Après trois soirées au théâtre Sébastopol en février, l’humoriste marseillais Redouane Bougheraba revient à Lille, cette fois au Zénith, ce vendredi 6 novembre (20 h), avec son show intitulé « Mon premier spectacle ».
Redouane, vous avez décidé, dans ce spectacle, de vous livrer davantage. Pour quelles raisons ?
« Les gens connaissaient Redouane le clasheur, le mec qui vanne les gens au premier rang, mais ils ne connaissaient pas Redouane Bougheraba, le père de famille, le frère, le fils. Je voulais enlever l’armure et me dévoiler un peu plus. Même si je suis quelqu’un de pudique, on me découvre davantage. C’est plus écrit, il y a plus d’anecdotes et moins de punchlines, même s’il en reste, tout comme il reste de l’impro et du clash. Ça a bien fonctionné. Depuis le début, les gens sont ravis. Ils aiment découvrir cette facette un peu plus tournée vers l’émotion. »
Ça a été facile de se livrer, de déterminer ce que l’on raconte et ce que l’on garde pour soi ?
« Je ne me suis pas mis de limites et tout ce que je raconte sur scène est vrai. Le public a pu voir que je n’étais pas une machine à clasher sans cœur (rires). Dans ma carrière comme dans mon parcours personnel, je suis content d’avoir franchi ce cap. Et le fait d’avoir une base écrite permet de retomber plus facilement sur ses pattes quand on part sur un moment d’improvisation. Les gens veulent bien sûr du clash, mais ils sont aussi absorbés par l’histoire. »
Ça s’inscrit finalement dans la lignée du film « Sur la route de papa », dans lequel vous avez joué ?
« Oui, le film d’Olivier Dacourt et Nabil Aitakkaouali racontait quelque chose d’intime, un voyage d’introspection évoquant l’éducation, les rapports parents-enfants, les non-dits. Mon spectacle, c’est pareil. On part sur un truc très intime et on s’efforce de le rendre universel pour que les gens s’y retrouvent. »
Vous alternez le cinéma et la scène, avec le même plaisir ?
« Ce sont deux disciplines différentes, comme un marathon et un sprint. Le cinéma, c’est plutôt le marathon, car entre le moment où tu t’engages dans un projet de film et celui où tu reçois les retours des premiers spectateurs qui le voient, il se passe parfois près de deux ans. Il y a toutes les étapes de l’écriture, du tournage, du montage, du mixage, de l’étalonnage, de la promotion et, enfin, de la distribution en salle. La scène, c’est immédiat. Tu joues, t’as le retour du public qui rigole, qui se lève : c’est la magie du spectacle vivant. »
Comment appréhendez-vous ce retour à Lille ?
« Je suis content de revenir chez vous, car le public est super chaud, ça matche à chaque fois. C’est proche de la Belgique, c’est une ville étudiante, ça bouillonne. »
Redouane Bougheraba dans « Mon premier spectacle », ce vendredi 6 novembre à 20 h, au Zénith de Lille.