Personnage central depuis neuf ans de la série quotidienne de TF1, Demain nous appartient, la comédienne Ingrid Chauvin est revenue pour vous sur les débuts de DNA, les secrets du succès, son évolution et ses projets pour l’avenir.
Ingrid, remettons-nous neuf ans en arrière. TF1 se préparait à diffuser ce qui ne devait être qu’une saga estivale. Neuf ans plus tard, Demain nous appartient est toujours à l’antenne. Qu’est-ce qui vous avait séduite à l’époque ?
« Le point de départ, c’est l’écriture. TF1 m’avait envoyé les dix premiers épisodes et, à l’issue de la lecture des scénarios, je n’avais qu’une envie : connaître la suite. J’ai tout de suite senti le côté addictif de la série. J’avais envie d’y aller. »
C’était un petit défi, car la série était un peu portée par votre nom…
« Oui, il y avait quelques autres personnalités connues, comme Alexandre Brasseur ou Lorie Pester, mais c’est vrai qu’il y avait un peu de pression. Comme je suis quelqu’un qui aime les challenges, j’ai trouvé ça excitant. On a tout de suite essayé de créer une famille professionnelle, de surprendre, de plaire et d’être dans le partage avec le public. »
Quels sont les ingrédients qui expliquent le succès et la longévité de Demain nous appartient ?
« L’authenticité de chacun, le fait d’être dans une série collégiale, chorale, avec des familles très identifiables. Au niveau des téléspectateurs, chacun peut se retrouver dans l’une ou dans l’autre, et ça, c’est très important. Après, on développe des sujets qui touchent les gens, qui font partie du quotidien de chacun, de la société. Ça permet de délier les langues, de se sentir moins seul face à ses problématiques. »
Qu’est-ce qui vous plaît dans votre personnage de Chloé, dans son évolution ?
« Elle est pleine de couleurs, à la fois très bienveillante, très empathique, mais elle sait quand même s’affirmer. Chloé fait partie intégrante de ma vie, elle m’apprend beaucoup. Il y a évidemment une grande part de moi qui transparaît dans le personnage. Ça fait bientôt neuf ans, il s’est déjà passé tellement de choses. Peut-être que je vieillirai avec elle, je n’en sais rien. Il n’y a pas de monotonie. On se dit à chaque fois que les auteurs sont allés très loin, et ils arrivent quand même toujours à nous surprendre. En plus, Chloé a évolué vers l’hôpital. »
Auriez-vous aimé basculer dans la police, en souvenir de vos années dans Femmes de loi ?
« Non, c’est bien de changer d’univers. Mais ça me fait rire quand je vois mes camarades faire des scènes d’action avec les flingues. Je sais les manier parfaitement, je faisais toutes mes cascades quand j’incarnais le lieutenant Balaguère. »
Une série quotidienne, c’est un investissement sur une longue durée. Certains hésitent. Est-ce que ce fut votre cas ?
« J’ai eu la chance qu’on me propose cette série à un moment de ma vie où c’était facilement acceptable. Je venais d’avoir mon petit garçon. J’avais envie de me poser, d’avoir la possibilité d’être près de lui. C’est extraordinaire de pouvoir exercer son métier en restant à domicile. Ça a impliqué que je vienne m’installer et vivre ici. Et, en même temps, je suis devenue une petite Sétoise de cœur, et j’adore ça. »
Il vous arrive de vous projeter, de vous interroger sur le fait de continuer cette série ?
« Je ne pense pas trop à l’avenir. J’aime bien prendre ce qui se passe à l’instant T. C’est déjà une chance inouïe, au bout de neuf ans, d’être toujours là. Il faut savourer ça. On a une chance incroyable. Ce métier est extrêmement difficile. »
Il est déjà arrivé mille choses à Chloé, mais qu’est-ce que vous aimeriez qu’il lui arrive ?
« J’aimerais bien déraper un petit peu, mais je ne pense pas que ce soit possible, car je crois que je fais partie des personnages qui doivent être un peu des modèles. »
Au-delà de divertir, est-ce important pour vous que Demain nous appartient véhicule certains messages ?
« Il n’est pas rare que des parents nous disent : « Merci, grâce à vous, on a réussi à aborder tel ou tel sujet avec nos enfants. » On se dit qu’on n’est pas inutiles, et ça fait toujours plaisir. On pense avoir un petit rôle à jouer. »
Beaucoup de comédiens et de comédiennes ont rejoint la série au fil des années. Est-ce que vous leur transmettez à chaque fois l’esprit de la série ?
« La base, c’est surtout de les accueillir et de les soutenir, parce qu’ils arrivent dans un train à grande vitesse et que ce n’est pas forcément évident. C’est un rythme très particulier : tout va très vite, il y a une charge colossale de textes à apprendre. »
Certains de vos camarades ont parfois pris des respirations pour tourner un film ou jouer au théâtre. Ressentez-vous aussi parfois cette envie ?
« Quand j’ai d’autres projets, je fais venir les équipes ici parce que j’ai ce truc d’être maman. C’est mon rôle principal et je ne veux pas me séparer de mon fils ni m’éloigner de lui. J’ai créé, parallèlement à la série, une marque de cosmétiques qui s’appelle « Mademoiselle Chauvin », et c’est aussi une aventure. Quand Tom grandira, peut-être que je retournerai sur les planches, parce que ce sont effectivement des émotions qui me manquent un petit peu. Mais, pour le moment, je veux être présente pour faire grandir mon petit bout de chou. »
Demain nous appartient, du lundi au vendredi à 19 h 10 sur TF1.