Grand spécialiste de la comédie (il a signé la trilogie Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, À bras ouverts, Débarquement immédiat), Philippe de Chauveron a relevé le pari de l’adaptation du film espagnol El buen patrón de Fernando León de Aranoa. « En lisant le scénario, le réalisateur espagnol m’a offert le meilleur compliment en me disant que c’était à la fois très fidèle et très différent de l’œuvre originale, et c’est exactement ce que je recherchais », se réjouit-il.
Pour incarner ce patron attaché au bien-être de ses salariés, mais plus encore au bon fonctionnement de l’entreprise familiale de balances, Philippe de Chauveron a fait une bonne pioche en choisissant Didier Bourdon. « Je suis un grand fan, j’aurais aimé faire encore plus de films avec lui si j’avais pu, assure-t-il. Je trouve qu’il a plein de couleurs dans son jeu, il est évidemment très drôle, mais il peut aussi faire peur, il a de la puissance. »
Le comédien s’est, en effet, régalé à jouer ce chef d’entreprise dont le bon cœur a ses limites, mais qui s’en fixe beaucoup moins lorsqu’il s’agit de tout mettre en œuvre pour obtenir un prix. Entre un ancien ouvrier (Jean-François Cayrey) qui manifeste aux portes de l’usine en refusant les indemnités (même généreuses) qui lui sont proposées pour partir, un contremaître (François Levantal) qui vrille en apprenant que sa femme le trompe ou encore une stagiaire (Ludmila von Claer) qui bouscule les petites habitudes de tout le monde, l’heure n’est pas tout à fait à la sérénité.
« Je pense qu’il y a une certaine maturité qui s’installe et j’ai envie de faire des choses un peu différentes, des rôles plus dramatiques. Ce film est un entremets formidable, car ça reste une comédie, mais on peut s’amuser sur d’autres couleurs. Le grinçant peut s’immiscer avec des situations un peu ambiguës. C’est un homme qui ne s’est pas fait tout seul, qui a hérité de l’entreprise familiale même s’il l’a modernisée, et qui a un petit côté enfant gâté avec son obsession pour ce prix qu’il peut recevoir. C’était intéressant à jouer. »
L’autre grand plaisir de Didier Bourdon a été de retrouver Catherine Frot dans le rôle de sa femme. Il n’avait plus travaillé avec elle depuis plus de vingt ans, depuis le film Sept Ans de mariage (2003). « Elle est très drôle, elle apporte sa magie, ce petit côté bourgeoise. Dès qu’elle arrive, les gens rient, c’est un accélérateur de comédie. » Sans oublier son complice des deux opus de Chasse gardée, Jean-François Cayrey, qui délivre, lui aussi, une magnifique partition.
« Un bon patron », un film de Philippe de Chauveron, en salle depuis ce mercredi 4 novembre. Avec Didier Bourdon, Catherine Frot, Jean-François Cayrey, François Levantal et Ludmila von Claer.