« Promis le ciel », un film qui va compter pour Aïssa Maïga

29/01/2026 | A l'affiche, Ciné

Aissa Maiga tient le premier rôle dans Promis le ciel. (c) Maneki Films - Henia Production

Dans une carrière de comédienne, il y a des rôles qui vous marquent bien plus que d’autres, et l’on ne pense pas trop s’avancer en affirmant que celui de Marie, ancienne journaliste ivoirienne devenue pasteur en Tunisie dans le film « Promis le ciel », en salle ce 28 janvier 2026, aura une place à part dans la carrière d’Aïssa Maïga.

Essentiellement connue pour ses performances dans des comédies (« Les Poupées russes », « Prêt à tout », « Bienvenue à Marly-Gaumont », « Il a déjà tes yeux »), l’actrice s’est aussi distinguée par son engagement en faveur de la diversité au cinéma. Elle est à l’initiative du collectif ayant contribué au livre « Noire n’est pas mon métier », qui a trouvé son prolongement à l’écran avec le documentaire « Regard noir », qu’elle a co-réalisé.

Aïssa Maïga ne pouvait pas rester insensible au sujet travaillé par Erige Sehiri. « Parler des femmes migrantes en Tunisie, ça avait du sens, insiste-t-elle. J’avais déjà vu, il y a quelques années, la manière dont les migrants étaient maltraités en Libye, réduits en esclavage, torturés, avec un niveau de brutalité, de cruauté absolument choquant. J’ai aussi entendu les déclarations du président tunisien qui pointait du doigt les migrants subsahariens, ce qui a ouvert la porte à des chasses à l’homme, des rafles, ces gens jetés dans le désert sans le moindre vivre, de façon à ce qu’ils n’en reviennent jamais. »

Dresser ces portraits de femmes, raconter leurs trajectoires, les montrer dans leur force, leur lumière était important à ses yeux, et la façon dont Erige Sehiri a voulu le faire lui a tout de suite parlé. « La rencontre avec Erige a été déterminante. Elle a été journaliste d’investigation avant d’être documentariste, puis réalisatrice. Elle s’est immergée pendant deux ans dans son sujet, a rencontré des gens et tissé des liens suffisamment forts pour atteindre un degré élevé d’intimité avec les personnes qu’elle souhaitait représenter à l’écran, apprécie la comédienne. Il y a le regard politique, le geste artistique et surtout la véracité du propos. »

Arrivée tardivement sur le projet, Aïssa Maïga n’a pas eu beaucoup de temps pour préparer ce rôle de pasteure, « connectée à une foi qu’elle met au service des autres dans une solidarité très concrète, très organisée ». Confrontée durant sa jeunesse à différentes religions, elle a dû, en quelques semaines, étudier les prêches sur les différents continents, échanger avec l’une d’elles qui a travaillé sur le scénario, mais elle s’est surtout heurtée à la réalité du tournage en faisant face à une vraie communauté. « Je suis allée les voir avant de commencer pour leur dire que j’étais peu familière de cette religion, que j’allais sans doute faire des erreurs, mais que je leur demandais de la tolérance, de la bienveillance. »

Dans le film, la situation de son personnage s’est précarisée au fil des années, « mais il y a des tunnels de lumière grâce à la solidarité qui existe entre ces femmes » : Naney (Deborah Christelle Lobe Naney), une mère de famille, et Jolie (Laetitia Ky), une étudiante, qui partagent le logement de Marie. Ensemble, elles vont recueillir Kenza, une jeune migrante de 4 ans, suite à un naufrage, dans un contexte politique et social de plus en plus inquiétant.

« Les premiers retours dans les festivals ont été positifs. On a reçu plusieurs prix. On avait déjà eu un beau cadeau en faisant l’ouverture du Festival de Cannes pour un film indépendant, à petit budget, tourné avec très peu de moyens, souligne-t-elle. On espère que le public sera aussi au rendez-vous et aura envie d’aller à la découverte de ce sujet important, de ces femmes, de la force, de la lumière qui émane du film. »

« Promis le ciel », un film d’Erige Sehiri, en salle depuis ce 28 janvier. Avec Aïssa Maïga, Laetitia Ky, Deborah Christelle Lobe Naney.

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