Laurent Lafitte irrésistible pour séduire « La femme la plus riche du monde »

Dans son film La femme la plus riche du monde, Thierry Klifa a réuni un magnifique casting d'acteurs avec notamment Isabelle Huppert et Laurent Lafitte. (c) Mnauel Moutier

Intéressé comme la plupart des Français par l’affaire Bettencourt, Thierry Klifa a tout de suite eu une vision bien précise de l’adaptation qu’il pourrait en faire. Dans « La femme la plus riche du monde », le réalisateur a décidé d’explorer le thème de la famille dans ces milieux très aisés. « Si le but était uniquement d’illustrer le fait divers, je n’y serais pas allé, avoue-t-il. J’ai vu qu’il y avait une matière très riche, ça raconte une époque, un monde dans lequel on n’a pas vraiment l’habitude de pénétrer, qui a sa morale, ses codes, son bon goût. Un milieu où il y a évidemment de l’argent mais où il ne se voit pas nécessairement. Il y avait tout un travail à faire sur la direction artistique, on a beaucoup réfléchi aux décors et aux costumes avec mon chef opérateur. »

L’homme a rapidement décidé que « le ton de la comédie serait le mieux adapté une histoire qui relève autant du roman balzacien que de la tragédie shakespearienne et aide à faire passer des aspects plus sombres, plus noirs. » « Le comportement des personnages prête également à sourire, poursuit-il. Ils sont drôles sans le savoir, on rit de leur méchanceté, presque comme une protection. »

Le choix des comédiens est aussi une vraie réussite. Isabelle Huppert campe avec toute sa classe cette riche héritière d’un empire cosmétique qui trouve dans la folie et l’impertinence d’un jeune photographe, un moyen d’échapper à l’ennui du quotidien et l’opportunité de s offrir une nouvelle jeunesse. « ça faisait longtemps que j’avais envie de travailler avec elle , admet Thierry Klifa. Elle était toujours de bonne humeur, joyeuse avec de l’envie. C’était un plaisir similaire à celui que j’ai connu en travaillant avec Catherine Deneuve. »

Que dire de Laurent Lafitte, tout simplement exceptionnel dans la peau de ce jeune artiste photographe, un trublion fantasque qui envoie valser toutes les conventions et les bonnes manières, s’attirant tout autant les grâces de la femme la plus riche du monde que les foudres du reste de la famille et notamment de la fille jouée par Marina Fois.

Laurent Lafitte parvient à pousser les curseurs très loin mais jamais trop loin et réussit la prouesse de faire en sorte qu’on ne haït pas totalement ce personnage qui est pourtant détestable à bien des égards. « C’était tout l’enjeu, ce sont des équilibres qui sont assez ténus, confie-t-il. Je n’avais pas ressenti la nécessité de me replonger dans l’histoire Bettencourt mais j’ai parlé du vrai photographe, François-Marie Banier, dont mon personnage est inspiré, avec des gens qui le connaissent bien. »

Le comédien a néanmoins apprécié de pouvoir délivrer sa propre vision du personnage : « Il n’est pas jugé, pas condamné, il n’est pas non plus blanchi de tout. C’est aussi ce que j’ai aimé à la lecture du scénario, il n’y a rien de définitif sur les personnages, ça évite d’être top manichéen. C’est d’ailleurs intéressant de voir les réactions des gens après le film. Certains le prennent pour un Robin des bois, d’autres ne voient en lui qu’un escroc. »

Laurent Lafitte s’est aussi réjoui de retrouver Isabelle Huppert, avec laquelle il avait déjà connu « une intimité mais bien plus violente » dans le film « Elle » de Paul Verhoeven. « C’est toujours une chance de travailler avec elle, ça pourrait être intimidant mais quand vous êtes face à une partenaire qui est supérieurement intelligente, qui n’entretient pas ce qui pourrait vous mettre mal à l’aise et sait, à l’inverse, très bien ce qu’il faut faire pour que vous ne soyez pas impressionné et bien vous ne l’êtes pas. »

Au sein de cette galerie de comédiens remarquables, il convient d’associer Raphaël Personnaz qui évolue dans un tout autre registre. « Il fallait quelqu’un qui joue davantage sur les silences, le mystère. J’étais persuadé que Raphaël serait capable d’être le contrepoint de ces personnages qui ont chacun une sorte de folie en eux », indique Thierry Klifa.

« C’était très intéressant et en même temps parfois frustrant d’être spectateur de certaines séquences, confie l’intéressé. Je voyais et le jeu d’Isabelle, de Laurent et Marina se développer, tous les enjeux se créer devant moi et seulement après vient le moment où ce personnage va un peu plus exister et se donner une place que personne ne lui donne et qui finit par dépasser son rôle. C’est souvent le cas avec ces personnages de majordome qui se croient les garants d’une famille, de ses traditions, qui sont parfois encore plus nobles que leurs employeurs. »

« La femme la plus riche du monde », un film de Thierry Klifa, en salle depuis ce mercredi 29 octobre, avec Isabelle Huppert, Laurent Lafitte, Marina Fois, Raphaël Personnaz…

L’orchestre régional du Pévèle Mélantois ferme, ce week-end, la page des Misérables

L'Orchestre régional du Pévèle Mélantois joue pour la dernière fois les Misérables à Marquette. (c) Photo ORPM

En attendant le passage, du 23 a 26 avril 2026, au Zénith de Lille, de la comédie musicale qui a fait un carton sur Paris, les fans de l’œuvre de Victor HugoLes misérables , ont une dernière opportunité de voir la version proposée par l’Orchestre régional du Pévèle Mélantois ce samedi 1er (20 h) et dimanche 2 novembre (15 h) au Kiosk à Marquette-lez-Lille.

Directeur artistique et musical de l’orchestre qui existe depuis plus de trente ans, Hubert Gressier avait envie à la fois de travailler sur ce monument de la littérature mais aussi de trouver un sujet qui fasse sens avec le fonctionnement de l’orchestre. Celui-ci composé exclusivement d’amateurs collabore, en effet, avec des associations qui produisent le spectacle et qui, en contrepartie, récupèrent l’ensemble des bénéfices. Ce qui a déjà permis de récolter approximativement 70 000 € de dons.

Des spectacles devenus de plus en plus importants au fil des années avec en plus de l’orchestre, des chanteurs, des comédiens et même pour cette aventure des Misérables des danseurs. « Au départ, nous étions un orchestre d’harmonie classique, on a longtemps fait des concerts mais très vite j’ai eu le souhait d’évoluer en créant des spectacles, des comédies musicales confie Hubert Gressier. On a fait appel aux compétences des uns et des autres pour l’éclairage, le son, les costumes, les décors. Nous sommes des bénévoles mais on essaie de travailler de façon la plus professionnelle possible. Quand on joue au Casino Barrière à Lille, à l’Étoile à Mouvaux ou au théâtre à Béthune, ce sont quand même des scènes prestigieuses, on ne peut pas se contenter de tirer un drap entre deux poteaux pour faire le rideau. »

Après Billy Elliot (2015), Fame (2018) et Memphis (2022), Les Misérables, c’est la faute à Voltaire ! est donc le quatrième gros projet porté par l’orchestre depuis dix ans, le plus important avec une troupe de 80 personnes dont l’engagement est crucial. « Chez nous, il n’y a pas de contrat, c’est un engagement moral, insiste Hubert Gressier. C’est chronophage car on répète le dimanche matin et le mardi soir en plus des jours de spectacle. On prie donc à chaque fois pour qu’il n’y ait pas un désistement de dernière minute car on ne peut pas doubler tous les rôles ».

Si l’ORPM, dans le cadre du respect de la propriété intellectuelle, n’a pas touché au texte, ni aux mélodies de la comédie musicale parisienne, il a revanche complètement revu la mise en scène les décors, les accessoires, les costumes et la musique. « On a écrit une musique cadrée pour nous, un autre orchestre ne la jouerait pas de la même façon, précise-t-il. On a aussi pris le parti de ne pas mettre des moments musicaux en mode récitatif, qui sont très difficiles à chanter. On a plus de moments théâtre qu’il a fallu réécrire pour garder le sens et le rythme du spectacle mais c’est la seule entorese que l’on ait fait. »

Très heureux de cette aventure qui aurait dû initialement s’arrêter cet été, Hubert Gressier a bien sûr déjà en tête son futur projet qu’il garde pour l’heure secret, tout en assurant qu’il ne s’agira pas d’une création originale. « On sort de quelques années bien denses, on va faire une petite pause avant de se remettre en route mais ça ira vite car il faut continuer à alimenter l’orchestre pour qu’il ne disparaisse pas, conclut-il. Créer notre propre spectacle ? Il faudrait écrire la musique, je sais le faire mais je n’aime pas ça. Après si un jour quelqu’un veut écrire quelque chose et qu’on sent qu’il y a matière à faire quelque chose de bien, on ne ferme pas la porte mais, pour l’heure, ce n’est pas dans les cartons. »

« Les Misérables, c’est la faute à Voltaire ! » par l’Orchetre régional du Pévèle Mélantois, ce samedi 1er novembre (20 h) et dimanche 2 novembre (15 h) au Kiosk à Marquette-lez-Lille. Prix 25 €. Billetterie en ligne https://www.orpm-les-miserables.fr/agenda

Avec Yoroï, Orelsan joue aussi les premiers rôles au cinéma

Orelsan est à l'affiche au cinéma avec Yoroï

Le chanteur vient d’annoncer la sortie de son nouvel album, « La fuite en avant », pour le 7 novembre. Les places pour sa tournée qui passera par le Zénith de Lille, pour trois dates exceptionnelles du 16 au 18 février 2026, se vendent comme des petits pains. Cette semaine, c’est pourtant une autre facette artistique d’Orelsan que l’on va découvrir puisqu’on le retrouvera dès ce mercredi 29 octobre dans la peau d’un acteur pour son premier grand rôle au cinéma dans le film Yoroï, qu’il a co-écrit avec son complice de quinze ans, David Tomaszewski.

« On avait commencé à écrire une histoire d’armure en 2012 et David m’a contacté en 2021, j’étais en train de finir l’album Civilisation et il m’a présenté son pitch, mon départ au Japon avec ma femme et la découverte de cette armure qui attire les yokai et j’ai trouvé que ça pouvait être un bon emballage pour mettre des choses que e raconte dans mes chansons », précise-t-il.

Pur ceux qui ne comprendraient pas de quoi il s’agit, les yokai sont des monstres légendaires au Japon. Dans le film, ils correspondent aux démons, aux mauvaises pensées qui parasitent parfois l’esprit d’Orelsan. Dans le cas précis, l’action se déroule juste après la fin d’une tournée éreintante pour l’artiste. « L’idée du film, ce n’était pas de donner mes petits états d’âme, c’était plus de traiter de nombreux thèmes dont la célébrité fait partie, précise Orelsan. ça peut représenter ce que beaucoup de gens vivent quand ils ont une promotion, quand ils changent de classe sociale, sauf qu’on y met un amplificateur maximum avec la notoriété. » 

Déjà réalisateur du film « Comment c’est loin », en 2015, Orelsan à continuer à lire des bouquins, à se perfectionner, ce qui lui a permis de progresser pour attaquer ce nouveau chantier. « On m’a souvent proposé de jouer dans des films et là, je me suis dit que ce serait bien de faire notre propre projet », poursuit-il. « Aurélien (son vrai prénom) écrit les textes de ses chansons donc ce n’était pas envisageable que les dialogues soient écrits par quelqu’un d’autre, enchaîne David Tomaszewski. C’était bien qu’il puisse trouver ses punchlines. Pendant qu’on travaillait, on s’envoyait des messages et j’avais ma tablette trempée tellement je pleurais de rire. »

Dans Yoroï, usé après une longue tournée, Aurélien part donc se reposer dans une maison traditionnelle de la campagne japonaise et découvre au fond d’un puits des morceaux d’une armure qui vont subitement tous lui coller à la peau et engendrer l’arrivée d’étranges créatures, les yokai. Le film bascule alors dans le conte fantastique, où le héros doit combattre ses démons avec des scènes d’actions et des effets spéciaux spectaculaires. « Il y avait des cascadeurs pour certaines scènes mais j’ai du apprendre à tomber, j’ai pris des cours de MMA et avec ma partenaire (Clara Choï) on s’entraînait beaucoup, on faisait un moment jusqu’à six heures de sport par jour, c’est même monté une fois jusqu’à dix heures. Il y a notamment une scène de combat dans la rizière où nous ne sommes pas doublés. »

Presque comme une évidence dans une œuvre d’Orelsan, le film commence et s’achève par une chanson.

Yoroï, un film de David Tomaszewski et Orelsan . Avec Orelsan, Clara Choi et Kazuya Tanabe.

Pour la famille Rose, la faim justifie les moyens

La famille Rose : Capucine Valmary (Lou), Shirine Boutella (Diane), Arthur Dupont (Bernard), Sasha (Noé)

Depuis la semaine passée, Canal+ vous donne rendez-vous avec la famille Rose. Diane (Shirine Boutella) et Bernard (Arthur Dupont) ont deux enfants Lou et Noé. Comme tout le monde, ils sont confrontés aux soucis de couple, aux différences de point de vue sur l’éducation à donner aux enfants, aux frère et sœur qui se disputent. Toute cette petite vie s’organise au sein du van dans lequel ils habitent et sillonnent la France mais ce n’est pas ce mode de fonctionnement nomade qui constitue leur plus grande particularité. La spécificité de la famille Rose tient plutôt dans le contenu de leurs assiettes puisqu’il sont tous cannibales et quand arrive l’heure de manger, chez les Rose, on ne file pas au supermarché mais on se lance dans une chasse à l’homme !

« L’objectif était de créer de l’empathie en racontant l’histoire avec le point de vue de la famille en essayant de déconstruire le mythe du monstre », confie le scénariste Tigrane Rosine. « Je n’avais jamais interprété un personnage aussi particulier, il fallait qu’elle puisse être flippante et en même temps hyper attachante et touchante, poursuit Shirine Boutella, qui incarne la mère de famille. Elle est dangereuse mais pleine d’amour pour son mari et ses enfants. » Même son de cloche chez Arthur Dupont : « Bernard est un père qui aime sa famille, qui a du mal à voir sa fille grandir, qui veut préserver un peu son innocence. Mon personnage est dans la transmission ».

« La question, c’est qu’est ce que vous feriez pour que votre famille puisse survivre, sachant qu’ils ne peuvent s’alimenter qu’avec de la viande humaine. Tuer des humains est pour eux une nécessité ; la faim justifie les moyens », indiquent encore les comédiens.

Grâce à un remarquable travail des équipes techniques qui ont soigné les accessoires et le maquillage, on plonge aisément dans le quotidien de cette famille pas comme les autres, habituée à vivre à l’écart du reste de la population mais qui se retrouve coincée suite à la panne de leur van dans un village où ils ont sévi plusieurs années en arrière et qui doit faire face à l’attirance éprouvée par Lou, l’adolescente de la famille, pour des garçons qui ne partagent évidemment pas le même régime alimentaire.

« La famille Rose », une série en 6 épisodes de 52 minutes, disponible sur Ciné+ OCS. Avec Shirine Bourella, Arthur Dupont, Capucine Valmary…

Double Dièse, un dispositif pour accompagner les jeunes talents de la métropole lilloise

Grégory Plancke, le nouveau chargé d'accompagnement de l'associon Autour des Rythmes Actuels (ARA).

Depuis plusieurs années, l’association roubaisienne Autour des rythmes actuels (ARA) accompagne de jeunes artistes dans le développement de leurs projets musicaux dans le cadre du dispositif Double dièse.

La dernière promotion (Ostrah, Gveni, Sons of Wäve) va bientôt céder la place à de nouveaux candidats, la date limite de dépôt des dossiers étant fixée à ce dimanche 2 novembre, avec pour seul véritable critère d’être originaire de la métropole lilloise. Un jury de professionnels se réunira dès le 7 novembre autour de Grégory Plancke, chargé de l’accompagnement au sein de la structure roubaisienne, depuis la fin du mois de juin.

Originaire de Dunkerque, ce musicien qui a déjà tourné un peu partout en France et en Europe avec des groupes de punk lyrique, a une vision globale du milieu puisqu’il a aussi travaillé comme tourneur ou encore comme cadreur et monteur vidéo sur des concerts.

Le profil idéal pour un accompagnement à 360 : « J’ai toujours eu à cœur d’aider les artistes, qu’importe leur niveau, qu’importe le style, précise-t-il. Il faut juste quelques morceaux qui tiennent à peu près la route, de la matière à travailler. L’idée, c’est de faire du sur mesure. Au-delà de la qualité, on va surtout juger la motivation et la proposition ».

La volonté de Grégory Plancke est d’apporter un soutien « dans tous les domaines avec des sessions en studio, des résidences, un travail sur l’image indispensable dans un projet artistique, sur la façon de communiquer, de défendre son projet sur scène mais aussi sur les réseaux. » Un accompagnement d’environ neuf mois amené à perdurer sous d’autres formes par la suite, notamment en suggérant les artistes aux partenaires culturels.

Toutes les informations pour candidater au dispositif Double dièse sur le site de l’association. https://www.ara-asso.fr/