« Les mauvaises langues » n’ont jamais été à court de bons mots

25/09/2025 | Actualités, Musique

Les mauvaises langues ont su fidéliser un public depuis plus d'un quart de siècle.

Formé en 1998, le groupe nordiste « Les mauvaises langues » a résisté à l’usure du temps et à quelques départs. Présent depuis la première heure, le bassiste Hervé Poinas revient sur cette belle aventure à la veille de nouveaux concerts, ce vendredi 26 septembre (20 h) à l’Étoile à Mouvaux puis le samedi 4 octobre (20 h 30) au centre culturel Delafosse à Wattignies.

Hervé, on imagine qu’en vous replongeant en 1998, vous ne pouviez envisager, à l’époque, une telle longévité ?

« Non d’autant qu’on était déjà tous engagés dans une vie professionnelle et que la musique était vraiment un loisir que l’on pratiquait en amateurs, avant tout pour se faire plaisir. Aucun de nous n’était dans une école de musique ou n’avait suivi un parcours de musicien. Hormis Nicolas, le violoniste nous sommes tous des autodidactes mais, en 1998, on a tout de même eu envie de faire quelque chose de plus sérieux. On a commencé à enregistrer des petites maquettes et tout s’est emballé très vite car l’une d’elle est arrivée jusqu’aux bureaux de Vérone Productions. Ils nous avaient déjà vus lors d’un concours au Splendid, ils ont trouvé ça bien et ils nous ont proposé de travailler ensemble. Pendant un peu plus d’un an, on jonglait entre nos boulots et les concerts jusqu’à ce que ce ne soit plus possible de faire les deux. On a basculé vers un groupe professionnel. Rien n’avait été programmé mais les planètes étaient alignées. »

27 ans, 8 albums et des centaines de concerts plus tard, vous êtes toujours là. Quelle est selon vous la clef de cette réussite ?

« Déjà on a réussi à toujours maintenir une bonne communication entre nous. On a toujours su désamorcer les problèmes, les désaccords et humainement, nous étions des amis avant d’être des musiciens. Une fidélité réciproque s’est aussi installée avec l’équipe de Vérone. C’est très rare de travailler aussi longtemps avec le même producteur. Enfin, nous sommes surtout restés fidèles à ce que nous sommes. On n’a pas essayé de faire plaisir ou de faire des chose à la mode. On a continué à composer la musique que l’on aimait faire et écouter. On a appris au fur et à mesure à peaufiner notre manière d’écrire et d’être sur scène.  Chaque année qui passe, on se dit que c’est incroyable d’être encore là. »

Les mouvements au sein du groupe n’ont jamais impacté le collectif ?

« En fait, il y en a eu peu, le groupe est resté relativement stable et quand il a fallu intégrer quelqu’un, on le connaissait généralement déjà bien. Nicolas, le violoniste, a pris une pause d‘une quinzaine d’années pour mener sa carrière de musicien classique (professeur au conservatoire et musicien avec l’orchestre national de Lille) mais le lien n’a jamais été rompu et il est revenu. C’est le poste de batteur qui a le plus changé avec Benjamin (Desmalines) puis Maxence (Doussot) et, enfin, Laurent (Combes). »

Vous avez beaucoup tourné et pas seulement dans la région, vous avez même fait des concerts à l’étranger…

« Oui, en Allemagne, en Belgique, en Pologne et on a même fait une tournée d’environ un mois en Chine dans une douzaine des plus grandes villes du pays avec l’alliance française qui organisait un festival francophone. On représentait la France, il y avait aussi un Belge, une Québécoise et un Suisse. On a eu un très bel accueil, c’était vraiment magique. »

Savez-vous si dans votre public, certains sont là depuis les débuts ?

« Oui, Il y en a pas mal. Certains ont décroché puis reviennent. Certains qui étaient venus adolescents à 15 ans sont aujourd’hui parents. Il y a un noyau dur de fidèles depuis le début, on les connaît personnellement désormais, on se demande des nouvelles de nos vies respectives. On s’est fait connaître par la scène, pas par la télévision ou les réseaux sociaux, ça fidélise peut-être plus l’audience. »

Estimez-vous avoir eu la médiatisation que vous méritiez tout au long de ces années ?

« On a souvent eu cette discussion entre nous et on se dit que finalement les choses se sont bien passées. Au tournant des années 2004-2005, où on a atteint, je pense, notre climax de popularité ; je ne sais pas si le groupe aurait pu survivre à une très forte exposition. C’est plus difficile de se maintenir quand on atteint un certain niveau de succès et que ça redescend. On a pu organiser nos vies personnelles, avoir des enfants, une vie de famille. Je ne suis pas persuadé que l’on aurait pu les mener de manière aussi heureuses si on avait fait 200 dates par an en étant tout le temps sur la route. »

Vous avez toujours accordé beaucoup d’importance aux textes que vous écrivez avec Philippe Moreau ?

«  On écrit en Français parce qu’il ne vaut mieux pas qu’on écrive en Anglais (rires) mais c’est vrai qu’on aime les chansons avec un texte qui raconte vraiment quelque chose. On a toujours essayé de parler de ce qui nous entoure, des choses qu’on connaît, et de trouver un angle particulier pour aborder ces questions-là et c’est vrai qu’on a récolté une forme de reconnaissance, à la fois du public, des médias et des professionnels. Nous sommes plutôt étiquetés groupe de chansons françaises à texte. Philippe et moi, on a plutôt des influences différentes et on ne dit jamais qui a écrit quoi sur les disques. C’est toujours signé de nos deux noms et il y a très peu de gens qui arrivent à discerner qui a écrit quoi. »

Lors de vos prochains concerts, à quoi peut s’attendre le public ?

«Il y a un tiers de nouveaux titres, un tiers de classiques et un tiers d’anciennes chansons réorchestrées, remises au goût du jour et il y aura une partie du répertoire en formule orchestrale avec Laurent Deleplace à la trompette et Pierre-Joseph au violoncelle qui viendront nous accompagner. »

Avez-vous déjà imaginé la fin des « Mauvaises langues » ?

« En fait, à chaque fois qu’on fait un album on se dit que c’est le dernier. Quand a fini d’enregistrer le huitième « Étrange affaire », on s’est dit que ce serait étonnant qu’il y en ait un neuvième. Un jour, on va s’arrêter c’est sûr mais dans quelles circonstances ? Pour l’instant, on ne le sait pas. Ce qui est sûr, c’est que ça devient difficile pour les programmateurs car les budgets sont en berne partout et si à un moment il y a moins de spectacles, ce sera dur pour nous car ce n’est pas sur Tik Tok que l’on va faire notre audience et développer notre activité. »

« Les mauvaises langues » seront en concert ce vendredi 26 septembre (20 h) à l’Etoile à Mouvaux puis le samedi 4 octobre (20 h 30) au centre culturel Delafosse à Wattignies.

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