Rarement un album aura mis autant de temps à sortir que celui que la Nordiste Al.Hy devrait dévoiler dans les prochains mois et qui portera le même nom que le premier single, « Alarmonie », présenté en fin d’année.
« C’est un projet qui a mis du temps à mûrir, confirme la jeune femme. Les chansons étaient prêtes depuis une dizaine d’années, mais moi, je ne l’étais pas. Et puis, après le Covid, je me suis rendu compte que cet album parlait justement un peu de l’enfermement et qu’il fallait qu’il existe. »
Des titres qu’Al.Hy a longtemps refusé de rendre publics par peur de décevoir : « C’est un album un peu étrange, avec une construction osée, quelques chansons qui dépassent les cinq minutes, des structures particulières, indique-t-elle. Du coup, j’avais peur de ne pas donner aux gens ce qu’ils attendaient de moi. Je voulais imposer mes chansons, avoir du temps pour les faire, mais quand tu fais une émission comme The Voice, les attentes sont élevées et pressantes, donc ça ne permet pas de développer ton univers. »
Après son album « Alphabet », Al.Hy a donc voulu opérer une rupture franche : « Je me suis enfermée dans ma cave pour faire de la musique pendant deux ans, sans aucune règle à suivre. Ce qui est marrant, c’est qu’il va s’agir de mon troisième album, alors que, dans la réalité, c’est le deuxième. »
Malgré leur « ancienneté », les différents titres n’ont pas eu besoin d’être modifiés : « Il n’y a eu aucune modification, ni des textes ni des mélodies, assure-t-elle. C’est d’ailleurs parce qu’on a vu qu’on pouvait sortir l’album tel quel qu’on a décidé de le faire. On a juste choisi de le remixer pour amener un peu de fraîcheur. »
Pour cette étape, Al.Hy a accompli le plus long voyage de sa vie en se rendant à New York. Elle a surtout pu le faire avec quelqu’un avec qui elle rêvait de travailler depuis des années : Mark Plati. « C’est un super réalisateur, il a bossé avec David Bowie, The Cure, plein de grands noms, se réjouit-elle. Des amis m’avaient convaincue de le contacter. Je lui ai envoyé un e-mail comme une bouteille à la mer, en étant convaincue que ça resterait perdu dans l’océan de sa messagerie, mais il m’a répondu. Il m’a dit qu’il aimait mes chansons, il a proposé qu’on se voie à Paris, où il était de passage. Le contact est bien passé et il m’a donc conviée à venir mixer à New York. » Un album réalisé avec Achille Thomas au sein de leur label Planète B, signé en distribution chez Jo & Co, qui appartient en partie à Believe.
Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, Al.Hy qui écrit aussi beaucoup pour les autres, a signé une chanson qui a plu à Florent Pagny et qu’elle va même interpréter en duo avec l’artiste sur le prochain album de celui-ci. « J’écris aussi pour Giulia Falcone, enchaîne-t-elle. Je fais partie de ces gens qui aiment s’occuper des autres, qui aiment faire des albums à Noël. Je suis plus efficace pour les autres que pour moi. Je sais que ma façon de vivre ne correspond pas au fonctionnement de la société, je suis décalée, mais j’en ai conscience depuis longtemps et j’ai appris à composer avec ça. »
Un prochain single devrait sortir au mois de mars : « Ce sera dans un tout autre registre que le premier. Ce qui est génial dans cet album, c’est que toutes les chansons sont très différentes. C’est une sorte d’opéra rock. Je suis en train de réfléchir à la scénographie », annonce l’artiste, qui aimerait un jour « réaliser un film avec plein d’effets spéciaux ».
Le single « Alarmonie » d’Al.Hy est disponible sur toutes les plateformes d’écoute.