suffisamment loufoque pour motiver l’animateur vedette de TF1 Camille Combal à rejoindre l’aventure : « J’ai la chance qu’on me propose régulièrement différents projets mais ce n’est pas toujours évident avec mes autres obligations, précise-t-il. Je connaissais le travail d’Arthur et à la lecture du scénario, j’ai trouvé ça très drôle. Et sur le tournage, ce qui était bien, c’est que chacun donnait des idées à Arthur, lui nous en donnait également, il y avait une vraie possibilité d’improvisation. » Une bonne humeur et une complicité indispensables à la réussite de ces fictions chorales.

« Ghosts, fantômes en héritage », série de 6 épisodes de 30 minutes, ce lundi 10 novembre (21 h 10) sur TF1. Avec Camille Chamoux, Hafid Benamar, Camille Combal, Fred Testot, Bruno Sanches, Natacha Lindinger, Monsieur Poulpe…

« Enquête exclusive » fête vingt ans de décryptage de l’actualité internationale

Bernard de la Villardière est toujours aux commandes d'enquête exclusive, une émisison qui fête ses 20 ans. (c) M6

Le magazine de M6, « Enquête exclusive », célèbre ce dimanche (23 h 15) ses vingt ans avec un numéro spécial consacré aux armes de demain (lasers drones, robots tueurs…). Une aventure qui a commencé un peu après le choc du 11 septembre 2001, certains documentaires de deuxième partie de soirée sur le terrorisme ayant réalisé de très bons scores d’audience, la chaîne a compris qu’il u avait matière à lancer un magazine plus tourné sur l’international.

« Initialement, je devais continuer à présenter « Zone interdite », confie Bernard de La Villardière, mais finalement j’avais plus d’appétence, d’intérêt pour la géo-politique.  C’est l’une des seules cases où l’on peut faire un doc de 52 minutes sur l’international. On a installé au fil du temps un ton, une manière de raconter les histoires. »

Heureuse coïncidence, l’homme venait, au moment du lancement, de monter sa société de production. Depuis, elles sont des centaines à avoir travaillé pour une émission, qui a réussi à se créer un réseau d’informateurs en recrutant des fixeurs un peu partout dans le monde.

Grâce à « Enquête exclusive », Bernard de la Villardière a voyagé dans plus de 80 pays. « Je suis allé dans les Balkans, en Chine, à la frontière entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Pour un reportage en Égypte, je m’étais fait passer pour un touriste mais quelques années plus tard quand j’ai voulu y retourner vraiment en vacances avec ma femme, je me suis fait refouler à la douane de l’aéroport. Je n’étais plus le bienvenu après la diffusion du reportage. »

Quelques journalistes qui œuvrent sur le programme ont également été contraints de s’exiler des pays où ils vivaient après certains documentaires. « On essaie d’être au maximum vigilant sur la sécurité des journalistes et des fixeurs mais tout le monde connaît dès le départ les règles et les dangers dans certains pays. »

Au fil des années, Bernard de la Villardière a pu observer aussi la difficulté croissante d’exercer le métier et la méfiance pour ne pas dire la défiance vis à vis de la profession. « Quand j’étais journaliste sur RTL, il y une trentaine d’années, les collèges, les hôpitaux, les juges d’instruction que l’on contactait pour enquêter nous ouvraient les portes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, il faut montrer patte blanche lever le soupçon. »

Si certains sujets, comme celui sur la montée de l’Islamisme en France, ont subi de vives critiques, les équipes d’« Enquête exclusive » ont toujours à cœur de choisi les sujets qui leur semble les plus opportuns pour offrir aux téléspectateurs une photographie à l’instant T de ce qui se passe sur la planète.

« Enquête exclusive », le dimanche soir (23 h 15) sur M6.

Ibrahim Maalouf rêve de faire de la trompette un instrument populaire

Ibrahim Maalouf sera trois fois en concert dans la région ces prochaines semaines.

Il y a ceux qui vénèrent les divinités égyptiennes et puis ceux, comme Ibrahim Maalouf qui ont décidé de rendre hommage à une diva du pays des pharaons, Oum Kalthoum. Le célèbre trompettiste franco-libanais a voulu célébrer cette année les dix ans de son album « Kalthoum » et les cinquante ans de la disparation de l’artiste africaine en relançant une série de concerts qui le verront passer par Lens, Calais et Cambrai au cours des prochaines semaines.

Un choix qui pourrait surprendre ceux qui l’imaginaient davantage inscrire Lille sur sa feuille de route : « J’ai toujours trouvé intéressant de faire voyager ma musique partout où c’est possible, explique-t-il. Je me considère comme un nomade et je vais avec plaisir découvrir de nouvelles personnes, là où nous somme invités. »

C’est aussi le sens de son passage télévisuelle dans l’émission « Prodiges » ou encore de son investissement au sein de l’association « Orchestre à l’école ». « Quand j’étais petit et que je disais que je voulais faire de la trompette, les autres me regardaient bizarrement car ils étaient tous dans les jeux vidéo. Nous n’étions qu’une dizaine à jouer d’un instrument mais grâce notamment au travail de ces associations les choses se démocratisent. »

Ibrahim Maalouf est très attaché aux notions de partage, de transmission, « Trumpets of Michel Ange » est ainsi le nom de son dernier album mais aussi le nom d’une nouvelle marque de trompettes et celui d’une académie qu’il a créée. « La transmission c’est dans l’ADN familial, je trouverai ça égoïste de faire ce métier sans transmettre, assure-t-il. J’ai commencé à enseigner à l’âge de 17 ans et je n’ai jamais arrêté. »

Guidé par cette ambition de réaliser le rêve de son père de voir des gens jouer de la trompette partout dans le monde, Ibrahim Maalouf attend avec impatience le grand concert qu’il donnera le 10 avril 2027 dans la Paris Défense Arena pour fêter un autre anniversaire, celui de ses vingt ans de carrière. « Si on m’avait dit que je ferai vingt ans de carrière, je ne l’aurais jamais cru, j’étais né pour être un homme de l’ombre mais la musique m’a amené sur scène et je suis heureux d’honorer l’héritage de mon père, avoue-t-il. Ce concert de 2027 est un très gros message pour moi car jusqu’à présent, je me confrontais au regard de gens qui disaient que la musique instrumentale n’était pas populaire, je me heurtais à des murs quand j’allais voir les maisons de disque ou les radios. D’ailleurs, 99 % de la musique qui passe sur les ondes sont des chansons. Avec ce concert, j’ai l’opportunité de montrer que c’est possible que des gens remplissent une Arena pour un seul instrumentiste. Quelques pianistes l’ont fait mais dans le jazz ça n’existe pas. »

Un concert qui témoigne du chemin parcouru par l’artiste depuis ses débuts : « En général j’essaie de ne pas regarder en arrière mais plutôt de me concentrer sur de nouveaux projets ; Cet anniversaire me pousse à réécouter des choses que j’ai pu faire. Je n’ai jamais fait d’albums conceptuels, je raconte toujours des choses très personnelles de ma vie, mon regard sur le monde. Je n’ai pas abandonné la philosophie que j’avais à mes débuts mais il y a des choses qu’aujourd’hui je ne ferai pas de la même façon, que je ne trouve pas assez abouties, où j’aurais pu prendre d’autres directions. »

Perfectionniste et curieux, Ibrahim Maalouf ne cesse de s’ouvrir de nouveaux horizons, il a ainsi poussé sa découverte de la musique électro dans « The Ibrahim Maalouf electronic experience » : « Je ne réfléchis jamais à l’avance à ce que je vais aller exploorer. Je laisse les choses se faire naturellement, indique-t-il. Je m’amuse dans la musique électronique depuis longtemps, j’avais bossé avec deux musiciens canadiens sur mon premier album. Là, je vais bien plus loin, je me mélange avec la musique électro d’aujourd’hui. Je bosse des sons avec Mercer, qui collabore avec DJ Snake depuis des années. L’idée c’est qu’il me sorte de ma zone de confort. »  

Ibrahim Maalouf sera en concert le vendredi 14 novembre (20 h) au Colisée de Lens, le jeudi 27 novembre (20 h 30) au Grand théâtre de Calais et le jeudi 4 décembre (20 h 30) au théâtre de Cambrai.

Un double regard sur les « Pensées secrètes » au sein du couple

Florence Hebbelynck et Benoît Verhaert partageront-ils leurs pensées secrètes (c) Pierre-Yves Jortay

Particulièrement doué pour les adaptations, le comédien et metteur en scène Benoît Verhaert n’a pas résisté à la tentation après sa lecture de « Thinks » de David Lodge. Un roman qui évoque la rencontre entre deux professeurs, Ralph Messenger, spécialiste des sciences cognitives, sûr de lui, marié mais infidèle et Helen Ride, littéraire, romancière, fragilisée par un veuvage. Deux êtres qui n’ont a priori rien en commun mais qui partagent, pour des raisons diverses, la tenue d’un journal intime et qui vont découvrir qu’ils ne sont pas indifférents l’un à l’autre.

«J’ai été très sensible à l’humour du bouquin mais aussi aux questions existentielles qui se cachaient derrière la comédie », confie Benoît Verhaert. En s’attaquant à cette adaptation, rebaptisée « Pensées secrètes », le comédien et sa partenaire Florence Hebbelynck se sont néanmoins rapidement interrogés. « On se demandait si ce n’était pas un peu cliché à notre époque de jouer une femme littéraire et sensible face à cet homme scientifique et dragueur, avouent-ils. On a a donc essayé pour l’exercice, pendant une répétition, de lire la pièce dans l’autre sens et on s’est aperçus que non seulement ça fonctionnait aussi bien, quasiment sans rien changer du texte, mais aussi que ça racontait du coup une autre histoire ».

Le couple a alors décidé d’apprendre les deux versions et de se soumettre à un tirage au sort effectué quelques secondes avant le début de la pièce, par un spectateur, pour déterminer la version jouée chaque soir. Lors de notre présence, mercredi, dans le salon de théâtre de la Virgule, ce n’est pas l’originale qui a été présentée. Florence Hebbelynck s’est donc glissée dans la peau de la séductrice Messenger, Benoît Verhaert incarnant le plus réservé Ride. « Au début, c’était un peu plus compliqué d’appréhender ce rôle qui avait été initialement écrit par un homme pour un homme, indique-t-elle. Je me demandais comment trouver la féminité dans ce discours, avec des mots parfois crus, que l’on prête habituellement plutôt aux hommes mais comme j’aime la difficulté, j’ai trouvé ça plutôt intéressant à faire. »

Afin de donner un aperçu aux spectateurs, les comédiens ont d’ailleurs joué une scène en inversant les rôles à la fin de la représentation. L’occasion de vérifier à quel point nous sommes conditionnés à une certaine vision des attitudes masculines et féminines ; comment les mêmes mots, prononcés par une femme ou par un homme n’ont pas le même impact, ne sont pas reçus de la même manière. « En quelques années, les choses ont bougé. La version du roman qui a longtemps été très bien acceptée est aujourd’hui condamnée, alors que ce sont les mêmes mots », reconnaît Benoît Verhaert. « Le mouvement « me too » est passé par là, poursuit la comédienne. Avant les héros étaient presque toujours des hommes. Les femmes ont tellement subi pendant des années qu’elles ont envie de prendre les commandes. Ce spectacle parle de séduction mais aussi de pouvoir. Ce qui est beau dans ce texte, c’est qu’à un moment les personnages se contaminent l’un l’autre. Le message de la pièce c’est aussi de s’ouvrir à l’autre. »

Selon le rôle qu’elle tient Florence Hebbelynck réussit la prouesse de donner la sensation d’être une autre femme : « Il y a un changement de tenue, de coiffure pour la partie visible mais ma posture, ma démarche, mon regard, ma façon de parler ne sont plus les mêmes. C’est quelque part une vraie opportunité de montrer ce qu’est le travail d’acteur, l’objectif étant forcément que l’on y croie dans les deux versions. »

« On focalise sur le rapport de pouvoir dans la séduction mais indépendamment du sexe, cette pièce raconte aussi la rencontre entre deux personnes et interroge sur les frontières à respecter dans un couple, ce moment où l’on peut franchir la ligne rouge », conclut le metteur en scène, qui assure, par ailleurs, ne pas encore se sentir prêt à travailler sur ses propres créations. « ça viendra sans doute plus tard, si un jour j’ai des choses plus personnelles à dire sur la vie mais pour l’heure je me plais dans l’adaptation et l’interprétation. »

« Pensées secrètes », avec Benoît Verhaert et Florence Hebbelynck, jusqu’au 15 novembre au salon de théâtre de la Virgule à Tourcoing. Du mardi au vendredi à 20 h, le samedi à 17 h.

Élodie Poux et près de 70 autres humoristes attendus à Lillarious

Elodie Poux sera la grande tête d'affiche de cette édition 2026 © Elena Ramos

Lille capitale du rire, c’est un peu le cas toute l’année avec les nombreux spectacles d’humour proposés dans des espaces spécifiques comme Le Spotlight mais aussi grâce à la programmation des salles plus généralistes comme le théâtre Sébastopol, le Zénith ou encore le Splendid, sans parler des multiples autres lieux dédiés à la culture dans la métropole.

Du 30 janvier au 8 février 2026, ce le sera encore un peu plus avec la cinquième édition de Lillarious, un festival encore jeune mais déjà bien installé sur le territoire et qui annonce 70 humoristes répartis sur 21 événements. « S’implanter à Lille était un choix simple car tous les artistes aiment venir y jouer mais le défi c’était de ne pas faire ce que les gens voient déjà tout au long de l’année », confie Grégoire Fuller, organisateur depuis plus de trente ans du festival de Montreux et dont le savoir-faire dans le domaine n’est donc plus à démontrer.

Son mot d’ordre : la création ! « Ce festival, ça doit être des rencontres d’artistes qui acceptent de se mettre en danger en présentant des choses qu’ils ne font pas le reste de l’année, poursuit-il. Un sketch aussi bon soit-il, n’aura pas la même valeur pour le public s’il a déjà été vu mille fois sur les réseaux sociaux. L’autre volonté que nous avions, c’était de ne pas faire un enchaînement d’artistes qui se passent sur le micro. On a voulu y mettre une trame narrative et mettre en place des soirées thématiques. »

Du théâtre Sébastopol au Nouveau siècle en passant par le Spotlight, le Colisée de Roubaix ou encore Aux enfants terribles à Marquette, il y en aura pour tous les goûts. Si l’ensemble de la programmation doit encore être finalisée (des noms seront dévoilés progressivement au fil des semaines), on sait déjà que les trois dernière soirées, du 5 au 7 février, seront menées par Élodie Poux qui rendra hommage au cinéma avec la complicité de plusieurs camarades de jeu.

La valeur montante de l’humour, PV s’est vu confier les rênes du gala d’ouverture et travaille déjà avec plusieurs complices sur la thématique de l’intelligence artificielle. « Une formidable soirée » réservera bien des surprises au public avec Merwane Benlazar en chef d’orchestre, accompagné de Morgane Cadignan, Doully, Vérino et Jason Brokerss. Le stand-up sera aussi mis à l’honneur lors de trois soirées au théâtre Sébastopol (2 au 4 février) avec Samuel Bambi en maître de cérémonie.

Un casting sera organisé au Spotlight pour dénicher de nouvelles pépites et les deux meilleurs seront retenus pour une finale internationale francophone, un show réunira les lauréats de l’édition 2025 de ce même concours. Enfin, un comedy lab sera mis sur pied avec la participation d’humoristes expérimentés qui viendront conseiller les talents de demain.

Ouverte en septembre, la billetterie fonctionne déjà très bien et le festival entend bien afficher complet dès que l’ensemble de la programmation sera dévoilée.

Festival Lillarious, du 30 janvier au 8 février 2026. Plus d’informations sur le site www.lillarious.com