Helmut Fritz, ce fascinant cousin de Karl Lagerfeld

06/01/2026 | Actualités, Concerts, Musique

Helmut Fritz sera, de nouveau, sur la tournée I Gotta Feeling.

La troupe de « I Gotta Feeling » repart sur les routes de France à la fin du mois et fera étape le mercredi 25 février au Zénith de Lille. Parmi les artistes les plus attendus figure Eric Greff plus connu du grand public sous le pseudonyme d’Helmut Fritz, révélation de l’année 2009 en explosant tous les chiffres de vente avec son single « ça m’énerve ».

Le retrouver dans cette tournée tient pourtant presque du miracle quand on sait que l’artiste avait prévu de définitivement « tuer » ce personnage en 2022 avec la sortie de son livre « Rock star sinon rien ». « ça devait être le chapitre final et ça a eu l’effet totalement inverse, se souvient-il. Mon tourneur historique est venu me voir en me disant que le bouquin avait réveillé plein de patrons de clubs qui me demandaient pour assurer des showcases. Je n’étais pas super chaud, j’avais peur de l’effet has-been, que ça tombe à plat mais dès la première date, le Warehouse à Nantes, le deuxième plus gros club de France, c’était plein à craquer. Ça m’a mis une gifle de voir à quel point les gens avaient besoin de cette nostalgie. Je suis donc reparti sur une année dans les clubs et la proposition du producteur de la tournée, Alex Sorin, est arrivée juste après. »

L’idée de partir en tournée des Zéniths avec plusieurs camarades de jeu l’a tout de suite séduit. « J’avais l’impression que nos tubes sont moins iconiques que ceux des années 1980, qu’on a moins laissé une empreinte mais j’ai vu l’an passé les gens chanter comme des fous. On a fait des salles combles et comme en plus on a tous déjà eu notre heure de gloire, il n’y a plus d’égo. On se marre, c’est vraiment la colonie de vacances. »

Projets parallèles

L’homme n’était pourtant pas spécialement proche à l’époque des artistes qui l’accompagnent aujourd’hui. « Forcément, on ne pouvait pas passer à côté des tubes de chacun mais pour être honnête, nous n’étions pas consommateurs de la musique des uns et des autres, admet-il. On se croisait parfois mais j’ai vraiment découvert les êtres humains avec cette tournée. Mon ADN à l’époque, c’était plutôt les Red Hot Chili Peppers, Pearl Jam, Rage against the machine. Ce sont eux qui m’ont donné envie de faire de la musique. »

En parallèle d’Helmut Fritz, Eric Greff a toujours mené des projets plus rock, plus indépendants, plus difficiles à imposer, sous des pseudos différents comme Gérinomo ou plus récemment Rémo mais l’homme est toujours resté prisonnier du personnage qui l’a fait connaître, à un moment où il commençait à douter de sa capacité à réussir dans ce milieu. « A trente ans, j’ai pété les plombs, je ne m’épanouissais plus dans mon boulot de cadre, je voulais sortir de là, faire de la musique, monter sur scène mais je ne connaissais personne dans ce milieu, explique-t-il. Je faisais des maquettes pop que je laissais naïvement aux standardistes des maisons de disques et il ne se passait jamais rien, je n’arrivais pas à avoir de contacts, je faisais des petits boulots pour payer les incompressibles mais je commençais à me dire que je n’avais peut-être pas de talent, peut-être pas de chance ».

Jusqu’au soir où il tomba sur un documentaire sur Karl Lagerfeld à la télévision : « J’ai réalisé que ce mec était un génie, qu’il était toujours dans sa marionnette avec son costume, ses cheveux tirés, ses lunettes. Je me suis dit que j’allais parodier ce mec-là dans la musique, en créant une sorte de cousin clown, avoue-t-il. J’étais convaincu que ce titre « ça m’énerve » allait buzzer ».

Dépassé par son personnage

Le succès fut au rendez-vous et même bien au-delà de ses espérances. « ça a tellement pris que ça m’a dépassé et ça a cannibalisé tout ce que je voulais proposer à tel point que les majors voulaient du perssonage de Helmut jusqu’à la dernière goutte et n’en avaient rien à faire de mes compositions pop. On a fait un album, un EP, un deuxième album. Je ne maîtrisais plus mon projet. »

Aujourd’hui, Eric Greff n’a pas abandonné ses rêves mais accepte de s’effacer derrière Helmut Fritz : « Je me suis fait à l’idée. Helmut c’est un magnifique terrain de jeu et c’est une réponse économique à ma vie de tous les jours, ça remplit l’assiette, ça me permet de financer mes titres à côté. J’ai ce luxe de ne pas avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête. »

Si l’opportunité de continuer à faire vivre Helmut Fritz pendant des années se présente, l’artiste signe tout de suite des deux mains. D’autant plus facilement qu’il l’appréhende désormais différemment. « J’étais sorti du personnage pendant des années mais je n’ai pas eu de mal à me remettre dans le costume car je ne l’incarne pas de la même façon, précise-t-il. Helmut avait à l’époque, un style très codifié, un look de dandy ueque je n’assumerais plus aujourd’hui. Ce qui est intéressant c’est qu’étant donné qu’il y a un vrai tube que les gens connaissent, quand je fais un showcase, j’occupe le terrain avec des reprises et j’en profite pour aller au bout de mon fantasme de la rock star en mettant un bermuda à la Anthony Kiedis ou en ayant la barbe et la casquette à la Fred Durst. »

« I gotta feeling », le mercredi 25 février 2026 au Zénith de Lille. Avec, entre autres, Helmut Fritz, Alizée, les L5, les Worlds Apart, Assia, Organiz, Kamini, Faudel, Nadîya, Billy Crawford…

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