C’est forcément l’un des films dont on va causer autour de la machine à café, lors de soirées entre copines et, on l’espère bien, au sein des couples. Susciter le débat et libérer la parole autour d’un sujet encore relativement tabou comme le plaisir féminin est un sacré défi, mais c’est justement ce qui a motivé Reem Kherici à réaliser Pour le plaisir, en salle depuis ce mercredi 6 mai, avec Alexandra Lamy et François Cluzet comme têtes d’affiche.
« Pour être franche, je n’avais pas du tout envie de parler de ce sujet-là, avoue-t-elle. L’idée ne vient d’ailleurs pas de moi, mais de David Solal et Gary Kikoïne, qui avaient vu un reportage sur les inventeurs du Womanizer. J’ai refusé d’emblée car je suis très pudique, issue d’une famille très conservatrice. Et puis je me suis interrogée sur ma volonté d’entretenir ce tabou et j’en suis arrivée à la conclusion que ce serait bien d’en parler en 2026. J’ai donc fait des recherches. »
La jeune femme a ainsi découvert « qu’au Moyen Âge, le clitoris était considéré comme la marque du diable et qu’à l’époque de Jean-Martin Charcot, on disait d’une femme qui atteignait l’orgasme qu’elle était en crise d’hystérie », et elle a donc décidé de revenir sur sa décision. « J’ai décidé de me lancer avec l’idée qu’il fallait que ça reste classe, élégant et surtout drôle, précise-t-elle. J’ai complètement délaissé mes autres projets et je me suis vraiment sentie investie d’une mission. »
Dans son film, Fanny (Alexandra Lamy), mariée à Tom (François Cluzet) depuis 20 ans, se décide à aller voir sa sexothérapeute (Reem Kherici) pour lui avouer qu’elle n’a jamais connu le moindre orgasme. Cette dernière lui recommande d’en parler franchement à son mari et la nouvelle va forcément faire l’effet d’une déflagration au sein du couple. Elle aura également des répercussions sur tous les membres de la famille — enfants comme parents — ainsi que sur le cercle d’amis proches. Comment ce couple va-t-il traverser cette crise ? Y survivra-t-il ou va-t-il voler en éclats ? Résoudra-t-il le problème ? On vous laisse découvrir les réponses à ces interrogations en salle.
Alexandra Lamy n’a pas hésité à donner son accord : « L’enthousiasme de Reem quand elle m’a présenté le projet m’a tout de suite donné envie et j’ai trouvé l’histoire très moderne, confie-t-elle. C’était génial de traiter ce sujet sous l’angle de la comédie, un art qu’elle maîtrise très bien. Il fallait quelqu’un qui sache écrire, filmer, et Reem a su en faire une vraie histoire d’amour. Tout est suggéré avec élégance, il n’y a rien de malaisant, rien de gênant, rien de graveleux. Elle fait tout passer par le ressenti. »
« Il fallait que ma caméra sublime la femme, insiste Reem Kherici. Je voulais être sûre qu’il n’y ait pas un téton qui dépasse, que le port de tête soit exactement comme je le voulais. Dans tout ça, il y a aussi la question de la libération de la femme de 50 ans. »
Comme toujours, Alexandra Lamy et François Cluzet excellent. « Ce sont de grands acteurs, souligne Reem Kherici. Le succès du film, c’est aussi la force de leur interprétation. Alexandra est solaire, touchante, émouvante, drôle, tandis que François est viril, vulnérable et drôle lui aussi. Ce film ne serait pas le même si je n’avais pas des acteurs aussi puissants dans leur authenticité. »
« Pour le plaisir », un film de Reem Kherici, en salle depuis le 6 mai. Avec Alexandra Lamy, François Cluzet…