Thomas Leleu fait souffler un vent nouveau sur son tuba

06/11/2026 | Actualités, Musique, Sorties d'albums

Thomas Leleu contribue depuis des années à populariser le tuba.

Musicien mondialement reconnu, qui donne concerts et des master classes avec son tuba sur tous les continents, le Villeneuvois Thomas Leleu s’aventure dans de nouveaux territoires, plus jazz, plus pop, avec son nouvel album Night Celebration, disponible depuis ce vendredi 6 novembre.

Thomas, revenons d’abord une trentaine d’années en arrière. Qu’est-ce qui pousse un petit garçon à jouer du tuba ?

« Mon père était tubiste, donc le point de départ, c’est d’avoir voulu faire comme lui et je dois dire que cet instrument m’a vite intrigué, ce gros machin avec des fils partout. Jusqu’à 16-17 ans, je n’imaginais pourtant pas en faire mon métier. L’ambition et le rêve se sont modelés avec le temps. »

Êtes-vous fier d’avoir popularisé un instrument que les gens connaissent finalement assez peu ?

« Aujourd’hui, je revendique davantage mon projet musical, le mélange des genres, bien plus que mon instrument. D’ailleurs, sur mon nouvel album, il y a des titres comme Baby Don’t Rush the Night, avec China Moses, où le tuba est en arrière-plan parce qu’il faut laisser la place à la voix, qui touche beaucoup plus. Mon trophée aux Victoires de la musique (2012), les émissions auxquelles j’ai participé et dans lesquelles j’en parlais peut-être d’une façon un peu différente ont participé au rayonnement de l’instrument et ça me réjouit, tout comme le fait d’avoir pu donner envie à des jeunes d’essayer. Mais je ne cherche plus à mettre à tout prix le tuba en avant comme je pouvais le faire à une époque. »

Avec ce nouvel album, « Night Celebration », vous basculez vers le jazz et la pop. Pourquoi prendre cette nouvelle direction ?

« L’intérêt d’une carrière, c’est d’évoluer, de ne pas toujours faire la même chose. Au départ, j’étais musicien d’orchestre, puis je suis devenu soliste classique et maintenant, je vais vers d’autres styles musicaux. J’avais déjà depuis longtemps cette vision de faire du jazz. À l’époque, c’était très décrié par certains tubistes, mais mon mantra, c’est que rien n’est impossible. Je ne suis pas un jazzman, mais je joue sur des scènes jazz parce que ma musique me permet d’improviser. Et bien plus que le jazz pur, j’apprécie les musiques pop, latines, afro-cubaines, le funk, le jazz-rock. J’ai aussi besoin de formats, on va dire, radio, j’ai besoin de choses assez efficaces. Écouter un titre qui dure 10 minutes, ça ne me va pas, je m’ennuie. L’idée de Night Celebration, un album pop, soul, avec même des choses très disco, c’est de faire quelque chose qui va parler au grand public, mettre cet instrument singulier au milieu d’un environnement pop pour toucher un public plus large. »

Toucher un autre public, c’est donc votre ambition ?

« Je suis parti d’une niche en musique classique, puis la niche s’est agrandie, mais pour aller plus loin, il faut des choses plus faciles d’accès. Ça passait par la production musicale, les compositions, des thèmes simples qu’on retient. J’en avais envie depuis longtemps, mais je n’avais pas rencontré les bonnes personnes. Mon précédent projet, Outsider, était déjà plus jazz-pop. Là, j’ai eu envie d’un disque très produit avec le thème de la nuit. »

Pourquoi la nuit ?

« Parce que c’est un moment où l’on est traversé par toutes les émotions, tous les sentiments. Parce qu’on vit tous des nuits très différentes et que tout est amplifié, démesuré. Je voulais que ce soit universel, mais je ne voulais pas tomber dans la facilité de la fête et de ses excès. Je voulais aller vers quelque chose de plus sensible : le spleen, la mélancolie, le rêve, les angoisses. Chaque titre fait écho à des émotions que j’ai réellement ressenties. »

Il y a plusieurs collaborations sur cet album, avec des artistes aux univers très différents (jazz, rap, lyrique). Ça répond à quelle attente ?

« Je m’étais fait la réflexion, sur mes albums précédents, qu’il y avait des mélodies assez fortes qui auraient mérité d’être chantées. Il n’y a rien qui touche plus que la voix. China Moses, je suivais son parcours depuis longtemps, je connaissais la musique de sa mère, Dee Dee Bridgewater. Elle m’a proposé de changer de petites choses dans ce que je lui proposais et c’était exactement le petit plus qu’il fallait. Catherine Trottmann, qui chante du lyrique, de l’opéra, a aussi amené sa voix magique. Pour les rappeurs, Barry Moore et Le Môme, c’est une idée de Régis Ceccarelli, qui a réalisé l’album. Je ne connaissais pas trop cet univers, mais j’ai adoré leur flow. Et cet album, ce n’est qu’une première pierre, il y en aura encore plus sur le prochain album. »

« Night Celebration », le nouvel album de Thomas Leleu, est dans les bacs. Prix : 14,99 €.

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