Antoine Donneaux ne se contente pas de bien imiter

17/03/2026 | Actualités, Spéctacles, Théâtre/Humour

Antoine Donneaux trace sa route depuis sa finale dans La France a un incroyable talent. (c) Lyne Cobraiville

Antoine, on découvre régulièrement des talents venus de Belgique dans La France a un incroyable talent. À quel point cette émission, dont vous avez été finaliste fin 2023, a-t-elle été un accélérateur de carrière ?
« Ça a été énorme. Avant, je jouais mon spectacle trois fois par an dans un très bon café-théâtre de Liège,
La Comédie en Île, et dès le premier passage dans l’émission, j’ai reçu des demandes de France, de Belgique et même de Suisse. J’ai pu construire une tournée. Sans l’émission, ça aurait pris beaucoup plus de temps pour en arriver là : ça a vraiment été un gros coup de pouce. »

Votre spectacle était déjà prêt, mais vous l’avez visiblement retravaillé ?
« Oui, j’ai changé des petites choses, je l’ai un peu francisé. Je parlais de pas mal d’humoristes belges ; du coup, j’ai ajouté Macron, car je sais que vous l’adorez. J’ai remanié un peu l’introduction, qui était un peu clivante. J’adore l’absurde, mais ça fonctionnait un peu moins en France qu’en Belgique : les gens se demandaient si ça avait commencé ou non. Et puis j’ai aussi modifié des choses qui ne me convenaient plus, mais la base était déjà là. »

Il y a des imitations, du stand-up. J’imagine qu’il y a quand même un fil directeur ?
« Je crois que c’est difficile de me mettre une étiquette, car je suis sur plusieurs tableaux. Du coup, j’ai inventé le mot “humotateur”. J’avais déjà vu des spectacles d’artistes qui imitaient très bien mais qui enchaînaient les voix, sans lien, sans but, juste pour la performance et ça, c’est quelque chose qui ne m’amuse pas. Dans mon spectacle, le fil directeur, c’est mon père, un Ardennais des années 1960 qui a du mal à exprimer ses émotions. C’est parsemé d’histoires, d’anecdotes sur notre relation, en mode stand-up, et j’essaie, au fil du spectacle, de lui montrer que je peux devenir quelqu’un, de le rendre fier. En plus, j’ai ajouté un personnage fictif, Jason, mon régisseur plateau, qui est un peu mon adolescent qui sabote le spectacle. »

Chaque génération et chaque pays ont leurs références. Essayez-vous d’aller chercher des voix qui puissent toucher tout le monde ?
« Oui, il y en a pour tout le monde. J’ai des chanteurs décédés comme Brel, Brassens ou Aznavour pour les plus anciens, mais je vais aussi du côté d’Orelsan, Julien Doré ou Vianney. Et entre ces deux générations, je fais du Bruel, du Garou, du Cabrel. C’est la même chose avec les humoristes qui ont été des inspirations comme Élie Semoun et Franck Dubosc à l’époque des “Petites annonces”, mais aussi des nouveaux talents comme Paul Mirabel. C’est vraiment un spectacle très familial, bon enfant, pas vulgaire : les adolescents peuvent venir. »

Vous choisissez les personnalités que vous imitez en fonction des thèmes que vous abordez ou, à l’inverse, vous décidez des sujets que vous abordez en fonction des voix dont vous disposez ?
« Je crois qu’il n’y a pas un sens plus que l’autre. C’est un peu au feeling. Parfois, je cherche une personne pour appuyer un propos et je vais donc travailler des voix pour raconter l’histoire, mais je peux aussi partir d’une voix que je maîtrise et réfléchir à ce que je vais lui faire dire. Je cherche surtout à voir si la personne est assez connue. S’il n’est célèbre que sur internet, c’est trop jeune ; s’il est juste connu à la télévision, c’est un peu vieillot. Il faut trouver le personnage qui me plaît dans le juste milieu. »

Ressentez-vous parfois de la frustration face à des personnes que vous ne parvenez pas à imiter ?
« Ma plus grosse frustration, c’est Loïc Nottet, car j’adore chanter, j’adore sa voix, mais je sais que je ne peux pas le faire. Tout ce qui est plus dans les aigus, comme Freddie Mercury, c’est compliqué pour moi. Je n’aime pas trop caricaturer des artistes : j’essaie toujours de me rapprocher au maximum de la voix originale et, si je n’y parviens pas, je ne le fais pas. »

Antoine Donneaux sera au Splendid de Lille, le vendredi 10 avril (20 h), pour son spectacle « Imitateur mais pas que ! »

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