Pour son premier long métrage, « Dernière soirée », sorti en salle ce mercredi 18 mars, Nicolas Dozol s’est penché sur la jeunesse, ses maux, ses tourments, ses doutes, en nous plongeant dans une soirée de fin d’études à travers le regard de quatre adolescents, Alexander, Angela, Ethan et Lily, confrontés chacun à leur mal-être pour des raisons différentes.
« Ce film m’a été un peu inspiré par mon vécu : j’ai grandi dans une école privée catholique avec beaucoup de disparités sociales, et j’ai aussi fait un stage à la télévision suisse où nous avions travaillé sur les hashtags rich kids, ces messages postés sur les réseaux sociaux par des jeunes qui mettaient en avant leur fortune. Nous nous étions intéressés à l’impact de ces messages sur des jeunes qui n’avaient pas les mêmes moyens et qui rêvaient de cette vie. »
Nicolas Dozol a choisi de faire appel à quatre scénaristes différents pour développer chacun des personnages. « J’avais déjà écrit les grandes lignes de leur profil et j’ai demandé à quatre camarades de promotion, avec lesquels j’avais fait mes études de cinéma, d’y intégrer eux aussi des éléments de leur adolescence. Je voulais notamment que ce soit une femme qui écrive le personnage féminin pour savoir ce que l’on peut vraiment ressentir en tant que fille à cet âge-là », explique-t-il.
Le réalisateur a volontairement choisi une unité d’espace (une maison) et de temps (une soirée) assez restreintes pour créer une idée d’enfermement. « La notion de fête permettait aussi de représenter les personnages dans une certaine euphorie, dont ils ne voulaient pas descendre et que je souhaitais explorer, sans alcool ni drogue, mais avec une fatigue et un univers déconnecté qui font qu’à un moment, on ne sait plus si l’on est toujours dans la réalité ou dans l’onirisme », indique-t-il.
Un film écrit juste après la pandémie de Covid et à l’issue de ce confinement qui a, semble-t-il, impacté la santé mentale de certains jeunes. « Ce film a été fait dans un environnement précis, marqué par le mal-être de la jeunesse. Je voulais vraiment capturer ce qui venait d’être vécu sans prendre de recul sur la période », poursuit Nicolas Dozol, qui a depuis collaboré sur des projets majeurs, dont « The Killer » de John Woo ou la série « The Walking Dead ».
« Dernière soirée », un film de Nicolas Dozol, en salle depuis ce mercredi 18 mars, avec Lucie Cecchi, Rémi Girard, Uma Condolo et Teddy Hardy.