« Les filles du ciel », une belle ode à la sororité

26/03/2026 | A l'affiche, Ciné

Une belle sororité s'installe entre ces quatre filles qui vont faire famille. (c) Kris Dewitte

Après avoir tourné pendant de nombreuses années à Lille et dans sa métropole pour la série phénomène HPI, où elle incarnait le personnage de Daphné, la spécialiste en informatique, Bérangère McNeese a choisi de revenir dans le Nord pour tourner son film « Les filles du ciel », sorti en salles ce mercredi 25 mars.

Un premier long métrage qui s’inscrit un peu dans le prolongement de deux courts métrages, Le sommeil des Amazones (2015) et Matriochkas (2019). « Dans le premier, il était déjà question d’une communauté de jeunes femmes qui vivaient un peu en marge, mais je n’avais pas pu, à l’époque, aller autant en profondeur que je l’aurais aimé. Et puis, suite à Matriochkas, qui a connu un joli parcours, on m’a sollicitée pour faire une version longue, explique-t-elle. Finalement, j’ai décidé de reprendre certains thèmes que j’ai mis dans l’arène du premier. »

Dans « Les filles du ciel », on suit les aventures d’une bande de quatre jeunes filles qui vivent sous le même toit, l’une d’entre elles étant maman d’un enfant en bas âge. Toutes se font la promesse de toujours être là les unes pour les autres. Un modèle de sororité qui n’exclut pas quelques tensions. « L’écriture ayant été déployée sur plusieurs années, on ne parlait pas autant de sororité il y a six ou sept ans qu’aujourd’hui, mais ce qui m’intéressait, c’était de placer un peu ces jeunes femmes sous cloche et d’observer la dynamique qui se mettait en place, le rapport aux autres, comment on peut s’entraider », indique Bérangère McNeese.

Des jeunes femmes qui ne sont pas démunies, qui ont même trouvé le moyen de gagner parfois beaucoup d’argent, mais qui ne se projettent pas beaucoup plus loin que la fin de la semaine. « Elles ont, de temps en temps, de l’argent, elles en font un peu n’importe quoi, mais il s’agit moins ici de parler de précarité que du passage à l’âge adulte, avec les difficultés qui en résultent, poursuit la réalisatrice. Le personnage de Mallorie est le symbole de cette instabilité et il m’a été inspiré par une personne que j’ai connue quand j’étais adolescente, qui était très libre, très flamboyante, mais toujours sur le fil. »

Un personnage aussi agaçant qu’attachant, à travers notamment le fait qu’elle soit maman. « L’enfant est un élément à la fois flippant et lumineux. Il crée une tension, car il n’a pas choisi d’être là, dans un environnement qui ne semble pas idéal pour élever un enfant, mais il permet d’avoir de la sympathie pour Mallorie. Je suis assez contente du rendu, car on ne peut évidemment pas diriger un bébé, et il y a des contraintes avec des temps de tournage limités, même si on avait deux jumelles qui se relayaient. Mais je trouve qu’on a réussi à la faire bien exister au montage. »

De nombreuses jeunes femmes ont été auditionnées pour trouver le casting idéal. « Je voulais des comédiennes qui ne soient pas encore trop connues, trop identifiées, je cherchais des caractères différents, complémentaires, précise Bérangère McNeese. Un heureux hasard a fait que Shirel Nataf (Mallorie) a ensuite tourné dans le film « Ma frère », qui est sorti avant et qui a bien fonctionné. »

À ses côtés, les téléspectateurs reconnaîtront peut-être Mona Bérard, déjà vue dans Les Bracelets rouges. Héloïse Volle et Yowa-Angélys Tshikaya complètent le quatuor. « J’avais initialement imaginé un groupe plus large, mais j’ai décidé de le restreindre pour mieux observer à quel point elles sont dépendantes les unes des autres. »

« Les filles du ciel », un film de Bérangère McNeese, en salle depuis le 25 mars. Avec Mona Bérard, Shirel Nataf, Yowa-Angélys Tshikaya, Héloïse Volle…

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