Si vous avez plus de vingt ans et que vous ne connaissez pas la chanson Marly-Gomont, c’est forcément qu’en 2006, vous aviez pris une année sabbatique sur une île déserte, en déconnexion totale avec l’actualité. La chanson du rappeur picard Kamini était, en effet, partout à cette époque : à la radio, à la télévision et, bien évidemment, sur la toile. « J’ai eu la chance d’être le premier buzz d’internet. C’est comme ceux qui ont fait la première Star Ac ou le premier Loft Story, on s’en souvient forcément davantage », confie le chanteur, que le public lillois va pouvoir retrouver le mercredi 25 février au Zénith, à l’occasion de la tournée I Gotta Feeling, aux côtés des L5, d’Alizée, Faudel, Nâdiya, Helmut Fritz et bien d’autres artistes qui ont marqué les années 2000.
Installé à Lille depuis de nombreuses années, Kamini avait déjà été sollicité au lancement de l’aventure, il y a deux ou trois ans, mais il n’avait alors pas pu donner une réponse favorable. « J’avais trop d’émissions sur France 3, je tournais trois à quatre jours dans la semaine et j’avais aussi quelques dates pour mes propres concerts, mon seul-en-scène, en plus de quelques castings pour différentes séries. »
Kamini a ainsi joué dans I3P sur TF1, aux côtés de Marc Lavoine, dans Alexandra Ehle sur France 2 avec Julie Depardieu ou encore dans KARMAS, trop jeune pour se taire, le spin-off d’ASKIP, toujours sur France Télévisions.
Les émissions se sont arrêtées en fin d’année et, alors qu’il venait de relancer des dates pour rôder son nouveau spectacle, Kamini a été relancé par la production d’I Gotta Feeling et, cette fois, il n’a pas hésité un instant. « Ce qui est cool, c’est que dans la troupe, il y a plein de copains, des gens avec lesquels j’ai un tronçon de vie commun, avec lesquels on échange beaucoup, poursuit-il. On avait vu le succès de Stars 80, mais je crois que nous, artistes des années 2000, on n’imaginait pas que ça puisse susciter un tel engouement. Mais, en fait, on a l’avantage d’être la génération internet : même les enfants des gens d’une quarantaine d’années ont eu accès à nos chansons sur YouTube. »
S’il foisonne de projets, et notamment celui d’adapter un jour Marly-Gomont en série et de réaliser un préquel du film du même nom pour évoquer, cette fois, la jeunesse de son père avant qu’il ne devienne médecin, Kamini savoure pleinement, en attendant, cette récréation musicale. « Je suis content de faire la fête avec les gens, je savoure tout ce que j’ai vécu, tout ce que je vis, assure-t-il. Je ne veux pas faire le philosophe ni le moralisateur, mais, par le prisme de mon père, qui était orphelin, qui a connu la misère, qui a su devenir médecin par la force du travail, je relativise toujours. Il n’y a pas la guerre chez nous, on mange, il y a de l’eau potable, des médicaments, de l’électricité, alors qu’au Congo, par exemple, elle est coupée six heures par jour. On ne sait pas de quoi demain sera fait alors, c’est Tonton Kamini qui vous le dit : kiffez votre vie ! »
« I Gotta Feeling », mercredi 25 février (20 h) au Zénith de Lille. Avec Alizée, Priscilla, Assia, Nâdiya, les L5, les Worlds Apart, Helmut Fritz, Faudel, Amine, Organiz, Tragédie, Kamini, Salomé de Bahia, Tribal King.