Dès le mois d’octobre, le célèbre mentaliste valenciennois Viktor Vincent va s’atteler à la réalisation de son premier long métrage, un thriller psychologique qui devrait s’intituler « Good Boy », avec Élodie Frégé et Rod Paradot. « Écrire un film et un spectacle, c’est un peu pareil dans le sens où l’on joue avec le regard des gens, on crée une illusion. Il y a toujours cette question centrale de ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas. Dans le film, on va vivre ça à travers un personnage dont le monde s’effrite et, à un moment, on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est plus. Ça me plaît beaucoup, on est dans le fantastique. »
Le fantastique, c’est aussi et surtout l’actualité de l’artiste, en pleine tournée avec son dernier spectacle, « Fantastik », qui fera étape le jeudi 2 avril au théâtre Sébastopol de Lille et dans lequel Viktor Vincent emmène son public dans un formidable voyage en train. « Tout est parti du roman de Guy de Maupassant, “Les Histoires fantastiques”, que j’ai relu pour faire un livre audio, explique-t-il. C’est la période que je préfère, la fin du XIXᵉ siècle, où l’invisible commence à prendre une place importante avec la découverte de l’électricité, le magnétisme, la radioactivité… C’est aussi le moment où les théâtres commencent à se multiplier, où l’on propose de plus en plus de spectacles, comme les soirées fantastiques de Robert-Houdin, et puis on assiste aussi aux premiers films avec des trucages. Bref, tout ça m’a donné envie de m’approprier le genre fantastique. »
S’il ne laisse toujours qu’une part infinitésimale à l’improvisation, Viktor Vincent n’a de cesse de faire évoluer le ressenti du spectateur : « Je raconte des histoires fantastiques comme si nous étions au coin du feu, je les illustre avec des expériences et j’essaie d’être le chef d’orchestre des émotions du public, poursuit-il. Les ambiances sont plus fortes et je m’efforce d’instiller le doute, que les gens hésitent subitement entre ce qui est rationnel et ce qui ne l’est plus, qu’à un moment on bascule de l’autre côté du miroir. »
Toujours bienveillant lorsqu’il fait monter du public sur scène, le mentaliste a décidé de passer un nouveau cap dans ses illusions : « Jusqu’à présent, je devinais les choses, mais là je prends quelqu’un du public, je l’investis de ce pouvoir afin qu’il soit capable, à son tour, de deviner quelque chose sur une autre personne, indique-t-il. La personne s’étonne elle-même de ce qu’elle est capable de faire. Je trouve que l’on passe ainsi une étape supplémentaire. En fait, j’essaie de créer les spectacles que j’aurais aimé regarder, que j’ai envie de voir. »
Viktor Vincent joue son spectacle « Fantastik » le jeudi 2 avril (20 h) au théâtre Sébastopol de Lille.