
Planète Lille a décidé d’aller régulièrement à la rencontre de comédien(ne)s qui tiennent des rôles récurrents dans différentes séries télévisées pour évoquer leur personnage mais aussi leur parcours et leurs différentes actualités.
C’est dans une brasserie parisienne que nous avons pu discuter avec le sympathique Benjamin Bourgois, alias Alexandre Levy, lieutenant de police depuis les débuts de la série Un si grand soleil, diffusée du lundi au vendredi vers 20 h 40 sur France 2.
Benjamin, pouvez-vous nous raconter votre arrivée dans la série ?
« Initialement, j’avais passé le casting pour un personnage plus dramatique puis j’ai reçu un message me disant que j’étais bien lors des essais mais que je correspondais davantage à un autre rôle, celui d’Alex, un gars un peu gauche, bonne pâte, qui ne sait pas trop y faire avec les filles. Bref, ne nous le cachons pas, ce n’était pas très glorieux. C’était un peu vexant qu’on me catalogue d’entrée comme le boulet qui allait en chier avec les nanas (rires) mais je me suis surtout dit que c’était chouette d’intégrer la série, d’avoir ce personnage à défendre. Finalement, ça fait plus de cinq ans que ça dure. »
Comment expliquez-vous le succès de la série ?
« Les Français aiment ce format. Depuis Plus belle la vie, c’est un peu une tradition française de faire des quotidiennes. Au départ on ne connaissait pas l’horaire mais je crois que le fait d’être diffusé vers 20 h 40 après les informations du soir a aussi été un élément déterminant. Ça aurait été plus dur de commencer à quasiment 4 millions de téléspectateurs si nous étions arrivés vers 18 h en concurrence avec une autre quotidienne. Depuis, on a un peu baissé mais on se maintient bien et ça reste largement convenable en part de marché. Je sais qu’on a un public assez âgé mais la chaîne et la production s’efforcent à travers les histoires proposées de ramener un public plus jeune devant la télévision, ce qui n’est pas simple car les 18-25 ans sont désormais sur d’autres supports. »
La distribution est imposante dans une quotidienne mais vous avez la chance de faire partie des acteurs que l’on voit le plus…
« Oui, les policiers font partie des récurrents les plus présents, avec aussi les avocats je pense. Les gens aiment les séries policières et c’est très rare qu’il n’y ait pas une enquête policière en cours. En plus, les auteurs peuvent mettre des intrigues autour de nos vies personnelles comme ça avait été le cas dans l’arche où ma compagne me trompait et était impliquée dans une histoire de vol. »
Est-ce possible d’amener ses idées pour faire évoluer son personnage ?
« La production est à l’écoute mais vu la machine qu’est la série, c’est difficile d’entendre tout le monde. Si les auteurs devaient prendre en compte les désidératas, ne serait-ce que de la trentaine de personnages récurrents, ce serait compliqué. Comme le dit, Olivier Szulzynger (le créateur de la série), une quotidienne c’est comme un paquebot, on ne peut pas faire un 90 degré sur 100 m, il faut le dévier de 5 degrés sur plusieurs kilomètres et il faut une cohésion totale. Si on a une idée d’évolution que l’on partage, ça peut pendre du temps à mettre en place, il faut trouver une occasion de l’aborder dans une arche et savoir comment rebondir derrière. On peut plutôt agir dans notre jeu d’acteur, faire un peu les salles gosses en ne respectant pas le texte mot pour mot. On peut faire quelques improvisations mais ça reste à dose homéopathique, on est dans un terrain de jeu surveillé. »
Jouer un personnage récurrent est-ce un frein pour mener d’autres projets ?
« Au début, j’avais entre 80 et 100 dates de tournage par an, ce qui était beaucoup. Là, je suis plutôt à une cinquantaine de jours. Le théâtre me manque cruellement mais je sais que ce ne serait pas possible, ça me ferait m’absenter de la série trop longtemps, ce qui compliquerait la vie de la production. En revanche, je continue à passer des castings pour la télévision. On ne connaît pas les raisons pour lesquelles nous ne sommes pas pris donc je ne sais pas si parfois des productions ou des chaînes se disent « ah non, lui on le prend pas parce que c’est un mec étiqueté France 2 ou Un si grand soleil ».
Quels sont ceux qui ont abouti ?
« J’avais fait deux épisodes de la saison 3 de la série Les invisibles et aussi un unitaire Meurtre dans le Cantal, qui sont passés en fin d’année 2023 sur France Télévisions, et j’ai également tourné dans un épisode de la série Le négociateur avec François-Xavier Demaison et Michel Jonasz, qui sera bientôt diffusé sur TF1, où je joue un directeur de banque pris en otage.
Pour être honnête, je pensais au départ faire trois ou quatre ans dans la série puis passer à autre chose mais aujourd’hui je me rends compte que j’ai de la chance d’être dans Un si Grand soleil, je m’éclate, je m’entends bien avec les autres comédiens et les auteurs me proposent quand même régulièrement des arches super sympas. »
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Photo Fabien Malot / FTV