Écrivain révélé dans les années 1990 avec sa trilogie Les Fourmis (1991), Le Jour des fourmis (1993) et La Révolution des fourmis (1996), Bernard Werber sera à Lille ce jeudi 22 octobre. L’occasion de lui faire dédicacer son dernier ouvrage, Une semaine au bord du monde, consacré aux platistes, mais surtout de découvrir son spectacle Voyage intérieur expérimental (V.I.E.) au théâtre Sébastopol.
Bernard, comment est né ce spectacle ?
« Tout est parti de l’un de mes romans, paru en 1997 et intitulé Le Livre du voyage, que j’ai écrit en une journée. Lors d’une opération de promotion à la Fnac de Lille, plutôt que d’en parler de manière théorique, j’ai guidé les gens avec ma voix et ils avaient adoré. Bien plus tard, en 2016, j’ai renouvelé l’expérience dans un salon du livre à La Baule. Mathias Malzieu, le chanteur du groupe Dionysos, qui était aussi directeur du théâtre des 3 Baudets, m’a dit qu’il me verrait bien faire la même chose sur scène, avec la harpiste Francoeur. C’est ainsi que j’ai commencé à concevoir le spectacle. »
À quoi le public doit-il s’attendre ?
« Ce n’est pas une conférence. Il y a une véritable mise en scène, avec de nombreux visuels qui défilent sur un écran. Le spectacle dure environ deux heures et comprend trois méditations guidées d’une dizaine de minutes chacune. On chante, on fait de la gym, j’essaie d’aider les gens à retrouver des souvenirs de vies antérieures et ceux pour qui cela a fonctionné nous racontent ensuite leur expérience. La première fois que je l’ai présenté devant 1 000 personnes, c’était à Lille. C’est dans cette ville que l’idée du spectacle est née et qu’il a pris de l’ampleur. Je peux donc vous dire que j’attends particulièrement cette date. »
On a tendance à penser que la méditation se pratique de façon intime, presque en solitaire. Comment cela se passe-t-il collectivement ?
« En fait, près de la moitié des spectateurs pratiquent déjà la méditation guidée, souvent par le biais d’applications sur leur téléphone. Je prolonge cette expérience sur scène en leur apprenant à maîtriser leur respiration. Cela fonctionne pour environ 70 % des gens. Tout dépend du confort des salles, de la manière dont les spectateurs sont installés et de leur capacité à se détendre. Les résultats varient selon les villes. À Lille, ils sont plutôt au-dessus de la moyenne nationale. Le public y est très réceptif. Je vois des gens qui pleurent, d’autres qui sont émus. C’est plus difficile avec ceux qui sont dans le contrôle, mais on essaie de les faire rire. On ne se prend pas au sérieux et Francoeur, avec sa voix et sa harpe, parvient à mettre beaucoup de monde dans un état de détente. »
Quel lien voyez-vous entre ce spectacle et votre travail d’écrivain ?
« Le mot en commun, c’est “conteur”. Dans les deux cas, je raconte une histoire. La différence, c’est qu’avec le spectacle vivant, je vois comment les gens réagissent, alors que pour mes livres, je ne sais pas si les lecteurs vont jusqu’au bout, s’ils abandonnent en cours de route ni quelles émotions ils ressentent. Je trouve que tous les écrivains devraient s’essayer à la scène pour tenter de tenir un public en haleine, comme ils sont censés le faire dans un livre avec leurs lecteurs. »
« Voyage intérieur expérimental », un spectacle de Bernard Werber, ce jeudi 22 octobre à 20 h, au théâtre Sébastopol, à Lille.