Le quatrième album d’Alex Toucourt, Toboggan, est dans les bacs depuis vendredi. Planète Lille l’a questionné sur ce nouvel opus…
Alex, quand on arrive au quatrième album, on appréhende la sortie avec plus de sérénité ou, du haut de votre Toboggan, avez-vous encore un peu le vertige ?
« J’aime bien l’image. Franchement, on n’est jamais sûr de rien. J’ai surtout hâte de savoir si les gens vont bien accueillir mes chansons, si elles vont les toucher. Je suis plutôt excité et curieux. »
Avant qu’Orelsan, Louane ou Ed Sheeran ne vous invitent pour un « feat », comme vous l’évoquez dans la chanson Pirater les Hits, j’ai vu que vous alliez faire une release party début mai avec Jean-Philippe Nataf, Alexis HK, Emmanuel Urbanet. Ces moments de partage sont importants pour vous ?
« C’est vrai que j’aime partager la scène, jouer avec des copains, faire des rencontres éphémères ou épisodiques. J’aime aussi parfois être en solo, mais j’ai besoin des deux en fait : ça permet d’avoir un bel équilibre. »
Vous avez aussi travaillé ces dernières semaines avec deux chanteuses, Orilia et Aurore Mira Cétii. Cela signifie qu’elles vont vous accompagner sur la tournée ?
« On est en train de répéter, elles vont être là début mai pour les premiers concerts et elles seront présentes sur certaines dates, pas toutes, de la tournée. J’avais envie d’être entouré de chanteuses, de musiciennes, de faire un vrai travail d’harmonie sur les voix. Tourner en trio, ce sera nouveau, ça va amener de la fraîcheur, mais je vais aussi me garder quelques concerts en solo car j’aime aussi beaucoup ça. »
Pour l’écriture des textes, vous travaillez seul ou est-ce qu’à part votre chienne Nova, quelqu’un d’autre met sa patte sur votre travail ?
« Bien sûr, Nova supervise et valide, mais c’est toujours moi qui ai le dernier “waouf”. Il m’arrive de coécrire avec des potes, mais plutôt pour les autres. J’ai du mal à m’approprier les mots des copains. Je préfère travailler seul, c’est plus spontané, c’est plus évident. »
Est-ce que l’on peut considérer que la chanson Quelques strophes est la meilleure définition de votre démarche artistique ?
« Je ne sais pas si c’est la meilleure, mais c’en est une. En tout cas, je suis super content de ce texte, c’est l’un de mes préférés. J’ai trouvé l’exercice d’écrire sur ce sujet très intéressant. »
Il y a de l’humour, de l’autodérision dans plusieurs de vos chansons, dans vos posts sur les réseaux sociaux : comment est-ce que l’on trouve l’équilibre avec des chansons beaucoup plus sérieuses ?
« Je ne me pose pas vraiment la question. Pour cet album, j’avais écrit une vingtaine de chansons. On a réduit à quinze pour finalement en garder onze, en faisant en sorte qu’il y ait une forme de cohérence dans le mood global du disque. Certaines chansons un peu plus fun n’ont pas forcément été conservées, mais de toute façon, il y a plusieurs chansons que j’aime beaucoup qui seront sur un prochain album ou que je chanterai en tournée. »
Vous chantez beaucoup d’événements en lien avec notre quotidien (La salle d’espoir, Quand le camion va partir…). Comment fonctionnez-vous ? Vous observez et décidez si cela peut faire ou non une chanson ?
« Ce qui m’inspire le plus, c’est en effet la vie quotidienne : la mienne, celle des gens autour de moi. Je me nourris de tout ça de manière inconsciente. Pour cet album, j’ai changé ma façon de faire. D’habitude, j’écris un peu au fil du temps, mais là, je me suis challengé à partir m’isoler seul dans une ferme, dans le silence, en partant de zéro. L’idée était d’écrire un nouveau texte chaque jour et j’ai réussi, en laissant libre cours à mon inspiration. L’écriture et la composition ont été faites sur un temps très court. La démarche collait bien au titre. »
C’est-à-dire ?
« À la base, j’ai choisi Toboggan comme titre juste parce qu’une copine m’avait appelé en me disant qu’elle avait rêvé que je l’appelais en visio devant un toboggan jaune. Dans un deuxième temps, j’ai trouvé qu’il y avait vraiment un parallèle avec la façon dont j’ai fait cet album. C’est comme si, pendant pas mal de temps, j’avais grimpé l’échelle en observant autour de moi pour m’inspirer et, d’un seul coup, je me suis jeté en avant et j’ai glissé en puisant dans mes souvenirs, dans des conversations, des choses que j’ai pu voir ou entendre. C’est un peu impalpable. Parfois, je note des idées dans mon téléphone, sur des feuilles, mais comme je ne suis pas très organisé, je ne les retrouve jamais. »
Impatient de retrouver la scène ?
« J’adore aller en studio, mais c’est vrai que je préfère la scène. J’ai souvent le trac, mais une fois qu’il est passé, ce n’est que du bonheur de partager avec le public un moment spontané. Ça fait longtemps que je ne suis pas venu à Lille : j’avais joué au Biplan, mais aussi à l’Aéronef en première partie de Sinsemilia. Je n’ai pas encore de date prévue, mais j’espère y revenir bientôt. »
Alex Toucourt sera en concert le dimanche 17 mai (17 h) au Pont des Singes à Arras. Son album Toboggan est disponible. Prix : 14,99 €.