Skip the Use a pris le temps de se réinventer

11/05/2026 | Actualités, Concerts, Musique, Sorties d'albums

Le groupe lillois Skip the use est de retour avec un nouvel album. (c) Nicko Guihal

Quatre ans que leurs fans attendaient ça ! Depuis Human Disorder, sorti en 2022, tout le monde guettait le nouvel album de Skip the Use. Depuis quelques semaines, le manque est comblé avec Love and Anxiety, que les membres du groupe ont volontairement pris le temps de construire.

« On a pris une grosse pause, mais aussi le temps d’essayer de nouvelles choses, confie le bassiste Nelson Martins. Entre ces deux derniers albums, chacun est parti faire des choses différentes. Donc, au moment de se retrouver, tu ne reviens pas avec le même bagage ni les mêmes envies. Ça a quand même été dur, au début, de s’aligner, de trouver le bon rythme ensemble. Du coup, on a écrit plein de morceaux, on a commencé l’album puis on l’a recommencé plusieurs fois, et ça a fini par faire naître un concept avec ces deux émotions : love et anxiety. À partir du moment où ce concept s’est imposé à nous, ça a tout fluidifié. »

« Quand un concept sort sans qu’on l’ait calculé, c’est que c’est le bon, prolonge Mat Bastard. À une époque où les rapports humains et sociaux sont remis en question, on s’est aperçus qu’il y a toujours une balance qui définit les relations entre les individus. Par exemple, pour nous, faire un concert, ce n’est pas un stress, c’est plutôt une récréation : on se marre, on passe un bon moment. Alors que pour d’autres artistes, ça génère un stress immense, ça fait même vomir certains. Cette balance love and anxiety, elle est valable pour tout : les relations amoureuses, l’amitié, la parentalité, la politique, la culture, la spiritualité… »

 

Pour ce nouvel opus, Mat Bastard a souhaité faire évoluer le fonctionnement du groupe : « Je voulais que chacun vienne avec ses chansons de A à Z. Ça n’empêchait pas que quelqu’un puisse amener sa plus-value, ses idées, mais que ce soit celui qui a apporté le titre qui indique où il veut aller, ce qu’il veut raconter. Ça responsabilise chacun, sourit-il. En réécoutant l’album, je pense vraiment que les chansons restent fidèles aux démos de départ. Je pense notamment à Grew Up Mad, qui reste à 95 % dans l’ADN de ce que Yan Stefani avait amené et écrit au départ. Je crois que c’est grâce à ça que cet album est, à nos yeux, aussi abouti. »

Skip the Use a aussi opté pour une démarche que certains ont jugée moins frontale : « La culture du truc qui fait le buzz, qui fait du bruit mais qui disparaît aussi vite qu’il est apparu, ça nous faisait chier. On voulait vraiment titiller, que ça reste dans la tête, que ça provoque une vraie réflexion. Je ne cherche pas à faire des chansons que les gens aiment, mais j’espère qu’ils les écoutent, et même que ceux qui sont mes cibles les détestent. On essaie d’être encore plus incisifs, plus subtils dans les textes. »

« Depuis que nous sommes arrivés dans le projet, il y a dix ans, l’intégration a été progressive. Au début, on était là sur l’album, mais c’étaient vraiment de petites touches à gauche, à droite. Ça restait surtout les chansons de Mat et de Yann, on était encore en formation, en développement », s’amusent Nelson Martins et le batteur Enzo Gabert, le benjamin du groupe, convaincus que Love and Anxiety est l’œuvre la plus réussie de Skip the Use depuis qu’ils sont tous les quatre réunis.

L’album Love and Anxiety est en vente au prix de 15,99 €. Skip the Use sera en concert à L’Aéronef le 22 janvier 2027.

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