Maoussi rapproche les visions romantiques et pragmatiques de l’amour

30/11/2025 | A l'affiche, Ciné

Pour son premier long métrage, Maoussi, Charlotte Schioler a déjà obtenu de nombreux prix.

Déjà récompensé d’une douzaine de prix dans différents festivals, « Maoussi », le premier long métrage de Charlotte Schioler pourra convoiter un nouveau trophée, celui du public européen, à partir de ce lundi 1er décembre, puisqu’il figure dans une liste de douze films retenus dans le cadre de l’ArteKino Festival.

« Maoussi » évoque la rencontre entre une danseuse Babette (Charlotte Schioler) et Edo, un musicien percussionniste, réfugié congolais, qu’elle accepte d’héberger chez elle. Babette voit, en revanche, d’un moins bon œil l’arrivée concomitante dans son logement d’une souris de laboratoire en fuite.

« Ce film interroge sur le dilemme entre deux visions différentes de l’amour : l’une romantique, l’autre pratique, confie la réalisatrice. Pour les gens de notre génération, on a plutôt la vision du mariage d’amour mais il n’y a pas si longtemps que ça le mariage de raison était la norme. Ma mère vient du Nord du Danemark, un endroit où il était préférable d’épouser un enfant de fermier pour mettre ses terres en commun. Dans le film, Edo se trouve dans une position de survie que les gens ont souvent du mal à prendre en considération, on parle généralement mal de ceux qui se marient pour des papiers. D’ailleurs Babette a, elle aussi, du mal à concevoir la panique dans laquelle Edo se trouve. »

La présence dans le film de cette petite souris, baptisée Maoussi n’est pas anecdotique : « Elle symbolise la fragilité de ceux dont on ne veut pas, alors que l’immigration enrichit énormément, insiste-t-elle. On le voit en France avec Marc Chagall, Marie Curie ou encore Yves Saint-Laurent. Il y a une diversité que nous n’avons pas au Danemark, son pays natal. »

L’actrice et réalisatrice sait de quoi elle parle, elle qui a grandi jusqu’à l’âge de neuf ans à Copenhague avant de déménager dans le Nord : « un endroit où les gens parlaient avec un autre accent, à l’école je passais pour une extra-terrestre. Je n’ai même pas eu à partir à l’étranger pour ressentir ce que ça fait d’être mal accepté  ». Ce qui ne l’a pas empêchée d’énormément voyager durant sa vie, passant par Londres, Bruxelles, New York, l’Afrique du Sud mais ayant fait de Paris son camp de base depuis l’âge de dix-sept ans. « J’avais eu une note de 5 en Français à l’école, c’est ce qui m’a incitée à partir en France, où je me suis construite. »

Un pays où elle a bâti sa carrière artistique et où « Maoussi » devrait sortir en 2026, après avoir déjà reçu un formidable accueil dans des festivals partout dans le monde. « C’est une comédie insolite et décalée, l’humour ne s’exporte pas toujours bien mais il a été heureusement très bien compris à Shanghai, Nairobi, Chicago. Il est sorti au Brésil, au Danemark, un distributeur va le prendre aux États-Unis. »

Les spectateurs pourront regarder et voter pour « Maoussi » à partir de ce lundi 1er décembre sur https://artekinofestival.arte.tv/

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