« À pied d’œuvre », le prix de la liberté artistique

09/02/2026 | A l'affiche, Ciné

Bastien Bouillon est remarquable dans le film de Valérie Donzelli (c) Christine Tamalet

Quel est le prix à payer pour garder sa liberté artistique ? Peut-on accepter d’aller jusqu’au déclassement social pour faire ce qui nous anime profondément ? Toutes ces questions font l’objet du nouveau film de Valérie Donzelli, une adaptation du roman de Franck Courtès À pied d’œuvre, sorti en salle le mercredi 4 février.

Remarquable, comme souvent, Bastien Bouillon y incarne le rôle principal, celui de Paul Marquet, qui décide de quitter son métier pour se consacrer pleinement à sa passion : l’écriture. Très vite, l’homme se heurte à la réalité de la vie et à la nécessité d’enchaîner des petits boulots mal payés pour subsister. Pas toujours bien considéré et souvent invisibilisé, son personnage sombre dans la pauvreté sans pour autant s’en plaindre ni renoncer à ses objectifs.

« Il se trouve que je connais beaucoup d’artistes qui ne vivent pas de leur art, pour qui chaque sou compte, surtout quand ils ont des enfants, indique Valérie Donzelli. Je me suis aussi identifiée à titre personnel, déjà en tant que cinéaste. Quand j’ai fait mon premier film, j’ai eu une super presse, mais je n’ai pas été payée : j’étais totalement fauchée, endettée. Et puis, j’ai aussi eu un grand-père sculpteur et peintre qui a vécu dans une grande pauvreté et qui a découragé mon père de la voie artistique. Quand j’étais petite, j’ai vu mon père changer souvent de travail, faire des dépressions, car il était malheureux dans ce qu’il faisait, mais il fallait bien faire bouillir la marmite avec quatre enfants à la maison. Mon père était en colère quand j’ai arrêté mes études d’architecture, mais je n’avais pas foi dans ce métier et je m’étais toujours dit qu’il fallait que je travaille dans une profession qui me plaise. »

Convaincue par le propos du livre de Franck Courtès, Valérie Donzelli a également été intéressée par la démarche artistique. « J’avais envie de montrer, grâce aux différents outils du cinéma, la difficulté d’écrire et ce personnage qui n’attend rien de personne, quelque chose qui n’est dramaturgiquement pas évident à raconter. Ce qui me plaît quand je fais des films, c’est d’essayer des choses par la mise en scène, avec des formes différentes. »

Selon la réalisatrice, au-delà de la difficulté de la création artistique, ce film était aussi l’occasion d’évoquer « le monde dans lequel on vit, dans lequel on ne se reconnaît plus, poursuit-elle. C’est aussi donner du sens à ce que l’on fait, le lien aux autres, l’amour… »

À pied d’œuvre, de Valérie Donzelli. Avec Bastien Bouillon, Virginie Ledoyen. En salle depuis le 4 février.

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