La comédienne qui incarne la cheffe végane Olivia Listrac dans Ici tout commence, la série quotidienne de TF1 a accepté avec un immense plaisir de rejoindre plusieurs camarades dans l’adaptation de Tailleur pour dames de Feydeau au théâtre de La Madeleine à Paris.
Virginie, quelle a été votre première réaction quand vous avez été sollicitée pour ce projet théâtral avec des comédiens anciens ou actuels de la série Ici tout commence ?
« C’est Julien Alluguette qui m’a appelée pour m’en parler. C’était lui le metteur en scène, donc ça m’intéressait. Revenir au théâtre, où j’ai commencé ma carrière, ça m’intéressait, et Feydeau, ça m’intéressait aussi. Savoir, en plus, qu’il y aurait plein de copains, forcément, ça faisait envie. »
J’imagine aussi que c’est un vrai gain de temps de déjà bien connaître ses partenaires de jeu ?
« Oui, on a déjà bossé ensemble, c’est plus facile. Et puis, c’est chouette de les découvrir différemment. On est servis, car les personnages n’ont rien à voir avec ceux de la série. »
Est-ce que vous connaissiez déjà bien cette pièce, Tailleur pour dames ?
« Je ne l’avais plus en tête, donc j’ai regardé une adaptation qui avait été faite il y a 20 ans pour éviter de la relire. Mais même si c’était génial, je n’ai pas voulu la revoir une seconde fois pour ne pas trop m’en imprégner. »
Qu’est-ce qui vous plaît chez Feydeau et dans votre rôle ?
« C’est vieux comme le monde, mais les portes qui claquent, le mari, la femme, l’amant et plus si affinités, ça marche toujours, ça nous parle encore aujourd’hui. Je joue, en alternance avec Laurence Facelina, le personnage d’Aigreville, cette belle-mère un peu maniaque qui a envie de gérer la vie de sa fille et, par ricochet, la vie des autres. C’est super ludique à jouer. Un esprit un peu étroit, un peu resté dans son siècle. Pour la première fois de ma vie, je me retrouve la plus vieille du plateau, ça fait bizarre. »
Avez-vous discuté de la façon d’interpréter Madame Aigreville avec Laurence Facelina ?
« Non, car on a envie d’apporter des choses qui nous sont propres, d’autant qu’on n’a vraiment pas grand-chose à voir toutes les deux, ne serait-ce que dans l’âge, le physique ou la façon de jouer. Nos personnages dans Ici tout commence sont aussi complètement différents, donc on ne va pas se copier l’une l’autre. C’est aussi ce qui va être intéressant pour les gens : voir des acteurs différents d’une soirée sur l’autre. Ce ne sera pas tout à fait la même pièce. Et même pour nous qui allons jouer, ce qui va être génial, c’est qu’on ne se retrouvera pas tous les soirs avec les mêmes acteurs en face de nous. Donc, il y aura parfois de petits inconforts, mais du coup, ça permet d’avoir une petite tension, l’obligation de rester bien focus. »
Vous disiez que le théâtre, ça vous ramenait à vos débuts. C’est un espace d’expression que vous aimez ?
« Le fait d’avoir un public face à soi dès le départ, sa réaction fait qu’on sait tout de suite si ça marche ou pas. C’est quelque chose qui motive aussi énormément. J’ai commencé par du classique avec Iphigénie de Racine, mais j’ai aussi joué du Anton Tchekhov, du Marcel Aymé. Je suis quelqu’un qui déconne beaucoup dans la vie, donc là, ça va me faire bien plaisir de retrouver les planches avec une comédie après de longues années à faire de la télé. L’exercice est vraiment chouette. »
L’expérience de la quotidienne, avec son rythme intensif, ça aide pour le théâtre ?
« Oui, comme la mémoire est un muscle, plus on la met en branle et plus on apprend vite, donc forcément, ça aide. Maintenant, ce ne sont pas du tout les mêmes textes, et là, on a un seul texte à apprendre. Une fois qu’il est appris, c’est bon. Après, pour la télévision, une fois que c’est en boîte, c’est fini. Au théâtre, il faut être là, présent tous les soirs, et avoir l’envie de montrer un très beau spectacle au public. »
Votre personnage dans la pièce est un peu à l’opposé de celui d’Olivia, la cheffe Listrac, dans ITC…
« C’est vrai que c’est un peu le grand écart entre les deux, mais c’est ce qui est chouette aussi. Si c’est pour jouer toujours la même chose, ce n’est pas très marrant. Incarner une cheffe de cuisine, c’est super, j’adore la bouffe, donc je m’éclate là-dessus. Et là, faire une femme théoriquement plus âgée, avec de la poigne, ça m’amuse bien aussi. L’énergie que j’ai naturellement va m’aider pour ce genre de personnage. »
Une dernière question sur Ici tout commence : quelles sont les arches qui vous ont le plus marquée ?
« Sans doute celle avec mon ex-mari, un personnage très indélicat avec les jeunes femmes, alors qu’il ne l’était pas du tout avec moi. C’était une arche assez intense. Après, je pense qu’il y a encore énormément de choses à faire et je trouve qu’on n’a pas assez exploité le côté très dynamique et drôle. J’aimerais bien retrouver un petit peu plus de comédie. »
Tailleur pour dames de Feydeau, adapté et mis en scène par Julien Alluguette, jusqu’au10 janvier 2027 , au théâtre de la Madeleine, à Paris. Avec Mikaël Mittelstadt et, en alternance, Aurélie Pons/Kathy Packianathan ; Thomas Vilan/Galaad Quenouillère ; Fabian Wolfrom/Simon Dartois ; Virginie Caliari/Laurence Facelina ; Lou Ladegaillerie/Loryn Nounay ; Rebecca Benhamour/Florence Coste ; Luigi Kröner/Maxym Anciaux ; Axelle Dodier/Sarah Fitri.