Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin, la formidable association de « Ceux qui comptent »

25/03/2026 | A l'affiche, Ciné

Pierre Lottin et Sandrine Kiberlain, une rencontre entre deux êtres pas épargnés par la vie. © JULIEN PANIÉ

Trouver la bonne alchimie entre les acteurs principaux est le rêve de tous les réalisateurs. Pour son long métrage, Ceux qui comptent, en salle ce mercredi 25 mars, Jean-Baptiste Léonetti avait une vision : réunir Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin. « Ce sont deux univers complètement différents et je trouvais super l’idée de les faire entrer en collision. Ce n’est pas policé, ce n’est pas lisse, c’est ce qui me plaisait et qui pouvait, à mon sens, donner quelque chose de vraiment intéressant », confie-t-il.

Bonne nouvelle, le désir était réciproque : « J’avais ce réalisateur en tête depuis une dizaine d’années et, dès qu’il m’a appelé, c’était une évidence que j’allais accepter. Le scénario m’a beaucoup plu et jouer avec une grande dame du cinéma comme Sandrine Kiberlain était aussi un plaisir », confie Pierre Lottin.

Découvert par le grand public à travers le personnage haut en couleur de Wilfried Tuche, le comédien trace depuis sa route en délivrant à chaque fois des prestations magistrales, que ce soit dans En fanfare ou dans L’Étranger, qui lui a valu un César du meilleur second rôle il y a quelques semaines. « C’est quand même une concrétisation, la reconnaissance de ses pairs est importante, ce sont quand même les gens du milieu qui nous offrent les rôles et nous font travailler », sourit-il.

Dans « Ceux qui comptent », Pierre Lottin incarne Jean, un homme solitaire, peu bavard, tout en intériorité. En intervenant pour lui venir en aide dans un supermarché, il ne se doute pas qu’il va entrer dans la famille de Rose, maman solo avec ses trois enfants, qui vit dans un monde d’apparences et multiplie les combines et les petites arnaques pour nourrir les siens.

Aussi exubérante qu’il est taiseux, Rose va bousculer le quotidien de Jean. Ces deux êtres, abîmés différemment par la vie, ont pour point commun de ne pas se victimiser. « On a voulu prendre un peu le contre-pied de cette époque qui est “je souffre donc je suis”, insiste Jean-Baptiste Léonetti. Rose a plein de soucis, mais elle n’est jamais dans le pathos. Elle ment, elle triche, elle manipule, mais jamais à son profit. Elle ne pense pas à sa pomme, elle se démène, elle est prête à faire n’importe quoi pour ses enfants. Le personnage de Jean comprend ça et il fait ce qu’il faut pour l’aider. »

Lui-même n’est pas dans une quête d’empathie à son égard : « Il ne se plaint pas de sa situation, il est tout le temps dans l’action. Le temps passé à se plaindre est, à ses yeux, du temps perdu pour trouver un plan B, précise Pierre Lottin. Pour jouer ce dur au cœur tendre, je me suis inspiré de héros de mangas comme dans GTO ou The Lastman, des gars désabusés mais solides. »

Au fil du film, Rose et Jean se rapprochent inéluctablement, mais sans basculer dans une relation de couple. « Initialement, je pensais faire un portrait de femme, puis, avec le personnage de Jean, ça s’est équilibré. Je voulais que le public soit séduit par cette femme, mais je ne voulais pas créer un couple. Je ne voulais pas faire une comédie romantique, mais plutôt aller vers un autre type de relation. » Il y a certes de la tendresse, beaucoup de complicité entre les deux personnages, mais pas de rapport de séduction.

Pour ne rien gâcher, les trois enfants sont très justes, à commencer par Alma Ngoc, qui incarne la petite Emily et apporte un vrai souffle de fraîcheur à la famille. Preuve, une fois encore, qu’il faut soigner son casting, et pas seulement pour les têtes d’affiche.

« Ceux qui comptent », un film de Jean-Baptiste Léonetti, en salle depuis ce mercredi 25 mars, avec Sandrine Kiberlain et Pierre Lottin.

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