Pour qu’un comédien ou une comédienne soit emballé(e) par une série ou un film, il faut généralement que le scénario retienne son attention, que l’écriture soit ciselée, que le personnage à incarner ait de l’épaisseur ou encore qu’il ait depuis longtemps l’envie de travailler avec le réalisateur et/ou ses partenaires de jeu. L’arène dans laquelle se déroule l’intrigue est plus rarement citée parmi les critères principaux. Mais, dans le cas de la série « Le Charles », disponible depuis le 23 octobre sur Prime Video avant une diffusion ultérieure sur M6, le fait d’investir le porte-avions Charles-de-Gaulle a totalement subjugué l’ensemble du casting.
« Pour le coup, c’était clairement la raison numéro un », avoue Constance Labbé. qui incarne une pilote de chasse « très adroite, très qualifiée, mais qui a du mal à trouver sa place dans un univers très masculin » « Le bonus, c’est que tous les ingrédients étaient réunis, mais, exceptionnellement, même si je n’avais pas été séduite par le reste, j’y serais allée, car l’expérience était folle », assure-t-elle.
« Je ne pense pas que quelqu’un ait refusé ce projet. Même si tu n’as que quelques heures de tournage, tu veux forcément en être », confirme Hubert Delattre, qui incarne un commandant chargé d’assurer la liaison entre le bateau et l’état-major à terre.
Sur le papier, l’aventure était excitante. Dans les faits, elle a dépassé toutes les attentes. « L’immensité des lieux est folle. Il y a des couloirs interminables, tout se ressemble et, en même temps, rien n’est pareil. C’est juste incroyable, le nombre de personnes que tu croises à la minute ! Ça bouge tout le temps, les gens sont toujours en mouvement. Il y a un côté très rassurant, car le bateau est tellement imposant que tu te dis que rien ne peut arriver. Mais, en fait, tout est dangereux, il y a des choses qu’il ne faut pas toucher. »
Après de longues discussions avec l’armée dans des bureaux, puis la visite du bateau à quai et, enfin, une découverte des lieux en conditions réelles, sans les acteurs, afin de repérer les espaces et de tourner les premières images, il a fallu adapter le scénario initial à la réalité d’un équipement militaire en fonctionnement permanent. « C’est un équipage de 2 000 personnes, avec des métiers différents qui se côtoient, mais toujours une obligation de rendement et d’efficacité, ainsi que des dizaines d’exercices à réaliser chaque jour. Nous étions donc en adaptation permanente pour ne pas les gêner, avec des endroits auxquels nous n’avons jamais eu accès et d’autres qui n’étaient pas tout le temps accessibles », souligne le réalisateur Julien Despaux.
À l’exception d’Élodie Yung, qui a passé les douze nuits sur le porte-avions, tous les autres comédiens ont fait des allers-retours. Et tous gardent en tête des souvenirs très forts : « Ça me manque, j’aimerais y retourner, concède ainsi la jeune femme. Je me souviens que, dès notre arrivée, nous avons pu assister à un appontage, c’est-à-dire à la manœuvre permettant à un avion d’atterrir sur la piste très courte d’un porte-avions. Quand un Rafale arrive, il y a un souffle très fort et très chaud. C’était un rêve de voir ça en direct. »
Bruno Sanches, qui joue le rôle d’un ancien légionnaire reconverti en chef des cuisines du Charles-de-Gaulle, retient, lui, une expérience très sensorielle. « Déjà, tu es sur l’eau, ton corps met plusieurs jours à s’adapter et, puis, il y a ce bruit permanent, une sorte de ronflement, de gros claquements et cette odeur d’acier. » Il a aussi été bluffé par les personnes qu’il a découvertes : « Plein de mômes qui vivent des choses avec une adrénaline tellement puissante que ça crée une dépendance. Ils sont en manque quand ils ne travaillent pas. »
L’expérience a également marqué à jamais Constance Labbé : « J’avais beaucoup de préjugés, d’a priori, qui ont vite été balayés, précise-t-elle. On a eu la chance de passer du temps avec les pilotes et de voir une jeune femme de 24 ans valider sa qualification pendant que nous étions sur place. »
Au cours de sa carrière, la comédienne s’est déjà offert quelques tournages riches en sensations, notamment dans Cat’s Eyes, avec de grosses cascades à effectuer. Elle a également eu le privilège de monter dans un Rafale. « On nous a expliqué le fonctionnement du cockpit et on a aussi fait du simulateur pour avoir une idée de ce que ça représente, poursuit-elle. Souvent, quand tu commences un tournage, tu te crées un peu une musique pour te mettre dans ton rôle. Là, l’immersion était telle que la plus grande partie du travail était déjà faite. Ce qui m’a également marquée, c’est ce paradoxe entre le côté oppressant du porte-avions, un peu en mode sous-marin, et la douceur et le calme des femmes et des hommes qui sont à bord. »
Reste à savoir si le public sera lui aussi charmé par ce décor inhabituel et surtout par l’intrigue de ce thriller où un enquêteur (Alban Lenoir) est envoyé en urgence sur le Charles-de-Gaulle suite à une succession de meurtre avec la mission de démasquer le tueur avant qu’il ne fasse d’autres victimes et ne mette en danger le fonctionnement du prestigieux porte-avions.
« Le Charles », disponible sur Prime Video depuis le 23 octobre. Prochainement sur M6. Avec Alban Lenoir, Élodie Yung, Constance Labbé, Bruno Sanches, Jacques Gamblin, Patrick Mille, Antoine Gouy, Hubert Delattre…