Il y a des jours où il vaut mieux rester au lit. C’est ce qu’a dû penser Zize en apprenant, le même jour, que son mari la trompait, que sa belle-fille était enceinte et qu’elle allait donc devenir grand-mère. Dans « IrréZIZEtible », le spectacle qu’il jouera le vendredi 24 avril (20 h) à Lille Grand Palais, Louis Naitana, également connu sous le nom de Thierry Wilson, fait encore vivre de sacrées aventures à ce personage de Zize, qui s’imagine davantage en sexygénaire qu’en mamie gâteau.
L’humoriste rêvait pourtant initialement de théâtre classique, avant de vouer une véritable fascination au transformisme, travaillant pour Michou et partageant une tranche de vie avec Coccinelle, l’icône transgenre des années 1950 qu’il épousa en 1996.
La création de Zize, en 2014, fut inspirée par Marie-Thérèse Porchet, le personnage imaginé par l’humoriste suisse Joseph Gorgoni : « Quand je l’ai vue, ça a été une révélation, admet-il. Ce personnage s’est imposé à moi, qui ai grandi dans un univers de femmes, avec ma mère qui tenait un salon de coiffure. J’avais l’impression que c’était une magicienne, car des femmes y entraient en étant moches et ma mère les rendait belles et heureuses. »
Physiquement, l’idée était de ressembler à Sylvia Fine, la mère de Fran Fine dans la série télévisée Une nounou d’enfer. Mission accomplie. Et si sa légende assure qu’elle a été sosie de Madonna, mais aussi Miss Marseille, Zize est heureuse de retrouver une région qui l’a quasiment vue naître. « Mon premier public a été celui de la fête du poisson à Boulogne-sur-Mer, la ville d’origine d’Hortensia (de son vrai nom Jacky Hénu), un gars avec une culture et une générosité extraordinaires, avec qui je partageais ma loge chez Michou, se souvient-elle. À son décès, l’an passé, je me suis senti très seul, mais j’ai alors noué des liens forts avec un autre gars du Nord, Jeanfi Janssens, dont j’ai fait récemment les premières parties à Lille. J’ai toujours fait des rencontres merveilleuses avec les gens de chez vous. »
La vie de Zize est déjà un vrai roman, dont le prochain chapitre pourrait s’écrire au cinéma. « Il y a un projet de film depuis un moment. J’espère que ça se fera un jour. Catherine Frot m’a dit qu’il fallait absolument trouver le bon réalisateur, capable de donner à l’écran ce que je donne sur scène pour ne pas faire un flop, confie-t-il. Il faut une certaine psychologie pour comprendre le personnage de Zize, ne pas faire une grosse comédie bien lourde. Beaucoup de gens voient uniquement le transformiste, l’homme habillé en femme, mais Zize, c’est une mère de famille qui vit sa vie de femme. La subtilité est là. »
« IrréZIZEtible », le vendredi 24 avril 2026 (20 h) à Lille Grand Palais.