Kev Adams débarque au cinéma « Le jour J » ou presque

Pour Kev Adams et ses camarades, le débarquement ne va pas se passer exactement comme prévu. © Marie-Camille Orlando - FIRSTEP - RADAR FILMS - Une société Mediawan - APOLLO FILMS - M6 FILMS

Déjà complices sur « Maison de retraite 2 », le réalisateur Claude Zidi Jr et Kev Adams se retrouvent dans « Le Jour J », un film d’époque comique évoquant deux soldats, un peu anti-héros, affectés dans une base militaire factice qui décident, après une soirée arrosée, de prendre eux aussi part au débarquement. Problème : ils se trompent de date et de lieu et se retrouvent en danger en plein cœur d’un village occupé par les nazis.

« On a tous adoré les films comme « La Grande vadrouille », « Papy fait de la résistance » ou « La septième compagnie » et j’avais envie depuis longtemps de surfer un peu sur cette vague pour évoquer cette période qui est le plus souvent traitée de façon dramatique », indique Claude Zidi Jr.

Les spectateurs avisés reconnaîtront peut-être le petit village de Noyers-sous-Serein où avaient été tournées quelques scènes de « La Grande vadrouille ». « C’est un village classé dans l’Yonne qui n’a pas été retouché depuis les années 1940 et qui est donc un vrai décor naturel pour le cinéma, précise Kev Adams. On a d’ailleurs quasiment tout tourné en Bourgogne, sauf la scène du débarquement sur les plages de Normandie ».

« Le jour J » est un bon divertissement familial avec une galerie d’acteurs qui prennent un plaisir évident à évoluer ensemble. Brahim Bouhlel (Zerkaoui) est un parfait compagnon d’aventure pour le personnage de Kev Adams, Jonathan Lambert excelle dans un rôle de prête résistant très rock’n roll, Jarry est quasiment méconnaissable en nazi avec une coiffure blonde, Cristiana Réali campe une mère ultra-protectrice et Chantal Ladesou livre quelques scènes dont elle a le secret. Les auteurs ont, par ailleurs, pimenté les dialogues de quelques références à la période Covid, offrant notamment une savoureuse tirade, pleine d’anachronismes, prononcée par des soldats allemands

« Le jour J », en salle depuis ce mercredi 15 octobre. Un film de Claude Zidi Jr avec Kev Adams, Brahim Bouhlel, Marie Parisot, Cristiana Réali, Chantal Ladesou, Jonathan Lambert, Jarry, Didier Bourdon…

Une web-série sur le gang de Roubaix sur France.TV

France Télévisions a réalisé une web série sur l'histoire du gang de Roubaix (c) Les Films Jack Fébus

France Télévisions met en ligne, sur sa plateforme, ce mercredi 15 octobre après-midi, une série documentaire, en 9 épisodes de 7 à 16 minutes, réalisée par Cécile Dolman et Anaïs Caura, consacrée au gang de Roubaix, qui a multiplié les braquages violents dans la métropole lilloise au début de l’année 1996.

Un documentaire qui colle doublement à l’actualité puisque s’ouvre, ce vendredi 17, aux assises du Nord, le procès de Seddikh Benbahlouli, dernier membre du gang à avoir été arrêté en août 2023 mais aussi parce que l’on a appris, il y a quelques jours , que l’un de ses complices, Lionel Dumont, a été interpellé en Grèce et que la Bosnie-Herzégovine, où il était également recherché, a demandé son extradition.

« Le point de départ, c’est l’envie de l’antenne Hauts-de-France de France 3 de parler de cette affaire qui date d’il y a bientôt 30 ans avec ce jugement du dernier membre du gang arrêté après 27 ans de cavale, précise Cécile Dolman. Et puis ce qui nous a intéressé avec ma co-réalisatrice, c’était de pouvoir traiter ce sujet plein de rebondissements sur des formats différents, vraiment pensés pour le web, pour la plateforme. »

Étudiante à l’école de journalisme de Lille, elle avait entendu parler de l’affaire à l’époque mais il lui a fallu se replonger dans une histoire complexe quelle ne connaissait pas bien. « C’est un point de l’histoire du terrorisme en France qui est assez peu connu en France, un phénomène qui a des racines en Bosnie, poursuit-elle. Il y a donc eu un gros travail de documentation, de recherche, d’exploration des archives avec des images assez dingues qui m’ont permis de constater que les photographes avaient vraiment un accès proche à ce qui se passait. »

Il a ensuite fallu trouver des intervenants susceptibles de dire les choses avec un point de vue intéressant, des membres des forces, des journalistes. « On voulait raconter l’histoire à partir des témoignages de ceux qui l’avaient vécue ou qui en avaient été des témoins de premier plan, indique la réalisatrice. On a commencé la production en mai, donc ça a été cinq mois de travail acharné et on a accéléré dès qu’on a eu la date du procès. »

Même s’il y a une narration qui commence à l’épisode 1 et finit à l’épisode 9, les réalisatrices ont choisi ce format pour laisser aux téléspectateurs la possibilité de picorer et d’explorer un aspect dans sa totalité.

Convaincue qu’il reste encore de nombreux éléments à traiter et que le procès pourrait aussi enrichir cette incroyable histoire, Cécile Dolman ne ferme pas la porte à une suite. Un format plus classique de deux fois 52 minutes est également dans les tuyaux pour une diffusion sur France 3 Hauts-de-France dans quelques mois. « On voulait déjà finir la série et on s’y attellera dans les prochaines semaines en réadaptant le récit pour la télévision », annonce-t-elle.

« Le gang de Roubaix », web-série de 9 épisodes, disponible sur la plateforme france.tv dès le mercredi 15 octobre après-midi.

Eric Antoine : « La France a un incroyable talent peut changer une vie »

Le jury de choc de la France a un incroyable talent est prêt pour une nouvelle saison. (c) Julien Theuil/M6

Depuis son lancement en France en 2006, l’émission « La France a un incroyable talent » a vu passer des centaines de candidats dont certains ont ensuite fait une jolie carrière, à l’image de Marina Kaye, Laura Laune, Lola Dubini, Jean-Baptiste Guégan, Gwendal Marimoutou, Klek Entos, Antonio le magicien ou Le Cas Pucine.

Lors de la première saison, les téléspectateurs avaient aussi découvert Eric Antoine, un grand gaillard de 2,07 m, un magicien aux allures de savant fou, devenu, depuis, un membre imminent du jury de l’émission, dont la vingtième saison sera lancée ce mardi 14 octobre (21 h 10) sur M6.

«  ça a vraiment changé ma vie , confie ce dernier. Lorsque j’ai fait la première saison, je jouais en même temps au théâtre Trévise une fois par semaine à 21 h 30, je suis allé jusqu’en demi-finale mais comme j’avais une bonne vibe, la productrice m’a fait revenir en finale même si je n’avais pas été qualifié. Je me souviens être allé au Mc Do et dans la file d’attente juste devant moi un groupe de filles parlaient de ma prestation de la veille et quand je suis arrivé au théâtre, c’était plein à craquer, il y avait la queue dans rue pour venir voir mon spectacle. »

Du jour au lendemain, l’existence de l’artiste a été totalement bouleversée : « J’étais dans une merde noire financièrement, j’étais avec un producteur véreux qui me faisait payer pour jouer, précise-t-il. J’étais donc obligé de travailler à côté pour gagner de l’argent et pouvoir faire mon spectacle. Quand ça a commencé à marcher, Thierry Suc, qui a produit plein de grands artistes, est passé en demandant qui était ce gars qui remplissait tous les soirs alors qu’avec des affiches partout dans Paris, il n’arrivait pas à en faire autant pour un autre artiste dont il s’occupait à l’époque. Il est venu me voir et m’a proposé que l’on travaille ensemble. C’est là que j’ai compris le pouvoir de la télé. »

Présent dans le jury depuis la dixième saison, tout comme Hélène Segara, Eric Antoine prend toute la mesure des responsabilités qui lui incombent : « J’essaie de toujours me remettre à la place de l’artiste qui vient se présenter, des enjeux énormes qui sont les siens, poursuit-il. Je pense que l’avantage de notre jury, que ce soit Hélène, Marianne (James), Sammy (Sugar) ou moi, on a en commun le fait d’aimer les artistes et de savoir à quel point ce métier est terrible, très difficile. Il y a peu d’émissions où l’on peut encore voir du cirque, de la danse, du chant, de la magie, peu d’émissions où l’on peut percer. Celle-là en fait partie donc notre rôle est un peu sacré. »

La force du programme c’est de réussir chaque saison à surprendre les téléspectateurs mais aussi le jury. Même si tous n’ont pas les même sensibilités et doivent parfois engager de sérieux débats ou entamer des négociations entre eux pour faire passer un candidat pour lequel ils ont un coup de cœur, chacun reste bluffé chaque année par des choses qu’ils n’avaient jamais vues auparavant.

C’est le fruit du travail de l’équipe de casting qui traque tout au long de l’année, sans relâche les perles rares, en organisant des auditions partout à travers le pays ou en scrutant les réseaux sociaux. Si l’on y ajoute tous ceux qui font la démarche spontanément de présenter leurs candidatures, ce sont plus de mille numéros qui sont vus chaque année. Parmi eux, quelques prétendants à la rubrique « What the fuck », nécessaires à l’équilibre de l’émission. « Il faut qu’il y ait des hauts et des bas, des moments de respirations », assure-t-il.

Rassurez-vous, vous serez encore subjugués, charmés, émus. La production a concocté quelques belles surprises et travaille actuellement à l’élaboration d’une soirée anniversaire pour les 20 ans du programme. Le format, le contenu et la date de diffusion sont encore en cours de discussions. Tout juste sait-on qu’il y aura sans doute des anciens candidats mais aussi des nouveaux numéros et ce ne sera pas un concours mais bien un show. « On n’a pas voulu le faire tout de suite car le programme mérite une saison classique qui laisse la place aux nouveaux talents ».

« La France a un incroyable talent », début de la saison 20, ce mardi 14 octobre (21 h 10) sur M6.

Michel Bussi signe un roman historique en forme de devoir de mémoire

L'heure était venue pour Michel Bussi d'évoquer dans un roman le génocide au Rwanda. (c) Philippe Matsas

Présent il y a quelques semaines à Roubaix pour la soirée de rentrée littéraire de la Fnac, Michel Bussi est incontestablement l’un des plus grands vendeurs de livres en France. Spécialiste des thrillers, l’auteur de « Mourir sur Seine, « Un avion sans elle » ou « Nymphéas noir » était, cette fois, venu présenter un roman « Les ombres du monde », qui mêle fiction et histoire en évoquant le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.

« Cette histoire me hante depuis près de trente ans, il fallait que je l’écrive. En tant que professeur en géographie politique, je m’étais beaucoup intéressé au sujet mais je ne pouvais pas l’écrire juste après le génocide,explique-t-il. Il fallait un temps pour la mémoire, pour les rescapés, pour les historiens, pour la justice même si ce n’est pas fini et je pense qu’est arrivé le temps de la fiction. »

Dans « Les ombres du monde », Michel Bussi place les événements dès octobre 1990 et l’arrivée des Français au Rwanda et va jusqu’en 2024 : « C’est un récit évidemment historique car il parle de faits réels mais derrière cette grande histoire, il y a aussi un thriller, un roman d’espionnage avec cette rencontre entre Espérance, une jeune démocrate rwandaise et Jorik, un capitaine français en mission. Le pari était de trouver l’équilibre entre l’histoire et la fiction. Il fallait qu’il ait des twists, des rebondissements pour que ça fasse roman d’aventure. »

Afin d’être bien certain de la véracité de tout ce qu’il allait écrire, Michel Bussi n’a rien laissé au hasard. « J’ai visité le Rwanda avec Patrick de Saint-Exupéry, un grand reporter spécialiste de pays, j’ai aussi travaillé avec Hélène Dumas, une chercheuse du CNRS la plus compétente sur le sujet et dans le roman je défends une thèse: celle de la responsabilité de la France sur ce qu’il s’est passé là-bas et sur l’attentat qui a provoqué le génocide, annonce-t-il. Il y a eu du stress car je demande si mes lecteurs vont suivre sur ce thème particulièrement horrible. »

L’écrivain y a vu une sorte de devoir : « La mémoire, elle passe à un moment donné par les œuvres, l’art, les film, la peinture, la littérature, insiste-t-il. Ma génération s’est appropriée la Shoah, le génocide des Juifs pendant la guerre, grâce aux œuvres, tout autant que grâce aux témoignages de rescapés ».

« Les ombres du monde », Michel Bussi. Editions Presses de la Cité. Prix : 23,90 €.

 » Ubu président », une satire politique dans l’air du temps

Ubu président est actuellement à l'affiche du salon de théâtre de La Virgule à Tourcoing. (c) Elie Benzekri

Le triste spectacle offert par notre classe politique vous déprime ? Puisque parfois, il vaut mieux rire de certaines choses pour ne pas en pleurer, on vous suggère de faire un détour par le salon de théâtre de La Virgule à Tourcoing pour assister à l’une des représentations de la pièce « Ubu président », une réécriture modernisée par Mohammed Kacimi de la farce « Ubu roi » signée Alfred Jarry, qui avait fait scandale au point d’être censurée à sa sortie en 1896.

Une version contemporaine dans laquelle monsieur et madame Ubu, chômeurs, cherchent une solution pour sortir de la misère et se payer à manger; ils ne trouvent rien de mieux que de se lancer dans la course à l’élection présidentielle. Aidés par Hanounou et Sonia Prout de la chaîne News, il réussira a être élu mais deviendra vite un dictateur.

Isabelle Starkier, qui signe la mise en scène,  a choisi d’opter pour une version sous forme de comédie musicale, les personnages principaux (Stéphane Miquel et Clara Starkier) étant accompagnés par trois comédiens musiciens (Michelle Brûlé, Stéphane Barrière et Virgile Vaugelade) à l’accordéon, au piano et au saxophone.

« ça permet de donner une légèreté, un peu de peps, de fun sur quelque chose d’horrible, de faire passer par les sons des choses qu’on ne peut pas forcément faire passer par des mots, une sorte de cabaret politique autour d’un monde qui explose, poursuit-elle. On est dans une société qui part dans tous les sens, où les gens ne disent plus ce qu’ils pensent mais pensent ce qu’ils disent, c’est à dire qu’ils disent des trucs énormes, des conneries, il n’y a plus de réflexion, d’analyse mais pour eux ça devient une réalité. »

Le succès de la pièce, créée en début d’année à Avignon, tient aussi au remarquable travail sur les costumes d’Aurore Popineau : « Que ce soit le gros crâne de monsieur Ubu ou les gros seins et les grosses fesses de madame Ubu, ça renforce la bouffonnerie des personnages principaux », s’enthousiasme Isabelle Starkier.

« Le théâtre est une façon de regarder le monde autrement, de réfléchir différemment, conclut-elle. Le personnage d’Ubu est vraiment le mythe de celui qui veut être calife à la place du calife, c’est un personnage cruel, barbare mais parfois sympathique, qui peut nous faire penser à des gens autour de nous, en train de prendre les rênes du pouvoir ou qui les possèdent déjà et sont très dangereux. »

« Ubu président », au salon de théâtre de la Virgule, boulevard Gambetta à Tourcoing. Ce samedi 11 et samedi 18 à 17 h, et du mardi 14 au vendredi 17 à 20 h .